Plateau de Gergovie

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45° 43′ 13″ N 3° 07′ 05″ E / 45.72028, 3.11806

Le monument commémoratif en pierre de Volvic de Jean Teillard dédié à Vercingétorix sur le plateau de Gergovie.

Le plateau de Gergovie (précédemment « plaine de Merdogne ») est situé à quelques kilomètres au sud de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme en Auvergne. C'est le lieu de la bataille de Gergovie, qui a opposé Vercingétorix aux légions romaines de Jules César en 52 av. J.-C.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le plateau de Gergovie est situé à 744 mètres d'altitude à 10 km au sud de Clermont-Ferrand. Le plateau offre un excellent panorama sur la chaîne des Puys, Clermont-Ferrand, la plaine de Sarliève avec le Zénith d'Auvergne et le puy de Sancy (massif volcanique des monts Dore), point culminant de l'Auvergne avec 1886 mètres.

Géomorphologie[modifier | modifier le code]

Le plateau de Gergovie (ou plateau de Merdogne) est issu du volcanisme de la Limagne actif entre 20 et 12 millions d'années (Miocène), contemporain de celui du massif du Forez mais plus ancien que celui des monts Dore (plio-quaternaire) de la chaîne des Puys (quaternaire).

La phase volcanique de la Limagne qui concerne l'essentiel du paysage actuel du plateau est appelée par les géologues « Génération Limagne »[1]. À Gergovie, deux coulées de basanites se superposent, datées respectivement de 16 et 19 millions d'années et reposant sur des marnes, calcaires et argiles remplissant un ancien cratère (maar). Les basaltes de Gergovie ne viennent pas du volcan le plus proche — le puy Giroux. Un premier maar s'est mis en place à travers les sédiments de la Limagne, il en reste des dykes et des sills visibles sur la bordure occidentale du plateau à la hauteur du puy Mardou. Le cratère a été comblé et un second maar s'est mis en place, comblé à son tour.

Ce plateau correspond à une inversion de relief due à la mise en élévation d'une coulée de lave basaltique initialement épanchée dans une vallée. Il s'agit d'érosion différentielle : les matériaux les moins résistants ont été dégagés par l'érosion. La mise en relief de cette portion du plateau tient à la protection de l'érosion ultérieure par une carapace basaltique. Les talwegs qui étaient des points bas du paysage se retrouvent être les points hauts de la région. Les coulées initiales sont morcelées par l'érosion et constituent des paysages de buttes à sommet plat – mesa – qui existent dans différents types de contextes climatiques. Il existe en Limagne, plusieurs tables basaltiques en lanières dégagées à la suite d'un déblaiement plio-quaternaire, le plateau de Lachaud-Chanturgue, les côtes de Clermont, de Châteaugay, la montagne de la Serre sont d'autres exemples de reliefs inversés.

Histoire et archéologie[modifier | modifier le code]

Le plateau de Gergovie (ou « plaine » selon la terminologie locale) fut partagé en trois lots (ou « triages ») à la fin de l'Ancien Régime : jusque là, il s'agissait d'un communal servant de pacage au seigneur et aux habitants de Merdogne[2].

Après lotissement et défrichement à la fin du 1er quart du XIXe siècle, un parcellaire agricole de murailles et de pierriers se constitua à la surface du plateau[3],[4].

Le plateau de Merdogne est le site le plus communément identifié à celui de l'oppidum de Gergovia. À l'appui de cette hypothèse d'une part la toponymie – un lieu habité du nom de Gergoia est mentionné sur la pente orientale du plateau dès le Xe siècle –, d'autre part l'archéologie – le plateau est le site d'un vaste oppidum de 70 ha, densément peuplé au Ier siècle av. J.-C. comme l'attestent les fouilles majeures entreprises dans les années 1860 puis entre 1930 et 1950.

Trois campagnes successives de fouilles conduites en 1995-1996 et d'autres découvertes ont permis de valider la localisation et la topographie de l'ensemble de fossés mis au jour sous le Second Empire, de confirmer la présence d'un camp militaire romain et d'identifier les lieux comme ceux où s'affrontèrent César et Vercingétorix au printemps de l'an 52 av. notre ère. [5]

Aménagements[modifier | modifier le code]

Un monument commémoratif (en pierre de Volvic), dû à Jean Teillard, architecte de la ville de Clermont-Ferrand, fut édifié par souscription publique sur le site présumé de l'oppidum en 1903 en bordure de plateau. En 1942, on apporta « dans son socle des particules de terre en provenance de toutes les Provinces et de l'Empire Français » (indication portée au dos d'une carte postale de la fin des années 1950, éditée par la maison LAPIE)[6].

Une stèle commémorative de la visite de Napoléon III le 9 juillet 1862, fut élevée le 27 juillet 1862 en bordure du plateau et non loin du monument. Arrachée et mutilée à coups de pioche après la chute de l'Empire, elle fut remise en place le 2 mai 1934[7].

Le plateau de Gergovie dispose d'un restaurant, « La Hutte Gauloise », et d'un lieu d'exposition permanent, « la Maison de Gergovie ».

Fouilles archéologiques sur le plateau de Gergovie : mur de l'oppidum.

Manifestations[modifier | modifier le code]

Cervolix[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cervolix.

Créée en 1995, Cervolix est une manifestation qui rassemble chaque année des cervolistes et des pilotes d'avions télécommandés. Elle s'ouvre à d'autres disciplines telles que la voltige aérienne, les montgolfières et les paramoteurs.

Les Arverniales[modifier | modifier le code]

« Les Arverniales » est une « archéofête » gauloise de l'oppidum de Gergovie, se déroulant tous les ans sur le plateau. Elle consiste en deux jours de reconstitutions, expérimentations archéologiques, spectacles d'histoire vivante sur le site de la célèbre bataille.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pascal Richet, Guide des volcans de France. Ed. du BRGM et Belin, 2003, 427 p.
  • Pierre Nehlig, Pierre Boivin, Alain de Goër, Jean Mergoil, Gaëlle Prouteau, Gérard Sustrac et Denis Thiéblemont, Les volcans du Massif central. Ed. BRGM, 2003, 41 p.
  • Y. Deberge, V. Guichard, avec la collaboration de M. Feugère, D. Leguet et D. Tourlonias, « Nouvelles recherches sur les travaux césariens devant Gergovie (1995-1999) », Revue Archéologique du Centre de la France, 39, 2000, p. 83-111.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. Chantepie, Le Volcanisme basaltique miocène et pliocène dispersé de la région de Clermont-Ferrand et sur le plateau des Dômes. Étude pétrologique et géochronologique. Implications volcanologiques et morpho-tectoniques, Mémoire de DEA, Univ. Clermont-Ferrand II, 1990, 38 p.
  2. Pierre-François Fournier, « Les Ouvrages de pierre sèche des cultivateurs d'Auvergne et la prétendue découverte d'une ville aux Côtes-de-Clermont [Puy-de-Dôme] », L'Auvergne littéraire et artistique, no 68, 10e année, 1933, 3e cahier, p. 5-34 et fig. I à XXXIX.
  3. Pierre-François Fournier, op. cit..
  4. Christian Lassure, Vers la fin du mythe des murs et cabanes en pierre sèche gaulois du plateau des Côtes de Clermont dans le Puy-de-Dôme ?, 2 octobre 2006.
  5. Y. Deberge, V. Guichard, avec la collaboration de M. Feugère, D. Leguet et D. Tourlonias, Nouvelles recherches sur les travaux césariens devant Gergovie (1995-1999), in Revue Archéologique du Centre de la France, 39, 2000, p. 83-111.
  6. Christian Lassure, Les pierriers du plateau de Gergovie (Puy-de-Dôme), 20 mai 2010.
  7. Indications recueillies au verso d'une carte postale de 1936, coll. « La Hutte » – Cliché J.-H. Jury, Riom).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]