Pockmark

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Les Pockmarks sont des dépressions coniques (en forme de cratères) situées sur le fonds marins et causées par des fluides (gaz et/ou liquides) remontant du substrat (roche/sédiment), formant une éruption froide ou chaude, et remobilisant le cas échéant le sédiment par le courant qui le traverse.

Découvertes[modifier | modifier le code]

Comme ce type de cicatrice est rare sur les terres émergées, on ne s'attendait pas à en trouver plus dans l'océan. De telles "cicatrices", d'assez grandes tailles parfois, ont pourtant été découverts au large des côtes de Nouvelle-Écosse (Canada) dans les années 1960 par Lew King et Brian McLean, de l'Institut océanographique de Bedford. Ces cratères mesuraient 150 m de diamètre et 10 m de profondeur environ.

Cette première découverte a été permise par l'utilisation d'un nouveau sonar à balayage latéral développé dans les années 1960 par Kelvin Hughes.

Ensuite, on en a trouvé dans le monde entier flux[Quoi ?][1],[2].

Ces découverte nouvelles ont été facilitées par l'utilisation de systèmes acoustiques multifaisceaux de haute résolution utilisés pour la cartographie bathymétrique. Dans ces cas, ces cicatrices sont interprétées comme l'expression morphologique d'infiltrations actives, de la roche vers la mer, de gaz et/ou de fluides (eau et/ou hydrocarbures provenant d'un système ou réservoir profond en surpression.

Près d'estuaires[modifier | modifier le code]

De manière plus étendues, de telles dépressions circulaires ou pockmarks s'étendent aussi sur les fonds marins de certaines régions estuariennes[3]. On en trouve par exemple beaucoup (jusqu'à 160/km2) à l'ouest du golfe du Maine (Belfast Bay) où ils s'élèvent jusqu'à 35 mètres de hauteur pour un diamètre atteignant 350 m[3].

Ils laissent s'échapper un gaz naturel biogénique et de l'eau interstitielle[3]. Ces structures sont bien plus grandes que celles qui sont ailleurs associées à gaz thermogénique[3].

Parmi les explications proposées :

  • ils pourraient résulter d'évènements catastrophiques (séisme, tsunami ou tempête)[3] ;
  • ils pourraient au contraire s'être lentement formés au cours des milliers d'années[3].

Impacts, enjeux[modifier | modifier le code]

Des observations récentes suggèrent que l'activité continue de rejet de bulles de méthane (gaz à effet de serre) est un danger géologique potentiel[3].

Dans les cas de Pockmark estuariens, ces "cicatrices" pourraient être associées à un processus côtier mal documenté et mal compris de redistribution des sédiments et de libération du méthane, largement méconnu dans l'histoire des roches, mais qui apparait désormais très répandu dans les baies situées aux moyennes et hautes latitudes[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Judd, Alan and Martin Hovland, Seabed Fluid Flow: The Impact on Geology, Biology and the Marine Environment, (Fluide des fonds marins ; Impacts sur ​​la géologie, la biologie et l'environnement marin) ; Cambridge University Press, 2007, ISBN 978-0-521-81950-3
  2. Hovland, Martin, Seabed Pockmarks and Seepages : Geological Ecological and Environmental Implication, (Infiltration dans les fonds marins : implications géologique, écologique et environnementale) Springer, 1988, ISBN 978-0-86010-948-8
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Joseph T. Kelley, Stephen M. Dickson, Daniel F. Belknap,Walter A.Barnhardt and Mark Henderson, Giant sea-bed pockmarks: Evidence for gas escape from Belfast Bay, Maine ; doi: 10.1130/​0091-7613(1994)​022<0059:GSBPEF>​2.3.CO;2 Geology January, 1994 v. 22, no. 1, p. 59-62 (Abstract)