Point G

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Le point G (ou point de Gräfenberg) est le nom d'une zone hypothétique du vagin, réputée extrêmement érogène et dont la stimulation amènerait presque systématiquement un orgasme. Il aurait la forme d'une petite boule palpable de moins d'un centimètre de diamètre qui augmente de taille lors d'une stimulation[1].

L'existence du point G ne fait pas l'objet d'un consensus dans la communauté médicale. Les observations médicales à son sujet restent anecdotiques et les études de cas faites sur la base d'un petit nombre de sujets sont rarement soutenues par des études anatomiques et biochimiques [2]

Comme il n'existe pas actuellement d'étude ayant comparé et évalué l'importance relative des différentes possibilités de l'érogénéité du vagin et du point G, il est difficile de conclure. La seule certitude est que le vagin possède des zones, le plus souvent sur sa paroi antérieure, dont la stimulation tactile est intensément érogène et peut conduire à l'orgasme[3],[4]. L'hypothèse actuellement la plus crédible est que la zone la plus sensible du vagin corresponde à la zone de contact avec la partie interne du clitoris[5].

Article connexe : Comportement érotique.
dessin de l'anatomie sexuelle interne chez la femme.
Dessin de l'anatomie sexuelle interne chez la femme (voir l'article Système reproducteur pour une légende détaillée). Le point G (4) est dit être situé de trois à sept centimètres à l'intérieur du vagin, près de l'urètre (6) et de la vessie (2).

Anatomie[modifier | modifier le code]

Les structures qui pourraient correspondre au point G ne sont pas connues avec précision. L'érogénéité d'un éventuel point G pourrait provenir soit :

  • de l'innervation intrinsèque du vagin, en particulier de sa paroi antérieure,
  • des parties internes du clitoris (qui entourent le conduit vaginal),
  • d'autres structures connexes (sphincter de l'urètre, glandes de Skene, et au fascia de Halban),
  • Soit d'une combinaison de ces possibilités.

Les structures connexes seraient le sphincter urétral[6], les glandes de Skene[7] et le fascia de Halban. Ces deux dernières structures, et surtout le fascia d'Halban, pourraient correspondre au controversé point G[2].

En 2012, le gynécologue américain Adam Ostrzenski prétend avoir trouvé la première preuve de l'existence de structures anatomiques du point G au cours de la dissection de la paroi intérieure du vagin d'un cadavre lors d'une autopsie. Ces structures bien délimitées (longueur: 8,1 mm ; largeur : 1,5 à 3,6 mm ; hauteur : 0,4 mm) situées sur la membrane périnéale, à 16,5 mm de la partie supérieure de l'orifice de l'urètre et formant un angle de 35° par rapport à la partie latérale de celui-ci, seraient constituées d'un tissu érectile très innervé [8]. Ces conclusions restent critiquées, notamment la présence à ce niveau de terminaisons nerveuses, le rôle excitatoire de ces structures et l'existence d'un point unique (d'autres études ayant suggéré qu'il peut y en avoir plusieurs[9]).

Enfin, il est possible que le point G corresponde tout simplement à une stimulation indirecte des structures internes du clitoris, qui entourent le vagin[10],[11]. Dans ce cas, l'érogénéité du point G ne proviendrait pas directement du vagin, mais de la stimulation indirecte du clitoris.

Physiologie[modifier | modifier le code]

Une étude[7] menée en France sur dix femmes[note 1]a conclu que l'amplification du point G par injection d'acide hyaluronique chez des femmes se plaignant de dysfonction sexuelle féminine (DSF) augmentait leur nombre d'orgasmes de 40 à 50 %, avec une satisfaction de 70 % des patientes.

À partir des études anatomiques qui montrent que la partie interne du clitoris entoure le vagin[10],[11], la gynécologue Odile Buisson et Pierre Foldes réalisent en 2010 des échographies complètes et en 3D d’un coït, ce qui leur permet de repérer cette zone du corps du clitoris qui se moule sur la partie postérieure du vagin et du pénis lors de la pénétration. Cette étude (qui constitue une première mondiale) montre également la turgescence des bulbes vestibulaires entourant l'entrée du vagin[5].

L’hypothèse la plus probable actuellement est que la stimulation de la zone dite du point G provoque à la fois une stimulation directe de la paroi antérieure du vagin, et surtout une stimulation indirecte des structures internes du clitoris[note 2], qui entourent le vagin. Les sensations érotiques intenses proviendraient ainsi de la sommation des différentes sensations vaginales associées aux sensations clitoridiennes internes[12]. Néanmoins des études complémentaires, qui comparent l'importance relative des différentes structures anatomiques impliquées, apparaissent nécessaire pour bien comprendre l'érogénéité du complexe clitorido-vaginal[13].

Position sexuelle[modifier | modifier le code]

Certaines positions sexuelles permettent une stimulation directe de cette zone en particulier si l'homme est derrière la femme lors du coït ou si, dans la position du missionnaire, elle pose ses jambes sur ses épaules. Mais comme cette zone est encore mal connue, la stimulation du point G jusqu'à l'orgasme reste partiellement empirique. Plusieurs facteurs seraient impliqués, tels le contexte social, l'attention et l'habileté du partenaire et les préférences personnelles[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

Apparition du terme[modifier | modifier le code]

Le terme « point G » apparaît pour la première fois en 1981[14] par les chercheurs Addiego et Beverly Whipple, en référence au sexologue allemand Ernst Gräfenberg[15] qui le premier considéra la sensibilité érotique de cette zone en 1950[16],[17]. L'ouvrage décrit une zone dans le vagin répondant à la stimulation directe pour provoquer un orgasme chez certaines femmes. Le terme fut popularisé en 1982 dans le livre "The G-Spot and Other Recent Discoveries about Human Sexuality"[18] publié par le Dr Patrick Dao, Alice Ladas et Beverly Whipple[19].

La thèse de Gräfenberg[modifier | modifier le code]

Dans ses travaux de 1950, Gräfenberg ne mentionne pas l'existence d'une zone vaginale orgasmique précise. Sa publication note simplement le comportement sexuel de certaines patientes qui s'introduisent des aiguilles à chapeau dans l'urètre pour se procurer des orgasmes. Il pense que l'urètre pourrait être une zone érogène occasionnelle mais ne pense pas à une zone orgasmique commune à toutes les femmes.

Utilisation contemporaine du terme[modifier | modifier le code]

Depuis le livre de 1982, la zone décrite est restée hypothétique pour le corps médical. Toutefois, l'existence du point G est largement envisagée dans le grand public, et des sexologues[20] emploient parfois le terme.

Analogie avec la prostate[modifier | modifier le code]

Par analogie, la zone de la prostate masculine accessible au toucher est parfois qualifiée de « point G masculin » (ou point P). Cette zone est située sur la paroi antérieure du rectum (celle qui sépare la base de la verge de l’anus), près de l’urètre. Sa stimulation directe est réputée procurer une forme d'orgasme différent de l'orgasme pénien.

Représentation artistique[modifier | modifier le code]

Une bande dessinée de Martin Veyron L'amour propre ne le reste jamais très longtemps, met en scène les aventures d'un homme à la découverte du point G féminin.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Langis P., Germain B. La sexualité humaine. De Boeck, 2010
  • Shere Hite parle du point G dans la préface de son rapport : The Hite Report: A Nationwide Study on Female Sexuality.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce qui ne constitue donc pas un échantillon suffisant. De plus, l'étude n'est pas faite en double aveugle. Elle doit donc être considérée avec précaution
  2. « Ce fameux point G n'est en fait que la partie interne de la structure clitoridienne, explique Andrée Matteau, sexologue. La partie extérieure et visible du clitoris, c'est cette petite perle que tout le monde peut identifier. Mais cette structure comporte également des nerfs qui aboutissent à proximité du vagin... Certaines femmes peuvent effectivement ressentir un grand plaisir de la stimulation de cette zone qui est fortement innervée. Elles peuvent la repérer par exploration manuelle et s'en servir lors de la pénétration pour amplifier les sensations.… »

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Desmond Morris, The Naked Woman : A Study of the Female Body, New York, Thomas Dunne Books,‎ 2004 (ISBN 0-312-33852-X), p. 211–212
  2. a et b (en) HINES T. M. The G-spot: a modern gynecologic myth, Am. J. Obstet. Gynecol., 185(2):359-362, 2001
  3. ALZATE H. Vaginal eroticism and female orgasm: a current appraisal, Journal of Sex and Marital Therapy, 11(4):271-284, 1985
  4. (fr) WUNSCH Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [PDF] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.
  5. a et b Odile Buisson et Pierre Foldès (préf. Israël Nisand), Qui a peur du point G ? : le Plaisir féminin, une angoisse masculine, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur,‎ 2011, 256 p. (ISBN 9782350132570)
  6. LENCK L. C. , VANNEUVILLE G. , MONNET J. P. , HARMAND Y. Urethral sphincter (G point). Anatomo-clinical correlations, Rev. Fr. Gynecol. Obstet., 87(2):65-69, 1992
  7. a et b (fr) BENATTAR Marie-Claude. L'amplification du point G, une nouvelle approche thérapeutique des dysfonctions sexuelles féminines ? Sexologies, XIV(51):5-10, 2005
  8. (en) Adam Ostrzenski, « G-Spot Anatomy: A New Discovery », The Journal of Sexual Medicine, vol. 9, no 5,‎ mai 2012, p. 1355-1359 (DOI 10.1111/j.1743-6109.2012.02668.x)
  9. (en)Melissa Healy, « Doctor says he's found the actual G spot », sur Los Angeles Times,‎ 25 avril 2012
  10. a et b (en) O'CONNELL H. E. , DELANCEY J. O. Clitoral anatomy in nulliparous, healthy, premenopausal volunteers using unenhanced magnetic resonance imaging, The Journal of Urology, 173(6):2060-2063, 2005
  11. a et b (en) O'CONNELL H. E. , HUTSON J. M. , ANDERSON C. R. , PLENTER R. J. Anatomical relationship between urethra and clitoris, The Journal of Urology, 159(6):1892-1897, 1998
  12. (fr) Wunsch S. Comprendre les origines de la sexualité humaine. Neurosciences, éthologie, anthropologie. [PDF] L'Esprit du Temps, 2014.
  13. a et b (fr) Langis P., Germain B. La sexualité humaine. De Boeck, 2010
  14. Addiego, F; Belzer, EG; Comolli, J; Moger, W; Perry, JD; Whipple, B., « Female ejaculation: a case study. », Journal of Sex Research, vol. 17, no 1,‎ 1981, p. 13–21 (DOI 10.1080/00224498109551094)
  15. (en) M.-H. Colson, L’orgasme des femmes, mythes, défis et controverses, Institut de médecine sexuelle, 22, cours Pierre-Puget, 13006 Marseille, France,‎ 2010 (DOI 10.1016/j.sexol.2009.11.003), version PDF
  16. (en) Gräfenberg, E, « The role of the urethra in female orgasm », Int J Sexol, vol. 3, no 3,‎ 1950, p. 145-48. (lire en ligne [PDF])
  17. (en) Ernst Gräfenberg: From Berlin to New York
  18. (en) Alice Kahn Ladas, Whipple, B; Perry, JD, The G-Spot and other discoveries about human sexuality, New York, Holt, Rinehart, and Winston,‎ 1982 (ISBN 0-440-13040-9)
  19. The G Spot: And Other Discoveries about Human Sexuality, John D. Perry, Alice Khan Ladas, Beverly Whipple, IBN-10 : 0805077596
  20. Controverse sur le point G : 1re partie


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]