Poêle de masse

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Poële de masse, Maison Hoecker, Pologne, 1880
Poêle céramique
cuisinière de masse

Un poêle de masse ou poêle à accumulation est un appareil de chauffage principal. Ce type de poêle à bois bûche (certains modèles peuvent aussi fonctionner avec des granulés de bois[1],[2]) pèse entre 1 et 6 tonnes suivant sa conception. Sa masse constituée de matériaux lourds (pierre, brique ou béton) stocke l'énergie d'une flambée quotidienne unique et intense (entre 1 et 3 h) et restitue longuement la chaleur une fois le feu éteint (jusqu'à plus de 24 h).

Toute la quantité de bois nécessaire (de 6 à 40 kg suivant la taille du foyer) pour chauffer l'habitat est brûlée en une seule fois, ce qui induit des températures élevées dans le foyer et permet d'obtenir une combustion complète et peu polluante. L'accumulateur est conçu pour absorber une majorité d'énergie issue de la combustion. Quand elles quittent le poêle, les fumées sont donc considérablement refroidies[3].

La chaleur accumulée est diffusée principalement par rayonnement et dans un pourcentage moindre par convection sur une durée allant jusqu'à plus de 24h.

Avec un rendement pour la plupart supérieur à 80%, ces poêles font partie des appareils de chauffage au bois les plus performants.

Description générale des principes de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le rendement de la combustion détermine la performance de la combustion
Le rendement utile désigne la capacité du poêle à absorber la chaleur. Plus la température des fumées est faible en sortie de circuit, plus le rendement utile sera élevé. Un poêle à bois classique en fonte peut avoir un rendement de combustion très élevé et laisser la plupart de la chaleur s'échapper par le conduit de fumée. Pour les poêles de masse, le rendement utile va de 70 à 92 % selon les configurations (70 % est le taux minimum exigé par la loi française pour les appareils neufs).

Un poêle de masse est un appareil de chauffage principal. La plupart des habitations disposant d'un poêle à accumulation n'ont pas besoin d'appareil de chauffage supplémentaire. Mais ce mode de chauffage par rayonnement implique qu'il soit placé au centre de l'habitat. La plupart des poêles de masse actuels sont placés dans la pièce principale ouverte sur le salon, la salle à manger et la cuisine.
Avec un poêle à accumulation on prévoit pour le lendemain en ajustant la quantité de bois en fonction des températures extérieures prévues. Sa masse lui confère une inertie thermique propice à atténuer la courbe de température de l’intérieur d'un bâtiment (ce qui vaut à ces poêles d'être aussi nommé "poêle à inertie"). Le poêle est généralement dimensionné afin d'obtenir en une flambée une température de confort agréable durant 24h, ce qui permet de ne faire qu'une flambée par jour.

La flambée[modifier | modifier le code]

Ce n'est pas une combustion lente comme dans un insert. C'est une flambée rapide et intense. (un poêle standard ou un insert consomme 1 à 4 kg de bois à l'heure contre de 8 à plus de 25 kg de bois brûlés à l'heure pour un poêle ou une cuisinière de masse)

grossièrement, on peut dire que le bois est composé à 20% de masse sèche et à 80% de gaz. lors de la pyrolyse du bois, ces gaz vont être libérés, et l'enjeu d'un bonne combustion sera de brûler ces gaz qui représentent 60% de l'énergie contenue dans le bois. le fait de brûler ces gaz est connu sous le nom de combustion secondaire.

pour brûler ces gaz, il faut plusieurs conditions réunies :

- températures dans le foyer entre 650 et 850°C (attention : si la température est supérieure à 850°C, on assiste alors à la formation de NOx qui sont des polluants de l'atmosphère)

- apport d'air suffisant, mais pas trop grand (les fabricants conçoivent leur appareils avec une excès d'air compris entre 1.5 et 3 fois l'apport d'air idéal - stœchiométrique)

- un foyer qui permet un bon mélange des gazs et de l'air

- un tirage maîtrisé afin de ne pas assisté à des variations de l'apport d 'air et de la vitesse de mélange dans le foyer

Contrairement à une idée répandue, il n'y a pas forcément de foyer secondaire pour avoir une combustion secondaire. Les poêles offrant les meilleures performances de combustion n'ont pas de tel foyer secondaire, tels les poêles Grundofen autrichiens et suisses.

L'accumulation de chaleur[modifier | modifier le code]

L'accumulateur est ce qui constitue la masse du poêle à proprement parler. La chaleur est stockée dans l'accumulateur qui fait office de conduits de fumée. Les fumées partent du foyer et passent dans l'accumulateur où elles lui cèdent la chaleur (en d'autres termes l'accumulateur capte l'énergie sous forme de chaleur). La chaleur des fumées est donc récupérée avant leur évacuation par le conduit.

La restitution de chaleur par rayonnement[modifier | modifier le code]

La chaleur est restituée par rayonnement sous forme de chaleur douce. En effet les parois externes du poêle ont des températures de surface maximale de l'ordre de 50° à 70°. Le rayonnement infrarouge chauffe les corps solides. On dit que le poêle de masse chauffe tout ce qu'il voit, un peu comme le soleil. Ce qui est dans l'ombre du poêle de masse sera donc chauffé par convection et par rayonnement des cloisons préalablement chauffées par le poêle mais avec un déphasage important. Pour cette raison un poêle de masse est de préférence construit au centre de l'habitation dans une pièce commune assez grande.
Le chauffage par rayonnement permet aussi une bonne régulation de l'hygrométrie intérieure de l'habitation (le taux d'humidité relative de l'air d'une habitation doit être comprise entre 40 et 60%).

En période de grand froid, si la capacité maximale du poêle ne permet pas d'atteindre des températures de confort voulues avec des flambées espacées de 24h, il peut être nécessaire de faire des flambées espacées de 12h, soit deux flambées par jour.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Générales[modifier | modifier le code]

Un poêle de masse se caractérise par son poids total. Son poids caractérise sa capacité à stocker l'énergie. Suivant la nature des matériaux le composant, la rapidité d'accumulation de la chaleur et la capacité maximale de stockage va légèrement varier. La taille de son foyer est déterminé en fonction de la quantité de bois nécessaire pour chauffer l'habitat durant 24h. La gestion de la post-combustion peut être très différente suivant la conception et le type de foyer. L'emploi de matériaux réfractaires aux points les plus chauds du poêle est indispensable à sa durabilité.

Le foyer[modifier | modifier le code]

Le foyer, c'est l'espace où a lieu le chargement et la combustion du bois.
Il est dimensionné en fonction de la quantité de bois nécessaire pour chauffer l'habitat durant 24h.

Construction d'un foyer en brique réfractaire

Les matériaux[modifier | modifier le code]

On distingue plusieurs types de matériaux traditionnels :

  • Les carreaux en céramiques réfractaires, les « Kacheln », qui servent à l'habillage des Kachelofen
  • Les carreaux de céramiques faïencés
  • La brique de terre cuite pour les poêles finlandais, suédois, danois
  • La chamotte, l'argile
  • les pierres (grès, calcaires, stéatite, etc.)

Historique[modifier | modifier le code]

Poële en céramique, Musée Alexander Pushkin, Vilnius

L'accumulation de chaleur issue de la combustion du bois trouve des origines dans l'Hypocauste romain, l'ondol coréen ou encore le kang chinois[3].

Il n’y a pas à proprement parler un « poêle de masse » mais plusieurs types de poêle de masse développés depuis plusieurs siècles. Il existe différentes conceptions qui influent directement sur la forme finale du poêle et qui correspondent à des origines géographiques différentes:

  • Le grundofen, autrement appelé kachelofen s'il est réalisé en faïences : C'est le poêle le plus évolué et le plus fiable qui existe; c'est une architecture de poêle en apparence très simple, qui consiste en un foyer suivi d'un simple carnaux de fumée qui "serpente" jusqu'au conduit de fumée (ce carnau est une sorte de tunel qui peut mesurer jusqu'à plus de 15 mètres de long). Il existe de nombreuses variantes de cette conception car l'implantation de ce poêle s'est étendu sur l'Europe centrale et l'Europe de l'Est. Sa construction traditionnelle est atypique: La coque extérieur est montée avec deux rangées d'avance sur la partie intérieure qui forme les conduits de fumée. Les carreaux sont brochés entre eux avec du fil d'acier. La technique autrichienne permet de concevoir des poêles avec des performances garanties, que ce soit au niveau du rendement, que des émissions de CO, de NOx ou encore de particules fines, cela grâce à la longue expérience acquises par de nombreuses générations de poêliers, et par les travaux de recherche effectués en Suisse, Autriche, Allemagne dans les 20 dernières années. Dans la famille des kachelofen, c'est le grundofen maçonné qui est l'authentique poêle de masse.
  • Le poêle finlandais à contre-courant : invention de H. taivannen à la fin des années 1970, ce poêle a été en France le plus connu jusqu'à. Composé d'un foyer principal, d'un goulet d'étranglement donnant sur une seconde chambre de combustion/détente, les gaz sont d'abord mis sous pression et butant sur la dalle de fermeture du haut, ils sont forcés de redescendre dans les canaux de fumée jusqu'en bas du poêle. Ce faisant, les gaz perdent petit à petit leur chaleur qui est transmise aux murs latéraux. Cette circulation « anormale » des gaz vers le bas a donné le nom de poêle de masse à contre courant (contraflow). Leur architecture est assez "cadrée" et permet peu de variations. C'est un modèle en quelque sorte standard. Pour un bon fonctionnement de ces poêles, il faut adapter le conduit de fumée, afin que ce dernier ait un tirage adapté au bon fonctionnement du poêle. Ce modèle est très prisé des auto-constructeurs, mais n'apporte pas de garanti sur la qualité de la combustion.
  • Le Kakelugn suédois : En forme de colonne ou d'une apparence extérieure parfois similaire au finlandais et d'une conception assez proche de celui-ci, seul les canaux de fumée interne varie, il est composé de plusieurs chicanes verticales forçant les gaz à descendre et à monter.
  • Les petchka : Europe de l'Est, Russie. Généralement assez massif, les chicanes sont plutôt horizontales. Ces poêles sont développés notamment par Alex Chernov et Kuznetsov.

Évolutions[modifier | modifier le code]

Comme dit précédemment, les techniques développés par les artisans-poêliers germaniques ont permis de concevoir des poêles avec des performances garanties, que ce soit au niveau du rendement, des émissions de CO, de NOx ou encore de particules fines. Ces différentes techniques ont été validées par les travaux de recherche effectués en partenariats avec des universités ou d'autres organismes et font l'objet d'études scientifiques poussées dans plusieurs pays, participant ainsi à l'amélioration des normes en vigueur. Des artisans et des industriels développent et fabriquent ces poêles dans tout l'hémisphère Nord, en Europe, au Canada, au Québec, aux États-Unis et en Russie. Il en existe certainement en Asie. Plusieurs « écoles » ont donc aujourd’hui développé leur système, mais le principe reste le même.

Les matériaux[modifier | modifier le code]

Les matériaux d'un poêle à accumulation varie selon leur usage dans le poêle. Dans les parties les plus exposées, on trouve du béton réfractaire ou de la brique réfractaire, car leur résistance mécanique aux fortes températures et leur capacité à absorber les chocs thermiques est gage de durabilité et de performance. Les parties moins exposées (l'habillage ou le parement) peuvent quant à elle recevoir une palette plus large de matériaux comme la brique de terre cuite, la brique de terre crue compressée (communément nommée BTC), du béton, de la pierre.

Les matériaux utilisés peuvent donc être de plusieurs sortes : briques réfractaires haute densité, dalles réfractaires, briques réfractaires courantes, briques de terre cuites, chamote, briques de terre crue (BTC), argile et toute la gamme des pierres (suivant les régions grès, granit, stéatite, pierre de Caen, pierre sèche etc.).

La BTC locale pour le parement (disponible au près des briqueterie traditionnelles) est économe en énergie grise et a de ce fait un intérêt écologique certain.

Dans la plupart des constructions actuelles la brique réfractaire haute densité (avec un taux d'alumine compris entre 25 et 60 %) est utilisée pour le compromis qu'elle offre face au couple température / choc thermique. De plus sa capacité de chaleur massique permet une première accumulation de l'énergie produite.

Les coulis silicatés sont proscrits dans les règles de l'art, car ils provoquent une usure prématurée des briques. Sur internet, on peut voir que leur usage est semble-t-il hélas répandu, certainement par méconnaissance.

Gestion de la dilatation[modifier | modifier le code]

Les foyers modernes sont en majorité constitués de plusieurs couches de matériaux différents et séparées les unes des autres par une mince couche de fibre minérale ou un vide d'air permettant la dilatation des zones les plus chaudes et évitant ainsi la fissuration des matériaux. Dans le cas d'un foyer maçonné, les briques réfractaires forment le foyer, des briques semi-réfractaires forment les canaux de fumées (de l'accumulateur secondaire), et des briques de parements viennent habiller les faces externes du poêle.

Amélioration de la combustion[modifier | modifier le code]

La post-combustion nécessite un mélange des gaz visqueux avec de l'air préchauffé par le poêle. Ce mélange est obtenu par l'ajout d'éléments qui viennent perturber le cheminement des gaz. Cet air préchauffé, dit air secondaire, peut être amené de différentes façons et arriver à différents niveaux du foyer suivant la conception du poêle. La gestion du tirage, de la quantité d'air primaire et de la quantité d'air secondaire est alors réglée par l'utilisateur. La particularité de cette technique est la combustion à très haut rendement réel (entre 98 et 99.5 % du PCI - pouvoir calorifique inférieur du bois), ou post-combustion, réduisant les émissions de monoxyde de carbone, particules fines et autres polluants habituellement générés par la combustion au bois. Chronologiquement, ce sont les poêles maçonnés qui ont permis de mettre en évidence l'effet de double combustion.

Les foyers[modifier | modifier le code]

Les foyers sont maçonnés en briques réfractaires et peuvent aussi être en fonte (dans le cas de petit poêle à accumulation). Il existe plusieurs types de foyer.

Un foyer en fonte de poêle de masse est spécialement conçu pour recevoir des matériaux réfractaires sur ses parois internes permettant de maintenir de hautes températures nécessaire à la post-combustion. (pourquoi sur ces faces internes ? la fonte absorbe rapidement la chaleur et la restitue tout aussi rapidement vers sa face extérieure la moins chaude, et est moins adaptée en termes de durabilité à de hautes températures. Les matériaux réfractaires vont quant à eux mieux supporter les chocs thermiques et maintenir les gaz à des températures nécessaire à la post-combustion).

L'accumulateur et le parement[modifier | modifier le code]

L'accumulateur est traditionnellement disposé autour du foyer et de la chambre de double combustion. C'est ce qui fait la masse du poêle, bien que le foyer représente déjà en lui-même une certaine masse qui souvent est tiède lors de l'allumage (c'est pourquoi on l'appelle le cœur du poêle). Un accumulateur secondaire (voir plusieurs) peut se placer entre le poêle et le conduit d'évacuation sous la forme d'un banc chauffant, d'un encadrement pour le stockage du bois, d'un muret, d'un mur.

Les matériaux de l'accumulateur et du parement sont choisis en fonction de plusieurs critères[3]:

  • leur capacité thermique, c'est l'aptitude d'un matériau à stocker l'énergie
  • leur diffusivité, qui détermine la vitesse avec laquelle la chaleur va passer des parois internes aux parois externes
  • leur effusivité, touche la capacité de surface d'un matériaux, un habillage fin change l'effusivité d'une paroi

Les poêles artisanaux actuels[modifier | modifier le code]

Les poêles artisanaux offrent une esthétique naturelle plus variée et dans le cas de poêles maçonnés un habillage n'est pas nécessaire. Ils peuvent s'adapter à la morphologie d'un bâtiment et au rythme de vie des habitants. Certains artisans construisent des poêles escaliers. Ils sont propre à laisser une part de créativité dans leur construction. Certains sont de véritables œuvres d'art.

Four[modifier | modifier le code]

Un four pour faire cuire les aliments est souvent présent. Il existe deux types de fours : le four "noir" ou le four "blanc".

Le four noir 
comme son nom ne l'indique pas, c'est un four propre. Le principe est de faire la flambée dans le four à la manière d'un four à pain traditionnel ou d'un four à gueulard. Le fait de faire le feu directement dans le four permet d'obtenir des températures élevées qui permettent toutes les cuissons (de la pizza à 400 °C jusqu'au tajine mijoté, en passant par les pains cuits aux environs de 250 °C. Selon la conception, le foyer peut être utilisé comme un four noir. Bien sûr, on ne peut utiliser ce type de four pendant la flambée ; une flambée durant 1h30 à 5 heures, cela fait que le four est chaud et utilisable 19 à 22h30 par jour (si le poêle est conçu pour une autonomie de 24 heures).
Le four blanc 
est hermétique. Les fumées en sortie de goulet passent au-dessus et en dessous via une dalle qui chauffe le four à des températures pouvant monter à 250 °C en fin de flambée. La cuisson est donc possible à n'importe quel moment. Les températures sont inférieures à celle du foyer. On y privilégie donc les cuissons lentes pour des plats de type poissons, viande, tajine, haricots, lentilles, etc. Mais aussi le pain, les gâteaux, le gratin pour des cuissons juste après la flambée.

Tout comme les différents types de poêles (légers ou lourds, à simple peau et à double peau), il n'y a pas de type de four meilleur qu'un autre, l'important étant de choisir un four permettant de répondre aux besoins d'utilisation : le four blanc ne sera pas adapté aux cuissons demandant de hautes températures, et inversement le four noir sera souvent trop chaud pour pouvoir sécher des pommes au cœur de l'hiver.

Il est possible d'incorporer les deux types de fours à la même construction.

Autres particularités[modifier | modifier le code]

  • Un by-pass en fonte tient lieu de « starter » à l'allumage. En position ouverte, il permet aux gaz de suivre un trajet court (foyer-conduit d'évacuation) au lieu d’un trajet long lorsqu’il est en position fermée (foyer-accumulateur-accumulateur secondaire-conduit d'évacuation).
  • Un clapet coupe-circuit en fonte est placé soit dans le poêle, soit sur le conduit d'évacuation des fumées afin de réduire les pertes de chaleur une fois la flambée terminée et les braises dissipées.
  • Des trappes sont disposées aux endroits stratégiques de l'accumulateur, les cendres déposées y sont aspirées une fois par an.
  • La production d'eau chaude sanitaire est possible avec un poêle de masse. Il s'agit d'un poêle de masse de type Kachelofen (foyer en fonte avec un cœur muni d'un habillage en pierres réfractaires) doté d'un récupérateur de chaleur à la sortie des fumées. Celui-ci extrait l'énergie des fumées pour produire de l'eau chaude. Ce système a été développé par Oskar Nauderer qui déposa le 01 08 1988 un brevet pour son invention qu'il nomma le Napoherm. Le poêle de masse peut ainsi prendre la place de la chaudière dans les installations de chauffage central. Il peut remplacer des chaudières allant jusqu'à 24 kW (ou 15 radiateurs).
  • Le support de ce genre de poêle n'est pas à prendre à la légère au vu des masses considérées (de 1 à 6 tonnes suivant le modèle). Il est en général constitué d'une dalle en béton dimensionnée comme une fondation de mur. Elle pourra ensuite être recouverte d'une couche d'isolant incompressible pour éviter un pont thermique sous le poêle. Certains poêles relativement léger peuvent être supportés par des poutres métalliques scellées dans un mur plein, permettant ainsi d'installer un poêle à l'étage sur un plancher bois sans pour autant construire une colonne de soutient.
  • Le ramonage n'est pas nécessaire si le poêle est utilisé correctement et une vérification visuelle par un professionnel est indispensable. La production de cendres est minime, de l'ordre d'un seau par moins.
  • Certains poêles nécessitent un feu de préchauffage pour améliorer le tirage.

Remarques[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas dans l'absolu de poêles meilleurs qu'un autre, il n'y a que des poêles adaptés à des situations données.

Il est des maisons où un poêle léger sera plus profitable qu'un poêle lourd, et vice-versa.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Toujours utiliser du bois parfaitement sec, c’est-à-dire à 20 % d’humidité maximum (c’est la meilleure garantie de longévité d'un poêle et de rendement calorifique). L’usage d’un hygromètre résistif (à pointes) est recommandé en cas de doute.

La vitre du foyer n'a pas besoin d'être nettoyée car elle ne noircie pas.

Inconvénient[modifier | modifier le code]

L'inertie (et donc le déphasage) des poêle de masse est à la fois leur point fort et leur principale inconvénient, car s'ils sont capables d'accumuler la chaleur pour la restituer lentement, ils ne permettent pas de disposer instantanément de fortes puissances pour réchauffer rapidement un habitat qui se serait refroidit pendant une absence prolongée.

Poêlier, un métier[modifier | modifier le code]

Le métier de poêlier est un métier séculaire, réglementé, qui nécessite un apprentissage long (3 ans minimum, 5 ans dans l'idéal). Ce métier est répertorié dans les métiers d'art par le ministère de l'artisanat. Il nécessite des connaissances assez poussées dans des domaines tels que : thermique du bâtiment, en fumisterie, en maçonnerie traditionnel, en maçonnerie-fumiste.

Il existe en France une fédération regroupant les artisans poêliers. Cette fédération est menée par les poêliers alsaciens qui sont les tenants de la tradition du métier en France.

La corporation des poêliers et atriers de l'Est existe depuis plusieurs décennies et dispense des formations diplômantes (3 ans pour devenir ouvrier-poêlier, et 2 ans supplémentaires pour devenir poêlier)

Il est à noter, qu'à l’instar de ce qui s'est passé dans la construction en paille, il y a un réel engouement pour ce moyen de chauffage, et on assiste à de nombreuses naissances de"vocations" pas toujours très professionnelles. Aussi, on peut trouver sur internet nombres de "poêliers" improvisés, qui n'ont pas eu la chance d'effectuer un réel apprentissage, et qui ne mesurent pas toujours les dangers associés à leur pratique. Aussi, nous ne serions trop conseiller aux lecteurs de se renseigner sur la formation des personnes à qui ils s'adressent. Par exemple, il est possible de trouver des personnes qui prétendent vous former en quelques jours à concevoir et construire votre poêle. Il est plus réaliste de se rapprocher de la fédération française ou de la corporation des poêliers et atriers de l'Est pour avoir un avis sur la pertinence de ce qu'on peut vous proposer.

Le poêlier a pour principal partenaire le ramoneur, tous deux se retrouvant sur la fumisterie. Le poêlier maîtrise la combustion, et le ramoneur maintient les appareils, et s'assure de leur bonne utilisation ;

Autoconstruction[modifier | modifier le code]

Concevoir et construire un poêle demande de fortes compétences, et le proverbe dit qu'"on ne joue pas avec le feu !". Une auto-construction est possible si on est accompagné par des professionnels.

L'auto-construction menée en amateur peut être dangereuse :

Les risques peuvent être :

  • le dégagement de fumées dans la maison, intoxications au CO et au CO2. Contrairement à une installation où la fumée suit un parcours strictement montant, dans un poêle de masse il est possible de trouver des pression positives, dues au fait qu'une colonne chaude montante est suivie d'une colonne moins chaude descendante. Les fuites dans ce cas s'exprime de l’intérieur du poêle vers la pièce.
  • un feu de poêle et de cheminée, et donc potentiellement de la maison. En effet même si l'absence de régime ralenti limite grandement l'accumulation d’imbrûlés dans le cheminement de fumée, un poêle mal conçu dans lequel la combustion n'est pas de bonne qualité ou insuffisamment ramoné peut prendre feu.
  • Inflammation de matériaux à proximité du poêle par non respect des distances de sécurité.
  • une explosion du poêle, due à une mauvaise conception de l'installation qui ne permet pas un tirage suffisant au démarrage, entraînant une forte concentration de gaz imbrûlés dans le cheminement de fumée, et parfois leur inflammation brutale qui peut atteindre une violence suffisante pour faire sauter les trappes et même éventrer le poêle.

Réaliser son propre poêle de masse demande au moins 50 heures de préparation et entre 150 et 450 heures de réalisation. [réf. nécessaire]

Pour rappel, l'auto-constructeur est responsable de sa réalisation pendant 10 ans. Donc en cas d'incendie, sa responsabilité va être interrogée, même en cas de revente de la maison au préalable[4]. [réf. insuffisante]

Normes[modifier | modifier le code]

La norme NF EN 15544 est une norme issue des travaux scientifiques de l'institut technologique de Vienne en Autriche. Elle garantie les performances (tirage, non pollution, rendement) des poêles.

La norme NF EN 15250 est une norme industriel .

La norme NF EN 13384 est une règle de calculs qui permet de vérifier qu'il y a un équilibre entre le tirage du conduit de fumée et le poêle.

L’agrément QUALIBOIS est décerné aux professionnels qui justifient de toutes les assurances obligatoires et démontrent leurs compétences et leur sérieux. Leurs installations sont conformes aux normes en vigueur et régulièrement contrôlées par un organisme indépendant.

Le DTU 24.1[5] permet de s'assurer que le conduit de fumée est aux normes de sécurité.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Document Technique d'Application, sur le site du CSTB, voir en particulier le tableau p. 8, consulté le 24 mai 2014.
  2. [PDF] Se chauffer au bois, guide ADEME 2012, tableaux p. 4, 9.
  3. a, b et c Poêle à accumulation, le meilleur du chauffage au bois, de Vital Bies et Marie Milesi, aux éditions Terre Vivante, avril 2010
  4. article de loi sur les responsabilités des constructeurs (autoconstructeurs compris)
  5. norme NF DTU 24.1 , AFNOR

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eva Roth Heege; Ofenkeramik und Kachelofen – Typologie, Terminologie und Rekonstruktion im deutschsprachigen Raum (CH, D, A, FL); Édition Schweizerischer Burgenverein, Basel. ISBN 978-3-908182-23-8
  • Unger, Ingeborg; Kölner Ofenkacheln. Die Bestände des Museums für Angewandte Kunst und desKölnischen Stadtmuseums. Köln1988. ISBN 3-927396-01-X.
  • Poêle à accumulation, le meilleur du chauffage au bois, de Vital Bies et Marie Milesi, aux éditions Terre Vivante, avril 2010 (ISBN 978-2-914717-80-9) aperçu
  • The Book of masonry stove, rediscovering an Old Way of Warming, de David Lyle

Liens externe[modifier | modifier le code]