Politique au Tadjikistan

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Le cadre constitutionnel est celui d'une république présidentielle. Le Président est élu au suffrage universel pour un mandat de sept ans, renouvelable une fois seulement. Le Premier Ministre est nommé par le Président. Le conseil des ministres est nommé par le Président, approuvé par le Parlement[1].

Président Emomalii Rahmon HDKT 6 novembre 1994
Premier ministre Kokhir Rasulzoda HDKT 23 novembre 2013

Le Parlement, ou Assemblée Suprême, est constitué de deux chambres :

  • la chambre basse, appelée Majilisi Namoyandagon, Assemblée des représentants, constitué de 63 membres élus pour cinq ans.
  • la chambre haute, appelée Majlisi Oli, Assemblée nationale, constituée de 33 membres élus pour cinq ans.

Vie politique[modifier | modifier le code]

La vie politique du Tadjikistan reste marquée par le souvenir de la guerre civile qui opposa factions politiques et régionales entre 1992 et 1997. Certains observateurs expliquent par ce traumatisme la relative passivité politique de la population, qui préfère la stabilité actuelle à des promesses de changement toujours risquées[2].

Le parti du pouvoir, le Parti démocratique populaire du Tadjikistan (HDKT) détient une large majorité dans les deux chambres. Cependant, de manière exceptionnelle en Asie centrale, l'opposition a une présence au Parlement (quatre députés du Parti Communiste, deux députés du Parti de la Renaissance Islamique), ce qui conduit parfois à des débats agités entre factions. Les observateurs internationaux ont néanmoins jugé que les dernières élections législatives, en 2005, ont été marquées par la corruption et la manipulation des résultats. Les principaux partis d'opposition ont en revanche boycotté les dernières élections présidentielles, en 2006, accusant le pouvoir de préparer des falsifications massives. Emomalii Rahmon fut réélu avec 79,3 % des suffrages.

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Le respect des droits de l'homme par le pouvoir reste sujet à caution. La liberté de la presse et le droit à un procès équitable sont mal assurés. La violence des forces de sécurité est difficilement contrôlable, et des cas de torture ont été dénoncés. L'état des prisons semble déplorable. Enfin, les droits sociaux et économiques des Tadjiks ont été encore réduits par la paupérisation de la société depuis l'indépendance : travail des enfants, travail forcé, discriminations et violences envers les femmes sont monnaie courante. Enfin, les minorités religieuses (juifs, protestants), semblent avoir été victimes de mesures discriminatoires et de destruction de leurs lieux de culte[3].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

La politique étrangère du Tadjikistan est dominée par les problèmes de l'Afghanistan voisin, les risques de contagion qu'ils impliquent, du trafic de drogue à l'islamisme armé, et la nécessité conséquente de coopération internationale. Le Tadjikistan participe à de nombreuses organisations internationales, et reçoit un volume important d'aide. Il est resté proche de la Russie au sein de la CEI, mais développe les relations avec d'autres puissances régionales, telles la Chine, avec qui un conflit de délimitation des frontières fut résolu par un accord en 2002, et l'Iran, dont le Tadjikistan soutient la candidature à l'Organisation de coopération de Shanghai. Le Tadjikistan est aussi membre de l'OSCE, qui soutient divers programmes humanitaires et de réformes démocratiques dans le pays.

Références[modifier | modifier le code]

  1. E-Notes (CIA)
  2. Greenberg, Ilan, "Media Muzzled and Opponents Jailed, Tajikistan Readies for Vote," The New York Times, 4 novembre 2006
  3. Rapport 2008 d'Amnesty International