Ploegsteert

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Ploegsteert
Photo prise à Ploegsteert
Photo prise à Ploegsteert
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Mouscron
Commune Comines-Warneton
Code postal 7782
Zone téléphonique 056
Démographie
Gentilé Ploegsteertois(e)
Population 1 878 hab. (2006)
Géographie
Coordonnées 50° 43′ N 2° 52′ E / 50.717, 2.867 ()50° 43′ Nord 2° 52′ Est / 50.717, 2.867 ()  
Localisation
Localisation de Ploegsteert au sein de Comines-Warneton
Localisation de Ploegsteert au sein de Comines-Warneton

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Ploegsteert

Ploegsteert ([plugstɛːʀ] en français[1], ['pluxste:rt] en néerlandais; en picard Plostèr ou Prustèr) est une section de la commune belge de Comines-Warneton, située en Région wallonne, dans la province de Hainaut.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Le village Ploegsteert est surnommé "la Terre à champion"[réf. nécessaire], car cette terre possède de nombreux sportifs, dont Frank Vandenbroucke, cycliste, décédé en 2009. Il a remporté la célèbre classique Liège-Bastogne-Liège en 1999, mais aussi Jonathan Blondel, joueur de foot au FC Bruges.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ploegsteert est la localité la plus occidentale de la Région wallonne.

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune abrite des zones humides alluviales classées Natura 2000 et Sites de Grand Intérêt Biologique [2] en Wallonie, qui font partie d'un système transfrontalier comprenant aussi les communes de Comines-Warneton, dans le Hainaut. On y trouve quelques plantes rares (Calamagrostis canescens, Carex pseudocyperus, Hottonia palustris, Listera ovata, Myriophyllum spicatum, Picris echioides, Tephroseris palustris), ainsi que des phragmitaies, typhaies et saussaies riveraines de la Lys, planitiaires et collinéennes. Une ancienne argilière (Argilières de Ploegsteert, CORINE : 500230300 ) abrite d'intéressants milieux de substitution. Sur la zone Mouscron-Comines il existe une zone naturelle d'intérêt scientifique, plan d'eau, zone d'extraction sur fond d'espace vert(A.R. du 17/01/1979).

Une gestion restauratoire se fait par contrôle (par pompage) du niveau de la nappe phréatique, de manière à contrôler les saulaies ou les roselières par décaissement et par lutte contre les décharges sauvages.

Une réserve naturelle a été créée à partir des anciennes carrières de la briqueterie de Ploegsteert dont certaines parties sont encore exploitées. On y trouve plusieurs stades de végétation pionnière et zones d'eaux libres relativement préservées de l'eutrophisation qui caractérise cette région d'agriculture intensive (où l'on trouve Callitriche obtusangula, Lemna minor, Potamogeton natans, Ranunculus peltatus). Elle est située sur la partie ouest de la province du Hainaut, près de la frontière française (côté Armentières), dans la plaine alluviale de la Lys située à 1 km environ au sud de la briqueterie, avant le confluent de Lys - Deûle. La réserve inclut sur le site un petit affluent de la Lys (la Rabèque).
La commune a notamment abrité une population d'Hirondelles de rivage (espèce en voie de régression)[3].

De par ses caractéristiques et son importance écologique, ce site est fonctionnellement lié aux zones humides de la vallée de la Lys, qui fait partie du Bassin versant de l'Escaut, et au réseau écologique belge et paneuropéen ainsi qu'à la trame verte et bleue de la région voisine (Nord-Pas-de-Calais)[4]

Géologie[modifier | modifier le code]

Sous la commune, on trouve[2]

  • des limons hesbayens (sur 1,5 à 5m d'épaisseur avec une moyenne de 2,5 à 3m) ;
  • une couche d'argile yprésienne (10-15m), d'où la présence de l'argilière et briqueterie (qui en fait selon STOCKMANS 1962 et M. TAHON, comm. orale à l'observatoire de la biodiversité, seuls es limons très argileux, et non l'Ypésien pure sont utilisés pour fabriquer les briques, la couche inférieure étant trop sableuse)[2];
  • une couche de sables du landénien qui abrite une nappe phréatique.

Paléontologie[modifier | modifier le code]

Lors de l'extraction des limons argileux, des fossiles récents (dernière glaciation) d'espèces préhistoriques (mammouth, rhinocéros laineux, cheval, renne, etc. sont fréquemment mis au jour.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Grâce aux argilières et aux travaux de la Société d'Histoire de Commines-Warneton et de la région[5], on a mis au jour de nombreux vestiqes paléolithiques et mésolithiques ; Au Mont de la Hutte (près de la réserve naturelle), des nuclei et grattoirs et autres objets de silex taillés dans des rognons de silex prélevés dans l'argile tertiaire) ont été trouvés. Des vestiges romains, probablement liés à la production de brique[6] et à l'importance stratégique de la Lys) sont présents dans la vallée, dont un village gallo-romain, des tombes à incinération, des puits (maçonnés, en planches ou tressés (rare [7],[8]), divers dépotoirs qui ont livré des poteries et tessons (céramique en terre argillée, et de l'Eifel ainsi que d'Arras.
Des monnaies de l'époque de Postume[9], des vestiges médiévaux ont aussi été trouvés liés à une présence humaine notamment induite par la production de briques et tuiles, probablement en partie transportée par voie d'eau, et cuite avec du bois prélevé dans la région.

Étymologie[modifier | modifier le code]

1596 Plocsteert

Mancheron de charrue (néerlandais ploegsteert, de steert « queue » et ploeg « charrue »), d'après la forme de la terre[10],[11]

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune fut créée en 1850 par démembrement d'une partie du territoire de Warneton. Elle est composée du hameau du Bizet en bord de frontière française.

La commune fut transférée de la province de Flandre-Occidentale à celle de Hainaut en 1963 en absorbant au passage le hameau roman de Clef de Hollande, enlevé à Nieuwkerke. Depuis cette date ses habitants néerlandophones minoritaires bénéficient de facilités administratives.

La Grande guerre à Ploegsteert[modifier | modifier le code]

Le 4 août 1914, la Belgique est précipitée dans la Première Guerre mondiale ; deux mois plus tard les premiers Allemands pénètrent dans Ploegsteert. Les premiers combats ont lieu le 18 octobre et durent 3 semaines : les troupes britanniques, composées notamment des 2nd Essex, 1er East Lancashire et 1er Somerset parviennent à contenir les attaques du XIXe corps allemand.

Commence alors une guerre de position. Les troupes britanniques retranchées et camouflées dans les bois vont y vivre quatre ans dans des conditions précaires, côtoyant journellement la mort, bien que le secteur connaisse une certaine accalmie en 1915 et 1916.

La population ploegsteertoise doit quitter le village, les tirs d'artillerie endommageant sérieusement les habitations. En 1916, il ne reste plus que 298 téméraires refusant l'exode; la plupart travaillent pour les Britanniques : creusement de tranchées, mais aussi commerce de première nécessité.

L'explosion de 19 mines, le 7 juin 1917, marquera le début de la bataille de Messines. Le 10 avril 1918, les Allemands lancent l'offensive sur la Lys, Ploegsteert tombe aux mains des Allemands et le village ne sera libéré qu'à la fin de septembre 1918.

Le mémorial britannique de Ploegsteert[modifier | modifier le code]

0 Ploegsteert Memorial to the Missing - Hyde Park Corner - (2).JPG

Le Mémorial de Ploegsteert célèbre plus de 11000 soldats du Commonwealth tués dans ce secteur pendant la Première Guerre mondiale et qui ne possèdent pas de sépulture connue.

Le mémorial reprend les zones de combat de Caestre-Dranoutre-Warneton au Nord et Haverskerke-Estaires-Fournes au sud incluant les villes de Hazebrouck, Merville, Bailleul, Armentières, la foret de Nieppe et les Bois de Ploegsteert. L'architecte du Mémorial est H. Charlton Bradshaw.

Le Mémorial de Ploegsteert est situé à 12,5 km au sud de la ville d'Ypres sur la N365 entre la ville d'Ypres et Armentières. À partir du centre d'Ypres, prendre la rue de Lille et passer la Porte de Lille (Rijselpoort). Au rond point suivant, prendre la direction de Messines-Wijtschate. Après la ville de Messines, dans la descente vers Ploegsteert, le Mémorial est situé sur la droite de la route.

Galerie[modifier | modifier le code]

Jumelage[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters,‎ 1994, p. 106
  2. a, b et c ROSSEEL 198, cité par l'observatoire de la biodiversité de Wallonie
  3. NOIRET, C. et COPPEE, J.-L., 2004. Les hirondelles de rivage. Répartition, habitats et mesures de sauvegarde en Wallonie. Région wallonne, Direction Générale des Ressources Naturelles et de l'Environnement, Division de la Nature et des Forêts, Travaux n° 27, 136 pp.
  4. À propos de la trame verte et bleue de la Région Nord-Pas-de-Calais
  5. Voir notamment L'Archéologie en Hainaut occidental et ses confins., 1983. Catalogue de l'exposition organisée à Comines du 17 septembre au 16 octobre 1988. Amicale des Archéologues du Hainaut occidental, vol. 4.
  6. LEMAN, P. et BOURGEOIS, J., 1979. Les terres à brique à l'époque gallo-romaine : exploitation et commerce. L'exemple de Ploegsteert. MSHCW, 9 : 233-248.
  7. BOURGEOIS, J., 1978. Les puits en bois tressé du vicus gallo-romain de Ploegsteert. MSHCW, 8 : 231-293.
  8. LECLERCQ, A., 1978. Examen anatomique des échantillons de bois provenant d'un puits romain (fin IIe, 1re moitié IIIe s. après J-C.) à Ploegsteert (Comines, province du Hainaut, Belgique). MSHCW, 7 : 289
  9. BOURGEOIS, J., 1981. Le trésor de Ploegsteert et les monnaies romaines du canton de Comines. MSHCW, 11 : 27-34.
  10. Jules Herbillon, Les noms des communes de Wallonie, Bruxelles, Crédit communal, coll. « Histoire » (no 70),‎ 1986
  11. A. Vincent, Les noms de lieux de la Belgique, Bruxelles,‎ 1927

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]