Politique étrangère des Kiribati

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Politique aux Kiribati
Image illustrative de l'article Politique étrangère des Kiribati

La République des Kiribati concentre principalement sa politique étrangère sur trois axes :

  • soutien diplomatique à Taïwan, en échange d'une aide économique ;
  • volonté d'alerter l'opinion internationale au sujet des conséquences du changement climatique ;
  • participation aux institutions régionales en Océanie.

En outre, les Kiribati reçoivent une aide au développement de la part de l'Union européenne, de Taïwan, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Japon, du Canada, des États-Unis, de la Banque asiatique de développement et des Nations unies.

Participation aux organisations internationales[modifier | modifier le code]

Les Kiribati sont membres du Commonwealth (depuis 1979), des Nations unies (depuis 1999), des Pays ACP, du FMI et de l'Alliance des Petits États Insulaires (Alliance of Small Island States). Le pays est également membres d'institutions régionales propres au Pacifique, telles la Communauté du Pacifique Sud, la Banque asiatique de développement et la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique. En 2000, les Kiribati sont l'hôte du 31e sommet annuel du Forum des îles du Pacifique.

Ambassades[modifier | modifier le code]

Les Kiribati ont un Haut-commissariat à Suva, aux Îles Fidji. Le pays a également des consulats honoraires au Royaume-Uni (Londres), en Nouvelle-Zélande (Auckland), en Australie (Sydney), aux États-Unis (Honolulu), au Japon (Tokyo) et en Allemagne (Hambourg).

À l'inverse d'autres petits États du Pacifique (tels Nauru et Tuvalu), les Kiribati n'ont pas d'ambassade auprès des Nations unies à New York.

Trois pays maintiennent une ambassade ou un haut-commissariat aux Kiribati: l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la République de Chine (Taïwan). La République populaire de Chine y conserve un bureau diplomatique.

Crise du changement climatique[modifier | modifier le code]

Pour les Kiribati, l'un des problèmes les plus pressants est celui de l'émigration forcée d'une population destinée à devenir une nation de réfugiés climatiques[1]. En novembre 2007, les Kiribati participent à une réunion internationale de vingt-six petits pays insulaires aux Maldives, avec pour but de définir une stratégie commune de réaction aux problèmes liés au changement climatique[2].

Le président Anote Tong a pris la parole, lors de divers sommets internationaux, pour expliquer à la communauté internationale les effets du changement climatique sur son pays, et pour solliciter l'aide des pays riches[3]. L'ONU est pour les Kiribati un forum privilégié en ce domaine. Le 2 octobre 2007, la délégation I-Kiribati affirme devant l'Assemblée Générale des Nations unies :

« Notre survie en tant que nation et en tant que peuple, avec une culture et un mode de vie qui nous sont propres, est gravement menacée par le réchauffement climatique et la montée du niveau de la mer. »[4].

Relations bilatérales particulières[modifier | modifier le code]

Avec Taïwan et la République populaire de Chine[modifier | modifier le code]

De 1980 à 2003, les Kiribati reconnaissent la République populaire de Chine. Puis, le 7 novembre 2003, les Kiribati établissent des relations diplomatiques avec la République de Chine (Taïwan), qui devient une source importante d'aide au développement pour le pays océanien. Pékin rompt alors ses relations avec Tarawa[5].

L'incident n'est pas anodin pour la République populaire, puisque sa collaboration diplomatique avec les Kiribati lui avait permis d'y établir une base pour suivre ses satellites (dans le cadre de son programme spatial) en 1997. Les Kiribati ont donc une certaine importance stratégique pour la diplomatie chinoise; pendant trois semaines en novembre 2003, le gouvernement chinois appelle le président I-Kiribati Anote Tong à renoncer à ses relations avec Taipei, mais en vain. Beijing refuse de maintenir des relations avec un État qui reconnaît la République de Chine, et doit donc abandonner l'utilisation de sa base aux Kiribati.

Les Kiribati sont l'un des pays océaniens qui constituent un terrain de compétition diplomatique entre Pèkin et Taipei[6]. Les Kiribati appuient la demande de Taipei qui souhaite devenir membre des Nations unies.

Avec Cuba[modifier | modifier le code]

Cuba n'a pas de relations diplomatiques officielles avec les Kiribati, mais apporte aux Kibarati une aide médicale conséquente. Seize médecins cubains travaillent aux Kiribati[7], et y ont réduit la mortalité infantile de 80 % [8]. En outre, vingt étudiants I-Kiribati étudient actuellement la médecine à Cuba, aux frais de leur hôte cubain[9].

Cuba soigne ses relations avec les îles du Pacifique, et a également fourni des médecins et/ou un enseignement médical aux Îles Salomon et à Nauru.

Avec le Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Les Kiribati sont une ancienne colonie britannique, et ont un consulat à Londres, mais il n'y a plus de haut-commissariat britannique à Tarawa-Sud, et les deux pays n'ont pas maintenu des relations particulièrement proches. Le Royaume-Uni applique une approche régionale à sa politique étrangère dans le Pacifique, plutôt que d'envisager des relations bilatérales proches avec un micro-Etat des îles océaniennes. Le Commonwealth sert également de cadre potentiel aux relations entre le Royaume-Uni et les Kiribati.

Avec la France[modifier | modifier le code]

Les Kiribati n'ont pas de représentation diplomatique en France, ni la France aux Kiribati. Néanmoins, en tant que membre du Forum des îles du Pacifique, les Kiribati ont eu des relations tendues avec la France au moment des essais nucléaires français.

Voir l'article: Relations entre la France et le Forum des îles du Pacifique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Sinking states », Ruper Colville, The Guardian, 17 septembre 2007
  2. (en) « Small islands states meet to seek strategy against sea level rise », Radio New Zealand International, 13 novembre 2007
  3. (en) « Pacific leaders demand urgent action to stop sea levels from rising », Radio New Zealand International, 4 décembre 2007
  4. (en) Natanaera Kirata, discours devant l'Assemblée Générale des Nations unies, 2 octobre 2007
  5. (en) « China ceases diplomatic relations with Kiribati », 29 novembre 2003
  6. (en) « Kiribati Plays The Game: Taiwan vs. China Battle Continues », Mac William Bishop, Pacific Magazine, 1 septembre 2004
  7. (en) « Six More Cuban Physicians To Serve In Kiribati », Batari Bataua, Pacific Magazine, 1 octobre 2007
  8. (en) « Cuban doctors reduce Kiribati infant mortality rate by 80 percent », Radio New Zealand International, 19 juillet 2007
  9. (en) « I-Kiribati Students Perform Well In Cuba », Batiri Bataua, Pacific Magazine, 23 décembre 2007