Podemos (parti espagnol)

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Podemos
Image illustrative de l'article Podemos (parti espagnol)
Logo officiel
Présentation
Porte-parole Pablo Iglesias Turrión
Fondation 17 janvier 2014
Siège c/ Zurita 21
28012 Madrid
Slogan ¡Claro que Podemos!
Positionnement Gauche radicale[1]
Idéologie Populisme de gauche[2],[3]
Euroscepticisme dur[4],[5]
Altermondialisme[6]
Démocratie participative[6]
Socialisme démocratique[6]
Anticapitalisme[2],[3]
Affiliation européenne GUE/NGL
Adhérents 350 553 revendiqués[7]
Couleurs Violet
Site web http://podemos.info/
Présidents de groupe
Congrès des députés Aucun
Sénat Aucun
Parlement européen Gabriele Zimmer (GUE/NGL)
Représentation
Députés
0 / 350
Sénateurs
0 / 266
Députés européens
5 / 54
Parlements régionaux
134 / 1 268

Podemos (en français : « Nous pouvons », parfois aussi désigné par son nom en catalan : Podem ou en basque : Ahal Dugu), est un parti politique espagnol fondé en janvier 2014 et dont le secrétaire général est Pablo Iglesias Turrión. Podemos est membre du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

L'origine de Podemos se trouve dans le manifeste « Mover ficha: convertir la indignación en cambio político »[9] (en français : « Prendre les choses en main : convertir l'indignation en changement politique »), publié le week-end du 12 et 13 janvier 2014 par le journal numérique Público, et signé par une trentaine d'intellectuels, de personnalités de la culture, du journalisme et de l'activisme social et politique. Parmi ceux-ci se trouvaient Juan Carlos Monedero, professeur de science politique à l'université complutense de Madrid (UCM), Jaime Pastor, professeur de sciences politiques à l'université nationale d'enseignement à distance, Bibiana Medialdea, professeure d'économie appliquée à l'UCM, l'écrivain et philosophe Santiago Alba Rico, l'acteur Alberto San Juan, ou encore le syndicaliste Cándido González Carnero membre du Courant syndical de gauche (es). Ce manifeste exprimait la nécessité de transformer la mobilisation sociale du mouvement des Indignés en processus électoral participatif et de créer ainsi une candidature pour les élections européennes de mai 2014 avec l'objectif d'opposer des idées de gauche aux politiques de l'Union européenne concernant la crise économique. Bien que ne figurant pas parmi les signataires du manifeste, le mouvement annonça le 14 janvier que le professeur de sciences politiques de l'UCM et analyste politique télévisuel, Pablo Iglesias Turrión, en prendrait la tête.

Premier test électoral : élections européennes de 2014[modifier | modifier le code]

Le mouvement s'est enregistrée comme parti politique le 11 mars 2014 afin de se présenter aux élections européennes[10],[11],[12]. Les listes ont été élaborées au travers d'élections primaires ouvertes. Les résultats obtenus plaçant le mouvement en quatrième position au niveau national ont créé une grosse surprise[13],[14],[15],[16],[17].

Le parti a dépassé la barre des 10 % dans les Asturies, à Madrid, aux Canaries et aux Baléares. Il n'a en revanche pas dépassé la barre des 5% des suffrages en Catalogne et en Estrémadure. De plus, il a devancé sur leurs propres territoires des listes régionalistes telles que la Coalition engagement dans la Communauté valencienne ou le Bloc nationaliste galicien en Galice[18].

Première formation politique d'Espagne ?[modifier | modifier le code]

Intentions de vote pour les élections générales espagnoles de 2015. La ligne mauve représente Podemos, la bleue le PP et la rouge le PSOE.

Dans la perspective des élections générales de 2015, différents sondages d'opinion indiquent une progression spectaculaire de Podemos, qui est parvenu fin 2014 au même niveau que le Parti populaire avec une nette avance sur le PSOE. Il pourrait ainsi devenir le parti pivot d'une nouvelle majorité qui reste à définir[19]. Le 2 novembre 2014, un sondage publié par El País l'a même donne pour la première fois en tête du futur scrutin avec 27,7 % des intentions de vote, distançant les partis traditionnels, le PP et le PSOE[20].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Programme politique[modifier | modifier le code]

Podemos a publié un document de 36 pages exposant sa ligne politique[21] dans lequel les titres des six sections se terminent tous par Construire la démocratie.

  • 1. Redresser l'économie en renforçant le contrôle public, en réduisant la pauvreté et en instaurant la dignité sociale via un revenu de base pour tous. Cela comprend le contrôle des lobbys et de l'évasion fiscale des grandes entreprises et multinationales, ainsi que le soutien aux petites entreprises.
  • 2. 3. 4. Promouvoir la liberté, l'égalité et la fraternité en abattant les barrières à travers l'Europe et en permettant la coopération entre les personnes sans collecte de renseignements ou inhibitions sociales, qui sont selon Podemos des formes d'antiterrorisme.
  • 5. Redéfinir la souveraineté en révoquant ou en troquant le Traité de Lisbonne, en abondant les mémorandums d'entente, en retirant l'Espagne de certaines zones de libre-échange et en promouvant le référendum pour toutes les réformes constitutionnelles majeures.
  • 6. Récupérer la terre en réduisant la consommation de combustibles fossiles, en promouvant les transports en commun et les Énergies renouvelables, en réduisant les cultures de rente industrielles et en stimulant la production agricole locale par de Petites et moyennes entreprises.

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Le 5 juin 2014, le leader de Podemos, Pablo Iglesias Turrión, se déclare opposé à l'indépendance de la Catalogne, mais néanmoins favorable au droit à l'autodétermination pour les Catalans et les Basques. Dans le même article, Iglesias expose la volonté de Podemos d'un référendum sur le maintien de la monarchie espagnole[22].

Opposé à l'orientation libérale de la politique européenne actuelle, Podemos est considéré comme appartenant à l'extrême gauche[23],[24],[25] ou à la gauche radicale[26],[27],[28].

Lors des élections législatives grecques de janvier 2015 Podemos a soutenu SYRIZA[29].

Podemos propose un glissement de la problématique droite/gauche vers le concept de caste/peuple. Jorge Lago, l'un des responsables du mouvement Podemos, souligne que la social-démocratie est vide de projet qu'il y a peu de chose qui distingue la droite de la gauche, que toutes deux exposent l'Europe du Sud à la troïka UE-BCE-FMI, à l'austérité, qui sont les forces qui gouvernent réellement. Selon lui, il ne s'agit plus d'une crise droite/gauche, mais populaire et citoyenne. La problématique droite/gauche ne se « connecte » plus avec la population. Le cadre politique n'est plus à trouver dans la gauche et la droite mais dans une « unité populaire » constatant qu'il n'existe plus de souveraineté politique et économique[30],[31],[32].

Podemos pense qu'il est possible de construire une majorité sur la lutte contre la corruption et contre l'absence d'un vrai contrôle démocratique sur l'économie ainsi que sur le paiement des impôts par les catégories les plus aisées pour changer les règles du jeu politique, économique et social. Pablo Iglesias s'appuie sur l'exemple de ce qui se passe depuis 15 ans en Amérique latine : la contestation du libéralisme ne s'est pas tant faite sur une base idéologique que sur des thématiques nationales-populaires. Selon lui, ce schéma peut aussi fonctionner en Europe. Pour Pablo Iglesias, le pouvoir n'a pas peur de l'unité des gauches, mais de l'unité populaire.

Podemos ne souhaite pas relancer le débat espagnol Monarchie/République, autrement dit un débat constitutionnel s'inscrivant dans des discours identitaires fixes. Le but n'est pas d'avoir raison contre un autre camp.

Pour Pablo Iglesias, le programme de Podemos a des points communs avec celui d'Izquierda Unida (audit de la dette, défense de la souveraineté, défense des droits sociaux pendant la crise, contrôle démocratique de l'instrument monétaire…)

Ce qui les distingue est, selon Pablo Iglesias, le protagonisme populaire et citoyen. Podemos n'est pas un parti politique, même si Podemos a dû s'enregistrer comme parti, pour des raisons légales, en amont des élections. Le pari du parti est de laisser les gens « normaux » faire de la politique comme le prouve le profil des cinq eurodéputés (une professeur de secondaire, un scientifique, etc.)[30],[31],[32].

Membres[modifier | modifier le code]

Dirigeants[modifier | modifier le code]

L'équipe suivante a été élue lors d'élections internes ouvertes de 48 000 votes avec pour objectif l'organisation de l'assemblée citoyenne (Asamblea Ciudadana) de l'automne 2014 « Sí se puede » pour la constitution de Podemos[33] :

  • Pablo Iglesias : responsable politique de l'équipe
  • Luis Alegre : coordinateur de l'équipe
  • Sarah Bienzobas : production et organisation - Miguel Bermejo : extensión et círculos - Miguel Ardanuy : collaborateurs et conseil d'experts - Eduardo Fernández Rubiño : réseaux - Nagua Alba : coordination territoriale des réseaux - Diego Pacheco : web - Lola Sánchez (Cartagena) - Pablo Echenique (Zaragoza/Discapacidad) - Tania González Peñas (Avilés) - Sandra Mínguez Corral (València/Valencia) - Miren Alonso Álvarez (A Coruña) - Jesús Montero (Madrid) - Carmen Romero Rodríguez (Extremadura) - Noemí Santana Perera (Gran Canaria) - Lucía Ayala Asensio (Almería) - Antonio Palerm Milla (Illes Balears/Baleares) - Beatriz Rilova Barriuso (Barcelona) - José Luis Rasgado Grima (Algeciras) - Daniel Ripa (Oviedo/Uviéu) - Daniel Fernández Blanco (Gijón/Xixón) - Pablo Fernández Santos (León) - Alba Méndez Cabrera (féminisme) - Jorge Lago (culture) - Julio Martínez-Cava Aguilar (programme et réception des propositions).

Députés européens[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Résultats de Podemos par communautés autonomes aux élections européennes de 2014

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix Mandats Rang Tête de liste
Nb %
2014[35] 1 253 837 7,97 %
5 / 54
4e Pablo Iglesias Turrión

Élections régionales[modifier | modifier le code]

Année AN AR AS CN CB CM CL CT EX GA IB RI MD MU NC PV VC
2015 14,84 % 11,22 %

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Spain's ruling PP wins EU vote, political fragmentation rises », Reuters,‎ (lire en ligne)
  2. a et b (en) Hugo Dixon, « Populists Challenge European Political Order », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  3. a et b (en) Oier Lobera Ezenarro, « Late, but finally here: Anti-Euro left-wing populism rising in Spain », sur Institute of European Democrats, Brussels,‎ 2014
  4. (en) Santiago Zabala, « In Europe, not all populist parties are the same », Al Jazeera America,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « Euroscepticism or Europhobia: Voice vs. Exit? », Notre Europe,‎ , p. 9 (lire en ligne)
  6. a, b et c Parties and Elections in Europe: The database about parliamentary elections and political parties in Europe, by Wolfram Nordsieck
  7. (es) « Iniciar sesión », sur Podemos.info (consulté le 26 mai 2015)
  8. (en) « GUE/NGL - Delegations », sur guengl.eu (consulté le 26 mai 2015)
  9. (es) « Intellectuels et activistes appellent à "récupérer la souveraineté populaire" avec une candidature pour les européennes », sur Publico.es,‎
  10. « État espagnol : Podemos, un nouveau mouvement »,‎
  11. « Podemos et les nouveaux espaces de mobilisation dans l’Etat espagnol », sur Europe-solidaire.org,‎
  12. « Élections européennes : comment l'Espagne est devenue eurosceptique », sur Lepoint.fr,‎
  13. « Espagne : après la défaite, le chef de file socialiste démissionnera en juillet », sur Lemonde.fr,‎
  14. (es) « Elecciones europeas 2014: resultados », sur eldiario.es (es),‎
  15. (es) Iñaki Pardo Torregrosa, « Podemos, la sorpresa de las elecciones europeas », sur La Vanguardia,‎
  16. (es) « Podemos da la sorpresa: cuarta fuerza más votada con 5 escaños », sur ABC,‎
  17. (es) « Podemos, la sorpresa de las europeas, se convierte en la cuarta fuerza con cinco escaños », sur RTVE
  18. (es) José Fernández-Albertos, « El voto a Podemos en cuatro gráficos », sur eldiario.es (es),‎
  19. Anabel Díez, « Podemos toca techo y Ciudadanos se consolida como cuarta fuerza : Podemos atteint des sommets et Ciudadanos conforte sa quatrième place », sur elpais.com,‎ (consulté le 14 février 2015)
  20. Romaric Godin, « Espagne : Podemos donné en tête dans un sondage pour la première fois », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  21. (es) « Podemos, document final du programme collaboratif », sur Podemos.info
  22. (es) « Pablo Iglesias, contre l'indépendance de la Catalogne », sur Lavanguardia.com,‎
  23. François Musseau, « Podemos, la nouvelle vague de l’indignation », liberation.fr, 17 octobre 2014.
  24. « "Podemos", premier parti d'Espagne… », ladepeche.fr, 8 novembre 2014.
  25. Claire Gatinois, « Les gauches radicales inquiètent Bruxelles », letemps.ch, 27 décembre 2014.
  26. Isabelle Piquer, « En Espagne, Podemos s’organise pour la bataille des élections législatives », lemonde.fr, 17 novembre 2014.
  27. « Podemos va-t-il pouvoir réenchanter la gauche espagnole ? », slate.fr, 23 novembre 2014.
  28. « Podemos, nouveau parti espagnol de gauche ou mirage médiatique ? », euronews.com, 5 septembre 2014.
  29. Espagne: Rajoy en Grèce avant les élections et soutien de Podemos à Tsipras
  30. a et b Ludovic LAMANT, « Podemos, ce mouvement qui bouscule l'Espagne », sur Mediapart,‎ (consulté le 21 janvier 2015)
  31. a et b Ludovic LAMANT, « Podemos, ce mouvement qui bouscule l'Espagne (miroir) », sur democratie-reelle-nimes,‎ (consulté le 21 janvier 2015)
  32. a et b Marco ALAGNA, « Comprendre le succès de Podemos en Espagne, au-delà des explications fréquemment avancées », sur Blog Mediapart,‎ (consulté le 21 janvier 2015)
  33. (es) « Équipe d'organisation de l'assemblée citoyenne », sur Podemos.info
  34. (es) « Podemos, candidats », sur Podemos.info
  35. (es) « Résultats définitifs élections européennes 2014 », sur Ministère de l'Intérieur (Espagne),‎ .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]