Pluie, Vapeur et Vitesse

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Pluie, Vapeur et Vitesse
Le Grand Chemin de fer de l'Ouest
Image illustrative de l'article Pluie, Vapeur et Vitesse
Artiste Joseph Mallord William Turner
Date 1844
Technique Huile sur toile
Dimensions (H × L) 91 × 121,8 [1] cm
Localisation National Gallery

Pluie, Vapeur et Vitesse - Le Grand Chemin de Fer de l’Ouest, ou en anglais Rain, Steam and Speed - The Great Western Railway est un tableau de Joseph Mallord William Turner (1775-1851) réalisé en 1844.

Historique de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La toile est exposée à la National Gallery de Londres, suite à une acquisition lors de l'héritage Turner en 1856.

Description[modifier | modifier le code]

Cette toile représente une locomotive passant sur le pont de chemin de fer enjambant la Tamise, à Maidenhead, construit entre 1837 et 1839 par le plus célèbre des ingénieurs de l’époque, Brunel. Ce pont sur la Great Western Line vers Bristol était alors considéré comme une prouesse architecturale. À droite d’un paysage brumeux, des champs cultivés et une ville lointaine, un train approche… La locomotive noire et la masse incandescente à l’avant figurent la chaudière poussée à son énergie maximum émergeant d’un rideau de pluie.

La locomotive représentée était l’une des plus modernes de l’époque : la Firefly Class qui avait battu un record de vitesse en 1843 avec une vitesse de 150 km/h en pointe.

Le paysage est composé selon un schéma perspectif central, l’action se concentrant sur le train, l’arrière-plan s’organisant autour de lui.

La composition contrastée de la toile met en scène la mutation du monde et celle du paysage avec la fin d’une vie paisible avec l'ère agraire (paysage rural, représentation d’un lièvre symbolisant la faune, d’un laboureur, de pêcheurs, de jeunes filles dansant sur la berge, d’un vieux pont routier…) et le début de l’ère industrielle représentée par l’imposante locomotive et le viaduc moderne. Turner, appréciant la vitesse, oppose la vitesse naturelle (celle du lièvre bondissant sur la voie ferrée) avec la vitesse artificielle (celle du train).Le train va t-il écraser le lièvre ? La modernité va t-elle avoir le dessus sur l'agriculture et le passé ?...

Contextes[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs de ses dernières toiles, J.M.W. Turner utilise les images du progrès et de l’industrie moderne, en général écartées par les peintres plus conventionnels, qui jugeaient ces thèmes « non artistiques ».

Pluie, Vapeur et Vitesse , Le Dernier Voyage du Téméraire, Staffa, et Le Château de Douvres sont des illustrations du vif intérêt porté par Turner pour le progrès technique, alors à l’œuvre à son époque dans le cadre de la deuxième Révolution industrielle.

Turner y peint ici la fin de l’ère agraire en plaçant sur sa toile une charrue sur la rive de la Tamise, qui constitue un contrepoint au Great Western Railway.

Cette œuvre témoigne de sa fascination pour la modernité, la Révolution Industrielle, et de son engouement pour le chemin de fer. Leur construction et la spéculation ferroviaire sont à leur apogée en 1844. Contrairement à John Martin, John Ruskin, Charles Dickens ou Eugène Delacroix, qui voyaient un chemin de fer déshumanisant, Turner, lui, insiste sur la vitesse qu’il affectionne; à ce sujet, une anecdote concernant le peintre qui était surnommé « Over Turner » du fait de sa conduite périlleuse des cabriolets. À cette époque, l’Angleterre était très en avance concernant les innovations techniques, dont le rail faisait partie.

Retentissement et postérité[modifier | modifier le code]

Présentée en 1844 à la Royal Academy, les critiques louèrent les impressions de rapidité et d’énergie de la toile, amplifiées par la vision perspective et les effets de pluie.

Monet a plus tard reproché à Turner son approche romantique du chemin de fer; lui choisit de représenter la locomotive comme un monstre rugissant dans La Gare Saint-Lazare de 1877.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

La technique de Turner pour réaliser cette toile était qualifiée par ses connaissances de « peinture physique » : muni de pinceaux courts et d’une palette sale, le nez contre la toile, il semblait peindre avec les yeux et le nez.

Pour l’anecdote, Turner possédait des actions dans la Compagnie du Grand Chemin de fer de l’Ouest (Great Western Railway Company), et, lors d’un voyage orageux en train, entendant arriver un autre convoi en sens inverse, il aurait passé la tête par la fenêtre pour mieux observer la symbiose entre pluie et vitesse.

Références[modifier | modifier le code]