Politique en Colombie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Politique en Colombie
Image illustrative de l'article Politique en Colombie

La Colombie est une République régie par la Constitution de 1991. Le pouvoir exécutif est détenu par le Président de la République, actuellement Juan Manuel Santos, élu le 20 juin 2010 au second tour, avec 69,13 % des voix, face au Vert Antanas Mockus (27,47 %).

Historique[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1840, la politique de la Colombie est dominée par le Parti libéral et le Parti conservateur, dont sont issus la plupart des Présidents. À l'exception d'une brève période de régime militaire dirigé par le général Rojas Pinilla entre 1953 et 1958, les institutions ont connu un fonctionnement démocratique pendant la majeure partie de l'histoire du pays, le pouvoir alternant ou se partageant entre les libéraux et les conservateurs.

La différence entre libéraux et conservateurs est autant affaire de tradition familiale que de positions politiques, mais une ligne de clivage claire entre ces deux partis sur certains grands sujets : durant la majeure partie de l'histoire du pays, le Parti libéral est fédéraliste, au contraire du Parti conservateur, plutôt centralisateur. Le Parti conservateur, est traditionnellement plutôt protectionniste et défend la place de l'église Catholique dans la société. Le Parti libéral, plus fortement adossé aux élites économiques du pays, est au contraire de tradition laïque et libre-échangiste.

Depuis les années 1960, on assiste à l'émergence d'autres partis politiques, qui prennent un poids croissant : le MRL d'Alfonso López Michelsen dans les années 1960, l'ANAPO de Gustavo Rojas Pinilla dans les années 1960 et 1970, l'Union Patriotique dans les années 1980 et l'Alliance Démocratique - M19 (voir M-19). Toutefois, le Parti libéral et le Parti conservateur ont continué à se partager le pouvoir jusqu'à 2002, date de la première élection d'Álvaro Uribe.

Violence et politique en Colombie[modifier | modifier le code]

L'affrontement politique entre Parti libéral et Parti conservateur a parfois débouché sur de véritables guerres civiles comme la Guerre des Mille Jours de 1899 à 1902, ou la période de La Violencia entre 1948 et 1958 environ. Ce schéma ne s'est pas reproduit depuis les années 1960 et le Front national.

En revanche, la situation actuelle de la Colombie est marquée par un conflit armé qui se prolonge depuis les années 1960. Ce conflit implique deux guérillas marxistes, l'ELN et les FARC, des groupes paramilitaires comme les Aigles noirs, ainsi que la force publique (armée et police).

Institutions[modifier | modifier le code]

En 1991, une nouvelle constitution a remplacé celle de 1886. Elle définit la Colombie comme un État social de droit, organisé en une République unitaire, démocratique, participative, pluraliste, décentralisée, aux entités territoriales autonomes.

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Le pouvoir exécutif est détenu par le Président, qui est à la fois le chef de l'État et du gouvernement. Le président et le vice-président sont tous deux élus au suffrage universel à deux tours pour un mandat de quatre ans.

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

Le pouvoir législatif colombien est bicaméral. Le parlement, appelé Congrès, est constitué du Sénat (la chambre haute) et de la Chambre des représentants (la chambre basse). Les membres des deux chambres sont élus pour une période de quatre ans, au suffrage universel.

Pouvoir judiciaire[modifier | modifier le code]

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Partis politiques colombiens.

À partir de sa fondation en 2005, le Parti de la U, qui regroupe les partisans du président Uribe, obtient de bons résultats électoraux, rivalisant avec le Parti libéral et le Parti conservateur. Álvaro Uribe est réélu dès le premier tour de l'élection présidentielle de 2006, mais la Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat en 2010.

Au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, Juan Manuel Santos, candidat du Parti de la U (46,57 %) arrive largement en tête, suivi par Antanas Mockus, candidat du Parti vert (21,47 %). Les candidats de Changement radical (Germán Vargas Lleras, 10,14 %) et du Pôle démocratique alternatif (Gustavo Petro, 9,16 %) tirent également leur épingle du jeu, tandis que les candidats du Parti conservateur et du Parti libéral sont relégués en cinquième et sixième position, avec 6,14 % et 4,37 % respectivement. Pour certains analystes, cette élection donne le coup de grâce au système bipartite de la Colombie, l'un des plus anciens du monde avec une histoire d'un siècle et demi[1].

À l'issue des élections législatives de 2010, les formations suivantes disposent d'une représentation au Parlement (Tableau 1). Si le "Parti de la U" obtient la représentation la plus importante, le Parti libéral et le Parti conservateur disposent encore d'importants groupes dans les deux assemblées, traduisant leur forte implantation locale :

Tableau 1 : Résultats des élections législatives du 14 mars 2010 (estimations[2])
Sénateurs[3] Représentants[4]
Parti social d'unité nationale 27 47
Parti conservateur 23 ou 24 38
Parti libéral 18 35
Parti d'intégration nationale (PIN) 8 12
Changement radical 8 14
Pôle démocratique alternatif 8 4
Parti vert 4 ou 5 2
Mouvement de rénovation indépendante (Mira) 2 1
Engagement citoyen pour la Colombie 0 ou 1 0

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tiro de gracia, Semana, 31 mai 2010
  2. à la mi-mai 2010, les résultats définitifs de ces élections étaient encore inconnus suite à des irrégularités dans les procédures de votes, cf. Dos mes después Colombia sigue sin resultados de las elecciones legislativas, La Nación, 14 mai 2010
  3. ¿Quiénes conformarían el Senado?, Semana, 15 mars 2010
  4. Así quedaría conformada la Cámara de Representantes, Semana, 17 mars 2010