Forêt des Landes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

(Redirigé depuis Pinhadar)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Landes.
Forêt des Landes

La forêt des Landes de Gascogne (en gascon las Lanas) est un massif forestier du sud ouest de la France. Il est le plus grand d'Europe occidentale.

Sommaire

[modifier] Noms régionaux

  • Pinhadar (prononcer "pignada") : massif de pins plantés en langue gasconne (masculin).

[modifier] Géographie

Article détaillé : Landes de Gascogne.
Carte des Landes de Gascogne

La forêt des Landes (appelée Landes de Gascogne, et autrefois Landes de Bordeaux) s'étend sur une grande partie des départements français des Landes et de la Gironde. Elle déborde également sur le département de Lot-et-Garonne. Le massif des Landes donne naissance à quelques fleuves (la Leyre, le Boudigau, etc.) et des rivières (le Ciron, le Gat mort, etc.).

Les villes importantes se situant à proximité sont Bordeaux, Mont-de-Marsan, Dax et Bayonne. Le massif forestier est baigné à l'Ouest par l'océan Atlantique (golfe de Gascogne) . Le littoral ainsi constitué porte le nom de Côte d'Argent.

[modifier] Essences

[modifier] Pins maritimes

Les plantations sont principalement constituées de pins maritimes.

Contrairement à beaucoup d'autres forêts européennes, elle est presque entièrement constituée de forêt plantée et exploitée industriellement. La plantation massive de pins a été amorcée en Pays de Buch pour stopper la progression des sables mobiles et assainir le sol dès le XVIIIe siècle. Ces plantations se traduisent par des caractéristiques très observables et des conséquences mesurables :

  • On peut observer des parcelles où tous les arbres ont été plantés simultanément et ont donc le même âge et la même taille (contrairement à une forêt primaire).
  • Les parcelles sont parcourues de larges coupes et de chemins (destinés à limiter la propagation des incendies et à faciliter l'approche des troupes de pompiers) qui quadrillent la forêt sur des kilomètres. Ces larges coupes et ces chemins sont appelés des pare-feux.
  • En se promenant dans cette forêt, on trouve des traces multiples des coupes d'éclaircie, des coupes rases (en particulier, des stocks de bois coupé en bordure de chemin).

[modifier] Chênes

D’autres essences cohabitent cependant avec le pin, parmi lesquelles le chêne, présent sous plusieurs formes[1] :

[modifier] Dangers

[modifier] Incendies

Un Pare-feu à Hourtin
  • On trouve des équipements spécifiques de lutte contre les incendies de forêt : tours d'observation, bassins de stockage d'eau, chemins, etc.
  • Le nombre d'incendies et leur gravité a considérablement décru depuis les dernières catastrophes des années 1950 et 1960, notamment grâce à la mise en place de pare-feux. Les pare-feux sont des trouées censées créer des barrières naturelles contre la propagation des flammes. Leur largeur doit être supérieure à la hauteur de deux pins couchés, de façon à ne pas transmettre les flammes en cas d'incendie. Un vaste réseau de pare-feux a été mis en place dans le massif forestier à la suite des grands incendies des années 1950.

[modifier] Tempêtes

La tempête Klaus traverse le sud-ouest de la France le 24 janvier 2009, entraînant de gros dégâts matériels. Tout juste remise de la tempête de 1999, les sylviculteurs voient à nouveau leurs pins maritimes et autres essences déracinés ou sectionnés. Ainsi, selon les estimations de l'Inventaire Forestier National (IFN), 26% de la forêt landaise connait plus de 40% de dégâts en superficie.[2] Un inventaire cartographique sur le massif landais est réalisé par l'IFN.

[modifier] Impacts économiques

La sylviculture perturbée par des tempêtes rapprochées dans le temps remet en cause sa rentabilité et coûte cher à la collectivité par les subventions accordées pour sa survie.

[modifier] Impacts écologiques

Sachant que les racines d'un hectare de pins maritimes aspirent 45 tonnes d'eau de la nappe phréatique par 24 heures, (cette eau étant ensuite évapo-transpirée par la partie aérienne de l'arbre) les résultats de la disparition d'une partie de ces cultures forestières intensives restaurera naturellement cette zone humide et l'écosystème qui va avec.

Article détaillé : zone humide.

[modifier] Histoire

Le gemmage au "crot" avant le boisement du plateau landais

Une partie de la forêt des Landes est d'origine naturelle. Certaines zones du littoral Gascon étaient déjà boisées il y a deux mille ans et occupaient près de 200 000 Ha. On retrouvait ces massifs à proximité de Lacanau, Arcachon, La Teste de Buch, Biscarrosse et en Marensin. Les premières techniques de gemmage ont été mises au point dans ces forêts très semblables à celles que l'on connait aujourd'hui. Le pin maritime, espèce endémique, était l'essence largement majoritaire.

Cependant, la plus grande partie du territoire aujourd'hui occupée par la forêt des Landes était une zone humide habitée jusqu'au XIXe siècle par une population d'éleveurs ovins. Cette période de l'histoire locale représentées par des photos des derniers paysans de ce pays comme le berger landais perché sur ses échasses a été le mode de vie viable commun. Le système agro-pastoral permettait de faire vivre les familles en tirant un profit des terres de la lande, et fut pratiqué jusqu'à l'implantation massive des massifs qui signa leur arrêt de mort et leur disparition. Après plusieurs essais infructueux de valorisation alternative des terres, c'est finalement le pin maritime qui colonisera tout le plateau landais par des semis en grand nombre. Rien d'étonnant à cela puisqu'il était parfaitement adapté à ces régions.

Berger dans la lande

La volontée d'implanter la forêt est dûe à plusieurs raisons qui ont émergés à la même époque durant le XIXe siècle. Le premier était de fixer les dunes mobiles du littoral qui menaçaient les villages. Un exemple célèbre existe, l'ensevelissement de l'église de Soulac. Les Captaux de Buch ont entrepris des travaux de fixations à La Teste, mais l'argent fit rapidement défaut à ces petits seigneurs locaux qui ne purent étendre leur système de fixation à l'ensemble du territoire. L'ingénieur des Ponts et Chaussées Brémontier prit connaissance des travaux entrepris sur la côte, qu'il reprit à son compte.

Article détaillé : fixation des dunes en Aquitaine.

Fort de son influence à Paris, il sut convaincre le gouvernement de la nécessité de planter des pins maritime dans les Landes. Finalement, la loi du 19 juin 1857 a sonné le glas du système agro-pastoral, et donnera naissance à la grande forêt des Landes que nous connaissons aujourd'hui.

Article détaillé : loi du 19 juin 1857.

Parallèlement, la plantation de pins maritimes dans l'intérieur des terres paraissait indispensable pour "assainir les marécages et améliorer les conditions d'hygiène" disait-on à l'époque. Elle ne faisaient pas l'unanimité mais la population de l'époque n'a jamais été consultée. On peut voir, aujourd'hui, avec la Camargue et ses élevages nombreux dans le sud-est de la France, que cette théorie n'était peut-être pas la bonne.

La première génération de pins de la seconde moitié du XIXe siècle est arrivée à maturité au début du XXe siècle. Le procédé de gemmage s'est étendu à toute la Gascogne landaise, et s'est modernisé et industrialisé. On exploite désormais des milliers d'hectares de pins pour extraire "l'or blanc" des Landes de Gascogne, servant à produire de l'essence de térébenthine et de la colophane.

Article détaillé : gemmage.
Pin gemmé

Mais cette forêt a été plantée au coup par coup, sans cohérence globale à l'échelle du territoire. Les pièces de pins sont immenses, très denses et les arbres répartis de façon aléatoire. Fatalement, le feu a dévasté la forêt landaise au milieu du XXe siècle. Un des exemple les plus célèbre, est l'incendie d'août 1949 qui a dévasté des milliers d'hectares entre Bordeaux et Arcachon. En 1950, près de 50% de la forêt a disparu en fumée. Aussitôt replantée, la seconde génération de plantations sera bien différente de la première. Les plantations sont rationalisées, les pins sont plantés en ligne et de grands pare-feux permettent d'éviter la propagation du feu d'une parcelle à l'autre et d'accéder au cœur des pièces de pins en cas d'incendie. La forêt prend le visage qu'on lui connait aujourd'hui sur le plateau landais. Parallèlement le gemmage disparaît peu à peu, face à la concurrence des pays où la main d'œuvre est moins chère et surtout à la concurrence des produits pétrolier qui se substituent à la colophane et à l'essence de térébenthine. En 1990, le gemmage disparaît définitivement de la forêt des Landes, après plus de 2000 ans d'existence. La forêt landaise a désormais une vocation uniquement papetière. Les grands sites de transformation du bois sont à Facture, Mimizan et Tartas.

Article détaillé : Sylviculture.
La forêt des Landes

Dans les années 1970, certaines parties de la forêt ont cédé la place localement à des exploitations agricoles intensives (en particulier pour la culture du maïs), sans pour autant perdre leur nature traditionnelle.

Aujourd'hui, la forêt des Landes de Gascogne est à cheval sur trois départements (Landes, Gironde et Lot-et-Garonne). Sa surface actuelle est évaluée à environ un million d'hectares, dont les 9/10 sont constitués de pins maritimes. Mais il existe localement au sein de la forêt des vestiges du boisement post-glaciaire de cette partie du Sud-Ouest : le pin y côtoie le chêne, l'aulne, le bouleau, le saule, le houx. On les trouve principalement au bord des cours d'eau, terrains particulièrement biens drainés. Cette forêt-souche était vraisemblablement plus étendue jusqu'au milieu du Moyen Âge, époque à partir de laquelle la mise en place d'un climat plus humide et frais et surtout les défrichements liés à l'extension de l'activité pastorale et au besoin en bois de construction vont entraîner le recul des zones forestières entre le XIVe siècle et le XVIIIe siècle.

[modifier] Industrie

La coupe rase illustre le terme de forêt papier

Après avoir connu pendant la première partie du XXe siècle un essor important, les industries du bois, du papier et de la gemme (résine du pin récoltée sur l'arbre) sont devenues des acteurs notables de l'économie régionale.

Une filière économique complète est organisée autour du bois :

Au contraire, la gemme, qui reposait sur une collecte exigeant une main-d'œuvre importante, a presque totalement disparu au profit de technologies chimiques plus courantes. On trouve ainsi des entreprises de transformation/distillation chimique comme la DRT qui utilisent les sous-produits de l'exploitation du pin.

Avant le milieu du XIXe siècle, seul l'élevage extensif des brebis dans la lande, permettait la production d'un engrais (soutrage) qui permettait la culture du seigle principalement en culture sur billons, pour limiter l'influence de l'humidité pendant l'hiver. La disparition de la lande par un semis généralisé de pin a entraîné la disparition de cette culture et des bergers sur échasses qui en sont le stéréotype. La prochaine image landaise sera le gemmeur et son hapchot.

[modifier] Littérature

Wikisource propose le texte Le Pin des Landes.

[modifier] Notes et références

[modifier] Bibliographie

[modifier] Références

  1. L'Almanach du Landais 2008, Éditions CPE
  2. [1]

[modifier] Liens internes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur la forêt des Landes.


Série des Landes de Gascogne

Médoc • Landes de Bordeaux • Pays de Buch • Pays de Born • Haute-Lande-Girondine • Landes du Bazadais • Grande-Lande • Marensin • Maremne • Landes de Dax • Petites Landes • Landes du Lot-et-Garonne

44°18′N 0°40′W / 44.3, -0.667

Créer un livre
Autres langues