Polémique sur l'abattage rituel

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Les dérogations à la loi commune pour que l'abattage des animaux de boucherie puisse être conforme aux rites religieux, musulman (dans ce cas on parle de viande halal) ou juif (dans ce cas on parle de viande cachère) ont donné lieu au début des années 2010, en France, à de nombreuses polémiques. La principale dérogation consiste en la possibilité d'égorger l'animal encore conscient alors que le droit commun exige un étourdissement préalable. Les associations de protection des animaux ont toujours protesté contre cette pratique arguant du fait qu'elle entraîne une souffrance animale supplémentaire. Cependant le débat est resté relativement confidentiel, les filières de la viande et les communautés religieuses voyant dans cette discrétion le souci de préserver des intérêts économiques. C'est en 2012 que ces débats sont arrivés sur le devant de la scène médiatique puis politique. En France, il y eut tout d'abord une enquête du magazine de France 2 Envoyé spécial sur les abattoirs français, dont une partie était consacrée à l'abattage rituel. Cette enquête a permis à Marine Le Pen, en pleine campagne pour la présidentielle, d'ajouter une critique supplémentaire à son thème principal de la progression de l'islam en France. Ses propos ont ensuite été largement commentés par l'ensemble de la classe politique française. Puis le débat s'est étendu à d'autres pays, notamment le Canada dans la province du Québec. Le débat s'est apaisé au bout d'un mois et le gouvernement s'est chargé d'étudier plus a fond cette question au travers notamment de projets de lois.


Situation en Europe[modifier | modifier le code]

Au début du XXIème siècle, sous la pression, notamment, des associations de protection des animaux, l'Europe renforce sa législation limitant l'abattage sans étourdissement. Certains de ses membres l'interdisent purement et simplement. D'autres exigent que les consommateurs soient informés du mode d'abattage par un étiquetage spécifique. Les états européens se basent sur la Directive 93/119/CE et la décision 88/306 de la Communauté européenne[1] Dans la pratique, la situation est différente suivant les pays et évolue dans le temps. La Norvège (depuis 1930), la Suède (depuis 1938), l’Islande, la Suisse (depuis 1893), la Grèce, le Luxembourg et six provinces d’Autriche n’autorisent aucune dérogation. La viande halal et casher est donc interdite ; en revanche, il est souvent permis d'en importer. Le cas de la Suisse est encore plus compliqué car l'importation de viande cacher est seulement autorisée pour la communauté israélite (la viande vient exclusivement de Besançon en France voisine [2]). En Allemagne, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, et au Danemark, on observe une remise en cause de ces exemptions. En France[3] et en Belgique, les associations de protection animale comme l’OABA tentent de sensibiliser l’opinion mais sans succès jusqu’ici. En Espagne, Irlande, Italie, il y a une dérogation sans débat public[4]. La Pologne l'autorise et confirme en 2012 son maintien [5].

Le sujet reste sensible dans tous les pays, dès qu'un gouvernement décide de faire évoluer sa législation, cela déclenche un tollé populaire[6]

Le projet DIALREL[modifier | modifier le code]

Pour tenter de faire converger les différentes positions : religieuses, vétérinaires, amis des animaux, un groupe de travail européen est mis en place en 2006. Il s'agit du projet Dialrel (« Dialogue sur les abattages religieux ») [7] créé par la commission européenne. La représentante française est la sociologue Florence Bergeaud-Blackler.

Le projet conclut au fait que l'absence d'étourdissement pre mortem accentue les souffrances animales. Les viandes cachères ne sont donc pas conformes à la réglementation européenne[8]. Avant de trouver la solution de mise en conformité à cette réglementation, le 16 juin 2010 le Parlement européen vote un amendement dans le projet de réglementation sur l'étiquetage[9].

Historique en France[modifier | modifier le code]

La première loi évoquant l'abattage rituel date de 1964. Seules quelques préfectures, comme Paris, avaient émis des règlements spécifiques. Le décret du 16 avril 1964 définit l’abattage rituel[10]. Le décret du 23 septembre 1970[11] spécifie que l'abattage devra être pratiqué par un « sacrificateur » habilité par un organisme religieux lui-même. Trois organismes ont été à ce jour agréés, liés respectivement à la Grande mosquée de Paris, la Mosquée d'Évry et la Grande mosquée de Lyon[12]. Mais ces organismes certificateurs présentent de nombreux dysfonctionnements, et celui de la mosquée d’Evry n’emploie aucun contrôleur[13].

Situation en France avant la polémique[modifier | modifier le code]

  • Une réglementation spécifique est donc applicable pour l'abattage rituel [14].
  • Le gouvernement français, qui accepte l'argumentation des autorités juives françaises qui considèrent que cet étiquetage mettrait à mal la filière cachère française, se mobilise pour freiner ces initiatives. Le 6 septembre 2010, le ministre de l’Intérieur (chargé des cultes), Brice Hortefeux, déclare à la synagogue de la Victoire à Paris : « Aujourd'hui, alors qu’un vote au Parlement européen pourrait imposer un étiquetage discriminant pour l'abattage rituel, nous restons particulièrement vigilants. Vous pouvez compter sur ma mobilisation et celle des députés français au Parlement européen pour que le projet n’aboutisse pas »[15].
  • le 25 octobre 2011, paraît un Règlement européen d'information des consommateurs sur les denrées alimentaires (R1169-2011) expurgé, sous la pression du gouvernement français, de toute obligation d'étiquetage des viandes en fonction du mode d'abattage[15].
  • Françoise Hostalier, députée UMP du Nord, fait plusieurs propositions de loi refusées par le ministre de l'agriculture.
  • La filière viande est aussi contre cette étiquetage. Elle a
  1. d'une part peur que des consommateurs ne se détournent des viandes provenant d'animaux non étourdis,
  2. d'autre part un intérêt économique à uniformiser l'ensemble de l'abattage vers cet abattage rituel[16],[17]. Cette filière a, en effet, d'elle-même développé de façon massive l'abattage rituel, constatant que celui-ci était plus simple en supprimant l'étape d'étourdissement et donc moins onéreux que l'abattage traditionnel. La filière a donc profité de la dérogation exceptionnelle qui autorise l'abattage sans étourdissement pour les juifs et musulmans pour étendre l'utilisation de cette dérogation à une beaucoup plus grande échelle.

Les quatre grands groupes interprofessionnels (Syndicat national de l'industrie des viandes, Interbev, Fédération nationale des exploitants des abattoirs publics, Coop de France), qui représentent la majorité des abattoirs, ont jusqu'à présent pris position contre cet étiquetage[18]. Frédéric Freund, directeur de l’Œuvre d’assistance aux bêtes d'abattoir, pense au contraire qu'« ils craignent les associations de consommateurs et de protection des animaux ! ». Les industriels ne veulent donc pas de traçabilité et pèsent de tout leur poids auprès du Conseil de l'UE pour éviter qu'une telle mesure soit prise, reprenant l'argument avancé par les rabbins européens qui craignent qu'une telle mention ne stigmatise les communautés juives[19].

Enquête d'Envoyé spécial[modifier | modifier le code]

Une enquête réalisée par Camicas Productions et diffusée lors du magazine Envoyé spécial du 16 février 2012 relance la polémique. Cette enquête traite des problèmes d'hygiène dans les abattoirs français mais une partie de l'enquête se focalise plus particulièrement sur deux problèmes liés à l'abattage rituel : elle avance notamment que le consommateur ignore le type d'abattage de la viande qu'il consomme et qu'il existe des risques sanitaires pour les viande rituellement abattues et insuffisamment cuites. L'enquête porte sur l'abattage sans étourdissement. Cela concerne de façon indifférenciée l'abattage rituel musulman halal encore appelé Dhabiha ou l'abattage rituel juif casher encore appelé Shehita.

Absence d'informations explicites concernant le mode d'abattage[modifier | modifier le code]

La traçabilité mise en place en France depuis la crise de la vache folle permet a priori de connaître le type d’abattage de la viande. Dans les grandes surfaces, la viande emballée porte une étiquette de traçabilité. Après la mention abattu figurent deux lettres. Si ces deux lettres sont « FR », cela signifie que l'abattage a eu lieu en France. Il y a ensuite une série de 8 à 11 chiffres appelée « code d’identification de l'abattoir ». Les deux premiers chiffres représentent le numéro du département. Le reste du code permet de trouver le nom de l'abattoir grâce à ce tableau de correspondance fourni par le ministère de l'agriculture et de la pêche. Certains de ces abattoirs déclarent officiellement ne pratiquer que de l'abattage rituel, c'est le cas de tous les abattoirs de la région parisienne. D'autres ne donnent pas facilement cette information. Dominique Langlois, représentant de l'Intersyndicale de la viande bovine, reconnaît le 20 février 2012 qu'il ne peut pas en donner l'exhaustivité. Les chiffres, suivant les enquêtes, oscillent entre 10 %[20], 32 % de la viande bovine abattue en France[21] (ces chiffres sont plus importants pour les ovins). François Hallépée, directeur de la maison de l'élevage d'Île-de-France, confirme que les cinq abattoirs de la région Île-de-France ne pratiquent plus que de l'abattage rituel. Les abattoirs sont réticents à donner cette information de peur de voir une partie de leurs clients fuir. De plus, faire un mixte abattage traditionnel - rituel est un non-sens économique. Florence Bergeaud explique que les responsables religieux exigent un nettoyage complet approfondi de toute l'installation à chaque changement. Pourtant cette information est obligatoire dans toute l'Union européenne depuis 2011. Face à l'inquiétude des autorités religieuses, la France a longtemps rechigné à la mettre en application. Le décret est néanmoins publié au Journal Officiel le 29 décembre 2011. Là encore, les abattoirs traînent des pieds comme le constatent les reporters d’Envoyé spécial dans l’enquête diffusée le 16 février. L'Oaba fournit une liste d'abattoirs qui ne font pas d'abattage rituel[22]. Le Point reprend des informations gouvernementales triant les abattoirs[23].

Risque de contamination bactérienne[modifier | modifier le code]

  • Gilbert Mouthon, professeur à l'école vétérinaire et expert auprès des tribunaux, estime que l'abattage rituel peut parfois favoriser la propagation des bactéries E coli. En effet, ces bactéries sont très toxiques pour l'homme et elles entraînent 300 complications graves par an. Elles sont situées dans l'estomac des bovins. Des techniques simples permettent d'éviter qu'elles ne souillent la viande lors de la saignée. Il suffit de mettre un élastique pour ligaturer l'œsophage à ce moment. Cela est fait dans le cas de l'abattage conventionnel. Cela est impossible dans le cas de l'abattage rituel, dans 15 à 20 % des cas le contenu de l'estomac se déverse sur la partie appelée collier de la viande[24]. Il donne un conseil aux amateurs de viande : la faire bien cuire. Pour les consommateurs juifs et musulmans qui étaient les seuls dans le passé à consommer ce type de viande, cela a rarement entraîné des problèmes sanitaires. En effet dans ces deux cultures, il est de coutume de cuire longuement toutes les viandes. Le collier, notamment, sert dans les ragouts cuits pendant de longues heures or E Coli est complément détruit par la cuisson.
  • Avant et après l’enquête d'Envoyé spécial, plusieurs scientifiques soulignent les risques sanitaires induits par la pratique de l'abattage rituel sans étourdissement préalable.
  1. Pascale Dunoyer, chef du bureau des établissements français d'abattage et de découpe à la Direction générale de l'alimentation, indique dans le Bulletin de l'Académie vétérinaire de France que ce mode d'abattage « peut avoir des conséquences en termes de salubrité et de sécurité des carcasses[25]. » Elle explique que « le tranchage de la trachée et de l'œsophage (…) peut provoquer le déversement du contenu gastrique (voire pulmonaire) sur les viandes de têtes, de gorge et de poitrine[25]. » . Elle signale aussi que la pratique de la betiqua (inspection dans le rituel casher), lorsqu'elle est réalisée sur des carcasses au sol, peut entraîner la souillure de la peau de l'animal [26].
  2. Jean-Louis Thillier, expert en sécurité sanitaire, affirme que l'abattage sans étourdissement a pour conséquence une augmentation des contaminations par la bactérie intestinale Escherichia coli car « le contenu de l'œsophage et des intestins des animaux risque de souiller la viande, particulièrement les quartiers avant qui finissent dans les steaks hachés[27]. »
  3. Le Dr Olivier Boscassi, secrétaire général de l'ordre des vétérinaires du Limousin confirme le risque [28]
  4. Le vétérinaire Michel Courat, membre de Eurogroup for Animals (une organisation européenne œuvrant pour le bien-être animal), note que lors de la section de la trachée et de l'œsophage, il y a un « reflux du contenu des estomacs qui souille la coupe de la viande », notamment chez les ovins[29]. Il soutient que le « parage » qui consiste à retirer avec un couteau la partie souillée de la viande « a tendance » à ne pas être effectué parce qu'il engendre une importante perte de profit et qu'il est souvent remplacé par un jet d'eau qui crée un « brouillard très chargé en bactéries » et peut contaminer l'ensemble de la carcasse[29]. S'il assure que les personnes consommant de la viande provenant d'un abattage sans étourdissement ont beaucoup plus de risques d'être contaminées que les autres, il indique toutefois que « si la viande est bien cuite », le risque est négligeable[29].
  • Après cette enquête d'envoyé spécial, le 11 mars 2012, l'émission « La vérité si je mange » de France 5 reprend les dangers sanitaires liés à l'E. coli du mode d'abattage sans étourdissement halal/casher. Le toxicologue Jean Louis Thiallier cite le chiffre de 100 enfants par an mourant de cette bactérie en France, sans pour autant que le lien entre ces morts et l'abattage rituel soit formellement établi[30]. Il existe des pics épidémiques, en France notamment[31], le toxicologue en attribue une part à l’abattage rituel. Le grand rabbin, Bruno Fiszon, spécialiste de ces questions au Consistoire, estime que « nous avons des données scientifiques qui contredisent cela. Nous devons les mettre en avant, car la question sanitaire est encore plus redoutable que celle du bien-être animal. Là-dessus, nous pouvons répondre, car les études montrent qu’il n’y a pas de différence bactériologique entre des carcasses venant d’abattage rituel ou d’abattage traditionnel. C’est un fantasme, qu’il va falloir combattre[32] ». Yves-Marie Le Bourdonnec, surnommé « le boucher des stars », préconise l'abattage rituel qu'il considère meilleur pour le bien-être des animaux. Il minimise le risque sanitaire des bactéries en provenance de l'intestin de l'animal car « normalement l'animal est mis à jeun 24 h avant son abattage » [33],[34].

Conséquence sanitaire[modifier | modifier le code]

Pour Michel Courat, les problèmes signalés dans les deux paragraphes précédents seraient mineurs.

  • D’une part, il n'y aurait aucun problème pour un non musulman ou un non juif à consommer de la viande abattue rituellement sauf pour les personnes soucieuses de la protection animale qui pensent que ce mode d'abattage entraîne une souffrance animale supplémentaire.
  • D'autre part, les bactéries E coli sont détruites par une cuisson longue ou à haute température des viandes, si celles-ci sont cuites à cœur, la température atteignant au moins 70 °C en toute part[35],[36].
  • En revanche, comme le type d'abattage se généralise en France, certains consommateurs risquent d'utiliser de la viande à collier halal ou casher pour préparer des steaks hachés, des steaks tartares, donc crus. Le risque d’une contamination grave par E coli est, dans ce cas, réel. Le ministère a pris cette question au sérieux, dans un rapport de 2007 il souligne que ce problème est accru dans les abattoirs pratiquant des abattages rituels[37]. Ce qui inquiète les professionnels de l'abattage, et qui a été révélé par le reportage d'Envoyé spécial, La viande dans tous ses états, ce sont les règles d'hygiène que ne respecteraient pas le rite halal. En effet, pour Jean-Baptiste Gallo, le halal présente « un risque bactériologique » car l'abattage rituel consiste à trancher tout le cou de la bête, œsophage compris, rendant alors possible la contamination de la viande par les matières présentes dans le système digestif de l'animal, et pouvant contenir la bactérie Escherichia coli. Lors de l'abattage conventionnel, ce risque est évité car l'œsophage est ligaturé[38].
  • En attendant la mise en place de la traçabilité promise par Bruno Lemaire, les experts interrogés par Envoyé spécial sont unanimes et conseillent de ne plus consommer de viande hachée sans bien la cuire et déconseillent de manger des steaks tartares fabriqués avec de la viande abattue en France.

Réaction du CSA[modifier | modifier le code]

  • Le 26 juin 2012 le CSA épingle France Télévision. Le CSA note notamment que « dans la mesure où ce sujet pouvait prêter à controverse, il aurait été souhaitable que des efforts supplémentaires aient été mis en œuvre par la chaîne afin de mieux assurer l’expression de la diversité des points de vue »[39].

Liste des alertes à la contamination E.Coli depuis cette polémique[modifier | modifier le code]

  • 25 juin 2012 : Trois enfants sont hospitalisés à Bordeaux, au CHU Pellegrin. Ils souffrent de symptômes identiques à la bactérie Escherichia coli a indiqué L’ARS (Agence Régionale de Santé) . L'abattoir concerné, de référence FR-47.091.002 [40] pratiquait l'abattage rituel [41]

Polémique « halal seul » ou bien « halal et casher » ?[modifier | modifier le code]

  • Lorsque le débat quitte le secteur médiatique et scientifique, certains parlent de polémiques « halal uniquement », d'autres parlent de polémique « halal et casher ».
  • Objectivement : cette polémique, lancée par Envoyé Spécial, s'adresse à l'abattage sans étourdissement. Les critiques portent sur deux aspects.
  1. Le fait que les viandes issues de ces abattages ne soient pas étiquetées spécifiquement est vrai pour la viande casher et la viande halal. Il est donc tout à fait légitime d'employer l'expression « halal et casher ».
  2. Le fait que cet abattage qui coupe l'œsophage ne permet pas d'éviter le risque de contamination de la viande du collier par les bactéries de l'intestin est aussi identique dans les deux cas d'après les scientifiques. Des membres de la communauté juive remettent cependant en question ces similitudes des risques sanitaires. Ces personnes pensent que les précautions supplémentaires prises dans le rite israélite permettent de minimiser les risques sanitaires de l'abattage juif par rapport à l'abattage musulman.
  • Subjectivement : les différents intervenants choisissent leurs termes suivant les messages qu'ils veulent faire passer.
  1. Dans la grande majorité des cas, les intervenants emploient plus usuellement le terme « halal ». Cela est tout à fait logique, la répartition halal / casher dans la viande abattue rituellement en France est inconnue mais probablement entre 90 % / 10 % et 70 % / 30 %[42]. Cependant ils rajoutent souvent une fois dans le texte le terme « casher » afin de montrer que cette polémique ne concerne par uniquement les musulmans.
  2. Dans quelques cas particuliers cependant, certains politiques ne parlent que de « halal » dans cette polémique. C'est le cas de Marine Le Pen ou de Claude Guéant. Leurs adversaires y voient la preuve d'une volonté de stigmatiser uniquement la population musulmane comme l'a pratiqué longtemps Brigitte Bardot[43].

Différences et similitudes entre les deux rituels[modifier | modifier le code]

La shechita est l'abattage rituel des mammifères et des oiseaux selon la loi juive. La dhabiha est la méthode utilisée pour abattre un animal selon la tradition islamique.

Similitudes[modifier | modifier le code]

  • Les deux shechita et dhabiha consistent à couper en travers le cou de l'animal avec une lame non dentelée afin de trancher proprement les principaux vaisseaux sanguins[44].
  • Ils exigent que la moelle épinière ne soit pas touchée lors de l'abattage[44],[45].
  • Les deux nécessitent une saignée drainant le sang de l'animal[44],[46].
  • Tout Juif adulte sain d'esprit qui connaît la bonne technique peut effectuer la shechita[47]. De même, les dhabiha peuvent être effectuées par tout « adulte sain d'esprit musulman … en suivant les règles prescrites par la charia »[48]. Les autorités islamiques acceptent cependant que la dhabiha puisse être effectuée par « les Peuples du Livre » : (Juifs et Chrétiens)[44].

Différences[modifier | modifier le code]

  • La dhabiha exige que le nom de Dieu puisse être prononcé avant chaque abattage[44]. Certains musulmans acceptent que de la viande soit considérée comme halal sans nécessairement avoir respecté toute la dhabiha ; en d'autres termes, la viande casher est considérée comme halal par les musulmans. Durant la shechita, une bénédiction est récitée avant de commencer l'abattage. Aussi longtemps que le cho'het n'a pas fait une longue pause ou perdu la concentration, cette bénédiction couvre tous les animaux abattus durant cette période.
  • Il n'y a aucune restriction sur les organes ou les parties de la carcasse pour les musulmans qui peuvent manger l'animal tout entier, à l'exception du sang, des os et des pièces de blessés. Les Juifs, eux, s’interdisent en plus de manger le nerf sciatique, donc l'arrière-train d'un animal casher doit subir un processus, appelé nikkur, d’extraction de ce nerf sciatique afin d'être apte à la consommation par les Juifs. Comme le nikkur est un processus coûteux, fastidieux, il est rarement pratiqué en dehors d’Israël, et les membres postérieurs des animaux casher abattus dans le reste du monde sont généralement vendus sur le marché non casher[49].

Importance de ce débat pour les Français[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Sarkozy affirme le 5 mars 2012 que ce sujet est le premier sujet de discussion actuel des Français[50]. Il semble cependant que, dans l'enquête citée par le président, les Français parlent bien de cette polémique mais seulement en 9e sujet sur 13 loin derrière l'Oscar de Jean Dujardin[51].

Avis des communautés religieuses[modifier | modifier le code]

Communauté musulmane[modifier | modifier le code]

  • Selon Gilles Kepel dans Quatre Vingt Treize, les musulmans souhaitent développer le modèle halal français sur le modèle casher. Ils apprécient notamment la forte traçabilité de ce modèle qui évite bien mieux que dans la filière halal le risque de fournir de la viande illicite à des pratiquants. Ils sont donc, depuis longtemps, partisans d'une meilleure traçabilité et donc de l'étiquetage que propose l'Union européenne.
  • Cet étiquetage ne risque pas de poser de problème économique à la filière halal pour plusieurs raisons.
  1. Ce marché est en pleine expansion, deux fois plus important que le marché bio.
  2. La communauté musulmane est suffisamment importante pour absorber la totalité de la viande halal sans craindre un éventuel boycott des non musulmans ou des associations de consommateurs.
  3. Cet abattage sans étourdissement est plus simple, et donc moins cher que l'abattage traditionnel. Si les prix de l'abattage non halal augmentaient pour respecter les règles européennes, la viande halal pourrait avoir un avantage concurrentiel supplémentaire.
  4. Des musulmans très religieux, qui ne consomment actuellement pas de viande halal par peur de viande non conforme du fait du manque de traçabilité, pourraient alors se laisser séduire par cette nouvelle viande halal plus rigoureuse.
  • Par contre, depuis le début de la polémique, la communauté s'oppose à la stigmatisation de sa religion. Elle critique le fait que le manque de traçabilité pointé du doigt par les politiques et les médias, qui concerne tout l'abattage rituel, soit systématiquement déformé en « polémique halal » alors que le manque de traçabilité est dû uniquement à la communauté juive[52].
  • Par la suite, les musulmans décident de créer une commission théologique afin de vérifier si les lois religieuses permettent ou non l'étourdissement pré-mortem[53]. Cette idée fait du chemin chez les musulmans, lesquels pourraient accepter de se mettre en totale conformité avec la loi française : traçabilité et étourdissement[54].

Communauté juive[modifier | modifier le code]

  • Le marché de la viande casher ne peut pas fonctionner économiquement sans des consommateurs non juifs. En effet, les règles très strictes de la cacherout font rejeter hors de la filière deux carcasses sur trois.
  • De plus, du fait de la proscription portant sur la consommation des parties interdites, dont le tendon inguinal, c'est-à-dire le nerf sciatique[55], cette opération, pratiquée quasi universellement jusqu'au XIXe siècle, était délicate et peu rentable, la viande possédant un aspect « déplaisant ». De ce fait, les autorités rabbiniques européennes[56], ainsi que le grand-rabbin de New York, ont jugé préférable de déclarer les parties arrières des animaux impropres à la consommation, et les bouchers les remettent dans le circuit de distribution des viandes non kascher. Ces parties, qui s'étendent jusqu'à la huitième côte pour les bovins, et incluent les rumstecks, filets, faux-filets, bavettes, onglets, entrecôtes et côtes, sont les morceaux de première catégorie, les plus tendres de l'animal[57]. Si ces meilleurs morceaux venaient à être difficiles à revendre aux non juifs à cause de l'étiquetage, le modèle économique de la filière casher s'effondrerait [58],[59].
  • Les responsables de la communauté ont donc toujours fermement combattu les propositions d'étiquetage.
  • Sur le deuxième point soulevé par l’enquête d'Envoyé spécial, concernant les risques sanitaires de l'abattage rituel, certains membres de la communauté pensent que ces risques ne concernent que l'abattage halal. Ils pensent en effet que les règles très strictes de la cacherout offrent une protection sanitaire supérieure aux autres types d'abattage. Le consistoire est en possession d'études montrant qu'il n'y pas de risques bactériologiques spécifiques.
  • Contrairement aux musulmans, les autorités religieuses juives pensent que leurs règles ne permettent pas d'accepter l'étourdissement des animaux. Ils ne sont donc pas prêt à s'extraire de cette dérogation.
  • Joël Mergui, président du Consistoire, constate des évolutions inquiétantes pour l'avenir économique de la filière cachère en France ainsi que des risques à l'international : « Nous constatons depuis quelques jours que des abattoirs commencent à pratiquer l'étiquetage de la viande, que d'autres ne pratiquent plus l'abattage rituel, qu'il est plus difficile d'écouler cette viande dans le circuit non casher, que d'autres pays se sont saisis de ce débat. […] J'espère […] qu'on va se rendre compte que l'abattage selon le rite juif ne fait pas plus souffrir les bêtes que les autres formes d'abattage. »[60].
  • Des institutions relèvent avec inquiétude la montée mondiale des critiques vis-à-vis des pratiques cultuelles juives comme l'abattage rituel et la circoncision[61],[62].

Prise de position du personnel politique et les réactions qu'elles suscitent[modifier | modifier le code]

  • Les 10 candidats à l'élection présidentielle ont répondu aux questions de 30 millions d'amis sur ce sujet [63]. Le gouvernement français a décidé le 8 mars 2013 d'imposer des modifications d'urgence à la procédure d'abattage rituel afin de minimiser les risques sanitaires.

François Fillon[modifier | modifier le code]

  • Le Premier ministre, s'exprimant à titre personnel, a estimé le 4 mars 2012, que « les religions devaient réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé ». François Fillon a suggéré aux juifs et aux musulmans de revenir sur les « traditions ancestrales » d'abattage rituel des animaux[64].
  • Ces phrases ont été vivement critiquées, y compris dans son propre camp par Jean-François Copé[65], Rachida Dati[66], Salima Saa[67], Bernard Debré[68], Alain Juppé[69].
  • Pour le Grand Rabbin de France, « il y a y quelque chose de décalé par rapport à l'esprit même d'une religion révélée ». Il dénonce « un mélange des genres entre le discours de l'ordre du religieux et de l'autre le discours de l'ordre des valeurs de l'universel ».« On ne peut pas parler d'une religion comme d'un archaisme », a poursuivi le Grand Rabbin, qui s'est dit « très gêné » par ces propos[70].
  • François Fillon organise le 7 mars une réunion avec le Grand Rabbin Gilles Bernheim et son spécialiste de ces questions Bruno Fiszon afin de désamorcer la polémique [71].

Marine Le Pen[modifier | modifier le code]

  • Marine le Pen utilise les informations de l'enquête d'Envoyé spécial, qui montrait que les trois abattoirs à bovins de la région parisienne ne font uniquement que de l'abattage rituel. Dans son meeting de Lille du 19 février 2012, elle présente cette information en annonçant que l'ensemble de la viande diffusée en Île-de-France est maintenant halal.
  • Le gouvernement rejette ces informations et rappelle que ces trois abattoirs sont très petits et ne représentent que 2 % de la viande consommée en Île-de-France. Le reste provient des autres abattoirs français via le marché de Rungis.
  • Marine Le Pen corrige ensuite ses propos et annonce que 100 % de la viande en Île-de-France est « suspectée » d'être halal du fait de l'absence de traçabilité.
  • Marine Le Pen évoque à nouveau le sujet, le 6 mars 2012 : « Je ne crois pas du tout que le halal soit un sujet accessoire. C'est un sujet qui touche quand même quatre grands thèmes pour les Français : le problème de la laïcité, de la sécurité sanitaire, de la nécessaire transparence à l'égard des consommateurs et de la souffrance animale »[72].
  • Le 3 avril 2012, Marine Le Pen s'exprime à nouveau sur ce qu'elle appelle « Un scandale sanitaire sans précédent » [73] après la publication par Le Parisien, le 2 avril 2012, d'un extrait du rapport[74] de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) sur la bactérie Campylobacter. Ce rapport, ne traitant que de la viande de volaille, n'a pourtant rien à voir avec cette polémique.

Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

  • Sur la question de l'abattage rituel, Nicolas Sarkozy a plusieurs fois fait évoluer sa position
  • En 2006, lors de la campagne présidentielle, il avait promis aux organisations de protection animale qu'il prônerait l'étourdissement préalable à l'abattage [75].
  • Ces promesses n'ont pas été tenues. Au contraire, la France s'est battue pour freiner ce type d'initiative au niveau européen, principalement sous la pression des professionnels de la filière viande, qui voient dans la généralisation de l'abattage sans étourdissement un gain économique.
  • À la suite d' Envoyé spécial et des premières piques de Marine Le Pen sur le halal, il se rend à Rungis et annonce qu'il n'y a pas lieu de polémiquer et rectifie les chiffres donnés par la dirigeante du Front national.
  • Il semble à nouveau changer d'avis en donnant raison à son premier ministre François Fillon qui demande, a minima, un étiquetage de la viande abattue rituellement. Le président annonce cet étiquetage dans son discours de Bordeaux.
  • À la suite d'une réunion entre les autorités religieuses juives et le premier ministre où celles-ci réaffirment leur refus de l'étiquetage, le président modère à nouveau ses propositions en ne demandant plus, lors de l'émission Des paroles et des actes, qu'un étiquetage sur la base du volontariat.

Évolution des positions des politiques[modifier | modifier le code]

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

  • L'enquête d'Envoyé spécial, les attaques répétées de Marine Le Pen, la publication par la presse de rapports officiels montrant les dérives de l'abattage rituel[76] commencent à rendre méfiants les consommateurs, lesquels demandent des comptes à leur boucher. Les vocables utilisés par la presse, insistant sur les problèmes de traçabilité de la viande halal, ont pour effet de stigmatiser la communauté musulmane (alors que les responsables musulmans ont toujours été favorable à la traçabilité).
  • Face à ce danger de stigmatisation, un député UMP demande le 21 février 2012 au gouvernement d’accélérer l’application du décret du 28/12/2011, prévue pour le 1er juillet 2012. Le ministre de l’agriculture Bruno Lemaire à l’Assemblée nationale le 21 février 2012 annonce que plus aucun abattage rituel ne sera autorisé sans bon de commande préalable. Le 8 mars, Bruno Lemaire annonce l'application immédiate de ce décret.
  • Cependant, face aux différentes pressions que subit le gouvernement, la position de la majorité présidentielle oscille. La députée UMP Françoise Hostalier a déposé le 22 février une proposition de loi visant au respect de la réglementation européenne pour la production de viande provenant d'animaux abattus sans étourdissement. Cette même députée retire son texte le 1er mars, sous la pression, selon le journal Le monde, du parti présidentiel[77].
  • Même l'Élysée hésite sur la positon à tenir. Alors que Nicolas Sarkozy s'est prononcé samedi 28 février à Bordeaux pour l'étiquetage des modes d'abattage de la viande, il modère ses propos lors de l'émission Des paroles et des actes sur France 2 et parle seulement d'un étiquetage sur la base du volontariat.
  • Face à l’ampleur prise par la polémique, les professionnels de la filière viande font aussi machine arrière. Ainsi Dominique Langlois déclare : « En 2011, nous avons écarté le problème. Mais vu l’importance du débat, et comme on met en cause la filière, nous devons réagir »[78].
  • En tant que rapporteur du Parlement européen sur l’étiquetage de la viande bovine, la députée européenne Sophie Auconie répond
    • à la demande d’étiquetage obligatoire exprimée par les bouchers : « Je vais poursuivre mes discussions à ce sujet avec mes collègues parlementaires, consulter les organisations représentatives concernées et veillerai à ce que la révision en cours du règlement (EC) n°1760/2000 sur l’étiquetage de la viande bovine tienne compte des débats dans les États membres »
    • à l'inquiétude sur les risques bactériens : « Comme les 3 millions de téléspectateurs de l’émission Envoyé Spécial, le reportage sur la sécurité alimentaire dans le secteur de la viande bovine m’a particulièrement interpellé. Aujourd’hui, alors que s’ajoute la problématique de la sécurité alimentaire et des risques potentiellement légèrement accrus de contamination à l’E.coli, je vais interpeller le Commissaire européen John Dalli, chargé de la santé et de la protection des consommateurs, sur l’état des lieux de la mise en œuvre de la législation européenne dans l’ensemble des États membres. » » [79].

Sous la présidence de François Hollande[modifier | modifier le code]

  • François Hollande a présenté, lors de la campagne présidentielle, une politique en continuité, sur ce point, avec son prédécesseur. Il affirme pendant le débat du second tour que « sous ma présidence, rien ne sera toléré en termes de présence de viande halal dans les cantines de nos écoles »[80]
  • Manuel Valls affirme le 31 mai 2012 que d'ores et déjà, le problème ne se pose pas car en France « il n'y a pas de cantine scolaire servant cette viande »[81].
  • Pourtant le même jour, le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, admet que 1750 des 8200 repas, servis chaque jour dans les cantines de la ville, sont halal. Il semble, de plus, opposé à toute mesure de suppression sauf en cas de loi. Il déclare : François Hollande l'a dit, certes, mais j'attends de voir comment il veut concrétiser ça. Tant qu'il n'y aura pas de loi, nous maintiendrons le dispositif[82]. Selon lui, les menus végétariens en remplacement des menus halal ne fournissent pas les besoins en protéines des élèves.
  • En octobre 2012, Manuel Valls, ministre français de l'intérieur déclare au magazine Information juive : « La France, république laïque s'est dotée d'un système juridique clair qui garantit le libre exercice des libertés religieuses. Il est donc hors de question de revenir sur l'abattage rituel. […] Les Juifs de France […] peuvent manger casher. »[83],[84]
  • Le 13 novembre, une pleine page de publicité du Parisien interpelle François Hollande pour lui demander d’interdire "tout abattage sans étourdissement préalable". Un "appel au président de la République" est signé par la sénatrice UDI de l’Ain, Sylvie Goy-Chavent qui, parallèlement, a déposé une proposition de loi au Sénat [85],[86],[87]
  • Par la suite, les polémiques continuent de plus en plus fréquentes[88].
    • Le 30 juin 2013 une barbecue scolaire ne sert que de la viande Halal ce qui crée une vive tension. L'inspecteur d'académie déclare "La loi n’imposant pas aux établissements publics de proposer des repas confessionnels, ceux-ci ne sauraient être les seuls commandés. En revanche, rien n’empêche, de faire deux barbecues," [89]

Présentation de cette polémique dans la presse non française[modifier | modifier le code]

  • Cette polémique est reprise par de nombreux médias anglo-saxons [90],[91],[92]. Ceux-ci sont très critiques sur l'attitude du gouvernement français[93]. Selon le Guardian, notamment, Nicolas Sarkozy, se sentant quasi battu pour la présidentielle, tente par cette polémique, un virage à l'extrême-droite afin de prendre des voix à Marine le Pen pour être en meilleure position après le premier tour[94],[95].
  • Les médias algériens suivent de près cette polémique et sont extrêmement critiques : « Le halal, un débat "raciste et odieux" »[96].
  • Les médias israéliens accusent le gouvernement français de faire machine arrière sur son acceptation de viande rituelle dans le marché traditionnel sans étiquetage[97].

Financement occulte d'organismes religieux[modifier | modifier le code]

  • D'après le député UMP Lionel Luca, « les citoyens financent des communautés religieuses à leur insu ». Ce soupçon, récurrent, est réapparu lors de la polémique lancée par Envoyé spécial, dans les paragraphes ci-dessous sur la présence de viande abattue rituellement dans le circuit de distribution conventionnel.
  • Ce soupçon est fortement repoussé tant par les responsables juifs[98] que musulmans[99].
  • Florence Bergeaud-Blackler, sociologue spécialisée de ce domaine, rejette aussi ce soupçon[100].

Modèle économique[modifier | modifier le code]

  • Il existe très peu d'informations complètes chiffrées sur l'économie de l'abattage rituel. On peut en entrevoir une aperçu d'après les informations fournies par Bruno Benjamin, Président délégué du consistoire israélite de Marseille. La communauté juive de Marseille est la plus importante de France après celle de Paris :
    • « Nous avons agréé un abatteur, Bigard en l’occurrence, chez lequel se rendent nos trois sacrificateurs, chaque semaine (à Castres et à Dijon pour les ruminants, à Valence pour la volaille), sous le contrôle du Dayane (juge rabbinique). La consommation de la communauté marseillaise est de 50 à 60 bêtes par semaine mais pour obtenir cette quantité il faut en égorger 200 car les rabbins refusent les animaux dont les poumons présentent des adhérences…. ».
    • La viande casher « fournit, à travers la taxe rabbinique perçue pour l’attribution du certificat de cacherouth, 40 % de son budget annuel (du consistoire israélite de Marseille) de 3 millions d'Euros »[101].

Conséquences sur les cantines scolaires[modifier | modifier le code]

  • La polémique suscitée en 2012 par l'abattage rituel déborde à nouveau sur le sujet des nourritures confessionnelles à l'école[102], principalement à cause des propos de Claude Gueant pronostiquant du halal obligatoire dans les cantines en cas de droit de vote des étrangers non européens. D’après les experts, tout cela relève du fantasme.
  • Depuis des années, il était de coutume en France de tolérer des menus spécifiques pour les communautés religieuses juives et musulmanes dans les cantines, notamment sans porc ou sans viande dans certaines cantines scolaires. Le président Sarkozy englobait cet accommodement raisonnable sous le titre de « laïcité positive ». En 2004, le Rapport Obin avait montré que cela n'avait pas diminué les conflits, au contraire et pourtant, en 2007, Jean-Pierre Obin reconnaît que, trois ans après, le gouvernement n'a pas à l'époque tiré les conclusions des alertes contenues dans ce rapport[103] Cependant, à la suite de cette polémique, le discours politique s'est radicalisé. Ainsi le président Sarkozy est maintenant décidé à revenir sur ces tolérances : « dans les cantines scolaires, nous voulons les mêmes menus pour les mêmes enfants de la République française ! »[104],[105]. François Hollande annonce être sur la même ligne lors du débat d'entre les deux tours (voir ci-dessus).
  • Cette tolérance semble depuis la polémique en voie d'extinction : ainsi Le 25 juin 2012, La ville d’Hagondange (Moselle) a annulé sa kermesse annuelle. L’invitation envoyée à l’ensemble des parents qui scolarisent leurs enfants à l’école Jean de la Fontaine a choqué. Une petite ligne signale : « Les brochettes de bœuf et les saucisses proviennent d’une boucherie halal ». À la suite de cette polémique, le maire Divers Droite (DVD) d’Hagondange, Jean-Claude Mahler a pris la décision d’annuler la manifestation pour éviter tout « malentendu »[106]
  • Le 15 mai France 3 diffuse le documentaire Et la Laïcité dans tout ça qui confirme le maintien des tensions [107].
  • Le 11 juillet 2013, Les séjours vacances, notamment ceux de la Ligue de l'enseignement, sont de plus en plus confrontés aux revendications religieuses. la Ligue édite un guide déterminant les limite de l'acceptable[108].

Premiers étiquetages[modifier | modifier le code]

  • À la suite de la polémique, un abattoir de Tarascon (Bouches-du-Rhône) a décidé, pour répondre aux inquiétudes de ses clients, d’élaborer des étiquettes « abattage conventionnel garanti », de façon à informer directement les bouchers détaillants et les grossistes[109].
  • Le sénateur Sylvie GOY-CHAVENT a présenté le 17 janvier 2013, avec 24 autres sénateurs, une proposition de loi visant à informer le consommateur quant à l'origine des viandes issues des filières d'abattage rituel[110].

Commission du sénat sur la traçabilité dans la filière viande[modifier | modifier le code]

Le 11 juillet 2013 la mission sur la filière viande du sénat rend ses conclusions. Au nombre de ces propositions, la mission suggère l'instauration d'un "étiquetage obligatoire du mode d'abattage selon des modalités non stigmatisantes", visant les modes d'abattage sans étourdissement prescrits par les rituels casher et halal. En revanche L’interdiction de l’abattage sans étourdissement, nécessaire à un abattage rituel, est une piste écartée par la mission[111]. Les débats furent très houleux. La rapporteure Sylvie Goy-Chavent, qui avait déjà déposé deux projets de loi favorables à l’étiquetage, devant le Sénat, a notamment affirmé que les rapports scientifiques sont unanimes pour dire que l'animal étourdi souffrira le temps de l'étourdissement, c'est-à-dire le temps d'une balle, donc de l'ordre de la seconde, alors qu'un animal égorgé peut mettre jusqu'à un quart d'heure. Les représentants du judaïsme s’emportent et citent des rapports contradictoires, mais la sénatrice les juge non neutres. Les juifs craignent la stigmatisation pourtant la proposition en faveur d'un étiquetage du mode d'abattage des animaux de boucherie est "une des 40 adoptées par les sénateurs, au même titre que l'étiquetage obligatoire du pays d'origine de l'ensemble des viandes brutes et transformées, dans le souci d'éclairer les choix des consommateurs", rappelle la présidente de la mission. Le samedi suivant sur le site de l’ex candidat à la députation Jonathan-Simon Sellem, des propos racistes et des menaces de mort sont exprimés à l’égard de la sénatrice Sylvie Goy-Chavent qui annonce porté plainte [112],[113],[114],[115],[116].

Rapport ANSES[modifier | modifier le code]

L' Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail – publie en juillet 2013 une Évaluation du Guide de bonnes pratiques d’abattage des bovins en matière de protection animale [117]. Ce rapport conclut que « l’étourdissement avant l’égorgement reste la méthode minimisant les douleurs » (page 14). Le rapport propose comme palliatif pour l'abattage rituel un étourdissement après l'égorgement : « il est nécessaire d’observer les animaux individuellement et soigneusement pendant au moins 45 secondes après l’égorgement. Si les observations montrent que l'animal est inconscient, il peut être libéré du piège. Dans le cas contraire, il est étourdi ».

Extension de la polémique aux autres pays[modifier | modifier le code]

  • Le 28 mars 2012, l'hebdomadaire Courrier international signale que la polémique française s'exporte dans de nombreux pays[118]. La chaîne saoudienne Al-Arabiya s'en étonne : « Ce débat est peu surprenant en France, un pays qui se demande depuis des années jusqu'à quel point il est prêt à s’accommoder de l'islam ». Au Royaume-Uni, par contre, « la nouvelle controverse sur les méthodes d’abattage halal risque de surprendre les communautés musulmanes ».

Québec[modifier | modifier le code]

  • Le 23 mars 2012, à la suite de la polémique française, le parti québécois demande que le gouvernement mette en place un système d'étiquetage pour que le consommateur soit informé de la provenance de la viande qu'il achète[119],[120]. Le député André Simard, porte-parole du parti québécois en matière d'agriculture, vétérinaire de profession, estime que l'abattage rituel peut aussi occasionner un risque de contamination pour la santé publique[121]. Enfin, à la suite d'un reportage fait par Le Journal de Montréal, André Simard a voulu savoir ce qu'il en coûtait à l'État pour servir des repas halal dans les prisons, ou casher dans les centres de la petite enfance (CPE)[122],[123].
  • Le 17 avril 2012, pour répondre aux questions instantes du parti québécois, le ministre de l'agriculture Pierre Corbeil a décidé de se pencher plus à fond sur le dossier de l'abattage rituel, en particulier pour savoir quels sont les impacts financiers des certifications halal et casher. Quant à l'étiquetage des produits, qui est de responsabilité fédérale, le ministre Corbeil dit être d'accord, mais est toujours en attente d'une lettre à ce sujet adressée à son homologue à Ottawa [122].

Luxembourg[modifier | modifier le code]

  • L'abattage rituel est uniquement autorisé au Luxembourg contre une dérogation émise par le ministre de l'agriculture en fonction. Pour l'instant, Romain Schneider, ministre de l'agriculture, a signalé qu'aucune dérogation n'avait été délivrée et il n'envisage pas d'en délivrer une à l'avenir. Aucun abattage rituel n'a donc encore été fait au Luxembourg. Le Luxembourg milite auprès de la Commission européenne pour qu'elle présente une proposition législative par rapport à l'étiquetage des viandes halal ou casher dans le cadre de sa stratégie pour la protection et le bien-être animal de 2012-2015[124].

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

  • La Commission européenne devrait faire rapport sur l'abattage rituel d'ici l'été 2012, mais, le ministre de l'Environnement, Lord Taylor d'Holbeach, a dit que si l'Union européenne ne parvient pas à s'entendre sur un système d'étiquetage des aliments rituels, le Royaume-Uni prendra des mesures[125],[126].
  • Cependant, alors qu’en France les cantines scolaires sont de moins en moins nombreuses à proposer un menu différent pour les enfants, elles sont de plus en plus nombreuses outre-Manche. Les communautés religieuses applaudissent, en revanche cela est vivement critiqué par la droite. Ainsi, le conservateur et législateur Philip Davies déclare : « Je suis d’accord sur le fait que les élèves devraient être en mesure de choisir de ne pas consommer du porc, je crois cependant que les écoles ont tort d’imposer à tous les élèves les croyances religieuses de certains en leur refusant la possibilité de choisir du porc ». Pour lui, c’est ce genre de politique qui amène le ressentiment vis-à-vis des minorités. D'autres critiques viennent des producteurs de porcs comme Stewart Houston : « Il est décevant de constater que les écoles ne peuvent pas être suffisamment organisées pour donner aux enfants un choix de viandes. Saucisses, saucissons et rôti de porc sont des aliments du régime alimentaire britannique, et les enfants aiment les manger »[127].

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

  • Aux Pays-Bas, l'étourdissement est la règle mais une dérogation existe depuis longtemps permettant, au nom de la liberté des cultes, de supprimer l'étourdissement pour l'abattage halal et casher.
  • En juin 2011, cependant, un amendement visant à supprimer cette dérogation a été adopté par les députés néerlandais.
  • Le 13 décembre 2011, les sénateurs indiquent qu'ils voteraient contre cette modification de la loi et ils demandent à Hans Bleker, le secrétaire d'État à l'agriculture, de trouver une solution de compromis[128].
  • En juin 2012, les représentants des abattoirs et les représentants des communautés juive et musulmane signent un accord prévoyant l'étourdissement des animaux quarante secondes après l'égorgement. Pour Hans Bleker, « un bon équilibre a été trouvé entre la liberté de culte et l'amélioration du bien-être des animaux ».
  • Le sénat batave maintien alors par 51 voix contre 21, l'autorisation de l'abattage rituel à condition d'appliquer ce compromis
  • Cependant ce compromis est immédiatement dénoncé par le Beth-Din d’Amsterdam : il « ne correspond ni à nos souhaits, ni à nos recommandations ».
  • L'affaire pourrait en retour avoir des répercussions en France, qui pourrait être tentée d'appliquer le même compromis. En effet, depuis le décret de décembre 2011 réglementant l’abattage rituel, les pouvoirs publics français fixent un délai de 90 secondes avant étourdissement. Il est possible que, sous la pression des défenseurs des animaux, la France finisse par se ranger à la solution hollandaise des 40 secondes. Or, selon le grand rabbin Bruno Fiszon, qui gère le dossier au Consistoire central, 45 secondes au minimum sont nécessaires avant l’étourdissement pour que la viande soit considérée comme casher[129].

Pologne[modifier | modifier le code]

  • Alors que ses communautés juive et musulmane ne dépassent pas à elles deux les quelques dizaines de milliers d'individus, la Pologne est un des plus importants pays européens exportateurs de viande estampillée halal ou casher. Selon des chiffres rapportés par l’AFP, en 2011 ces exportations ont produit un chiffre d’affaires total de 200 millions d’euros[130].
  • Le 8 juin 2012, cependant, à la demande des organisations polonaises de protection des animaux, le procureur général a saisi la Cour constitutionnelle pour statuer sur la conformité avec la loi fondamentale de la disposition ministérielle autorisant l'abattage rituel[131]. Des scientifiques écrivent une lettre au premier ministre car ils considèrent barbare cette pratique [132].Le 27 novembre 2012, la Cour constitutionnelle juge l'abattage rituel contraire à la Constitution mais le gouvernement assure que la Pologne continuera à se conformer à la directive européenne autorisant ce type d'abattage[133],[134].

Danemark[modifier | modifier le code]

En août 2013, un hôpital du Danemark reconnaît de ne plus servir que du bœuf halal, ce qui provoque des vives protestations dans le pays[135].

En février 2014, le ministre danois de l'Agriculture, Dan Jørgensen, au nom des droits des animaux et en précisant que « les droits des animaux sont prioritaires par rapport aux droits religieux » fait voter une loi rendant illégal l'égorgement des bêtes sans étourdissement[136],[137].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Council Decision 88/306, approved the (Council of Europe) European Convention for the Protection of Animals for Slaughter, 1979.1 This convention allows for ritual slaughter in Article 17. 1 Each Contracting Party may authorise derogations from the provisions concerning prior stunning in the following cases: slaughtering in accordance with religious rituals, … 2 Each Contracting Party availing itself of the provisions of paragraph 1 of this Article shall, however, ensure that at the time of slaughter or killing the animals are spared any avoidable pain or suffering..
  2. [1]
  3. droit des religions.net
  4. http://www.inra.fr/esr/publications/cahiers/pdf/bergeaud.pdf
  5. JTA le 20 mai 2012 Polish agriculture minister says he won’t ban shechitah [2]
  6. Tollé en Suisse contre l'abattage rituel, Libération.
  7. http://www.dialrel.eu/communiques-de-presse-fr
  8. http://www.dialrel.eu/images/judaism-rules.pdf
  9. Résolution législative du Parlement européen du 16 juin 2010 sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires (COM(2008)0040 – C6-0052/2008 – 2008/0028(COD)).
  10. Décret n°64-334 du 16 avril 1964 PROTECTION DE CERTAINS ANIMAUX DOMESTIQUES, CONDITIONS D'ABATTAGE.
  11. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000518681
  12. http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/La-viande-halal-58-ans-de-legislation-incomplete-492205/
  13. Salmonella : Casino rappelle un produit Wassila
  14. LA RÉGLEMENTATION APPLICABLE DANS LE DOMAINE DE L’ABATTAGE RITUEL Pacale Dunoyer 12 juin 2008
  15. a et b Morgane Bertrand, Halal : les 3 obstacles à la mise en œuvre de l'étiquetage, Nouvelobs.com, 7 mars 2012.
  16. Si 32 % des animaux sont mis à mort selon un procédé rituel alors que la demande religieuse est estimée à 7 % (chiffres 2008 du Bulletin de l’Académie vétérinaire cités par Florence Bergeaud-Blackler), c’est pour des raisons d’efficacité et de coût. Pour éviter les circuits doubles, « il est fréquent d’abattre la totalité d’un lot d’animaux en mode rituel pour n’en écouler qu’une partie dans les circuits de distribution religieux » [3].
  17. [4]
  18. Selon Dominique Langlois, président d'Interbev : « Nous considérions que cela n'apportait pas d'information qualitative sur la viande et risquait de "stigmatiser" les cultes », Le nouvel observateur.
  19. Françoise Grossetête, députée UMP, Bruno Fiszon, grand rabbin de la Moselle et Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon, « Viande : le risque de stigmatiser », sur Les Échos,‎ 11 août 2011.
  20. (chiffre donné par monsieur Langlois
  21. Chiffres donnés dans une enquête du ministère de l'agriculture de 2008.
  22. [5]
  23. [6].
  24. « Le problème posé, le scandale même, analyse le Dr Jean-Louis Thillier, auteur de nombreux rapports officiels sur la sécurité sanitaire, c'est celui du non-respect des normes d'hygiène, conduisant à une augmentation des contaminations à l'Escherichia coli, ces terribles bactéries qui provoquent tant d'insuffisances rénales chez les enfants. Au cours de ce type d'abattages rituels, le contenu de l'œsophage et des intestins des animaux risque de souiller la viande, particulièrement les quartiers avant qui finissent dans les steaks hachés. Voilà pourquoi l'étiquetage indiquant comment les animaux ont été abattus est si important. Le consommateur est en droit de savoir. » Marine Le Pen : « Toute la viande française est devenue halal », Jean-Claude Jaillette, Marianne2.fr, 19 février 2012.
  25. a et b Pascale Dunoyer, « La réglementation applicable dans le domaine de l'abattage rituel », Bulletin de l'Académie vétérinaire de France, vol. 161, no 4,‎ 2008, p. 348 (lire en ligne)
  26. [7]
  27. Jean-Claude Jaillette, « Marine Le Pen : « Toute la viande française est devenue halal » sur marianne2.fr, 19 février 2012. Consulté le 20 février 2012.
  28. La Montagne, 25 mai 2012
  29. a, b et c « Abattage halal : "Où est donc passé le principe de précaution ?" », interview de Michel Courat par Victoria Gairin, sur lepoint.fr, le site du Point, 21 février 2012. Consulté le 21 février 2012.
  30. [8].
  31. [9]
  32. [10]
  33. Allô Docteur, France 5, 18 avril 2012.
  34. « Yves-Marie Le Bourdonnec : « je suis pour la fin de l’étourdissement » »,‎ 1er mars 2012
  35. Escherichia coli entérohémorragique (ECEH)
  36. http://www.memoireonline.com/11/06/280/m_thermoresistance-salmonella-oeuf-gesiers-de-poulet5.html
  37. Abattage halal : "Où est donc passé le principe de précaution ?" , Le Point.fr, 21 février 2012
  38. Delphine Roucaute, Malgré la polémique, le marché du halal a la cote, Le Monde.fr, 20 février 2012.
  39. Le Nouvel Obs 26 juin 2012
  40. La dépêche 24 juin 2012
  41. info Bordeaux du 25 juin 2012
  42. Ce calcul, en absence de statistiques officielles, est difficile à faire. Une première approche, qui part de nombre supposé de musulmans en France d'environ 5 millions, à comparer aux 500 000 juifs, donne un rapport 10. Une approche plus fine devrait prendre en considération le nombre de pratiquants respectant strictement les règles dans les deux religions. Enfin, il faut tenir compte du fait que les juifs ne consomment qu'une carcasse sur trois environ qu'ils abattent. De plus, leur religion leur interdit de consommer la partie arrière de l'animal.
  43. L’étrange sélectivité de ses attaques ruinait tout le travail réalisé en amont : Brigitte Bardot, comme Marine Le Pen aujourd’hui, s’en prenait systématiquement et uniquement non pas à l’abattage rituel, mais à l’abattage halal, épargnant toujours avec soin l’abattage casher [11].
  44. a, b, c, d et e (en) « Islamic Guidelines Slaughtering Animals », Shariahprogram.ca (consulté le 2011-12-02)
  45. Shechita butchering at kosherquest.org
  46. Kosher laws regarding blood
  47. Maimonides' Code, Laws of Shechita 2:12Modèle:Psc
  48. (en) Syed Rasheeduddin, « Is Kosher Meat Halal? Not Really », Albalagh.net,‎ 2003-05-26 (consulté le 2011-12-02)
  49. Maimonides Laws of Slaughter 1:2 and commentaries ad locModèle:Psc
  50. Un sondage, il y a dix jours, disait : le premier sujet de préoccupation, de discussion des Français, je parle sous votre contrôle, c’est cette question de la viande halal." Une affirmation lancée aux journalistes lundi 5 mars par Nicolas Sarkozy [12]
  51. Le halal apparaît bien dans le baromètre mensuel des sujets de discussion des Français (les Français en parlent) effectué par l'institut Ifop pour Paris-Match et publié mardi. Mais sur treize thèmes testés, il n'est cité qu'en neuvième position. En février, les Français ont d'abord parlé de l'Oscar de Jean Dujardin, de la campagne présidentielle, du Salon de l'agriculture, du naufrage du paquebot Costa Concordia ou encore… du chômage [13]
  52. À l’instar du quotidien Libération qui diffusait une dépêche de l’AFP en modifiant le titre initial pour lui préférer un titre plus racoleur. Au départ, le titre de la dépêche AFP était le suivant : « Abattage rituel : un rapport contesté par Le Maire pointe des "dérives" ». Libération a préféré donc le racolage en choisissant de remplacer « abattage rituel » par « viande halal ». On évacue le cas de la viande casher qui n’est pas moins concernée par la polémique qui occupe la France médiatico-politique ces dernières semaines et on stigmatise le halal et, par extension, les musulmans. « Quand Libération exploite la polémique sur l’abattage rituel ».
  53. Voir sur tempsreel.nouvelobs.com.
  54. Voir sur lemonde.fr.
  55. Il est nécessaire de pratiquer le nikkour (ou treibering en yiddish), prélèvement du tendon inguinal, du suif et des gros vaisseaux environnants.
  56. L'abattage rituel et le droit suisse.
  57. Bons morceaux du bœuf.
  58. « L'abattage rituel en danger ».
  59. « Le casher et l'argent ».
  60. [14].
  61. CRIF novembre 2013
  62. Association Hamodia. À la réunion des responsables du judaïsme européen tenue en février 2012, ces derniers s’inquiètent qu'après l'abattage rituel, les adversaires du communautarisme s'en prennent à la circoncision comme cela est déjà le cas dans les pays d’Europe du Nord
  63. [15]
  64. [16]
  65. « À l’évidence, il n’appartient certainement pas à des dirigeants politiques de dire à la place des responsables religieux quelles doivent être les prescriptions religieuses » [17]
  66. « Moi je suis d'accord, les Français doivent connaître les modes d'abattage des animaux (…) c'est la transparence pour les consommateurs… Ensuite, il s'immisce dans les pratiques religieuses, il sort de son rôle » [18].
  67. Au nom de quoi parle-t-on de pratiques ancestrales ? Où est le respect de la foi, des pratiques et des individus ? Je suis attristée de voir s'étaler des jugements négatifs et dévalorisants sur les musulmans de France. « Ce genre de provocations doit s'arrêter. Il faut mettre fin aux discours de préjugés et de stigmatisation », [19].
  68. « On ne s'ingère pas dans les rites d'une religion, quelle qu'elle soit. On doit reconnaître ces rites, les respecter et à partir du moment où on les respecte, tout va bien. Après, qu'il y ait des problèmes de traçabilité possibles, oui, c'est vrai mais rien d'autre! » [20]
  69. Alain Juppé, lui, n'a pas caché son agacement. Sur le débat sur la viande halal de manière générale. « J'ai déjà dit que le 'choc des civilisations' n'était pas ma tasse de thé. Je pense que le problème de la viande halal est un faux problème » [21].
  70. [22] site du grand rabbin de France le 6 mars 2012
  71. [23] le jdd le 7 mars.
  72. Halal : Pour Le Pen, un "sujet qui touche", France soir.fr, 6 mars 2012.
  73. [24]
  74. [25]
  75. Florence Bergeaud  : « J'observe depuis cinq ans une radicalisation des positions des organisations de protection animale, et notamment de celles qui n’ont pas de lien historique avec l'extrême droite. Elles ont été exaspérées par les promesses non tenues du candidat Nicolas Sarkozy en 2006, lequel avait promis qu'il prônerait la généralisation de l'étourdissement préalable à l'abattage » [26].
  76. Ce qui ne devait être qu'une dérogation s'est généralisée, et il convient donc d'analyser les causes de cette dérive [27]
  77. [28].
  78. [29]
  79. [30].
  80. [31], Le Monde, 2 mai 2012.
  81. [32], Le Point, 31 mai 2012 .
  82. [33], 20 minutes, le 31 mai 2012.
  83. Information juive, no 326, octobre 2012, page 8
  84. extrait de l'interview précédente disponible sur le site du Consistoire
  85. Europe1
  86. France3 le 13 novembre 2012
  87. NouvelObs
  88. Le Figaro 1er juillet 2012
  89. Midilibre le 30 juin 2013
  90. [34]
  91. [35]
  92. [36]
  93. [37]
  94. (en) Pierre Haski, This halal meat upset leaves Nicolas Sarkozy in a bad way, The Guardian, 8 mars 2012.
  95. (en) French premier tries to soothe Jewish, Muslim leaders over animal slaughter practices, Washingtonpost.com, 7 mars 2012.
  96. La presse algérienne suit de près les débats sur l'abattage halal qui agitent la campagne présidentielle. Pour Le Quotidien d'Oran, la polémique ne fait pas honneur à la droite. Quand cessera-t-on de prendre les Français pour des imbéciles ? Le halal, un débat "raciste et odieux", Le Quotidien d'Oran, 7 mars 2012.
  97. France PM scrambles to defuse halal-kosher row, haaretz.com, 8 mars 2012.
  98. « C'est un mythe, affirme le grand rabbin Bruno Fiszon, spécialiste de la question au grand rabbinat de France. La redevance sur la viande casher dans le circuit classique, c'est totalement faux. Elle est payée par le consommateur des produits casher et seulement prélevée sur la viande étiquetée casher ».
  99. Même dénégation de la part du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui : « La redevance est perçue sur la viande certifiée halal ».
  100. [38].
  101. [39] Bruno Benjamin, Président délégué du consistoire israélite de Marseille, le 7 mars 2012.
  102. [40].
  103. Ce texte en forme d’alerte n’a pas fait l’objet, de la part de l’institution, d’une véritable diffusion ni de commentaires destinés à l’encadrement.
  104. Besançon le 30 mars 2012.
  105. Dans nos cantines scolaires, nous voulons les mêmes menus pour tous les enfants de la République laïque. Discours du 7 avril 2012 à Saint Raphael Var.
  106. Loractu le 25 juin 2012
  107. Et la Laïcité dans tout ça.
  108. du Guide de la Ligue de l'enseignement
  109. « Une étiquette « abattage conventionnel garanti » créée par un abattoir provençal. » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-13
  110. [41]
  111. Public Senat
  112. [42]
  113. Le Point 19/07/2013
  114. Le Progres 17/07/2013
  115. La France Agricole
  116. La France agricole le 26 juin 2013
  117. Rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail juillet 2013.
  118. [43]
  119. [44]
  120. le gouvernement quebequois rassure sur la sécurité de la viande
  121. [45]
  122. a et b [46]
  123. [47]
  124. Wort Luxembourg le 16 avril 2012
  125. [48]
  126. Lord Taylor : « Le gouvernement se félicite de cette approche car elle permettra l'information des consommateurs à prendre en considération aux côtés de mesures visant à minimiser la souffrance des animaux abattus sans étourdissement préalable. En attendant, nous étudions comment nous pouvons utiliser la législation nationale ».
  127. Ajib le 19 juin 2012
  128. [49]
  129. Chiourim.com le 29 juin 2012
  130. Al Kanz le 24 juin 2012
  131. 30 millions d'amis
  132. Pologne info
  133. L'abattage rituel déclaré contraire à la Constitution en Pologne
  134. La vie.fr.
  135. Danemark : à l'hôpital, que du halal, sur le site fait religieux.com, 22 août 2013.
  136. Le Danemark met fin à l’abattage rituel, Le monde, 18 février 2014.
  137. Abattage : Bardot veut rencontrer Hollande, Le Figaro, 18 février 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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