Politique étrangère de la République de Macédoine

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Politique en République de Macédoine
Image illustrative de l'article Politique étrangère de la République de Macédoine
Constitution
Président de la République
Gjorge Ivanov
Président du gouvernement
Nikola Gruevski
Liste
Gouvernement
Assemblée
Cour constitutionnelle
Élections
Présidentielle : 2004, 2009, 2014
Législatives : 2008, 2011, 2014
Référendums : 1991, 2004
Partis politiques
Politique étrangère

La politique étrangère de la République de Macédoine, ou diplomatie macédonienne, est la politique menée par la République de Macédoine vis-à-vis des autres pays en vue de favoriser ses intérêts géostratégiques, politiques, et économiques.

La République de Macédoine possède un consulat ou une ambassade dans 38 États étrangers et elle entretient des relations diplomatiques avec 167 États[1]. Elle est membre de nombreuses organisations internationales, comme l'ONU, le Conseil de l'Europe, la Banque des règlements internationaux, le FAO, Interpol, l'Unesco ou encore l'Organisation internationale de la francophonie[2]. Le pays est candidat à l'adhésion à l'OTAN depuis 1999[3], mais son adhésion a été bloquée par le veto de la Grèce en 2008[4]. La République de Macédoine a aussi obtenu le statut de candidat à l'adhésion à l'Union européenne en 2004, mais aucune négociation n'a encore commencé, malgré les recommandations formulées par la Commission européenne depuis 2009. Le principal obstacle est le différend du nom avec la Grèce, dont le règlement est une condition pour l'accession du pays à l'Union[5].

De manière générale, le pays entretient des relations chaleureuses avec les États de l'Otan et de l'Union européenne, mais les rapports avec les États voisins, notamment la Grèce, la Serbie et la Bulgarie, sont parfois assombries par des divergences de points de vue historiques, culturels ou ethniques. En revanche, ces divergences unissent la Macédoine et la Turquie, le meilleur allié de la république depuis son indépendance.

Les républiques ex-yougoslaves[modifier | modifier le code]

Bosnie-Herzégovine[modifier | modifier le code]

La Bosnie-Herzégovine et la République de Macédoine n'ont aucun différend qui pourrait entraver leur coopération et ont donc d'excellentes relations. Les deux pays suivent le même chemin vers l'accession à l'Otan et l'Union européenne. La Bosnie coopère activement pour mener à bien l'enquête autour de la mort de Boris Trajkovski, président macédonien mort dans un accident d'avion près de Mostar en 2004[6].

Croatie[modifier | modifier le code]

Les relations entre la Croatie et la République de Macédoine sont excellentes. Les deux pays collaborent sur le plan économique et régional et la Croatie soutient l'adhésion macédonienne à l'Otan et offre son soutien pour l'adhésion à l'Union européenne. Enfin, les deux sont engagées côte à côte en Afghanistan[7].

Kosovo[modifier | modifier le code]

La Macédoine a reconnu l'indépendance du Kosovo en 2009, soit un an après la proclamation d'indépendance, car les deux pays avaient au départ un différend à propos de leur frontière commune. Depuis, les relations entre les deux pays sont bonnes bien qu'encore balbutiantes au niveau économique. La Macédoine encourage officiellement la reconnaissance du Kosovo par les autres États du monde[8].

Monténégro[modifier | modifier le code]

Le Monténégro et la République de Macédoine ont de bonnes relations et ils collaborent ensemble sur le plan militaire[9].

Serbie[modifier | modifier le code]

Les relations avec la Serbie sont plutôt riches au niveau économique et scientifique et les deux pays poursuivent un même but, l'intégration européenne. Néanmoins, l'existence de l'Église orthodoxe macédonienne, non reconnue par le Patriarcat de Serbie qui considère le pays sous sa juridiction, ainsi que la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par la République de Macédoine sont des points sensibles entre les deux pays. Les Macédoniens se plaignent aussi d'une certaine condescendance de la part des Serbes, qui, avant la proclamation de la République socialiste de Macédoine en 1944, considéraient le pays comme faisant partie de la Serbie. Malgré ces différents, les deux États sont désireux d'amplifier leurs relations[10].

Slovénie[modifier | modifier le code]

La Slovénie soutient les candidatures macédoniennes à l'Union européenne ainsi qu'à l'Otan et les deux pays collaborent activement au niveau économique et éducatif. Les deux républiques ont de nombreuses visions communes sur l'avenir de la région et leurs relations sont très bonnes[11].

Les voisins balkaniques[modifier | modifier le code]

Albanie[modifier | modifier le code]

Les relations avec l'Albanie sont bonnes mais les échanges économiques sont freinés par le manque d’infrastructures transfrontalières. Une autoroute et une voie ferrée reliant Skopje à Tirana sont d'ailleurs en projet. Les deux pays ont en commun le désir d'intégration européenne[12].

Bulgarie[modifier | modifier le code]

L'embassade de la Macédoine à Sofia.

Les relations entre la République de Macédoine et la Bulgarie sont plutôt bonnes, mais il existe aussi des différends à propos de visions historiques, notamment sur l'existence de la langue macédonienne, considérée comme un simple dialecte par les Bulgares, et sur l'ethnicité de plusieurs personnages historiques nés en Macédoine avant que la nation macédonienne ne soit reconnue (les Macédoniens étaient alors considérés la plupart du temps comme bulgares)[13]. Les Macédoniens et les Bulgares s'accusent ainsi mutuellement de voler le patrimoine culturel de l'autre[14].

Grèce[modifier | modifier le code]

Les relations entre la Grèce et la Macédoine sont conflictuelles à cause du différend autour du nom de « Macédoine », mais les deux pays ont des liens économiques importants et le désaccord sur le nom occupe une place mineure depuis 1995 et l'entrée de la République de Macédoine aux Nations unies[15].

Lorsque la République de Macédoine a pris son indépendance en 1991, elle s'est tout de suite heurtée à l'hostilité de la Grèce. Celle-ci s'opposait au nom même du nouvel État, à son drapeau, arborant le soleil de Vergina, symbole de Philippe II de Macédoine et à des passages de la Constitution qui pouvaient impliquer une ingérence dans les affaires grecques voire des prétentions territoriales sur la Macédoine grecque[16]. Afin que le nouvel État change ses symboles, la Grèce a lancé une campagne contre sa reconnaissance internationale et a bloqué son adhésion à des organismes internationaux[17]. En l'absence de changement de la part de la Macédoine, elle a finalement engagé un blocus économique en 1994. Les deux pays acceptent toutefois de signer les accords de New York en 1995, et en échange de la réouverture de la frontière gréco-macédonienne, la Macédoine s'engage à changer de drapeau[18].

Le conflit à propos du nom n'est toutefois toujours pas résolu puisque la Macédoine est membre de l'Onu sous un nom provisoire, Ancienne République yougoslave de Macédoine, abrégé en ARYM, ou en anglais Former Yugoslav Republic of Macedonia et FYROM. La Grèce conduit toujours des actions contre la Macédoine, en empêchant par exemple son adhésion à l'OTAN. Cependant, plus de 125 pays dans le monde[19], parmi lesquels les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni ou la Chine, reconnaissent la République de Macédoine sous son nom constitutionnel[20],[21],[22],[15].

Autres États[modifier | modifier le code]

Australie[modifier | modifier le code]

L'Australie compte une importante communauté macédonienne mais n'a pas de grandes relations avec la République de Macédoine. Le fort antagonisme entre communautés grecque et macédonienne d'Australie empêche des prises de position claires pour le gouvernement australien. Les gouvernements des deux pays souhaitent toutefois normaliser et amplifier leurs relations[23].

Chine[modifier | modifier le code]

Les relations avec la Chine sont faibles mais les deux États souhaitent les intensifier et ont signé divers accords sur l'économie, la technologie et l'agriculture[24].

États-Unis[modifier | modifier le code]

L'ambassade macédonienne à Washington.

Les États-Unis entretiennent de bonnes relations avec la Macédoine et la reconnaissent sous son nom constitutionnel depuis 2004. Les Américains apportent un soutien non négligeable dans la construction d'un régime démocratique et d'une économie solide en Macédoine. L'armée macédonienne a enfin participé à la guerre d'Irak[25].

Russie[modifier | modifier le code]

La Russie est un allié pour les Macédoniens et reconnaît le pays sous son nom constitutionnel. Différents efforts sont entrepris pour amplifier les relations entre les deux pays, comme la suppression des visas en été pour les Russes qui visitent la Macédoine. Cette dernière est incluse dans le projet de pipeline russe South Stream[26].

Turquie[modifier | modifier le code]

La Turquie est considérée comme le meilleur et le plus ancien allié de la République de Macédoine. Cette dernière a par ailleurs fait partie de l'Empire ottoman pendant 500 ans. Le ciment de l'amitié turco-macédonienne est l'hostilité de la Grèce vis-à-vis des deux pays. Les échanges économiques avec la Turquie sont toutefois plus faibles que ceux avec la Grèce, même s'ils augmentent sensiblement. Enfin, par peur de voir sa culture menacée, l'importante minorité albanaise de Macédoine est plutôt méfiante vis-à-vis de la présence turque, malgré une religion commune[27].

Union européenne[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Relations bilatérales », Ministère des Affaires étrangères de la République de Macédoine (consulté le 25 mai 2011)
  2. (en) « Macedonia », sur The World Factbook, Central Intelligence Agency,‎ 13 mars 2012 (consulté le 18 mars 2011)
  3. (en) « Road to Nato », Ministère de la Défense de la République de Macédoine (consulté le 25 mai 2011)
  4. (en) Owen Bowcott et Maya Wolfe-Robinson, « Macedonia's Nato and EU hopes given boost by international court of justice », The Guardian,‎ 5 décembre 2011 (consulté le 19 mars 2012)
  5. (en) Biljana Lajmanovska, « Macedonia's EU bid still mired in name issue », Southeast European Times,‎ 19 novembre 2011 (consulté le 19 mars 2012)
  6. (en) PM: Excellent Relations between Macedonia & Bosnia, MINA, 16 juillet 2010
  7. (en) Croatian And Macedonian Foreign Ministers Meet, Dalje.com, 5 juin 2009
  8. (en) Kosovo seeks increased co-operation with its neighbours, Muhamet Brajshori, Southeast European Times, 18 janvier 2012
  9. (en) Macedonia, Montenegro to intensify defense sector relations
  10. (en) Macedonia and Serbia boost relations, Misko Taleski, Southeast European Times, 20 décembre 2011
  11. (en) Macedonian President on official visit to Slovenia, Président de la République de Slovénie, 15 février 2011
  12. (en) FYROM and Albania to improve good-neighborly relations
  13. (bg) « Pétition à l'UNESCO contre l'appropriation illicite de la langue, de l'histoire et de la culture bulgares par la République de Macédoine », News.bg (consulté le 1er avril 2011)
  14. (en) Anton Kojouharov, « Bulgarian “Macedonian” Nationalism: A Conceptual Overview », OJPCR: The Online Journal of Peace and Conflict Resolution (consulté le 1er avril 2011)
  15. a et b « Macedonia (FYROM): Post-Conflict Situation and U.S. Policy », Federation of American Scientists (consulté le 25 mai 2011)
  16. Crampton 2002, p. 294
  17. Georgieva et Konechni 1998, p. 20
  18. Georgieva et Konechni 1998, p. 22
  19. (en) « EU enlargement: The next eight », BBC News,‎ 2 mars 2012 (consulté le 19 mars 2012)
  20. (en) « Joint Communiqué Between The People's Republic of China And The Republic of Macedonia On The Normalization of Relations », Ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine (consulté le 25 mai 2011)
  21. (en) « Macedonia », Foreign and Commonwealth office (consulté le 25 mai 2011)
  22. (en) « Milososki-Lavrov: Macedonia still enjoys Russia's support over its constitutional name », Gouvernement de la République de Macédoine (consulté le 25 mai 2011)
  23. (en) THE PRESIDENT OF THE ASSEMBLY OF THE REPUBLIC OF MACEDONIA, MR. TRAJKO VELJANOSKI, MET WITH SENATOR GARY HUMPHRIES AND LUKE SIMPKINS, MP
  24. (en) Chinese vice premier, Macedonian leader vow to enhance bilateral ties
  25. (en) EMBASSY OF THE REPUBLIC OF MACEDONIA, Macedonia - U.S. relations
  26. (en) FM Poposki: Macedonia has special interest in building friendly relations with Russia
  27. (en) Macedonia-Turkey: The Ties That Bind, Darko Duridanski, BalkanInsight, 10 février 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

Lies internes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Valentina Georgieva et Sasha Konechni, Historical Dictionnary of the Republic of Macedonia, Scarecrow Press,‎ 1998 (ISBN 0810833360)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) R. J. Crampton, The Balkans Since 1945, Longman,‎ 2002 (ISBN 0582248825)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]