Plique polonaise

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Plique polonaise au musée de la Faculté de médecine de l'Université Jagellonne à Cracovie en Pologne.

La plique polonaise, appelée aussi trichoma ou encore plica polonica (nom latin), est une maladie dans laquelle cheveux, barbe et poils sont enchevêtrés et collés ensemble, affection observée principalement autrefois en Pologne[1]. Les Allemands l'appelaient aussi queue de la Vistule[2].

« Dans toutes ces descriptions, on voit que la plique était caractérisée principalement par l'abondance, la longueur et l'enchevêtrement des cheveux, devenus gras, inextricables, rassemblés en nattes, en touffes, en chignons, peuplés de poux et de lentes, et exhalant une odeur infecte; quelquefois même on a noté la même altération des poils des aisselles et du pubis. On a décrit également chez les malades atteints de ces lésions pileuses un malaise général, des douleurs et de l'engourdissement dans les membres, un sentiment d'abattement et même quelquefois du délire et de Ia fièvre, phénomènes qui semblaient accuser l'influence de la maladie capillaire sur la santé générale[3]. »

Mentionnée très fréquemment jusqu'au XIXe siècle[4], elle semble de nos jours avoir disparu.

Maladie[modifier | modifier le code]

La plique polonaise résulte habituellement d'une déficience de soins capillaires. Les cheveux non coiffés deviennent enchevêtrés de façon irréversible, formant une masse malodorante, incrustée ou collante et humide. Elle peut être causée par ou accompagnée d'une infestation par les poux (pédiculose du cuir chevelu) et entraîner une inflammation du cuir chevelu. La plique polonaise est typiquement une masse (parfois importante) de cheveux, devenue dure et impénétrable, formée de fibres kératiniques cimentée de façon permanente avec du pus séché, du sang, des poux et des lentes et la saleté. La maladie peut être facilement évitée par la pratique d'une hygiène standard, telle que le lavage et le coiffage des cheveux. Le traitement consiste à couper les cheveux affectés.

Historique[modifier | modifier le code]

La plique polonaise était assez fréquente autrefois passés quand les soins des cheveux étaient négligés. Elle affectait principalement les paysans, mais n'était pas rare parmi les classes sociales supérieures. La personne la plus célèbre à avoir été affligée par cette maladie est le roi Christian IV de Danemark (1577-1648). Sa tresse avait la forme d'une queue de cochon pendant sur le côté gauche de sa tête et ornée d'un ruban rouge. Ses courtisans auraient adopté la coiffure pour flatter le roi.

En raison d'une superstition, la plique polonaise a été particulièrement répandue en Pologne, d'où son nom français, latin, anglais (elle est appelée polish plait) ou allemand (où elle est appelée Weichselzopf, ou « tresse de la Vistule »). Initialement, la tresse était considérée comme une amulette, censée être bonne pour la santé. C'est pourquoi les gens non seulement la laissait se développer, mais même encourageait son développement. Répandre de la graisse sur les cheveux et porter des casquettes en laine, même en été, étaient des pratiques courantes.

Au début du XVIIe siècle, on a commencé à croire que la plique était un symptôme externe d'une maladie interne. Une plique en voie de croissance était censée sortir la maladie hors du corps, et donc elle était rarement coupée; en outre, on croyait que si on la coupait, la plique pourrait se venger et causer une maladie encore plus grave, décourageant certains de l'attaquer. On croyait également que le fait de lancer un sort à quelqu'un pourrait provoquer chez lui l'apparition de plique polonaise.

Ces superstitions ont été tellement répandue et fortes que beaucoup de gens ont vécu leur vie entière avec une plique polonais. Une plique peut parfois devenir très longue - atteindre jusqu'à 80 cm. plique polonaise pourrait prendre diverses formes, d'une boule de cheveux à une longue queue. Les pliques ont même été classées d'une manière assez sophistiquée, il y avait des pliques "mâle" et "femelle", "interne" et "externe", "noble" et "quelconque", "saine" et "parasitaire".

Une femme de lettres britannique, Hester Thrale, amie de Samuel Johnson, livrant ses observations et réflexions faites au cours d'un voyage à travers la France, l'Italie et l'Allemagne, décrit une plique polonaise vue en 1786 dans la collection de l'électeur de Saxe à Dresde : « la taille et le poids de celle-ci était énorme, sa longueur de quatre mètres et demi, la personne qui a été tuée par sa croissance était une noble dame polonaise bien connue à la cour du roi Auguste »

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, certains intellectuels ont lutté contre la superstition et le manque d'hygiène de la paysannerie. Les pliques ont été coupées, souvent contre l'avis de leurs propriétaires. En Galicie occidentale, le professeur Józef Dietl a fait un effort particulier pour examiner et traiter les pliques polonaises. Il a recensé les personnes souffrant de la maladie, engendrant des rumeurs selon lesquelles les pliques seraient taxés. Ces rumeurs auraient contribué à l'éradication de la plique polonaise dans sa région. Une longue plique polonaise, de 1,5 mètre, est conservée au musée de la faculté de médecine de l'université Jagellonne à Cracovie. Le mot polonais pour la plique polonaise, Koltun, est maintenant utilisé au sens figuré en Pologne pour désigner une personne sans éducation avec un esprit vieux jeu.

Références[modifier | modifier le code]