Plaçage

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Femmes créoles de la bourgeoisie louisianaise, peinture d'Édouard Marquis.
La prêtresse vaudou Marie Laveau.
Le sénateur Bernard de Marigny.

Le plaçage est un système extra-légal reconnu par la société louisianaise à l'époque de la Louisiane française et jusqu'à la vente de la Louisiane aux États-Unis en 1803. Le plaçage consistait à "placer" une femme (maîtresse ou amante) noire ou mulâtre dans une des résidences d'un maître blanc.

Le plaçage exista également dans la colonie de Saint-Domingue jusqu'à la révolution haïtienne de 1804 et le départ des colons français et d'un grand nombre de leurs esclaves d'Haïti pour la Louisiane.

Historique[modifier | modifier le code]

Le système de plaçage est né d'une pénurie de femmes blanches dans les colonies françaises d'Amérique (Louisiane française et Saint-Domingue). La France avait besoin de femmes pour les hommes qu'elle avait envoyés dans ses possessions territoriales d'outre-mer.

Le royaume de France envoya en Louisiane française, des filles à marier; on les appelait les "Filles de la cassette" parce que les autorités françaises leur donnaient un trousseau qui comprenait « deux paires d’habits, deux jupes et jupons, six corsets, six chemises, six garnitures de teste et toutes autres fournitures nécessaires ». La Cassette était le nom donné au trésor royal. Ces filles de la cassette s’apparentaient aux "Filles du Roy" venues en Nouvelle-France au XVIIe siècle.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le plaçage était un système qui permettait aux personnalités bourgeoises de Louisiane d'avoir des unions avec des femmes essentiellement d'origine africaine, créole, quarteron, mulâtre et même parfois amérindienne. Ces femmes devenues concubines, n'étaient pas reconnues légalement comme épouses, mais étaient considérées comme personnes "placées" chez un maître blanc. En effet le Code noir interdisait tout mariage entre les hommes blancs et les femmes noires ou métis. D'autant plus que certains de ces maîtres étaient légalement mariés à des dames de la haute société bourgeoise franco-louisianaise. Toutefois ces relations étaient reconnues parmi les gens de couleur libres et affranchis comme mariage morganatique entre deux personnes de conditions différentes.

Avec le temps, les enfants métissés nés de ces unions furent le plus souvent émancipés et leur mère affranchie par la même occasion. Cette génération put également prendre le patronyme paternel. Les historiens évaluent à plus de 1500 femmes de couleur vivant sous le régime du plaçage[1].

À la mort de son protecteur et amant, la femme "placée" et les enfants nés de leur union, pouvaient prétendre jusqu'à un tiers des biens de l'homme blanc. Certains maîtres mirent leurs enfants métis héritiers primaires par rapport aux autres descendants blancs ou de leur conjoint officiel. Un certain nombre de femmes placées purent ainsi ouvrir un commerce et leurs enfants devinrent parfois des hommes d'affaires, entrepreneurs et même homme politique. Il se constitua ainsi une bourgeoisie créole au cours du XIXe siècle.

Géographique[modifier | modifier le code]

Le plaçage de la gent féminine noire ou métis se situait généralement en dehors du quartier historique du Vieux carré de La Nouvelle-Orléans. Le quartier de Tremé et le faubourg Marigny étaient essentiellement des quartiers de "plaçage", des lieux où étaient logées les maîtresses de couleur d'hommes blancs[2]. Un certain nombre de maîtres ayant déjà une épouse officielle et préférant reléguer leur maîtresse dans des quartiers périphériques pour sauvegarder les apparences dans la bonne société louisianaise.

Personnalités célèbres du plaçage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les french-créoles
  2. Jean Pérol, 1992, La Nouvelle-Orléans, p. 91