Pile électrique de Bagdad

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Croquis des trois pièces.

La pile électrique de Bagdad est une poterie datant du IIIe siècle av. J.-C., découverte en 1936 dans un village près de Bagdad dans l'actuelle Irak. Elle est renommée depuis que quelques archéologues, tels que Wilhelm König, ont émis l'hypothèse qu'elle aurait servi de pile électrique. Cette thèse est toujours controversée en 2013.

Introduction[modifier | modifier le code]

Schéma de la pile.

Dans les années 1930, l'archéologue autrichien Wilhelm König découvre dans les sous-sols du musée archéologique de Bagdad une poterie de 15 cm de haut pour un diamètre d'environ 7,5 cm. Wilhelm König pensait que cette poterie datait de l’époque de l'Empire parthe (247 av. J.-C. – 224 ap. J.-C.). Cependant, selon le docteur St. John Simpson du département du Proche-Orient Ancien du British Museum le vase daterait plutôt de l'ère des Sassanides (224-651). Quelques-unes ont été découvertes dans les ruines de Khujut Rabu près de Bagdad et dix autres à Ctésiphon.

Ce dispositif est fermé d'un bouchon en bitume. Sous le bouchon est disposée une tige de fer entourée d'un cylindre de cuivre. Ces deux éléments sont isolés à la base par un tampon de bitume. Le cylindre est soudé en son fond par un alliage de plomb et d'étain. Les éléments manquants pour que cette « pile » antique fonctionne sont les fils de connexion et de l'acide pour la réaction. Une telle pile peut fonctionner avec du jus de fruit à la place de l'acide (le jus de fruit contient généralement de l'acide), ou de l'eau salée[1]. Suivant les tests effectués sur des reconstitutions, les chercheurs ont obtenu des tensions électriques allant de 0,5 à 1 volt. On ignore néanmoins l'intensité délivrable par une telle pile.

Controverses sur l'usage de l'objet[modifier | modifier le code]

La patine bleue retrouvée sur le cylindre de cuivre est caractéristique de la galvanoplastie à l'argent, comme aussi caractéristique de l'oxydation du cuivre. On peut éventuellement supposer que ces piles auraient été utilisées pour plaquer des objets avec des métaux précieux[2]. Cette hypothèse serait conforme à la découverte de bijoux dorés par catalyse, des vases de cuivres plaqués argent vieux de plus de 2 500 ans ; cependant le dépôt d'or par placage ne nécessite pas d'avoir recours à la galvanoplastie, il peut être réalisé mécaniquement avec de fines feuilles de métal.

En 2012, les archéologues restent divisés sur l'utilisation réelle de l'objet : même si plusieurs expériences ont prouvé que celui-ci pouvait délivrer un courant électrique, le faible rendement de celui-ci, ainsi que certains détails (absence de fils électriques/points de connexion, fermeture hermétique du vase, niveaux de connaissances à cette époque) seraient des arguments défavorables à l'utilisation de l'objet en tant que pile[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marie-Hélène Wronecki, Christine Blondel et Bertrand Wolff, « La "pile de Bagdad" : une pile électrique il y a deux mille ans ? », sur @. Ampère et l'histoire de l'électricité, un site du CNRS, juillet 2007.
  2. Claire König, « Les piles électriques de Bagdad, mystère ou mystification ? », sur Futura-Sciences, 11 février 2008.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Gerhard Eggert, « The enigmatic 'Battery of Baghdad' », Skeptical Inquirer, vol. 20, no 3,‎ mai-juin 1996, p. 31–34

Article connexe[modifier | modifier le code]