Le Politique

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Le Politique est un dialogue de Platon. Il est la suite du Sophiste qui est lui-même la suite du Théétète. Il a pour interlocuteurs principaux l’Étranger d’Élée et Socrate (un homonyme, plus jeune que le maître de Platon).

Personnages[modifier | modifier le code]

Thème[modifier | modifier le code]

Après avoir défini le sophiste dans le dialogue éponyme, l’Étranger poursuit en recherchant la définition de l’homme politique, en reprenant la méthode par rassemblement[4] et division[5]. Ce dialogue de logique, le Politique comporte une digression sur les digressions et la juste mesure, et s’achève par des considérations sur la bonne constitution politique de la Cité : Platon critique violemment la démocratie comme le pire régime[6] et lui préfère la monarchie ou l’aristocratie suivant les lois ; à cela il ajoute que le bon politicien a pour tâche d’éduquer et d’unir les hommes trop tempérants et trop fougueux pour les amener à la juste mesure et par là en faire de bons citoyens, capables de suivre les lois ou de les critiquer, s’ils possèdent la science le leur permettant, en vue du meilleur.

Enquête[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’un dialogue entre Socrate Le jeune et l’Étranger. Platon fait une réflexion sur la législation. Il va développer l’idée selon laquelle le législateur ne doit subir aucune entrave dans l’exercice de son art. Il doit être totalement libre. Socrate va utiliser une métaphore médicale pour expliquer cette position : il utilise l’exemple du médecin qui est contraint de partir loin de ses patients et qui va consigner par écrit ses prescriptions. Avant son retour il se peut que ses prescriptions ne conviennent plus à ses malades. Le médecin sera alors obligé de modifier ses prescriptions. Il en va de même pour le législateur selon Platon, parce que les conditions du peuple ont changé. Platon ne transigera jamais sur l’idée selon laquelle l’art de la législation ne peut être pratiqué que par un petit nombre d’hommes. En effet, selon lui, la majorité ne pourra jamais acquérir une science pour gouverner puisque les hommes ne sont pas en mesure de se gouverner eux-mêmes parce qu’ils ne peuvent voter les bonnes lois.

Pour autant Platon ne va pas écarter l’intérêt de la cité tout entière. Pour lui, si le gouvernement est aux mains de peu d‘hommes qui ont la science, le gouvernement doit se faire au profit de l’ensemble de la cité. Néanmoins, le législateur n’est pas tenu de persuader le citoyen du bien-fondé de ses décisions. Socrate estime que le médecin est bien contraint de soigner son patient et ne va pas demander le consentement du patient pour le sauver. Il estime que le législateur est en droit de faire violence aux citoyens et leur imposer les meilleures lois même si les citoyens n’y consentent pas. Pour Platon, le consentement des citoyens n’est pas de nature à fonder l’autorité d’une loi et sa valeur. Son autorité et sa valeur reposent uniquement sur son essence, et notamment sa correspondance avec la justice. Donc, le législateur doit se borner à faire les lois les plus utiles à la cité, sans jamais se soucier de l’opinion des citoyens. Ce n’est pas un paramètre qui doit rentrer en ligne de compte.

L’importance de la rhétorique dans la Cité[7][modifier | modifier le code]

La rhétorique, en tant qu'elle est la science du pouvoir qui apprend et enseigne, permet de persuader ou non le grand nombre et la foule ; c'est la science par excellence de l’homme politique. Une sorte de rhétorique se démarque de la politique parce qu'elle permet de savoir s'il faut recourir à la contrainte ou la persuasion[8]. Une autre forme de rhétorique qui fait partie de la science royale est celle qui commande la technique de persuasion et la technique du discours. Une différence est observée lors des définitions d’oligarchie et d’aristocratie, constitutions dont le point comme est de refuser qu'une seule personne exerce seule une autorité sans tenir compte des lois et coutumes : dans la première, les nantis mettent en œuvre une imitation, parce qu'ils ne connaissent pas la technique de l’art royal en politique ; dans la seconde, les nantis, à qui la technique de l’art royal en politique manque également, gouvernent sans respect des lois en oligarque.

Et dans tout le dialogue, on retrouve quelques attaques dures contre les sophistes, qualifiés de bons à rien, tête en l’air, qui ont dans l’idée de corrompre de plus jeunes gens[9].

Le philosophe-roi dans le Politique[10][modifier | modifier le code]

Il est le détenteur de l’idée de justice, dirigeant au-dessus de la légalité même, souverain qui ne doit rendre de compte à quiconque ; pour préserver la Cité, il peut exiler ou condamner à mort à son gré, mentir, et truquer les cérémonies.

Citations[modifier | modifier le code]

« Le médecin vaut un grand nombre d’hommes »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Platon, Œuvres complètes, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade, 2 vol.), Paris, 1970-1971 ;
  • Platon, Œuvres complètes. Le Politique, édition de Léon Robin, Belles Lettres (CUF), Paris, 1970 ;
  • Platon, Œuvres complètes, Flammarion, sous la direction de Luc Brisson, Paris, 2008 ;

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 216a et passim
  2. 218b
  3. La XIe
  4. synagogé, en grec ancien συναγωγή
  5. diérèse, en grec ancien διαίρεσις
  6. 303a
  7. 301a ; 304a ; 309d
  8. l’opposition entre contrainte et volonté, et l’association de l’argumentation ou la contrainte sont évoquées aux Livres I, II, VII ou encore IX de La République : « Le dialecticien est celui qui rend raison de ce qu’est chaque chose en soi ». Au Livre VII de La République, Platon écrit « Le dialecticien est celui qui rend raison de ce qu’est chaque chose en soi »
  9. 299b
  10. 293d-e
  11. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne] (XI, 514)