Piloselle

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La Piloselle (Hieracium pilosella) est une plante vivace du genre des Épervières et de la famille des Astéracées (ex Composées-Chicoracées). Elle est aussi appelée Épervière piloselle, "Oreille de souris", "Oreille de rat", "Piloselle de rat", "Herbe à l'épervier" ou Veluette.

Elle est commune sur les sols arides et pauvres. Elle contient des substances antibiotiques et diurétiques.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Hieracium dérive du grec ancien Hierax, épervier, en raison d'une croyance populaire qui voulait que ces oiseaux en buvaient le suc afin de fortifier leur vue. Selon G. Bauhin, le nom de Pilosella remonte à la fin du Moyen Âge et se rapporte aux nombreux poils dont la plante est revêtue.

Description[modifier | modifier le code]

Petite composée vivace et acaule, généralement de 10 à 15 centimètres de haut (rarement 30), présentant autour de son pied des rejets allongés qui portent des feuilles oblongues, entières, grisâtres dessous, hérissées de longs poils sétiformes, appliquées sur le sol, et qui finissent par s'enraciner pour donner de nouvelles rosettes de feuilles.

Comme les autres épervières, les fleurs sont jaunes, les fruits, brusquement tronqués au sommet sous l'aigrette sessile, sont d'un blanc roussâtre à grisâtre, leurs réceptacles sans paillettes ni soies, et leur involucre floral à bractées nombreuses et inégales.

  • Fleurs jaune clair, ligulées, en capitule solitaire dressé. Involucre et pédoncule floral velu, sans feuilles. Floraison de mai à septembre.
  • Fruit en akène blanc grisâtre, surmonté d'une aigrette simple, molle et soyeuse, composée de soies d'égale longueur.
  • Souche horizontale, à stolons aériens et feuillés.
  • Saveur amère et très astringente.

Elle est difficile à distinguer parmi la dizaine d'autres épervières médicinales au sein de la centaine d'espèces que compte le genre.

Cette espèce résiste à la concurrence malgré sa petite taille car elle libère dans le sol des produits toxiques pour les autres plantes. À tel point qu'il arrive qu'elle s'empoisonne parfois elle-même et doit attendre que la pluie nettoie le sol pour pouvoir repousser[1].

Habitat et répartition géographique[modifier | modifier le code]

Très commune dans toute l'Europe (sauf dans la région méditerranéenne où elle est rare et dans la zone arctique) et l'Asie occidentale, jusqu'à 3 000 m : sur les sols secs, dans les landes à bruyères, les remblais et les clairières, sur les rocailles, dans les tourbières.

Usage médicinal[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, l'épervière piloselle servait à prédire la guérison ou la mort des malades. La sainte abbesse Hildegarde fut la première à la mentionner au XIIe siècle. Depuis, son usage médicinal pour fortifier la vue et guérir les blessures s'est conservé dans les campagnes.

La pharmacologie moderne lui reconnaît les propriétés suivantes : anti-infectieuse, astringente, cholagogue, apéritive, dépurative, vulnéraire, détersive et diurétique.

Le suc frais réduit les brucelloses humaines et animales, ainsi que la fièvre de Malte. En poudre, son astringence est utilisée comme antihémorragique, notamment pour les saignements de nez.

Analyse chimique et toxicité[modifier | modifier le code]

La plante renferme, outre le mucilage, tanin, résine et manganèse :

Une plante herbicide[modifier | modifier le code]

Cette plante, allélopathe de petite taille a des racines superficielles qui concurrencent peu les plants à racines plus profondes. Elle inhibe la croissance racinaire des adventices par sécrétion au niveau racinaire de toxines telles que l'umbelliférone et l'acide chlorogénique et développe également des propriétés anti-germinatives, phénomène connu sous le nom de télétoxie[2].

L'émission de stolons permet une installation rapide et une couverture dense du sol.

Elle a une haute valeur écologique puisqu'elle permet de limiter le recours aux herbicides ainsi que de limiter le travail du sol[3].

Ennemi[modifier | modifier le code]

Le papillon de nuit (hétérocère) suivant se nourrit de piloselle :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Haag-Berrurier, Recherches phytochimiques sur la piloselle. Thèse pour le doctorat de pharmacie, Strasbourg, 1964.
  1. La loi de la jungle, Jean-Marie Pelt, p. 48 (ISBN 978-2253-108993)
  2. [PDF] Laurent Bray, Conservateur du Jardin botanique de la ville de Paris, « Interactions végétales. La guerre biologique est déclarée »
  3. « H. pilosella: une plante herbicide », sur http://www.agrihebdo.ch/ (consulté le 20 janvier 2011)

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Liens externes[modifier | modifier le code]