Piton des Neiges

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Piton des Neiges
Vue du piton des Neiges.
Vue du piton des Neiges.
Géographie
Altitude 3 070,5 m
Massif Massif du Piton des Neiges
Coordonnées 21° 05′ 56″ S 55° 28′ 44″ E / -21.099, 55.479 ()21° 05′ 56″ Sud 55° 28′ 44″ Est / -21.099, 55.479 ()  
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région et département d'outre-mer La Réunion
Géologie
Type Volcan rouge
Activité Endormi
Dernière éruption env. 10 000 av. J.-C.
Code Aucun
Observatoire Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise

Géolocalisation sur la carte : La Réunion

(Voir situation sur carte : La Réunion)
Piton des Neiges
Vue du piton des Neiges, point culminant de l’île de La Réunion et de l’archipel des Mascareignes. Inactif depuis plus de 12 000 ans, il est à l’origine de la formation de l’île

Le piton des Neiges est le point culminant de l'île de la Réunion, à 3 070,50 mètres d'altitude. Il est parfois considéré comme le point culminant de l'océan Indien[1], bien que cette affirmation soit discutable puisque des volcans de Sumatra, Java, Bali et Lombok sont plus élevés.

Il marque le sommet d'un édifice volcanique, le massif du Piton des Neiges, qui occupe les trois cinquièmes de la surface de l'île, avec un diamètre au niveau de la mer d'environ cinquante kilomètres.

Ce volcan serait né il y a au moins cinq millions d'années pour émerger de l'océan Indien il y a probablement plus de 3 millions d'années donnant ainsi naissance à l'île de la Réunion. Volcan complexe largement érodé, il n'est aujourd'hui plus en activité depuis plus de 12 000 ans.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Malgré son nom et la fraîcheur des températures en altitude, le piton des Neiges ne porte pas de neiges éternelles. Les chutes de neige y sont d'ailleurs très rares, brèves et souvent masquées par le mauvais temps. Il est ainsi très exceptionnel que l'on puisse observer un sommet enneigé. La montagne fut d'abord connue comme celles « des trois Salazes », mais il est possible que l'événement que constitua l'épisode d'enneigement de 1735 lui ait ensuite conféré son nom de piton des Neiges[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le piton des Neiges se situe dans le centre de l'île de la Réunion, au sud du cirque de Salazie, au nord du cirque de Cilaos et au sud-est du cirque de Mafate. Culminant à 3 070,50 mètres d'altitude, il est le point culminant des Mascareignes.

La limite administrative entre les communes de Cilaos et de Salazie passe par le sommet du piton des Neiges.

Le piton des Neiges est entaillé par trois importantes dépressions : les cirques de Mafate (au nord-ouest), de Salazie (au nord-est) et Cilaos (au sud). Ces cirques sont le résultat conjugué de l'affaissement des chambres magmatiques de l'ancien cratère et de l'érosion dues aux fortes précipitations que connaît l'île de la Réunion. On compte une quatrième dépression située à l'est, qui a été comblée par les dernières phases éruptives du piton des Neiges et qui forme aujourd'hui le plateau de Belouve-Bebour.

Géologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massif du Piton des Neiges.

L'histoire géologique du piton des Neiges s'inscrit dans celle plus large du massif, et au-delà, dans celle de la formation de l'île de La Réunion qui est issue du point chaud qui donna auparavant naissance aux trapps du Deccan en Inde, aux archipels des Maldives et des Chagos, à Rodrigues et à l'île Maurice[3]

Les scientifiques s'accordent en général à considérer deux grandes phases constructives[4].

La première correspond à la formation d'un volcan bouclier qui a établi les fondations du piton des Neiges. Cette phase s'est déroulée depuis l'émission, il y a cinq à sept millions d'années, des premières laves qui percèrent la croûte océanique du fond de l'océan Indien, jusqu'à environ 450 000 ans avant l'époque présente. Les plus vieilles roches terrestres qui ont pu être datées sont âgées de 2,1 millions d'années. On estime donc, pour tenir compte du temps de mise en place des roches internes de l'île, que le volcan a pu émerger de l'océan il y a environ 3 millions d'années[5].

La seconde phase correspond, après une possible période de repos ou de transition, à un stade de volcanisme différencié parfois qualifié de “stade de strato-volcan”[6] même si ce terme est quelque peu abusif pour désigner l'émission de laves trachytiques et l'apparition de phénomènes explosifs en fin de vie d'un volcan de point chaud intraocéanique[7]. Cette phase s'est déroulée, selon les auteurs, depuis 450 000 à 340 000 ans jusqu'aux dernières manifestations éruptives, il y a 29 000 à 12 000 ans[4]. Les reliefs actuels, notamment le piton des Neiges proprement dit et les cirques, se sont mis en place au cours de cette phase.

Une grande partie de l'histoire géologique du piton des Neiges demeure cependant encore mal connue. Il a manifestement connu des épisodes de déstabilisation soudaine ayant entraîné des effondrements cataclysmiques et de grandes avalanches de débris. Le sommet actuel pourrait alors n'être que le résidu d'une montagne beaucoup plus élevée qui aurait pu dépasser 4 500 m d'altitude[8]. C'est par exemple ce que tente de déceler et de comprendre, par le prélèvement et l'analyse de pseudotachylites, une récente expédition scientifique partie le 26 octobre 2009 à l'assaut des falaises et des canyons abrupts de la face est du piton des Neiges[9],[10].

Climat[modifier | modifier le code]

Les températures au sommet sont fraîches, mais les épisodes neigeux n'y sont pas fréquents, avec une moyenne approximative d'un jour de neige tous les trois ans[11]. Dans les années récentes, il s'en est produit :

Environnement[modifier | modifier le code]

Vue du piton des Neiges depuis le col de Bébour.

Les escarpements sommitaux du piton des Neiges sont des zones de nidification des pétrels de Barau, une espèce d'oiseau marin endémique de l'île de La Réunion[13]. Ceux-ci sont présents chaque année depuis le retour des premiers adultes à la fin du mois d'août jusqu'à l'envol des jeunes d'avril à la fin mai[14]. Les pétrels de Barau creusent des terriers sous les rochers ou dans l'humus. C'est au fond du terrier que l'œuf unique est pondu, couvé puis que le poussin se développe alimenté par ses parents qui effectuent de multiples allers-retours entre le sommet de l'île et la mer où ils vont pêcher leurs proies nourricières.

Les deux seuls sites actuels de reproduction de cette espèce se situent autour du piton des Neiges et autour du Grand Bénare. Ces zones bénéficient depuis 2001 d'une protection d'arrêté de biotope. Les populations de pétrels de Barau demeurent néanmoins très menacées par les rats et de manière encore plus critique par les chats, prédateurs introduits par l'homme et contre lesquels les oiseaux dans leurs terriers n'ont aucune défense.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Ascension[modifier | modifier le code]

L'ascension du piton des Neiges peut se faire depuis Salazie, Cilaos ou la Plaine des Cafres. Trois sentiers convergent depuis ces points de départ jusqu'au gîte du Piton des Neiges, refuge en contrebas du sommet.

Depuis Salazie : à Hell-Bourg, il faut prendre le sentier qui débute derrière le stade puis monte à Terre-Plate et arrive au Cap Anglais sur le plateau de Bélouve-Bébour. De là, on se dirige vers la caverne Dufour. Le sentier traverse des forêts de cryptomeria du Japon.

Depuis Cilaos : il faut d'abord traverser la forêt du Grand Matarum avant d'atteindre la caverne Dufour et son gîte hors de toute végétation notable. C'est le chemin le plus court mais le plus éprouvant.

Depuis la plaine des Cafres : départ à Mare à Boue (route bétonnée avant le Col de Bellevue) puis direction vers le coteau Maigre et le coteau Kerveguen. Comme son nom l'indique, ce chemin est très humide, du fait de l'exposition du coteau plein est. Il est long mais facile et sauvage.

Ensuite, depuis le refuge de la caverne Dufour, il reste encore 600 mètres de dénivelé à parcourir sur un terrain rocheux. Il est habituel de quitter le refuge vers 3 heures du matin pour arriver au sommet aux premières lueurs du soleil, vers 6 heures. Ceci permet notamment d'observer dans la direction opposée au soleil, l'ombre triangulaire typique des sommets[15].

Hébergement[modifier | modifier le code]

Le seul gîte sur le piton des Neiges est celui situé peu avant son sommet : le refuge de la caverne Dufour. Accessible uniquement à pied, il comporte plusieurs dortoir, des toilettes, des douches, et offre un service de restauration.

Sur le sommet, il existe cinq ou six emplacements circulaires entourés de murets de pierre sèche permettant de poser une ou deux tentes à l'abri du vent. Cette possibilité tient plus du bivouac spartiate qu'au camping.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Réunion, une montagne dans l’Océan, site de l'ONF
  2. Pierre-André d'Héguerty, Discours prononcé devant le roi à la séance du 26 mars 1751, Mémoires de la société royale des sciences et belles-lettres de Nancy, Nancy, Pierre Antoine,‎ 1754 (lire en ligne), p. 90
  3. Institut de physique du globe de Paris, La Réunion : formation du point chaud de l'île de la Réunion.
  4. a et b BRGM, Connaissance géologique de La Réunion, livret de l'enseignant, La genèse des paysages : le résultat d'une longue histoire géologique, p.52
  5. Pascal Richet, Jean-Yves Cottin, Joël Dyon, René Maury et Nicolas Villeneuve, Guide des volcans d'outre-mer : Antilles, La Réunion, Polynésie, Terres australes, Orléans, Paris, BRGM éditions, Belin, coll. « Guides savants »,‎ mai 2007, 492 p. (ISBN 9782701145105), p. 164
  6. Pascal Richet, Jean-Yves Cottin, Joël Dyon, René Maury et Nicolas Villeneuve, Guide des volcans d'outre-mer : Antilles, La Réunion, Polynésie, Terres australes, Orléans, Paris, BRGM éditions, Belin, coll. « Guides savants »,‎ mai 2007, 492 p. (ISBN 9782701145105), p. 165-166
  7. Pascal Richet, Jean-Yves Cottin, Joël Dyon, René Maury et Nicolas Villeneuve, Guide des volcans d'outre-mer : Antilles, La Réunion, Polynésie, Terres australes, Orléans, Paris, BRGM éditions, Belin, coll. « Guides savants »,‎ mai 2007, 492 p. (ISBN 9782701145105), p. 60
  8. Le Quotidien de La Réunion, 4 novembre 2009, Expédition scientifique : dans les entrailles du Piton des neiges
  9. (fr)« Dans les entrailles du piton des Neiges », Le Quotidien de La Réunion,‎ 26 octobre 2009 (lire en ligne)
  10. (fr)« Expédition scientifique: les premières images », Le Quotidien de La Réunion,‎ 2 novembre 2009 (lire en ligne)
  11. Pour la moyenne et la liste des neiges récentes : Le Piton des Neiges sous les flocons, clicanoo.re, 4 juin 2013
  12. Concernant le type de neige et les conditions météorologiques : La neige au sommet du Piton, pas une neige “classique”, clicanoo.re, 5 juin 2013
  13. Armand Barau, Nicolas Barré et Christian Jouanin (ill. Nicolas Barré), Le grand livre des oiseaux de La Réunion, Paris, Les Éditions du Pacifique pour les Éditions Orphie,‎ mai 2005, 2e éd. (1re éd. 1996), 208 p. (ISBN 2877632636), p. 90-94
  14. Marc Salamolard, Société d’études ornithologiques de La Réunion (SEOR), Laboratoire d’écologie marine, Université de La Réunion (ECOMAR) Plan de conservation du Pétrel de Barau
  15. OPOD Inverted Mountain Shadow

Annexes[modifier | modifier le code]

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