Plestin-les-Grèves

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Plestin-les-Grèves
Mairie de Plestin-les-Grèves.
Mairie de Plestin-les-Grèves.
Blason de Plestin-les-Grèves
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Lannion
Canton Plestin-les-Grèves (chef-lieu)
Intercommunalité Lannion-Trégor Communauté
Maire
Mandat
André Lucas
2014-2020
Code postal 22310
Code commune 22194
Démographie
Gentilé Plestinais
Population
municipale
3 643 hab. (2011)
Densité 106 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 39′ 28″ N 3° 37′ 47″ O / 48.657777778, -3.629722222 ()48° 39′ 28″ Nord 3° 37′ 47″ Ouest / 48.657777778, -3.629722222 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 127 m
Superficie 34,52 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de la ville de Plestin-les-Grèves

Plestin-les-Grèves [plɛstɛ̃ lɛ gʁɛv] est une commune bretonne, située dans le département des Côtes-d'Armor. Elle porte le nom d'un saint gallois, Gestin (Plou-Iestin).

Ses habitants sont les Plestinais et les Plestinaises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le littoral plestinais est composé de falaises, de criques rocheuses, de plages de sable fin et la Lieue de Grève. C'est l'une des plus grandes baies des Côtes-d'Armor et de Bretagne. Elle s'étend de Saint-Efflam à Saint-Michel-en-Grève sur 4 km et la mer se retire sur 1,3 km.

Le grand rocher culmine à 84 m, le site protégé offre un panorama de 180° sur la lieue de grève et abrite une réserve de chauves-souris.

De nombreux oiseaux marins vivent dans l'arrière-pays tels que les tadornes de belon, casarcas, aigrettes garzettes, hérons cendrés, martins pêcheurs et d'autres espèces limicoles.

L'orchidée sauvage y est présente, et en particulier l'Ophrys abeille et l'Anacamptis Pyramidalis.

La commune englobe plusieurs villages hors du bord, dont Saint-Efflamm, sur la côte, et Saint-Sebastien, qui sépare Plestin de Tréduder.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'argent au chevron de sable accompagné de trois étoiles du même.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette commune est citée pour sa participation à la Révolte des Bonnets rouges survenue en 1675 en Bretagne. L'un de ses habitants fut "excepté" de l'amnistie royale de 1676[1].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de la résistance à Plestin-les-Grèves porte 35 noms[2].

La Résistance[modifier | modifier le code]

Un maquis FTP, nommé War Zao, s'est développé à Plestin-les-Grèves, plastiquant notamment deux cafés fréquentés par les troupes allemandes le 1er mai 1944 dans le bourg de Plestin-les-Grèves (en représailles, les allemands bombardèrent l'église de Plestin-les-Grèves)[3].

Jeanne Bohec, née en 1919 à Plestin-les-Grèves, est surnommé "la plastiqueuse en bicyclette".

Les exactions allemandes[modifier | modifier le code]

Le 30 avril 1944, les Allemands tuent Isidore Tanguy, qui transportait, après l'heure du couvre-feu, les victimes d'un accident d'automobile. Dans la nuit qui suit, les Allemands font sauter à l'aide de mines une partie de l'église paroissiale, car ils suspectaient que des résistants s'y étaient réfugiés[4].

Le débarquement anglo-américain de Saint-Efflam et Saint-Michel-en-Grève[modifier | modifier le code]

Le 11 août 1944, un débarquement anglo-américain[5] de péniches LST[6] se produit sur la plage de Saint-Efflam et Saint-Michel-en-Grève pour ravitailler en carburant l'armée du général Patton (la "Lieue de grève" avait été déminée les jours précédents par un détachement américain). Ils sont accueillis par les habitants du village et les résistants de Plestin. Ces débarquements de carburant se poursuivront jusqu'au 18 septembre 1944[7].

Une plaque commémorative située sur le blockhaus du Grand-Rocher à Saint-Efflam porte les noms de 7 résistants natifs de l'Île-Grande. Elle a été dérobée en mai 2013[8].

L'enseignement du breton pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage consacré aux écoles Diwan[9], Jean-Charles Perazzi, résume cette expérience :

« Pendant la dernière guerre mondiale, Yann Kerlann (Jean Delalande), ami et successeur de Yann Sohier à la tête d'Ar Falz, mensuel des instituteurs laïques partisans de l'enseignement du breton, a ouvert ainsi à Plestin-les-Grèves Skol Blistin. Mais son existence sera éphémère : un an. Et son initiateur, la guerre terminée, se verra condamné à "l'indignité nationale à vie". La République n'est pas toujours tendre pour les pionniers de l'Éducation nationale. »

En réalité, Kerlann a démissionné de l'enseignement public dans le Finistère avant d'ouvrir son école privée à Plestin et l'expérience n'a pas duré un an, mais s'est étalée sur deux années scolaires (1942-43 et 1943-44). Le gouvernement de Vichy, via le décret Carcopino, a pour la première fois autorisé l'enseignement du breton dans les écoles primaires (1 h 30 par semaine), mais Kerlann n'agit pas dans le cadre de ce décret, puisque son enseignement se fait uniquement en breton. Il organise une classe de neuf élèves dans le pavillon annexe de l'hôtel Beauséjour, route de Saint Efflam. On y trouve une majorité d'enfants de membres du Parti national breton (son fils, les deux fils de Théo Jeusset, les deux enfants d'André Geffroy de Locquirec, etc...). Françoise Morvan, page 253 de son ouvrage Le Monde comme si, cite un extrait du journal du PNB L'Heure bretonne paru le 8 novembre 1941, où Kerlann présente ce qu'il veut réaliser dans un article titré "Une Bretagne nouvelle qui ne sentira pas le moisi" :

« Vous avez à apprendre l'Histoire de vos Ancêtres, vous avez à apprendre le breton, oui, à le lire et à l'écrire correctement. Vous avez à retrouver l'Esprit de la Race en parlant, en lisant, en écrivant, en chantant en breton !... Alors se lèvera de nouveau une Bretagne bretonne où les Bretons seront honorés, auront retrouvé leur fierté, où l'on parlera breton, un breton correct, nettoyé de ses gallicismes, qui sera enseigné dans nos écoles... »

L'apprentissage de la lecture se fait selon la méthode globale, peu usitée à l'époque. Des sorties dans la campagne et au bord de la mer, à proximité de l'école, permettent aux enfants d'apprendre en breton les noms des plantes et des coquillages. Au cours de "leçons de choses" réalisées dans la nature, un tableau noir est souvent accroché aux branches des arbres ! Parfois, des cours sont organisés le soir pour observer la lune et les étoiles et pour apprendre aux enfants à vaincre la crainte de l'obscurité ou à retrouver leur chemin dans le noir.

Cette expérience est définitivement interrompue en 1944. Kerlann est en effet arrêté dans son école pour avoir été l'un des responsables du PNB dans le Finistère, avant son arrivée à Plestin.

Après la Libération, Yann Kerlann est condamné à « l’indignité nationale » pour faits de collaboration[10].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Plestin-les-Grèves est composé entre autres des quartiers de Saint-Roch, Saint-Jagut, Saint-Efflam, Saint-Sébastien, Saint-Haran, Toul an Héry et Porz Mellec.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1946 1971 François Ales  ? (?-?)
mars 1971 mars canton de Plestin-les-Grèves]]

(1973-1979)

     
mars 1977 mars 1983  ? Le Grand  ?  
mars 1983 juin 1995 Roger Rioual PCF Conseiller général du canton de Plestin-les-Grèves

(1985-1992)

juin 1995 en cours André Lucas PS Agriculteur, conseiller général du canton de Plestin-les-Grèves

(1998-2011)

Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 643 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 365 4 862 4 166 4 659 5 040 5 260 4 337 4 605 4 573
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 626 4 727 4 548 4 438 4 455 4 220 4 195 4 017 3 913
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 903 3 919 3 955 3 610 3 305 3 198 3 172 3 221 2 904
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
2 794 2 912 3 018 3 222 3 237 3 415 3 569 3 615 3 616
2011 - - - - - - - -
3 643 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Langue bretonne[modifier | modifier le code]

Le nom breton de la commune est Plistin.

Le breton trégorrois y était jusque dans les années 1950 la langue la plus utilisée.[réf. nécessaire]

L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le 8 mars 2006. La commune a reçu le label de niveau 1 de la charte Ya d'ar brezhoneg le 9 février 2007.

Àla rentrée 2013, 81 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue publique (soit 28,1% des enfants de la commune inscrits dans le primaire) [13].

Sports[modifier | modifier le code]

Le vieux port de Toul an Héry, sur l'estuaire du Douron, est devenu un port abri pour plaisanciers auquel s'ajoute le port de plaisance de Beg Douard sur la pointe de l'Armorique.

Les sports nautiques se pratiquent à Saint-Efflam. Il est possible de pratiquer char à voile, catamaran, planche à voile, dériveur et kayak de mer.

Lors des courses hippiques sur l'hippodrome marin, la plage de Saint-Efflam se métamorphose et environ 1 700 turfistes et vacanciers s'y retrouvent pour parier.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Efflam classée en 1908 au titre des Monuments historiques. Elle a été construite aux XVe et XVIe siècles ce qui est attesté par la date de 1576 sur le pignon du porche[14].

La chapelle Sainte-Barbe inscrite en 1934 au titre des Monuments historiques[15]

La chapelle de Saint-Jagut, reconstruite en 1496 et consacrée en 1498 a été classée au titre des Monuments historiques, sauf l'intérieur de la maison du chapelain qui est inscrite[16]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Les thermes gallo-romains du Hogolo qui datent de l'an 50 sont remarquablement conservés dans une dune littorale.

La fontaine Saint-Efflam, construite au XVIIIe siècle, couverte par un dôme de pierre a été inscrite en 1926 au titre des Monuments historiques[17]

Le château de Lesmaës[18] et le manoir de Kerviziou[19], tous deux datant du XVIe siècle et le manoir de Leslach du XVIIe siècle[20] ont été inscrits en 1927 au titre des Monuments historiques.

Événements[modifier | modifier le code]

De nombreux pardons et fêtes de quartiers, et la célèbre nuit de la saucisse.

Le festival de Courts-Métrages "Armoricourt".

Le "Circuit des Chapelles" initié en 2009, par l'Office Culturel Municipal, allie chemins de randonnée familiale autour des chapelles (au nombre de sept) et accueille expositions et concerts l'été.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cette information est issue du document Liste des exceptés de l’amnistie de 1676 en Bretagne, disponible sur Wikisource.
  2. http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultcommune.php?insee=22194&dpt=22&idsource=18383&table=bp03
  3. "Été 1944, Résistances et Libération en Trégor", Skol Vreizh no 56
  4. Éric Rondel, "Crimes nazis en Bretagne (Septembre 1941 - Août 1944), Astoure éditions, 2012, [ISBN 978-2-36428-032-8]
  5. "Saint-Michel-en-Grève : l'autre débarquement", voir http://almrd22.fr/Saint-Michel-en-Greve-l-autre
  6. Igor Geiler, "Les navires de débarquement", voir http://stephane.delogu.pagesperso-orange.fr/boat.html
  7. Supplément Ouest-France "La Libération des Côtes-du-Nord", 1994 et http://almrd22.fr/Le-debarquement-de-Saint-Efflam-11
  8. http://www.ouest-france.fr/plestin-les-greves-une-plaque-commemorative-de-la-resistance-derobee-1931265
  9. Jean-Charles Perazzi, Diwan, vingt ans d'enthousiasme, de doute et d'espoir
  10. Pierrick Le Guennec, "Diwan, une école qui vient de loin", consultable http://www.communautarisme.net/Diwan-une-ecole-qui-vient-de-loin_a274.html
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  13. http://www.opab-oplb.org/98-kelenn.htm
  14. « Notice no PA00089428 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. « Notice no PA00089426 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Notice no PA22000008 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. « Notice no PA00089429 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. « Notice no PA00089427 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « Notice no PA00089430 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. « Notice no PA00089431 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]