Pilier de fer de Delhi

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Pilier de fer de Delhi
Pilier de fer de Mehrauli
Le pilier de fer de Delhi
Le pilier de fer de Delhi
Localisation
Pays Drapeau de l'Inde Inde
Coordonnées 28° 31′ 29″ N 77° 11′ 06″ E / 28.524656, 77.18506928° 31′ 29″ Nord 77° 11′ 06″ Est / 28.524656, 77.185069  

Géolocalisation sur la carte : Inde

(Voir situation sur carte : Inde)
Pilier de fer de Delhi
Pilier de fer de Delhi

Le pilier de fer de Delhi ou pilier de fer de Mehrauli est un vestige archéologique et une curiosité métallurgique se trouvant dans le complexe du Qûtb Minâr dans la banlieue sud de Delhi. Il a la particularité de ne pas rouiller[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pilier mesure plus de sept mètres, en comptant la partie enterrée et le chapiteau, et pèse plus de six tonnes. Il a été érigé par le râja Kumaragupta de la dynastie des Gupta qui régna sur l'Inde du Nord du milieu du IIIe siècle à 535. D'après le professeur Balasubramaniam, le pilier se trouvait probablement à Udaygiri ou Vishnupadagri dans le Madhya Pradesh, en Inde centrale, avant de rejoindre son emplacement actuel. Les historiens indiens pensent que, conformément à l'inscription en pāḷi qu'il porte, il était surmonté par un symbole de Vishnou, un chakra probablement, qui fut retiré par les envahisseurs musulmans. Le pilier aurait été ensuite installé à Delhi par Ânand Pâl, le fondateur de la dynastie râjpute des Tomara en 1052.

Il s'agit d'un des rares vestiges antérieurs à l'islamisation du site. Ce site comptait vingt-sept temples hindous ou jaïns d'après une inscription dans la mosquée citée par Mircea Eliade qui la visita lors de son séjour d'étude de trois ans en Inde. Les matériaux furent utilisés par Qûtb ud-Dîn Aibak pour bâtir le Qûtb Minâr et la mosquée Quwwat ul-Islâm. Cependant, Qûtb laissa le pilier en place et fit répartir les bâtiments tout autour. Ainsi, depuis quelque seize siècles, le pilier de fer se dresse à cet emplacement et, malgré les rigueurs du climat local, en particulier les pluies de mousson, il fait preuve d'une remarquable résistance à la corrosion.

On trouve un pilier comparable à Dhâr dans le Madhya Pradesh, ainsi qu'un autre beaucoup moins connu dans le temple de Mookambika à Kollur, dans la zone forestière des Kodachadri Hills, situé dans les Ghâts occidentaux au Karnataka. On peut leur rapprocher aussi les tirants métalliques que les ingénieurs indiens avaient prévus pour assurer la cohérence de l'édifice lorsqu'ils construisirent au milieu du XIIIe siècle l'énorme temple de Sûrya à Konarak, un bâtiment à la limite de leur capacité technique et qui n'est pas parvenu parfaitement conservé jusqu'à nous. Dans le dernier cas, ces objets métalliques subissent des contraintes météorologiques plus importantes que le pilier de Delhi, car ils sont exposés en permanence à l'air marin du golfe du Bengale, sur les bords duquel est construit le temple.

L'analyse scientifique du pilier[modifier | modifier le code]

Détail du pilier

L'archéologue britannique Alexander Cunningham, premier directeur de l'Archaeological Survey of India, est aussi le premier à faire analyser le pilier par des métallurgistes qui révèlent, d'après leurs calculs, qu'il est composé d'un fer pur à 99,72 %, une qualité obtenue seulement au XIXe siècle en Occident, mais qui semblait courante dès le Ve siècle en Inde. Cependant, cela ne fournit pas une explication à sa résistance.

Le pilier a été analysé une nouvelle fois, en 2002, par une équipe dirigée par R. Balasubramaniam de l'Institut indien de technologie de Kanpur, équipe qui a résolu le mystère. Les métallurgistes ont découvert qu'une fine couche d'un composé de fer, d'oxygène et d'hydrogène (δ-FeOOH), appelé misawite dans le texte anglais, protégeait le pilier de la rouille. Cette couche prit forme dans les trois années qui suivirent l'érection du pilier et gagna lentement en épaisseur depuis, pour atteindre aujourd'hui celle d'un vingtième de millimètre. Dans un article paru dans Current Science, Balasubramaniam affirme que le film protecteur s'est formé de façon catalytique du fait de la présence d'une haute teneur en phosphore dans le fer, jusqu'à 1 % à comparer au 0,05 que l'on trouve couramment dans le fer actuellement. Cette teneur est le résultat du travail des artisans indiens de cette période, qui pour leur fabrication de l'acier, transformaient le minerai de fer en acier en une seule étape en le mélangeant avec du charbon de bois. En revanche, le haut fourneau moderne utilise du coke à la place du charbon de bois et de la pierre à chaux[2] pour évacuer vers les scories les impuretés dont la majeure partie du phosphore.

Affirmant que le pilier est « un témoignage vivant de la compétence des métallurgistes de l'Inde antique », Balasubramaniam ajoute que le travail de son équipe sur la formation du film protecteur qui protège le pilier pourrait conduire à améliorer la résistance à la corrosion à long terme des conteneurs destinés au stockage des déchets nucléaires.

Littérature[modifier | modifier le code]

Le pilier de fer de Delhi fait l'objet d'un court récit dans les livres :

  • Les Extra-Terrestres dans l'Histoire de Jacques Bergier (Éditions J'ai Lu, 1970).
  • Le livre du passé mystérieux de Robert Charroux (Editions Robert Laffont, 1973).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. R. Balasubramaniam, « On the Corrosion Resistance of the Delhi Iron Pillar », Corrosion Science, vol. 42,‎ 2000, p. 2103–2129 (lire en ligne)
  2. la pierre à chaux est l'autre nom donné au calcaire

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]