Plessage

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Haie plessée dans le Northamptonshire

Le plessage est une technique traditionnelle de taille des haies vives. Une haie plessée est constituée en fendant les troncs des arbustes qui la constituent à proximité du sol. Les arbustes ainsi fendus sont ensuite inclinés et tressés avec des piquets espacés de 40 cm ou bien avec certains arbustes laissés verticaux.

La haie plessée poursuit sa croissance naturelle et les arbustes fendus cicatrisent et se dédoublent. Le plessage peut se réaliser sur des haies sauvages comprenant des arbustes de plus de 10 cm de diamètre.

Le plessage exige une bonne maîtrise technique pour que l'entaille réalisée sur le tronc de l'arbuste ne provoque pas sa rupture. Un plesseur expérimenté peut traiter une vingtaine de mètres de haie par jour.

Origine des haies plessées[modifier | modifier le code]

César parle des haies plessées (ou du moins d'une technique s'en rapprochant) dans la guerre des Gaules, concernant la guerre contre les Nerviens :

"Ils étaient dans l'habitude de couper de jeunes arbres, de les courber, d'y placer transversalement de nombreuses branches, et d'entremêler le tout d'épines, afin qu'à l'instar d'un mur, ces haies leurs servissent de retranchements, à travers lesquels il n'était possible ni de pénétrer, ni même de rien voir."

Utilisation des haies plessées[modifier | modifier le code]

Le plessage permet d'obtenir des barrières infranchissables pour le bétail et les gros animaux. Il était donc adapté à la clôture des pâturages et cultures. On le rencontrait fréquemment dans la fermeture des potagers médiévaux qu'il protégeait de la divagation des bêtes.

Les haies plessées nécessitaient un entretien réduit car leur croissance était ralentie par l'inclinaison des troncs. Se régénérant naturellement, elles résistaient au vieillissement beaucoup mieux que les clôtures de bois mort.

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Plessis de bois sec, appelé aussi clayonnage, couvert de terre permet de construire des murs, tels que les celtes en faisaient
Clôture entièrement végétale évoquant le plessage, utilisant la souplesse de l'osier pour ligaturer les piquets.

Le plessage aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le plessage, très répandu depuis le Moyen Âge a presque totalement disparu de France. Quelques personnes le pratiquent encore dans le bocage bourbonnais (région de Marcillat-en-Combraille), dans le Perche et dans le bocage bressuirais. On peut également noter une récente popularisation du plessage avec Franck Viel et son équipe qui ont réalisé un jardin nommé "de branche en branche" au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire.

Le Parc naturel régional du Morvan et l'Écomusée du Morvan organisent depuis 2009 le « Mois de la Pléchie »[1] . Durant tout le mois de mars, des bénévoles animent des ateliers de plessage afin de transmettre leur savoir-faire.

Le plessage a été conservé ou ré-introduit dans certaines régions de Grande-Bretagne.

Témoin de la fréquence passée de cette technique en France, la toponymie en a conservé largement le terme (Le Plessis-Trévise, Le Plessis-Robinson, etc.).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme est issu du bas latin *plectiāre, tresser, entrelacer (class. plectere) qui a donné l'ancien français plaissier, d'où l'ancien français plaissié « enclos formé de branches entrelacées »[2], croisé avec un autre radical gaulois [?] *plit- qu'on peut rapprocher des termes gallois plythu, breton plezhañ (tresser).

En toponymie, Plessis désigne le plus souvent un château ou une maison seigneuriale.

L'anglais pleach est un emprunt au normand pléchier équivalent de l'ancien français plaissier, qui a par ailleurs donné l'anglais plash[3].

Les techniques régionales[modifier | modifier le code]

Les techniques flamandes[modifier | modifier le code]

Haie plessée selon la technique flamande du plaakhaag (Wormhout)

En Flandre française, pratiquement seule l'aubépine est plessée.

1- Le Plaakhaag

il n'est normalement pas nécessaire d'ajouter de piquets dans ce style. Un pied sur deux est incliné puis il est attaché aux pieds non inclinés avec des liens d'osier. les entailles sont réalisées à la base. La parure de la haie est constituée d'une simple branche de saule attachée sur le haut de la haie.

2- Le Kruishaag

Ce style doit être réalisé sur des haies jeunes. Tous les pieds sont entaillés mais ils seront inclinés alternativement vers la droite puis la gauche de manière à obtenir des losanges. Les plesses sont liées entre elles avec des liens d'osier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Pléchie s'offre une nouvelle vie,sur le blog Escale Découverte en Nièvre.
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, éditions Larousse 1968.
  3. T. F. Hoad, English Etymology, Oxford University Press.

sources[modifier | modifier le code]

  • The second booke of the English husbandman, Gervase Markham. London , 1614. Part II, ch. VI. Of Plashing of Hedges
  • A compleat body of husbandry. Thomas Hale. Vol. 1 Dublin, 1757. Of Plashing a Hedge
  • Essays relating to agriculture and rural affairs, James Anderson. Edinburgh & London, 1777. Of recovering old open Hedges by Plashing
  • Cyclopædia: or, an universal dictionary of arts and sciences, E. Chambers. London, 1778-1788. Vol. 3.
« PLASHING, a term used by our farmers to express an operation performed at certain times upon their quickset hedges, in order to assist their growth and continuance. »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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