Place d'Armes (Metz)

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Place d’Armes
Image illustrative de l'article Place d'Armes (Metz)
L’hôtel de Ville sur la place d’Armes, vue de nuit
Situation
Coordonnées 49° 07′ 11″ N 6° 10′ 33″ E / 49.119722, 6.17583349° 07′ 11″ Nord 6° 10′ 33″ Est / 49.119722, 6.175833  
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Ville Metz
Morphologie
Type place
Forme rectangulaire
Histoire
Création 1754–1788
Monuments hôtel de Ville
hôtel du Corps de garde
hôtel du Parlement
statue du maréchal Fabert
trophées
cathédrale Saint-Étienne

Géolocalisation sur la carte : Metz

(Voir situation sur carte : Metz)
Place d’Armes

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Place d’Armes

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Place d’Armes

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(Voir situation sur carte : France)
Place d’Armes

La place d’Armes est une place pavée rectangulaire à Metz, située entre la cathédrale Saint-Étienne et l’hôtel de Ville. Elle constitue la pièce majeure d’un aménagement urbain caractéristique du XVIIIe siècle souhaité par le maréchal Belle-Isle et son successeur le maréchal d’Estrées, conçu par Jacques François Blondel[1]. La place est aujourd’hui le théâtre d’événements festifs et de rassemblements de population symboliques au cœur-même de la ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

La cathédrale gothique, église des évêques, a représenté historiquement le centre spirituel et religieux de la ville qui fut longtemps gouvernée par ses évêques, jusqu’à ce que la bourgeoisie ne la supplante en 1179, en instaurant une république oligarchique. À partir de 1552 par le traité de Chambord, le roi de France impose sa suprématie sur la cité par l’intermédiaire d’un gouverneur militaire qu’il installe sur place.

Au Moyen Âge, un cloître et de nombreuses églises s’élevaient à l’emplacement actuel de la place d’Armes : Saint-Gorgon et son cimetière, Saint-Pierre-le-Vieux, Saint-Paul, la chapelle des Lorrains et Saint-Pierre-aux-Images. Devant la façade de la cathédrale se dressaient le Palais de l’Évêché, séparés par une cour. Il n’existait donc qu’une petite place devant le portail de la Vierge.

L’aménagement de la place d’Armes est commencée en 1754 par ordre du gouverneur Belle-Isle. Louis XV avait demandé la création d’une place autour de laquelle seraient rassemblés tous les pouvoirs. La place dite de la Grande Église est agrandie en détruisant les églises et le cloître situés sur le flanc gauche de la cathédrale[2]. Le palais des Treize face à la cathédrale est détruit vers 1765. Le nouvel hôtel de Ville est terminé en 1788.

En 1792 lors de la Révolution, la place est dénommée place de la Loi. Elle devient la place Napoléon en 1806, dénomination qu’elle a dû plusieurs fois quitter ou reprendre, à la suite d’évènements politiques. Elle est désignée le plus souvent par le peuple comme place de l’Hôtel-de-Ville ; nom confirmé par un arrêté municipal du 1er juillet 1816[3].

La place prend le nom de Paradeplatz pendant l’Annexion[4]. Durant la seconde annexion allemande, des défilés militaires, ou para-militaires des jeunesses hitlériennes, sont régulièrement organisés sur la Paradeplatz. Le 21 septembre 1940 notamment, le Gauleiter Bürckel y passe en revue ses troupes, sous les fenêtres de l'hôtel de Ville de Metz, pavoisé de drapeaux à croix gammée[5]. La Libération verra des cérémonies plus heureuses, comme celle qui fit citoyen d’honneur de la ville, le général Walker[6].

Architecture[modifier | modifier le code]

La place est ainsi investie d’un rôle représentatif de la ville et de l’exercice des pouvoirs. Sur l’un de ses grands côtés, à l’est, l’hôtel de Ville dévolu aux autorités municipales est le plus long bâtiment créé par le plan de Blondel. Il fait pendant à la façade de la cathédrale gothique laquelle avait originellement été flanquée d’une galerie basse à arcades, occupée par des officines, assurant l’unité esthétique de la place. Au sud, derrière la façade régulière était prévue l’installation du parlement, émanation de la justice du roi. Ce sont finalement des habitations et des commerces sous la galerie, qui y prirent place, du fait de la suppression du parlement par la Révolution[7]. Un sort similaire toucha le palais de l’évêché resté inachevé sur la place attenante[8] intégrée à l’ensemble architectural, qui allait être converti en marché couvert. Sur le petit côté opposé, l’hôtel du District au fronton orné de trophées était l’ancien corps de garde destiné à abriter les soldats, il abrite l’actuel office de tourisme.

L’architecture classique, sobre et puissante de cette place, exprime la force de la ville militaire au XVIIIe siècle. Les deux trophées — ils ont été rapprochés par rapport à leur position originale — qui ornent la place renforcent cette symbolique martiale[7]. Elle fait l’objet de restauration en 1974 qui consista en un simple nettoyage. En 2007, sous la direction de l’architecte en chef des monuments historiques Christophe Bottineau, les façades de l’hôtel de Ville et de l’office de tourisme ont été entièrement nettoyées tandis qu’un nouveau dispositif d’éclairage a été déployé, de même pour la statue en bronze du maréchal de France Abraham Fabert[9] dont le socle est gravé de cette formule :

Si pour empêcher qu’une place
Que le Roi m’a confiée
Ne tombât au pouvoir de l’ennemi,
Il fallait mettre à la brêche
Ma personne, ma famille et mon bien,
Je ne balancerais pas un moment à le faire[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Maguin, « Sur l’ancienne disposition des bâtiments qui occupaient la place Napoléon à Metz », dans le Bulletin de la Société d’archéologie et d’histoire de la Moselle, 1860, p. 34.
  • Michel Thiria, « La place d’Armes », L’Austrasie, 1905.
  • J.J. Barbé, « Les trophées de la place d’Armes à Metz », dans Les Cahiers lorrains, 1926, pp. 92-93.
  • Jeanne Lejeaux, La place d’Armes de Metz, Istra, Strasbourg, 1927, 119 p.
  • Jeanne Lejeaux, « Deux épisodes de l’histoire de la place d’Armes de Metz », dans les Mémoires de l’académie de Metz, 1927, pp. 485-511.
  • « Installation de la Caisse d’Épargne de Metz dans le corps de garde de la Place d’Armes », Le Lorrain, Metz, 1933, 40 p.
  • Charet (général), « Allocution prononcée à l’inauguration des plaques commémoratives de Vauban et Cormontaigne sur la place d’armes de Metz, (1er juillet 1933) », dans les Mémoires de l’académie de Metz, 1939, pp. 7-11.
  • Aurélien Davrius, La place d’Armes de Metz : Un chef-d’œuvre de l’architecte de Louis XV Jacques-François Blondel, Paris, Baudry, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Places et Monuments, Institut Français d’Architecture, p. 124-126, coll. Mardaga, Liège, (1984).
  2. Gallica — Plan des alentours de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, 64 x 97,5 cm.
  3. Gallica — François-Michel Chabert, Dictionnaire topographique, historique et étymologique des rues, places, ponts, et quais de la ville de Metz, 3e éd., Metz, 1878, 83 p.
  4. Navigateur GéoMetz
  5. La Paradeplatz et le Rathaus, Le Républicain Lorrain, article publié le 27 aout 2013.
  6. François-Yves Le Moigne : ‘’Histoire de Metz’’, cliché Paul de Busson, p.397.
  7. a et b Place d’Armes, site web de la mairie de Metz.
  8. La place de la Cathédrale actuellement dénommée place Jean-Paul-II, est l’une des trois places qui composent le plan d’aménagement de Blondel.
  9. « Place d’Armes, tout une histoire », Vivre à Metz, no 329, décembre 2007.
  10. Gallica — François-Michel Chabert, op. cit., p. 5.

Article connexe[modifier | modifier le code]