Pleine lune

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Lune vue de la Terre.
Photo de la pleine lune du 7 décembre 1992 prise par la sonde Galileo sur le chemin vers Jupiter

La pleine lune est la phase lunaire durant laquelle la Lune apparaît la plus brillante depuis la Terre, de par le fait que nous voyons, lors de cette phase, presque toute la surface lunaire éclairée par le Soleil. La pleine lune est le contraire de la nouvelle lune, phase durant laquelle la Lune n'est pas visible depuis la Terre.

Observation de la pleine lune[modifier | modifier le code]

La durée entre deux pleines lunes est d'environ 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2,9 secondes. C'est la période synodique de la Lune. Cette durée est plus longue que le temps qu'il faut à la Lune pour faire un tour autour de la Terre, sa période orbitale (27 jours), car durant ce laps de temps la Terre s'est aussi déplacée autour du Soleil.

Elle est en phase pleine lorsqu'elle se trouve à l'opposé du Soleil par rapport à la Terre. On ne peut donc observer une pleine lune que la nuit, car étant face au Soleil le jour, la Lune se trouve « sous nos pieds ». Par conséquent, en période de pleine lune, la Lune se lève approximativement lorsque se couche le Soleil, et inversement, elle se couche quand le Soleil se lève.

Pour ces mêmes raisons, en plein été, lorsque le Soleil est haut dans le ciel, la pleine lune y étant diamétralement opposée, elle suivra une trajectoire basse dans le ciel la nuit, et inversement l'hiver.

Par ailleurs, la pleine lune étant opposée au Soleil, elle ne sera jamais proche d'une planète intérieure (Mercure et Vénus). En revanche, elle peut se rapprocher des planètes extérieures, voire les éclipser lorsqu'elle passe devant.

Exactitude astronomique[modifier | modifier le code]

Du fait que la pleine lune se trouve toujours un peu au-dessus ou au-dessous de l'écliptique (hormis phase d'éclipse lunaire, voir ci-dessous), il manque toujours un petit morceau en haut ou en bas qui n'est pas éclairé. Autrement dit, elle n'est jamais totalement pleine ; pour voir la Lune totalement pleine, il faudrait s'intercaler entre le Soleil et elle sans pour autant lui faire de l'ombre, ce qui est impossible ; ainsi, on peut énoncer le paradoxe que la Lune n’est vraiment pleine que lorsqu'elle s’éclipse !

Par ailleurs, du fait que la Lune avance en permanence sur son orbite, la phase de pleine lune exacte (à la restriction près ci-dessus) ne dure qu'un instant, et non toute la nuit.

Pleine lune et observations astronomiques[modifier | modifier le code]

Alors que la pleine lune fait le bonheur de tous ceux qui ont besoin de voir clair la nuit, elle est plutôt gênante pour les astronomes. En effet, son éclat rend difficile l'observation des autres astres.

De plus, elle n'est pas très intéressante à observer, car, étant éclairée de face, ses reliefs se distinguent très mal.

Un événement particulier lié à la pleine lune : l'éclipse lunaire[modifier | modifier le code]

Si, pendant la pleine lune, la Lune croise l'écliptique, (i.e. si elle se trouve dans l'axe de révolution de la Terre) (un tel point de croisement est appelé nœud), une éclipse lunaire se produira. La Lune prendra alors une couleur rougeâtre.

Une éclipse lunaire se voit de toute la partie de la Terre qui fait face à la Lune, et donne l'impression de voir défiler toutes les phases de la Lune en une soirée.

Dans les religions[modifier | modifier le code]

Dans l'hindouisme de nombreux festivals très célébrés se tiennent suivant le calendrier annuel de la pleine lune. La fête d'anniversaire d'Hanuman le dieu singe en est un exemple[1].

Folklore[modifier | modifier le code]

La pleine lune a inspiré de nombreuses légendes

  • Certaines opérations horticoles seraient plus profitables (boutures, greffes, etc.), ce qui n'est pas strictement impossible, la pleine lune délivrant une énergie lumineuse non négligeable (voir phase lunaire et botanique).
  • Ongles et cheveux pousseraient plus vite s'ils sont coupés durant la pleine lune
  • Augmentation de moyenne de la température terrestre de 0,2°C[réf. nécessaire].
  • Les vampires auraient la possibilité de se régénérer les nuits de pleine lune lorsqu'ils sont en manque de sang humain ou quand ils sont faibles.
  • Les loups-garous se transformeraient.

Effets sur l'être humain[modifier | modifier le code]

  • Le cycle menstruel semble pouvoir être influencé par le cycle lunaire, peut-être en lien avec le taux de mélatonine[2].
  • Le sommeil s'en trouverait altéré[3] : une étude[4] a observé une chute de 30 % de l'activité cérébrale relative au sommeil profond les soirs de pleine lune avec endormissement plus tardif et réveil plus précoce. L'absorption préalable de magnésium et de potassium pourrait améliorer la qualité du sommeil[5]. Des études précédentes présentent des résultats contradictoires (depuis celles qui établissent une corrélation avec des insomnies ou une durée de sommeil plus courte à celles qui montrent aucun effet), suggérant que celles qui présentent des résultats positifs souffrent d'un biais de publication qui entraîne un effet tiroir[6].
  • Les personnes atteintes de troubles psychologiques ou de maladie psychiatrique verraient une exacerbation de leurs symptômes. Si une étude a mis en évidence une légère augmentation du nombre de consultations pour angoisse ou dépression au moment de la pleine lune[8], c'est une croyance qui n'est pas scientifiquement confirmée. Par exemple, une revue de la littérature a porté sur 12 études ayant examiné les relations entre le cycle lunaire et les appels en urgence à des postes de police, aux centres antipoison et aux centres médicaux d'intervention d'urgence. Les auteurs n’ont pas pu trouver de corrélation entre la fréquence des appels et le cycle lunaire, pas plus que pour le caractère plus ou moins «  émotionnel » ou de type "perte de contrôle" [9].
    Les visites ou admissions aux services psychiatriques ne montrent aucune corrélation avec le cycle lunaire[10].
  • Il y aurait plus de risques de tomber malade durant la pleine lune. Ceci est faux [11]pour l'analyse rétrospective de séries chronologiques de 4.575 appels d'urgence à des centres crise, passés en 6 mois. Cette croyance est néanmoins ancrée : les opérateurs des centres d'urgence croyaient qu'il y avait plus d'appel lors de la pleine lune, alors qu'un panel d'opérateur ne travaillant pas dans des centres d'urgence ne le pensaient pas).
    On n'a pas non plus trouvé de relation entre la lune et des maladies ayant des causes organiques comme l’épilepsie : Une unité de soins a étudié sur 3 ans le lien éventuel entre le cycle lunaire et l’épilepsie, sans avoir trouvé aucune association significative chez les épileptique. En revanche, les auteurs ont trouvé une augmentation de la fréquence des convulsions à la pleine lune (dans le dernier quart) chez les non-épileptiques[12].
  • Certains délits seraient plus fréquents durant la pleine lune :
    • Ainsi, des psychologues américains de l'Edgecliff College ont analysé les infractions et crimes commis dans une grande région métropolitaine durant un an pour neuf catégories et pour 34 318 infractions enregistrées : Ils ont constaté une augmentation significative du nombre pour 8 des 9 catégories (viol, vol avec agression, cambriolage, vols et larcins, vol d'automobiles, infractions contre des familles et enfants, ivresse et troubles à l’ordre public, qui étaient significativement plus fréquents au cours de la phase de la pleine lune qu'à d'autres moments de l'année . Les auteurs concluent que la pleine lune a effectivement une influence sur le comportement humain[13].
    • Par contre, la croyance en une augmentation des blessures graves lors de la pleine lune n'est pas statistiquement fondée : l'étude citée ci-dessus n’a trouvé aucune différence pour la catégorie des homicides[13].
      Et une étude rétrospective sur les blessures graves de 1 444 victimes d’agressions brutales et/ou de blessures par balle ou par arme blanche traitées dans un service hospitalier de traumatologie durant une année civile n’a pas montré d’augmentation de gravité en phase de pleine lune. Dans un service d'urgences hospitalières qui a fait l'objet d'une étude de ce type, on n'a pas non plus montré d'augmentation du risque de mourir de ses blessures lors des nuits de pleine lune[14].
      Une autre croyance était qu'il y avait plus de réanimation cardiaque dans les services d'urgence les nuits de pleine lune[15]. Une étude ayant porté sur 2.370.233 cas d'admissions aux urgences (en 11 ans), dont 6827 ont nécessité une réanimation cardio-pulmonaire[15]. Elle n'a pas mis en évidence d'augmentation de risque durant la pleine lune (P = 0,97), Les auteurs ont cependant noté que en moyenne, il y avait 6,5% moins de réanimations cardio-pulmonaires durant les jours de nouvelle lune, par rapport aux autres jours[15].
  • Le Soleil ne semble pas en cause non plus : selon une analyse rétrospective (période 1978-1982) des archives de 3 postes de police dans plusieurs villes (en contexte dominant rural, urbain et industriel) au regard du jour du cycle lunaire, l'incidence des délits augmente nettement les jours de pleine lune, et est légèrement accrue (augmentation statistiquement non-significative) lors de la nouvelle lune, et le septième jour après la pleine lune et la nouvelle lune[16]. Alors que l'équinoxe et le solstice ne correspondent à aucune différence significative, suggérant que le Soleil n'a probablement pas d'influence sur le taux de criminalité[16].
  • Les blessures par grands carnivores nocturnes augmentent-elles les nuits de pleine lune ?
    Ces derniers sont plus actifs lors des lunes pleines, qu'il s'agisse du lion africain[17], d'oiseaux de mer prédateurs[18], de carnivores de la forêt tropicale dense comme l'ocelot[19] ou de chauve-souris[20].
    Les proies adaptent également leur comportement en se montrant plus discrète ou prudente lors des nuits de pleine lune. Par exemple le rat-kangourou (rongeur du désert) passe plus de temps sous-terre ces nuits là, en étant cependant plus actif au crépuscule[21].
    Une analyse approfondie des variations de comportement prédateur du lion selon le cycle lunaire confirment que les lions d'Afrique sont sensibles au clair de lune, pour les attaque d'humains, comme pour la chasse d'herbivores[22]. Mais une partie de cette différence peut être due à l'heure à laquelle la lune se lève : Dans la brousse, quand elle se lève peu après le soleil, sa luminosité permet que les gens soient plus actifs entre le crépuscule et 22h00. Il n'est donc pas surprenant que la plupart des attaques de lions se produisent dans les premières semaines qui suivent la pleine lune, quand la lune se lève peu après le coucher du soleil[22].
    Ceci pourrait expliquer pourquoi la pleine lune a fait l'objet de tant de mythes ou idées préconçues qui auraient persisté même là où les prédateurs ont depuis longtemps disparu[22].

Effet sur l'animal[modifier | modifier le code]

La lune influe le comportement et la physiologie de certains animaux, notamment via le cycle de la mélatonine[23]. Par exemple, les coraux se reproduisent la même nuit. Les prédateurs chassent plus activement....

Une étude rétrospective faite par des vétérinaires et universitaires du Colorado a analysé le nombre d'admission en urgence vétérinaire de chiens et chats selon le cycle lunaire (sur un total de 11,940 chiens et chats admis sur 11 ans, de 1992 à 2002) et en fonction du motif de visite aux urgence (morsure, arrêt cardiaque, convulsions, problème ophtalmologie, problème digestif grave, traumatismes, maladies multiples, néoplasie ou intoxication)[24]. Le nombre de visite augmente de facon statistiquement significative au moment de la pleine lune, pour les chiens comme pour les chats. Les auteurs n'expliquent pas cette augmentation et suggèrent de tenir compte de ce fait pour l'organisation du travail des grandes cliniques vétérinaires, tout en invitant à vérifier ces donnés par une étude encore plus large. Les prédateurs étant plus actifs les nuits de plein lune, il est plausible qu'ils risquent plus de blessures ou arrêt cardiaque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopedia of Hinduism par C.A. Jones et J.D. Ryan publié par Checkmark Books, pages 311 et 312, ISBN 0816073368
  2. Zimecki M (2006), The lunar cycle: effects on human and animal behavior and physiology. ; Postepy Hig Med Dosw (Online). ;60:1-7. (résumé)
  3. (en) Cajochen C, Altanay-Ekici S, Münch M, Frey S, Knoblauch V, Wirz-Justice A., « Evidence that the lunar cycle influences human sleep », Current Biology,‎ 25 juillet 2013 (lien PubMed?, lire en ligne)
  4. (en) Christian Cajochenemail, Songül Altanay-Ekici, Mirjam Münch, Sylvia Frey, Vera Knoblauch, Anna Wirz-Justice, « Evidence that the Lunar Cycle Influences Human Sleep », Current Biology, vol. 23, no 15,‎ 5 août 2013, p. 1485–1488 (lien DOI?)
  5. Murielle Samba (2013), Troubles du sommeil : et si la pleine lune en était la cause ?, publié 29 juillet 2013
  6. (en) Maren Cordi, Sandra Ackermann, Frederik W. Bes, Francina Hartmann, Boris N. Konrad, Lisa Genzel, Marcel Pawlowski, Axel Steiger, Hartmut Schulz, Björn Raschemail, Martin Dresleremail, « Lunar cycle effects on sleep and the file drawer problem », Current Biology, vol. 24, no 12,‎ 5 juin 2014, p. 549–550 (lien DOI?)
  7. Periti E, Biagiotti R. (1994) Lunar phases and incidence of spontaneous deliveries. Our experience Minerva Ginecol. Jul-Aug; 46(7-8):429-33 (résumé)
  8. Wilkinson G, Piccinelli M, Roberts S, Micciolo R, Fry J (1997) Lunar cycle and consultations for anxiety and depression in general practice; Int J Soc Psychiatry. Spring;43(1):29-34 (résumé)
  9. Byrnes G, Kelly “Crisis calls and lunar cycles: a twenty-year review” ; IW. Psychol Rep. 1992 Dec; 71(3 Pt 1):779-85 (résumé)
  10. Frequency of contact with community-based psychiatric services and the lunar cycle: a 10-year case-register study. Amaddeo F, Bisoffi G, Micciolo R, Piccinelli M, Tansella M. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol. 1997 Aug; 32(6):323-6.
  11. Wilson JE 2nd, Tobacyk JJ. (1990), Lunar phases and crisis center telephone calls ; J Soc Psychol. Feb;130(1):47-51 (résumé)
  12. Benbadis, S. R., Chang, S., Hunter, J., & Wang, W. (2004). The influence of the full moon on seizure frequency: myth or reality?. Epilepsy & Behavior, 5(4), 596-597 (résumé)
  13. a et b Tasso, J., & Miller, E. (1976). « The effects of the full moon on human behavior”. The Journal of Psychology, 93(1), 81-83
  14. R Nadeem, A Nadeem, E Madbouly, J Molnar, J Morrison (2012), Effect of a full moon on mortality of patients admitted to the ICU ; Crit Care. 2012; 16(Suppl 1): P499. online 2012-03-20. doi:10.1186/cc11106 (résumé)
  15. a, b et c Alves DW, Allegra JR, Cochrane DG, Cable G. (2003), Effect of lunar cycle on temporal association in cardiopulmonary arrest in seven emergency departments during eleven years. Eur J Emerg Med. ;10:225–228. doi: 10.1097/00063110-200309000-00013. résumé avec PubMed
  16. a et b Thakur, C. P., & Sharma, D. (1984). “Full moon and crime”. British medical journal (Clinical research ed.), 289(6460), 1789
  17. Van Orsdol KG. Foraging behaviour and hunting success of lions in Queen Elizabeth National Park, Uganda. Afr J Ecol. 1984;22:79–99.
  18. Mougeot F, Bretagnolle V. Predation risk and moonlight avoidance in nocturnal seabirds. J Avian Biol. 2000;31:376–386. 9. Funston PJ, Mills MGL, Biggs HC. Factors affecting the hunting success of male and female lions in the Kruger National Park. J Zool. 2001;253:419–431. 10.
  19. Di Bitetti MS, Paviolo A, De Angelo C. Density, habitat use and activity patterns of ocelots (Leopardus pardalis) in the Atlantic Forest of Misiones, Argentinav. J Zool. 2006;270:153–163. 11.
  20. Lang AB, Kalko EKV, Römer H, Bockholdt C, Dechmann DKN. Activity levels of bats and katydids in relation to the lunar cycle. Oecologia. 2006;146:659–666
  21. Daly M, Behrends PR, Wilson MI, Jacobsi LF. (1992) Behavioural modulation of predation risk : moonlight avoidance and crepuscular compensation in a nocturnal desert rodent, Dipodomys merriami]. Anim Behav. ;44:1–9. 8.
  22. a, b et c Craig Packer, Alexandra Swanson, Dennis Ikanda, Hadas Kushnir (2011), Fear of Darkness, the Full Moon and the Nocturnal Ecology of African LionsPLoS One. 2011; 6(7): e22285. Published online 2011 July 20. doi: 10.1371/journal.pone.0022285 ([résumé])
  23. Oliveira C, Duncan NJ, Pousão-Ferreira P, Mañanós E, Sánchez-Vázquez FJ (2010). Influence of the lunar cycle on plasma melatonin, vitellogenin and sex steroids rhythms in Senegal sole, Solea senegalensis ; Aquaculture ;306:343–7.
  24. Wells RJ, Gionfriddo JR, Hackett TB, Radecki SV. (2007), Canine and feline emergency room visits and the lunar cycle: 11,940 cases (1992-2002) J Am Vet Med Assoc. 2007 Jul 15; 231(2):251-3 (résumé)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

doi: 10.4103/2230-8210.93730