Pistolet-mitrailleur

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Le MP5 est un pistolet-mitrailleur très répandu dans toutes les armées du monde en tant qu'arme tactique.

Le pistolet-mitrailleur (PM), communément appelé mitraillette, est une arme à feu individuelle utilisant une cartouche de pistolet. Il est apparu pour la première fois pendant la Première Guerre mondiale. Le terme recouvre des armes à la morphologie variée, allant de l'arme d'épaule à l'arme de poing avec bien souvent des crosses pliantes pour s'adapter à tous les usages.

Le système d'alimentation en munition se fait par chargeur. La faible puissance des munitions avait initialement permis de développer des armes légères automatiques à des fins militaires. Le mécanisme des pistolets-mitrailleurs est le plus souvent opéré par le recul et fonctionne très souvent culasse ouverte pour mieux dissiper la chaleur. Quelques armes possèdent des systèmes de retardement de l'action et au cours des années 2000 quelques armes opérées par gaz ont vu le jour.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première guerre[modifier | modifier le code]

Le Bergmann MP 18.1 fut le premier pistolet-mitrailleur utilisé en grande quantité, durant la Première Guerre mondiale.

La Première Guerre mondiale étant devenue statique, les lignes de front sont figées et les assauts brefs et violents se concentrent sur la nécessité de prendre les tranchées adverses. Les barrages d'artillerie étant levés au moment de l'attaque et les mitrailleuses trop lourdes pour suivre les troupes en mouvement et les couvrir, la nécessité d'une nouvelle arme s'impose. Le premier vrai pistolet-mitrailleur fut le Maschinenpistole 18 fabriqué par Theodor Bergmann. Sa portée pratique est d'environ 100 mètres avec la possibilité de réaliser des tirs de suppression à 200 mètres.

Colt-Thompson Model of 1921, chargeur 100 coups
Le MAS 38 était le pistolet-mitrailleur de l'armée française pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces premiers modèles, comme par exemple la Thompson et son chargeur camembert rendue célèbres par les films sur la prohibition américaine, ont les dimensions d'une arme d'épaule. Ces armes restaient lourdes et étaient équipées d'une crosse d'épaule.

Seconde guerre[modifier | modifier le code]

Avec l'avènement de la Seconde Guerre mondiale, les armées du monde ont déployé en très grand nombre des modèles très rustiques. L'objectif était de parvenir à une production rapide et peu onéreuse. Leur cadence de tir est souvent relativement faible : autour de 500 coups par minute. Cette configuration leur donne une bonne portée pratique qui restait généralement comprise entre 50 et 100 mètres. Les pistolets-mitrailleurs étaient déployés en complément des fusils à action de culasse et de fusils semi-automatiques dont la portée pratique était bien plus longue mais qui présentaient une cadence de tir bien inférieure.

Avec l'apparition des fusils d'assaut à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le pistolet-mitrailleur est peu à peu tombé en désuétude dans les armées, même si les équipages embarqués ont continué à utiliser des pistolets-mitrailleurs pour leur encombrement plus réduit que les lourds fusils d'assaut d'après-guerre. Rapidement des versions compactes de fusils d'assaut modernes les ont également remplacés pour ces usages.

Si le pistolet-mitrailleur a disparu des arsenaux militaires, il a connu une évolution technique. Plus compact et plus léger, il a trouvé une place auprès des forces de police, de lutte anti-terroriste et de protection rapprochée, où la faible perforation des balles, la puissance de feu et la compacité sont particulièrement adaptées. Ces armes de seconde génération sont souvent dotées d'une crosse rétractable, signe qu'elles se situent bien à la frontière entre arme de poing et arme d'épaule.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Vieux modèle du MP5A3.

Ce renouveau du pistolet-mitrailleur est venu d'Israël avec le célèbre Uzi en 1948 qui dans sa première version restait lourd mais était néanmoins compact et très robuste. Les pistolets-mitrailleurs sont ainsi devenus plus fiables, plus compacts et plus légers. Il est probablement le pistolet-mitrailleur le plus répandu au monde avec plus de 10 millions d'exemplaire produits dans ses différentes versions[1].

Une autre référence est le MP5 de la société allemande Heckler&Koch en production depuis 1966 dans de nombreuses versions. À la fois léger et précis, notamment parce qu'il tire culasse fermée et bénéficie d'un système d'action retardée, il est doté d'une cadence de tir supérieure aux modèles précédents avec 800 coups par minute.

Aux alentours des années 1980 des pistolets-mitrailleurs très compacts et présentant une cadence de tir élevée, parfois supérieure à 1000 coups par minute, ont été développés comme le MAC M10, le Micro-uzi ou le MP5K. Ces armes difficiles à contrôler reprenaient une idée déjà mise en œuvre en 1961 avec le Skorpion VZ61 tchèque consistant à proposer une arme destinée à remplacer les pistolets automatiques dans les arsenaux avec une arme présentant une meilleure portée et une puissance de feu bien supérieure. Ce type d'arme souvent plus légères et surtout très compactes présentent une portée pratique d'environ 25 mètres et ont comme principal avantage de pouvoir être facilement camouflés et d'offrir une puissance de feu considérable dans la limite de leur portée.

Pistolets automatiques[modifier | modifier le code]

Le HK VP0Z

Pour encore plus de compacité, l'idée d'un pistolet automatique, dit rafaleur, bien qu'ancienne, avait jusqu'alors été déployée sur des armes qui devaient être équipées d'une crosse d'épaule, comme le Mauser M712 Schnellfeuer ou le HK VP70. Il est apparu a intervalles réguliers des pistolets automatiques équipés d'une poignée simple ou double, comme le Beretta 93R ou le CZ75 Automatic et plus récemment le Glock 18, mais sans crosse d'épaule. Ces armes de poing sont particulièrement légères pour le tir automatique et leur utilisation est réservée à la très courte portée pour des tireurs entraînés.

Le Glock 18

PDW[modifier | modifier le code]

Les pistolets-mitrailleurs opèrent une sorte de retour dans le domaine militaire avec l'émergence des Personal Defense Weapons ou PDW dont le P90 et le MP7 sont les principaux représentants actuellement. Destinés aux personnels tels que les équipages de véhicules, les artilleurs et les officiers pour se défendre efficacement contre des agresseurs équipés de protections individuelles (de plus en plus répandues) sans pour autant s'encombrer d'un lourd fusil d'assaut, ils sont efficaces jusqu'à 200 mètres. Ces armes mettent en œuvre des munitions légères de faible calibre présentant une vélocité importante. Il semble pourtant qu'elles connaissent pour l'heure un succès plus important au sein des unités spéciales que pour équiper les corps d'armée conventionnels.

Le FN P90, un pistolet-mitrailleur du type Personal Defense Weapon.

Une autre tendance récente est de produire des armes plus légères grâce à l'emploi de polymères, pouvant être équipées de nombreux accessoires grâce à des rails standards, et de chambrer des munitions plus puissantes comme le .40 S&W.

Les modèles de pistolets-mitrailleurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hugh McManners, Ultimate Special Forces, New York, DK Publishing,‎ 2003, 1e éd. (ISBN 978-0-7894-9973-8, OCLC 53221575, LCCN 2003273910, lire en ligne), p. 157