Politique étrangère de la Serbie

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La politique étrangère de la Serbie, ou diplomatie serbe, est la politique menée par la Serbie vis-à-vis des autres pays en vue de favoriser ses intérêts géostratégiques, politiques, et économiques.

Les anciennes républiques yougoslaves[modifier | modifier le code]

Bosnie-Herzégovine[modifier | modifier le code]

Depuis la fin de la guerre de Bosnie, les accords de Dayton de décembre 1995 et la reconnaissance mutuelle des deux États, les relations entre la Serbie et la Bosnie ne sont que formelles. En effet, la Serbie selon les accords de Dayton a le droit d'avoir des « relations spéciales » avec la République serbe de Bosnie[1], elle ignore le plus souvent Sarajevo. La Bosnie n'a pas reconnu le Kosovo de crainte de voir la République serbe de Bosnie suivre le même chemin.

Croatie[modifier | modifier le code]

Macédoine[modifier | modifier le code]

Le souverain serbe Stefan Milutin s'en empara en 1284. Elle restera serbe jusqu'en 1371 et la défaite de Vukašin Mrnjavčević lors de la bataille de la Maritza. Dans un premier temps Marko Kraljević la gouvernera sous l'autorité des Turcs, puis les Turcs ottomans l'occupent seuls jusqu'en 1913. En 1913, le royaume de Serbie libère la Macédoine de l'occupation turque, puis fait deux guerres des Balkans à la Bulgarie avec le soutien de la Grèce pour en garder le territoire. La Serbie, la Bulgarie et la Grèce se partagent alors le territoire macédonien. La Macédoine d'aujourd'hui est la Macédoine serbe de 1913[2].

La Macédoine slave n'a jamais été un État indépendant avant la dissolution de la Yougoslavie. Les gouvernements serbes d'avant 1945 l'ont considérée comme la Serbie du Sud, d'où le choc en Serbie lors de sa déclaration d'indépendance en 1991 quelques semaines après la déclaration de la Croatie et de la Slovénie. Aujourd'hui, la Serbie a généralement une politique attentiste vis-à-vis de la Macédoine.

Le conflit des églises orthodoxes[modifier | modifier le code]

La République de Macédoine est le théâtre depuis 1967 d'un conflit juridictionnel entre deux Églises orthodoxes qui se « disputent » son territoire :

  • l'Église orthodoxe macédonienne, dont l'autocéphalité est non reconnue par les autres Églises ;
  • l'Église orthodoxe serbe, qui a créé en République de Macédoine un exarchat nommé l'archidiocèse d'Okhrid avec à sa tête Jovan Vraniskovski, un Macédonien slave.

Depuis l'indépendance de la République yougoslave de Macédoine, ce conflit a pris une ampleur plus importante pourrissant les relations entre les deux États[2].

Monténégro[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la première guerre mondiale l'histoire des monténégrins s'est confondue avec celle des Serbes, l'appellation Crna Gora, qui signifie littéralement Montagne Noire en Serbe ou Monte Negro (Monténégro) en italien[3]. Apparaît pour la première fois dans l'histoire, sous le règne Serbe de Stefan Uroš II Milutin. En effet le souverain serbe nomma ainsi une commune (aujourd'hui au Monténégro) de son royaume du nom de l'actuelle république[3].

Avant la première guerre mondiale, le Monténégro et la Serbie était bien deux états séparés mais il n'existait aucune animosité ni entre ses dirigeants mis entre ses habitants. les choses se compliquent en 1918 lors d'un vote au parlement du Monténégro où il était question pour le royaume de s'unir avec la Serbie une partie des parlementaires refusa cette union. On les appela les verts car leurs noms fut inscrits sur une liste de papier vert. Alors que les parlementaires favorables à l'union furent nommés les blancs car leur nom était évidemment inscrit sur une liste de papier blanc[3]. Il se trouva que les verts furent minoritaires et le Monténégro rejoignit l'union des Serbes croates et slovènes[3].

En mars 1992, un référendum (voir Référendum de 1992 sur l'indépendance du Monténégro) fut organisé dans la république du Monténégro il était question de savoir si le Monténégro devait prendre son indépendance au resté uni à la Serbie 95,9 % des votes exprimés se déclarer en faveur de l'union.

En 1992, Milo Đukanović soutenait l'union il était à l'époque le représentant de Slobodan Milosevic au Monténégro. À partir de 1996, pendant la période de la révolte étudiante belgradoise contre Slobodan Milosevic, l'ex-dirigeant communiste Djukanovic abandonne Milosevic, mais est toujours un partisan de l'union avec la Serbie. C’est après la chute de Slobodan Milosevic, en 2000, que Djukanovic prend parti pour l'indépendance du Monténégro.

En mai 2006 (voir Référendum de 2006 sur l'indépendance du Monténégro) le Monténégro proclame son indépendance vis-à-vis de la Serbie à la suite du référendum qui donne de justesse la victoire : 55,4 % se sont déclarés pour l'indépendance. De justesse, car l'union européenne avait imposé une victoire supérieure à 55 % pour valider le résultat.

Depuis 2006, les relations entre la Serbie et le Monténégro se heurtent à plusieurs obstacles. Linguistique, malgré l'indépendance 43 % des monténégrins déclarent parler le serbe, 37 % parlent serbo-monténégrin, et le reste parle une autre langue[4] dans les faits les Serbes et les monténégrins(ainsi que les Croates et les Bosniaques) parlent la même langue[5] que l'on appelait le serbo-croate. L'autre point d'achoppement, entre le gouvernement monténégrin et serbe, est le statut de l'église orthodoxe serbe. En effet, le gouvernement du Monténégro pour lutter contre l'influence de l'église orthodoxe serbe a encouragé la création de l'église orthodoxe monténégrine (non reconnue par les autres églises orthodoxes[6]). À la suite de la création de l'église monténégrine l'État l'a soutenue dans sa politique de récupération des édifices religieux qu'elle considérait comme lui appartenant. Problème, ces édifices étaient déjà occupés par l'église orthodoxe serbe. Pour régler ce différend religieux l'église orthodoxe russe se place en médiateur, elle aurait proposé à l'église monténégrine de prendre le statut d'église autonome mais au sein de l'église orthodoxe serbe[6]. Cette solution n'est pas une première, elle a été déjà adoptée en Ukraine pour résoudre le problème qu'a rencontré l'église orthodoxe russe avec la déclaration d'indépendance de la république d'Ukraine [6] .

Slovénie[modifier | modifier le code]

La Slovénie est la seule république ex-yougoslave à ne pas avoir eu de communauté serbe importante, elle a tout de même élu, en 2007, à la tête de sa capitale Zoran Jankovic qui fait partie par son père de la communauté serbe de Slovénie[7]. La Slovénie a cependant reconnu le Kosovo comme la Croatie, dégradant ses relations avec Belgrade. Avec son entrée dans l'UE et la Slovénie a renoué ses relations avec la Serbie qui sont devenues sereines depuis la fin du conflit ex-yougoslave. La Slovénie encourage fortement l'intégration à l'UE de la Serbie et espère par là l'ouverture d'un marché serbe à ses produits[8].

En avril 2011, à Smederevo, en Serbie, les trois chef d'état, le président de Serbie Boris Tadic et les Premiers ministres de Croatie et de Slovénie Jadranka Kosor et Borut Pahor ont signe l'accord sur la création du Consortium Serbie - Croatie - Slovénie[9],[10],[11].

Les entités ethniques[modifier | modifier le code]

République serbe de Bosnie[modifier | modifier le code]

Kosovo[modifier | modifier le code]

Carte des États ayant ou non reconnu l'indépendance du Kosovo :
  •      Serbie (ne reconnait pas l'indépendance du Kosovo)
  •      États qui ont reconnu le Kosovo comme parti intégrante de la Serbie
  •      États qui ont reconnu le Kosovo comme État indépendant

Le Kosovo est l'objet d'une dispute territoriale entre la République de Serbie et la République autoproclamée du Kosovo. Les institutions provisoires d'autogestion kosovares ont unilatéralement déclaré l'indépendance le 17 février 2008, tandis que la Serbie affirme toujours que la dite province fait encore partie de son propre territoire. Le Kosovo a été reconnu par 72 de 192 États membres de Nations unies.

Les voisins balkaniques et centraux[modifier | modifier le code]

Albanie[modifier | modifier le code]

Autriche[modifier | modifier le code]

Bulgarie[modifier | modifier le code]

Grèce[modifier | modifier le code]

Avec la Russie, la Grèce est sûrement le pays avec lequel la Serbie entretient les meilleurs rapports. Cela s'explique pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il y a comme pour la Russie une proximité religieuse, ces différents États étant tous de religion orthodoxe. Ce sont d'ailleurs les Grecs qui, au neuvième siècle, convertirent les Serbes. Ce sont ces mêmes Grecs byzantins qui, au sixième siècle, ont demandé aux Serbes qui vivaient alors en Serbie blanche (sud de l'Allemagne de l'Est) de venir s'installer dans la péninsule balkanique pour les aider dans leur lutte contre les Avars. À la suite de la victoire serbe contre les Avars, les Grecs byzantins installent des Serbes dans les régions de l'actuel Monténégro et de l'Herzégovine. Par la suite, au neuvième siècle, les Byzantins demandent aux populations valaques de Moravie de s'installer dans la région de Prague. À leur place, ils installent d'autres Serbes venus du Royaume de Grande Moravie. C'est d'ailleurs ces Serbes qui donneront à la Moravie de son nom actuel.

Par la suite les relations entre le Royaume de Serbie et l'Empire byzantin furent plus conflictuelles. En effet, les seigneurs serbes prirent parti dans les querelles intestines au sein de l'Empire byzantin. Ce n'est que l'arrivée des Ottomans dans les Balkans qui unirent de nouveaux Serbes et Grecs. À la suite de l'occupation des territoires byzantins, des centaines de milliers de Grecs vinrent s'installer en Serbie. En 1453, après la chute de Smederevo et l'occupation de la Serbie, Serbes et Grecs se retrouvèrent tous les deux sous le joug des Turcs, et cela jusqu'aux guerres de libération du XIXe siècle. Ce sont en effet les Serbes et les Grecs qui les premiers dans les Balkans obtinrent leur indépendance vis-à-vis de l'Empire ottoman.[réf. nécessaire]

Hongrie[modifier | modifier le code]

Roumanie[modifier | modifier le code]

Autres États[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Chine[modifier | modifier le code]

La Chine a fait de la Serbie son allié principal dans les Balkans et cela depuis les années 1970[12]. En août 2009, un accord bilatéral a été signé entre les deux pays où ils s'engagent à défendre l'intégrité territoriale des deux États. Sachant que la Chine ne reconnaît pas le Kosovo[12], cela donne donne un allié de poids à la Serbie.

France[modifier | modifier le code]

Japon[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Russie[modifier | modifier le code]

Ukraine[modifier | modifier le code]

Union européenne[modifier | modifier le code]

Lors des négociations d'adhésion de la Grèce, en 1978, avec la CEE (nom de l'UE à l'époque), il a été proposé à la Yougoslavie de devenir membre de la CEE. La Yougoslavie étant fidèle à sa politique de non-aligné a alors refusé de devenir membre de la CEE. Aujourd'hui la Serbie qui est l'héritière de la Yougoslavie désire devenir membre de l'UE[13].

Pour la question du problème « Kosovo », l'UE n'a pas de politique envers la Serbie pour la simple et bonne raison que les membres de l'UE ne sont pas tous en accord sur la politique de reconnaissance du Kosovo. Certain membres comme l'Allemagne et la Slovénie ont reconnu le Kosovo, d'autre comme l'Espagne et la Grèce, non.

Les progrès[modifier | modifier le code]

La Serbie ne rencontre pas de difficultés particulière dans l'accomplissement des critères de l'UE. La lutte contre la corruption est la réforme la plus compliquée qu'elle pourrait rencontrer. Le 15 juillet, la Commission européenne a proposé la libéralisation des visas pour la Serbie à partir du 1er janvier 2010[13].

Les obstacles[modifier | modifier le code]

Le blocage des Pays-Bas était la seule difficulté de l'adhésion de la Serbie à l'UE. Les Pays-Bas étaient le seul pays de l'UE qui considère encore que la Serbie ne collabore pas pleinement avec la Cour pénale internationale de la Haye malgré les arrestations de Slobodan Milošević et de Radovan Karadžić. Les Néerlandais réclamaient encore plus de preuves de la bonne volonté de Belgrade a arrêté les personnalités Serbes impliquées dans les guerres des années 1990[13], notamment l'arrestation du général Serbe Bosniaque, Mladic qui était en fuite.

La Serbie a arrêté tous les criminels de guerre recherchée par le tribunal. Malgré cela, elle s'est vue refuser le statut de candidat à l'adhésion en décembre 2011. Refus non catégorique, la question sera de nouveaux à l'ordre du jour en mars 2012. Mais l'obtention d'un statut de candidat à l'adhésion est plus compliquée car malgré le fait que la Serbie ait remplit tous les critères. L’Allemagne demande dans un premier temps à la Serbie (non directement) de reconnaître le Kosovo. Jusqu'ici l'Union européenne quant à elle n'a jamais demandé à la Serbie de reconnaître le Kosovo pour obtenir le statut de candidat, pour la simple et bonne raison que des pays de l'Union européenne ont eux aussi refuser de reconnaître la province kosovare comme un État (Espagne, Grèce, Slovaquie, Chypre). En mars 2012, l'Allemagne a infléchit sa position ainsi que tous les pays de l'UE sauf, la Roumanie et la Lituanie qui ont poser des obstacles, la Roumanie réclamant un autonomie plus importante pour les populations valache de l'est de la Serbie, elle a été alors accusée par les autres européen de manquer d'esprit envers l'idée européenne[14], et la Lituanie demande à la Serbie de ne pas poser de candidature à un poste clé à l'ONU en raison de sa propre canditature[15].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Catherine Lutard, "Géopolitique de la Serbie Monténégro", éditions Complexe (ISBN 2870276478)
  • Alexis Troude, Géopolitique de la Serbie, éditions Ellipses (ISBN 2729827498)

Références[modifier | modifier le code]