Place des Quinconces

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Place des Quinconces
Image illustrative de l'article Place des Quinconces
Place des Quinconces à Bordeaux
Situation
Coordonnées 44° 50′ 44″ N 0° 34′ 25″ O / 44.84556, -0.57361 ()44° 50′ 44″ Nord 0° 34′ 25″ Ouest / 44.84556, -0.57361 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Ville Bordeaux
Morphologie
Type Place
Forme Rectangulaire
Superficie 120 000 m2
Histoire
Création 1810-1828
Monuments Monument aux Girondins
Statues de Montaigne et de Montesquieu
Colonnes rostrales

Géolocalisation sur la carte : Bordeaux

(Voir situation sur carte : Bordeaux)
Place des Quinconces

La place des Quinconces est la principale place du centre-ville de Bordeaux en France.

Créée au début du XIXe siècle sur l'emplacement du château Trompette, elle est plantée pour moitié d'arbres, dont la disposition en quinconces lui donne son nom. Elle est composée d'une esplanade descendant en pente douce vers la Garonne encadrée au nord et au sud de plantations d'arbres. L'imposant monument aux Girondins et deux colonnes rostrales en décorent les deux extrémités. Sa superficie (12 hectares), qui en fait la plus grande place de France et d'Europe[1], lui permet d'accueillir des manifestations telles que des concerts et des foires, notamment la foire aux plaisirs (une fête foraine) et la foire d'Automne (brocante).

Depuis la mise en place du réseau de tramway, la place est devenue la plus importante station de correspondance du réseau de transports en commun de Bordeaux.

Historique[modifier | modifier le code]

La place des Quinconces est aménagée de 1810 à 1828 sur l'emplacement du château Trompette (du nom du ruisseau Tropeyte, qui traversait le quartier détruit pour la construction de la citadelle). Cette fortification avait été construite sous Charles VII initialement pour contenir une ville frondeuse. Cette forteresse améliorée par Vauban durant le règne de Louis XIV, perd son rôle au cours du XVIIIe siècle. Sa destruction est entamée après sa cession à la ville en 1816 sous le règne du roi Louis XVIII.

À partir de 1817, des bâtiments aux façades uniformes formant un hémicycle (demi-cercle) sont construits sur la bordure ouest de la future place. Le projet, qui datait d'avant la Révolution, est réalisé sur les plans de l'architecte Jean-Baptiste Dufart (eux-mêmes inspirés par les architectes Victor Louis et Guy-Louis Combes, et s'accordant avec les plans du marquis de Tourny pour les environs de la place Tourny). De part et d'autre de cet hémicycle on trouve six groupes de bâtiments de style classique, tous à trois niveaux d'habitation et surmontant une base en arcades.

Colonne du monument aux Girondins et installations de la foire aux plaisirs
Une rame de tramway de la ligne B quitte la station de correspondance située sur la place

L'aménagement de la place elle-même est réalisé, après la démolition du château, en dix ans entre 1818 et 1828. Le plan de la place est figé en 1816 : une esplanade rectangulaire encadrée par des plantations d'arbres court de l'hémicycle jusqu'à la Garonne. Les arbres sont plantés (en quinconces, d'où le nom de la place) en 1818. En 1829, deux grandes colonnes rostrales, de style néo-classique et célébrant le Commerce et la Navigation, sont édifiées au bout de l'esplanade côté Garonne.

La place baptisée initialement place Louis XVI puis renommée place Louis-Philippe prend son nom actuel après la Révolution de 1848.

Après avoir envisagé plusieurs autres projets au fil des décennies, on décide en 1883 de construire au centre de l'hémicycle un monument à la mémoire des Girondins et célébrant la République. La colonne haute de 43 mètres et les bassins qui sont situés à son pied ne sont achevés qu'en 1902.

Pendant la seconde Guerre mondiale, la place abrite les installations allemandes de la chefferie du port (hafenKommandantur). La position est codée dans le dispositif allemand Bo32 et les derniers témoignages restent les portes blindées donnant sur les allées de Bristol. Un blockhaus type 608 codé 32/3 subsiste à la limite du carrefour avec le quai Louis XVIII[2]. Les chevaux marins et les autres groupes de bronze qui ornent les bassins du monument aux Girondins sont enlevés du 11 au 15 août 1943 par l'occupant allemand à la recherche de métaux. Retrouvés à Angers en 1945, ils ne seront remis en place qu'en 1986. Un chèque de 1,5 million de Francs est remis à la mairie en compensation de son effort de guerre dans la collecte des métaux.

Depuis 1854, une fête foraine, la foire aux plaisirs, y a lieu deux fois par an, à six mois d'intervalle, à l'automne et au printemps (les trois dernières semaines d'octobre et les trois premières semaines de mars).

En 1989, une plaque commémorative est apposée pour rendre hommage aux députés girondins suivants : François Bergoeing, Henri Boyer-Fonfrède, Jean-François Ducos, Armand Gensonné, Marguerite-Elie Guadet, Jacques Lacaze, Jean-Antoine Lafargue de Grangeneuve, Pierre Victurnien Vergniaud.

Avec la mise en place du réseau de tramway en 2003, la place des Quinconces devient le point de correspondance le plus important des transports en commun de l'agglomération : elle est desservie par deux lignes de tram, 8 lignes de bus (dont 3 circulant la soirée), 12 lignes de cars qui parcourent le département de la Gironde.

Description[modifier | modifier le code]

La place est composée d'une esplanade descendant en pente douce vers la Garonne et encadrée de promenades plantées. On y trouve les statues monumentales de Montaigne et de Montesquieu du sculpteur Dominique Fortuné Maggesi en marbre blanc qui y ont été placées en 1858.

Le monument aux Girondins[modifier | modifier le code]

Détail de la fontaine située au pied de la colonne des Girondins

Le monument principal de la place est le monument aux Girondins élevé entre 1894 et 1902 à la mémoire des députés Girondins victimes de la Terreur et célébrant la République.

Il se compose d'un large socle encadré de deux bassins, ornés de chevaux et de groupes en bronze, et surmonté d'une colonne de 43 mètres de haut où culmine (à 54 mètres de hauteur) la statue de la liberté brisant ses fers en bronze vert.

Parmi les sculptures :

  • vers le Grand Théâtre : le triomphe de la République
  • vers les Chartrons : le triomphe de la Concorde.
  • vers le fleuve : on trouve la Tribune avec le coq gaulois, à sa droite : l'Histoire et à sa gauche : l'Éloquence (2 personnes assises).
  • vers la place Tourny : monument élevé à la mémoire des Girondins[3], avec la ville de Bordeaux assise sur la proue d'un navire avec une corne d'abondance. À droite du socle, une allégorie fluviale : la Dordogne et à gauche la Garonne. Au pied du char avec chevaux : Ignorance, Mensonge et Vice. Le quadrige des chevaux marins est une représentation du Bonheur. La colonne est réalisée par Alphonse Dumilatre et Victor Rich. Le piédestal est de Corgolin. En 1983, on a replacé les chevaux enlevés durant l'Occupation et les bronzes ont été restaurés.

Les colonnes rostrales[modifier | modifier le code]

Les colonnes rostrales

Les deux colonnes rostrales (21 mètres de haut) situées face à la Garonne, ont été construites par Pierre-Alexandre Poitevin en 1829.

Chaque colonne est ornée au tiers inférieur de quatre proues de galères prolongées de rostres formés de deux faisceaux de trois glaives, œuvre de l’ornemantiste d’origine italienne N. Bonino. Les rostres rappellent la victoire des flottes romaines sur celles de Carthage et, depuis l’Antiquité, signifient la maîtrise triomphale des mers. Au-dessus, en simple relief, deux statues de Monceau se répétant à la verticale des proues : l'une symbolise le Commerce et l'autre la Navigation. Le chapiteau supporte un édicule circulaire couvert d’une coupole. Le décor, finement sculpté par Bonino sur le fût, copie les proues et les ancres figurant sur le modèle de référence du musée du Capitole, mais Poitevin y a ajouté le caducée de Mercure et l’étoile qui guide le marin, attributs du Commerce et de la Navigation.

Accès[modifier | modifier le code]

Tramway : Lignes B ; C et D (dès 2017) : Station "Quinconces"

Bus :  1+   2   3+  26  29  47  83  : Station "Quinconces"

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Place des Quinconces sur le site de la ville de Bordeaux
  2. Le lieu a été occupé dans les années 1980 par des personnes sans domicile fixe.
  3. « monument historique »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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