Plongée profonde

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Limite et définition[modifier | modifier le code]

La limite de profondeur à partir de laquelle une plongée est "profonde" varie naturellement suivant les définitions et les organismes de certification:

  • anciennement la réglementation française (pré juillet 2010) définissait l'"espace lointain" comme la zone des 20 à 40m de profondeur.
  • Les plus importants organismes de certification définissent comme "profonde" toute plongée à une profondeur supérieure à 18m.
  • Dans cet article, sont décrites les plongées à grande profondeur, en général au-delà de 60 m, profondeur à partir de laquelle il y a un consensus pour utiliser un mélange gazeux autre que l'air.

Ces plongées permettent d'atteindre certaines épaves hors de portée lors de plongées à l'air, ou alors de mener certaines pénétrations lors de plongées souterraines, ou tout simplement de battre un record.

Néanmoins, ce type de plongée nécessite une solide formation, et une très grande préparation, en termes de matériel, calculs de proportions de gaz, planification de la plongée, etc.

Plongée récréative profonde[modifier | modifier le code]

La plongée récréative profonde est réservée aux plongeurs loisirs et les paramètres relatives à celle-ci sont plus légères et plus facile a maîtriser. Elle couvre des profondeurs de l'ordre de 18 a 60m suivant les organismes. Par exemple PADI recommande aux Advanced Open Water Diver de ne pas dépasser 30 mètres, 40 mètres s'il possède la certification Deep Diver.

Plongeur technique (TEK)[modifier | modifier le code]

Les plongeurs "tek" repoussent les limites de profondeurs imposées par la plongée loisir pour atteindre des profondeurs beaucoup plus importantes. Il s'agit d'un niveau où la condition physique et psychologique du plongeur prend toute son importance et où une formation basique ne suffit plus. Un plongeur technique doit être capable de gérer n'importe quel souci se produisant sous l'eau sans avoir un accès immédiat à la surface. Plus la profondeur est importante plus le volume de gaz emporté doit être conséquent car elles imposent des paliers de décompression parfois impressionnants de longueur.

Le record du monde actuel de profondeur en plongée autonome est détenu par Pascal Bernabé qui a atteint les 330 mètres durant une plongée de 8 heures.

Mélange gazeux[modifier | modifier le code]

La plupart des agences "tek" recommandent de ne pas dépasser les 50 à 55 mètres à l'air (à l'exception notable de PSAI qui propose un cursus allant jusqu'à 73m). Certaines (GUE, NauiTec, UTD, ISE) bannissent l'air et imposent très vite ( au delà de 33 mètres) l'usage de mélanges trimix

Compte tenu de la toxicité des gaz (azote et oxygène), il est nécessaire, en fonction de la profondeur visée, de choisir un mélange aux proportions optimisées.

Ce mélange pourra être du trimix, de l'héliair (ou plus rarement de l'héliox). La décompression, quant à elle se fera avec des mélanges enrichis en dioxygène ("surox") : au nitrox ou au triox (mélange de nitrox et d'helium, aussi appelé helitrox) et éventuellement à l'oxygène.

Lors de plongées très profondes (plongée professionnelle de recherche ou de travaux), il est possible aussi d'utiliser de l'hydrox.

Adaptation matériel[modifier | modifier le code]

En plongée profonde, le matériel doit être particulièrement préparé, en raison des risques encourus lors de telles plongées. Les plongeurs évoluent souvent avec plusieurs blocs, remplis de mélanges différents à utiliser en fonction de la profondeur atteinte. Ils descendent et remontent souvent le long d'un bout, appelé "ligne de décompression".

Cette ligne permet de se débarrasser des blocs vides et de faire un palier de décompression avec un mélange optimisé.

Concrètement, à partir du moment ou un plongeur décide de se lancer dans les plongées profondes l'analyse systémique de risques devient une obligation, entrainant une redondance du matériel vital.

Planification[modifier | modifier le code]

La planification consiste à déterminer préalablement le profil (i.e. la courbe profondeur en fonction du temps ainsi que les profondeurs de changement de gaz)) de la plongée afin de déterminer les volumes de gaz nécessaires. Il est fréquent de calculer plusieurs profils (en cas de dépassement de temps, de profondeur, de perte de gaz ...). Le plongeur calcule en fait une table de plongée ad-hoc. Si la planification est retranscrite sur un support immergeable qui sera emmené durant la plongée, on parle de run-time.

Au niveau physique[modifier | modifier le code]

La plongée profonde voit apparaître chez le plongeur des risques inhérents à la plongée inconnus jusqu'alors:

Au niveau psychologique[modifier | modifier le code]

  • La plongée profonde a la particularité d'exposer le plongeur à un phénomène nouveau. Celui-ci doit se rendre compte qu'en cas de problème grave il lui est impossible de remonter directement comme il lui était encore possible de le faire à 20 mètres (ce qui comporte déjà des risques).
  • La plongée profonde est équivalente à la plongée souterraine dans le sens où, même si aucun obstacle physique ne le sépare de la surface, un plafond imaginaire doit se dessiner dans l'esprit du plongeur, lui imposant de régler ses problèmes sous l'eau, d'une manière ou d'une autre. En effet, toute tentative de remonter directement en surface se soldera quasi inévitablement par une visite au caisson de recompression, voire par le décès du plongeur à la suite d'un accident de décompression (appelé aussi maladie de décompression) ou d'un barotraumatisme (par exemple une surpression pulmonaire).
  • À partir de 40 mètres, même les protocoles de remontée d'urgence ne dépassant pas la vitesse de 18 mètres à la minute présentent un réel danger pour le plongeur, bien que plus mesuré.
  • La plongée profonde doit ainsi être préparée et considérée par le plongeur de manière plus complexe qu'une plongée simple. C'est à partir de ce niveau que l'on commence peu à peu à se poser la question « What if ? » (que dois-je faire si telle situation survient ?), chère au jargon des plongeurs techniques.
  • Au niveau psychologique, suite à l'apprentissage de ces nouveaux paramètres, les premières plongées profondes de presque tous les plongeurs induisent un certain stress qu'il convient de gérer, d'où l'importance d'un état mental parfaitement serein.
  • Le plongeur doit se préparer à être bien plus autonome qu'il ne l'était auparavant. Bien entendu, son binôme doit pouvoir l'aider en cas de problèmes, mais il faut être capable de compter sur soi-même en cas de problème majeur et avoir une certaine maîtrise de soi.

Voir aussi[modifier | modifier le code]