Politique à Taïwan

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Cet article traite de la vie politique récente de la République de Chine (Taïwan).

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

propagande électorale sur le stand d'un vendeur ambulant (2004)

Taïwan dispose d'un système multipartite qui inclut :

  • le Kuomintang (bleu) (KMT) (en pinyin Guomindang). Anti-communiste, nationaliste, fondé en 1911 en Chine par Sun Yat-sen et importé à Taïwan par Tchang Kaï-chek (en pinyin Jiang Jieshi) lors de sa fuite de Chine. Le Kuomintang, longtemps au pouvoir (il a régné sans partage de 1950 à 1991) est encore très puissant. Il est de nouveau au pouvoir depuis mai 2008.
  • le MinJinDang (vert), le Parti démocrate progressiste (DPP) (en anglais Democratic Progressive Party). Parti indépendantiste qui refuse que Taïwan soit assimilé à la Chine. Il était au pouvoir de 2000 jusqu'en mai 2008.
  • le QinMinDang (orange), le Parti « du peuple d'abord » (PFP) (en anglais People First Party). Issu d'une scission du GuoMinDang en 2000, ce petit parti s'est allié avec le Kuomintang pour former la coalition pan-bleue.

En 2004, le président sortant, M. Chen a été réélu à la présidence de la République pour un nouveau mandat de 4 ans. Cette élection s'est déroulée dans un climat politique très agité. En effet, la veille de l'élection présidentielle du 20 mars 2004, le président et la vice-présidente ont été victimes d'un attentat dans le sud du pays. De plus, les résultats de l'élection étaient très serrés, provoquant d'importantes manifestations de la part du Kuomintang, le grand perdant des élections. De nombreuses manifestations ont eu lieu à la suite de la publication des résultats, l'opposition accusant le président sortant d'avoir organisé lui-même l'attentat dont il a été victime afin de remporter les élections avec des votes de sympathie. Le 20 mai 2004, le président Chen a toutefois été réélu officiellement après un recomptage de tous les bulletins de vote.

Le 22 mars 2008, Ma Ying-jeou remporta l'élection présidentielle avec 58.45% des voix, face à son adversaire Frank Hsieh (Minjindang). Le président Ma Ying-jeou et le vice-président Vincent C. Siew furent assermentés le 20 mai 2008[1].

La faiblesse politique internationale de Taïwan tient autant à la puissance grandissante de la Chine continentale, que des dissensions politiques internes.

Élections régionales de décembre 2005[modifier | modifier le code]

Le Kuomintang sort large vainqueur des élections régionales du 3 décembre 2005, face à un Parti démocratique progressiste (PDP), au pouvoir depuis 2000 et conduit par le président Chen Shuibian. La baisse de popularité de ce dernier est principalement liée à des affaires de détournement d'argent. Cette tendance se confirme aux élections nationales de 2008, le Kuomintang reprend le pouvoir, retrouvant la position qu'il avait occupée pendant un demi-siècle, entre la fuite de Chine continentale et l'année 2000.

L'une des conséquences de cette élection est la possibilité d'une détente des relations avec la Chine continentale. En effet, le commerce entre les deux pays représente près de 70 milliards de dollars, et la Chine est désormais le 3e client des exportations de Taïwan. Cela pousse les gouvernements des deux pays à aplanir leurs différends politiques.

Mise en examen de l'ancien président Chen Shuibian[modifier | modifier le code]

Le 11 novembre 2008, le président sortant Chen Shuibian a été mis en examen pour corruption et arrêté sans preuve après une parodie de procès[2]. Les soupçons pèsent sur lui et sa famille depuis 2006, époque à laquelle son gendre a été inculpé de délit d'initié et condamné à sept ans de prison.

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Chaîne humaine de février 2004 contre les missiles chinois.

Taïwan et la Chine[modifier | modifier le code]

Des conflits politiques opposent le gouvernement de la Chine populaire à celui de Taïwan : le gouvernement de Taïwan, en effet, est l'héritier du gouvernement pré-communiste de la Chine. La Chine populaire considère que Taïwan fait partie de son territoire, et fait pression sur les autres pays pour qu'ils ne reconnaissent pas officiellement Taïwan comme une nation indépendante. Étant donné le poids beaucoup plus important de la Chine, peu de pays reconnaissent officiellement Taïwan. Vanuatu, les îles Marshall sont parmi les seules nations à reconnaître les deux.

Taïwan a été exclue de l'ONU, suite à des pressions d'États communistes, notamment l'URSS, qui ont fait inscrire sur les traités de l'ONU qu'ils ne reconnaissaient pas à Taïwan le droit de s'appeler Chine ou République de Chine.

Depuis début 2014, des étudiants occupent le Parlement afin de protester contre un projet d'accord commercial entre Taïwan et la République populaire de Chine[3].

Accords bilatéraux avec l'ancien gouvernement de Taïwan[modifier | modifier le code]

En mai 2005, un accord commun informel (non cautionné par le gouvernement de Taïwan) a été signé entre le PCC (Parti communiste chinois) et deux partis d'opposition à Taïwan, le Kuomintang et le Qinmindang. Ce texte soulignait la volonté des deux partis pour une ouverture plus large du commerce entre Taïwan et la République Populaire de Chine, la signature d'un accord de paix, le retrait des frais de douanes, les libres échanges de biens et de personnes entre les deux parties du détroit, la création de liens entre les armées et l'entrée de Taïwan dans certaines organisations internationales, telles que l'OMS. Il se fondait aussi sur le retour au « consensus de 1992 », qui veut que les deux bords du détroit de Taïwan adhèrent au principe d'« une seule Chine ». Cet accord prévoit également une ligne directe Chine continentale Taïwan pour janvier 2006.

Bien que Chen Shui-bian, ait été élu démocratiquement et ait ainsi battu le parti historique du Kuomintang, dans ces accords, le Kuomintang et le Qinmindang s'engagent à surveiller les agissements du président taïwanais « pour le bien du peuple ».

Néanmoins, le Kuomintang, parti d'opposition, n'étant pas missionné par le gouvernement taïwanais, l'ensemble de cette déclaration n'avait qu'une valeur symbolique. Les propositions effectuées sont alors subordonnées soit à l'accord du président Chen Shui-bian, qui a très rapidement après le communiqué commun fait savoir qu'il ne reconnaissait pas le "Consensus de 1992", soit au retour au pouvoir du Kuomintang.

Premiers effets des accords[modifier | modifier le code]

Les Taïwanais ont déjà profité des accords pour rejoindre leurs familles en République populaire de Chine(source?? Les Taïwanais ne voudraient pas rejoindre République populaire de Chine). Lors de la séparation politique des deux territoires, le passeport de la République de Chine n'était pas reconnu par la République populaire de Chine.

Fin mai 2005, la télévision nationale chinoise CCTV4, présentait déjà des images de vagues de Taïwanais retournant voir leur familles, ou bien retournant en pèlerinage à Wudangshan, dans la province de Hubei. Ces montagnes taoïstes à l'origine des arts martiaux internes taoïstes comme le Taiji quan (parfois écrit tai chi chuan en Occident), dont bon nombre d'occupants avaient fui la terreur de la révolution culturelle et avaient trouvé refuge à Taïwan.

Début 2006, des liaisons aériennes directes de plus en plus fréquentes sont mises en place, reliant Taipei à Shanghai, Pékin et Xiamen la destination la plus proche, de l'autre côté du détroit, dans la province du Fujian, montrant une volonté d'apaisement des relations entre les deux autorités politiques. Des liaisons régulières ont été inaugurées le 16 décembre 2008.

Des sondages effectués à Taïwan ont affiché l'avis de la population, en grande majorité pour le statu quo, bien que certains se reconnaissent comme Taïwanais et d'autres comme Chinois.

Loi antisécession de 2005[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loi antisécession.

En réplique au Taiwan Relations Act (TRA) voté par le Congrès des États-Unis en 1979, l'assemblée nationale de la République populaire de Chine a voté, en 2005, une loi autorisant en ultime recours, l'usage de « moyens non pacifiques » dans le cas où Taïwan se séparerait officiellement de la Chine.

Reprise des échanges de marchandises aéroportée[modifier | modifier le code]

Le 20 juillet 2006, un avion cargo décolle de Taipei, pour la première fois depuis 1949, pour atterrir directement à Shanghaï[4].

Reprise du pouvoir par le Guomindang en 2008[modifier | modifier le code]

Le Guomindang reprend le pouvoir en 2008 par 2 élections : Il gagne d'abord les élections législatives en janvier 2008 en obtenant 85 des 113 sièges du parlement. Le samedi 22 mars 2008, Ma Ying-jeou du Guomindang remporte les présidentielles avec 17 % d'avance sur son rival Frank Hsieh (candidat indépendantiste). Le Guomindang avait annoncé vouloir renforcer davantage les relations avec le continent.

Les élections intervenant peu après les soulèvement de Lhassa, il demande au gouvernement continental d'éclaircir la situation sur le Tibet et de traiter avec respect les rebelles ayant été faits prisonniers. Dans le cas contraire il boycotterait les jeux Olympiques de Pékin.

Le Guomindang est réélu le 14 janvier 2012, à la présidence avec Ma Ying-jeou et à la majorité du parlement avec 64 des 113 sièges. La poursuite du rapprochement avec la Chine continentale est un point essentiel du programme[5].

Taïwan et le Japon[modifier | modifier le code]

Les relations entre Taïwan et le Japon sont diamétralement contraires à celles entre la Chine continentale et le Japon : si la Chine eut particulièrement à souffrir (elle en garde un souvenir indélébile) des exactions japonaises pendant la colonisation de la Chine par le Japon et la Seconde Guerre mondiale, les Taïwanais conservent un bon souvenir de la colonisation de leur île par le Japon. En effet, ce dernier n'a pas considéré Taïwan comme un ennemi héréditaire à détruire mais comme une possession à développer ; l'occupation japonaise a permis l'éradication du brigandage, la création d'industries, de réseaux de transport, l'accès aux sciences et techniques originaires d'Occident (partir étudier au Japon était, et est peut-être encore, prestigieux).

Taïwan, le Tibet et la Mongolie[modifier | modifier le code]

En 2003, le gouvernement indépendantiste taïwanais a procédé au démantèlement de la commission ministérielle des Affaires mongoles et tibétaines, dont les fonctions ont été transférées à la Fondation des échanges Taïwan-Tibet nouvellement créée, qui sert de canal de communication semi-officiel entre Taipei et le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala, en Inde.

Avec cette modification, le gouvernement taïwanais semble mettre un terme à ses revendications sur le Tibet et la Mongolie, attestées par la présence de la commission des Affaires mongoles et tibétaines au sein du Cabinet.

Taipei et Oulan-Bator ont signé en 2002 un protocole d’accord pour l’échange de bureaux de représentation. Quant aux affaires tibétaines, les deux visites à Taipei du dalaï-lama, en 1997 et en 2001, ont été traitées comme des affaires internationales ne relevant pas de la commission ministérielle.

Le retour du Kuomintang au pouvoir en 2008 inverse le processus et reconnait de nouveau le Tibet et la Mongolie extérieure comme partie intégrante de la Chine.

Taïwan et l'Afrique[modifier | modifier le code]

Le premier sommet Taïwan-Afrique a lieu en septembre 2007.

Toutefois, dès 15 janvier 2008, le Malawi rompt ses liens diplomatiques avec Taïwan au profit de la Chine. Le Malawi entretenait depuis 41 ans des relations avec Taïwan, qui lui fournissait en moyenne une aide de 400 millions de dollars par an, essentiellement pour soutenir les secteurs de la Santé et de l'Agriculture.

Des pays non-alliés diplomatiques, le Bénin, le Cameroun, le Congo, le Ghana, la Guinée, l'île Maurice, le Niger, l'Ouganda et le Tchad, étaient également présents au premier Sommet Taïwan-Afrique[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) BBC News
  2. (en) BBC News
  3. Patrick Saint-Paul, « Le réveil démocratique de Taïwan », Le Figaro, jeudi 10 avril 2014, page 14.
  4. « Décollage d'un avion-cargo pour le premier vol charter direct du trafic de marchandises entre les deux rives du Détroit de Taïwan », Quotidien du peuple,‎ 20 juillet 2006 (lire en ligne)
  5. (fr) Ma Ying-jeou réélu à la présidence taïwanaise, le 15 janvier 2012, sur Contrepoints.org
  6. La Chine a harcelé plusieurs des invités au sommet Taïwan-Afrique

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Geoffroy, Le Mouvement indépendantiste taïwanais, ses origines et son développement depuis 1945, L'Harmattan, ISBN 273845593X
  • Samia Ferhat-Dana, Le dangwai et la démocratie à Taïwan, une lutte pour la reconnaissance de l'entité politique taïwanaise (1949-1986), L'Harmattan, ISBN 2738469310
  • Jean-Pierre Cabestan, Le Système politique de Taïwan, Que sais-je ? 1999
  • Jacinta Ho Kang-mei et Pierre Mallet, Lee Teng-hui et la « révolution tranquille » de Taïwan, L'Harmattan 2005, ISBN 2747590127

Liens externes[modifier | modifier le code]