Pishtaco

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les pishtacos sont des créatures imaginaires, des sortes de croque-mitaines qui séviraient dans les Andes et particulièrement au Pérou. Ils sont la manifestation d'une peur ancestrale amérindienne, la peur de l'amaigrissement et de la perte de la graisse. Cette croyance ancienne a encore aujourd'hui des manifestations modernes, principalement au Pérou.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les pishtacos sont des monstres blanchâtres à l'apparence humaine qui tuent les hommes pour les découper et dévorer leur graisse frite. La graisse représentait, dans les civilisations indiennes autochtones, un signe de bonne santé. L'amaigrissement, la perte de la graisse, était selon eux à l'origine de maladies. La figure du pishtaco est basée sur cette peur des Indiens qu'on leur vole leur graisse.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Peur des Conquistadors et des missionnaires[modifier | modifier le code]

Les Indiens avaient peur des Conquistadors qui soignaient parfois leurs blessures avec de la graisse extraites des cadavres de leurs ennemis[1],[2] et des missionnaires qui lustraient les cloches de leurs églises avec de l'huile. Ils étaient blancs et utilisaient la graisse, les Indiens les prenaient donc pour des pishtacos.

Rapports au monde moderne[modifier | modifier le code]

La croyance des pishtacos provoquent chez certains une peur des machineries modernes qui ont besoin de graisse pour fonctionner[3]. Certains villages refusèrent l'aide alimentaire américaine de Food for Peace, croyant que les membres du projet ne veuillent engraisser leurs enfants pour pouvoir récolter leur graisse par la suite[4].

Scandale du faux trafic de graisse de 2009 au Pérou[modifier | modifier le code]

[Source][5]

En septembre 2009, la police péruvienne présente le résultat d'une enquête secrète de 5 mois à la presse. Ils ont découvert des bouteilles de graisse humaine liquide issues, selon eux, d'un trafic organisé. Un groupe criminel est accusé d'avoir tué des dizaines de paysans près de la ville de Tingo María, située dans une région contrôlée par le Sentier lumineux, pour leur voler leur graisse et ensuite la revendre à des usines de cosmétiques. L'information est reprise par tous les médias du pays, des chaînes de télévisions notamment, qui interrompent leurs programmes pour des éditions spéciales. L'affaire est reprise par les médias internationaux.

Ce groupe de criminels est surnommé « pishtacos » par la presse qui estime que la réalité a rejoint la légende. C'est finalement la journaliste Rosa María Palacio qui dévoile la vérité sur l'affaire lors de son émission Pensa Libre sur América TV. Pour elle, la graisse humaine n'a pas de valeur (les autorités affirment qu'un litre de graisse humaine se vend 15 000 $) et le meurtre est un procédé bien plus complexe qu'une liposuccion pour l'extraire, il n'y a donc aucune logique. L'affaire n'est qu'une mise en scène de la police péruvienne pour cacher ses mauvais résultats et faire oublier les scandales dans lesquels elle est impliquée. Ils ont joué sur la peur des pishtaco pour donner de l'ampleur à leur prétendue découverte. Le scandale est national et des chefs de la police au niveau national ainsi que les officiers chargés de l'affaire sont démis de leurs fonctions.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Cinéma et Télévision[modifier | modifier le code]

  • La série télévisée Supernatural mentionne aussi le pishtaco dans le treizième épisode de la saison 9. Il se nourrit de graisse humaine.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (fr) « Mauvaise graisse » de Caroline du Saint et Patrice Laidin, sujet diffusé dans L'Effet papillon présenté par Daphné Roulier, Canal+, 16 janvier 2010.
  • (en) « Fat: An Appreciation of a Misunderstood Ingredient, with Recipes » de Jennifer McLagan, Ten Speed Press, 2008, pages 216-217 (ISBN 1580089356).
  • (en) « Aztecs and Spaniards: Cortés and the conquest of Mexico » d'Albert Marrin, Atheneum, 2008, page 76 (ISBN 0689311761).
  • (en) « Temptation of the Word: The Novels of Mario Vargas Llosa » d'Efraín Kristal, Vanderbilt University Press, 1999, page 192.
  • (en) « Death without weeping: the violence of everyday life in Brazil » de Nancy Scheper-Hughes, University of California Press, 1993, page 236 (ISBN 0520075374).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. McLagan, page 216.
  2. Marrin, page 76.
  3. Kristel, page 192.
  4. Scheper-Hughes, page 236.
  5. Sauf indication contraire, les informations de ce paragraphe sont basées sur le sujet télévisé de du Saint et Laidin.