Pokomo (peuple)

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Les Pokomo sont un peuple d'Afrique de l'Est établi au Kenya sur les rives du fleuve Tana. Ce sont principalement des agriculteurs qui cultivent la banane plantain, le sucre de canne, le riz et le maïs[1].

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe la variante Wapokomo[2].

Langues[modifier | modifier le code]

Leur langue est le pokomo, une langue bantoue, dont le nombre de locuteurs était estimé à 63 000 en 2007[3], mais la plupart utilisent aussi le swahili.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des affrontements – souvent qualifiés par les médias de « violences tribales[4] » – opposent régulièrement les Pokomo à leurs voisins à l'Ouest, les Orma.

Dans sa thèse soutenue en 2001[5], Martin Pilly explore les origines multiples de ce conflit apparu dès le XVIIe siècle entre les cultivateurs pokomo et les éleveurs nomades orma, principalement autour de revendications liées à la propriété terrienne et à l'accès à l'eau dans une région semi-aride menacée par la sécheresse. Les membres de chaque communauté, dans leurs mythologies respectives, se considèrent comme les premiers habitants de la vallée du Tana.

Le 9 novembre 1970, par exemple, du bétail appartenant aux Orma pénètre dans un shamba des Pokomo au bord du Tana – ce qui déclenche un affrontement de deux jours entre les deux communautés qui se solde par plusieurs blessés de part et d'autre[6]. En 2001 on dénombre une centaine de victimes. En 2012 le Kenya connaît un regain de tensions entre les Pokomo et les Orma. Au mois d'août une cinquantaine de personnes sont massacrées, parfois à la machette[7]. De nouvelles violences éclatent en décembre 2012, faisant une quarantaine de victimes au cours de l'attaque d'un village[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) James Stuart Olson, « Pokomo », in The Peoples of Africa: An Ethnohistorical Dictionary, Greenwood Publishing Group, 1996, p. 485 (ISBN 9780313279188)
  2. Source Bibliothèque du Congrès [1]
  3. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue
  4. « Des violences tribales au Kenya font 39 morts », Le Monde avec AFP et Reuters, 21 décembre 2012 ; « L'attaque tribale d'un village du sud-est du Kenya a fait 45 morts », Romandie, 22 décembre 2012
  5. (en) Martin Pilly, Orma-Pokomo Conflict in Tana River. The Conflict and its Socio-Economic Impact in Garsen Division of Tana River District, Moi University (Kenya), octobre 2007, 157 p.
  6. « Questions by Private Notice » (24 novembre 1970), in Kenya National Assembly Official Record (Hansard), vol. 21, p. 2210-2211
  7. « Des affrontements ethniques font 48 morts au Kenya », Le Monde avec AFP, 22 août 2012
  8. « Kenya : au moins 39 morts dans de nouvelles violences tribales dans le sud-est », Le Nouvel Observateur, 21 décembre 2012 [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert Louis Bunger, Jr, Islamization among the upper Pokomo, Maxwell School of Citizenship and Public Affairs, Syracuse University, 1979, 128 p. (ISBN 9780915984558)
  • (en) Thomas Geider, « Beekeeping and honeywine in Pokomo culture, history, and lexicography », in Elisabeth Linnebuhr (dir.), Transition and Continuity of Identity in East Africa and Beyond: In Memoriam David Miller, Bayreuth University, 1989, p. 111-152
  • (en) Derek Nurse, « History from Linguistics: The Case of the Tana River », in History in Africa, vol. 10, 1983, p. 207-238
  • (en) A.H.J. Prins, The coastal tribes of the North-Eastern Bantu (Pokomo, Nyika, Teita), International African Institute, Londres, 1952, 138 p.
  • (en) Norman Townsend, « Age, descent and elders among the Pokomo », in Africa (Cambridge), vol. 47, no 04, octobre 1977, p. 386-397
  • (en) A. Werner, « Some Notes on the Wapokomo of the Tana Valley », in Journal of the Royal African Society, vol. 12, no 48, 1913, p. 359–384
  • (en) J. C. Winter, « The prehistory of Lower Pokomo social organisation as reconstructed from kinship nomenclature », in Elisabeth Linnebuhr (dir.), Transition and Continuity of Identity in East Africa and Beyond: In Memoriam David Miller, Bayreuth University, 1989, p. 473-490

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]