Pieter Coecke van Aelst, ou Pieter Coeck d'Alost

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Pieter Coecke van Aelst

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Autoportrait.

Naissance 14 août 1502
Alost
Décès 6 décembre 1550
Bruxelles
Nationalité Pays-Bas espagnols
Activités Artiste-peintre
Maîtres Bernard van Orley
Élèves Hans Vredeman de Vries, Pieter Brueghel l'Ancien.
Mouvement artistique Renaissance flamande
Mécènes Charles Quint
Influencé par Léonard de Vinci
Récompenses peintre de la cour impériale

Œuvres réputées

La Cène (1531), La Sainte Trinité

Pieter Coecke van Aelst, ou Pieter Coeck d'Alost, né le 14 août 1502 à Alost et mort le 6 décembre 1550 à Bruxelles, est un peintre et architecte-scénographe flamand, connu notamment pour son édition de Vitruve en néerlandais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait son apprentissage à Bruxelles sous la direction de Bernard van Orley. Il accomplit vraisemblablement un séjour en Italie entre 1521 et 1525, où il découvre les chefs-d'œuvre de l'Antiquité. À son retour d'Italie en 1527, il s'installe à Anvers, où il travaille chez Jan Van Dornicke, puis épouse sa fille, héritant de l'atelier de son beau-père à la mort de celui-ci. Ses ateliers jouiront d'une grande renommée : gravure, sculpture, scénographie pour le théâtre, peinture sur vitrail, dessins pour la tapisserie et la joaillerie, tous les arts plastiques y seront mis en œuvre. Hans Vredeman de Vries et bien d'autres collaboraient à la production. Coecke van Aelst forme également Pieter Brueghel l'Ancien, qui épousera sa fille.

La Sainte Trinité

C'est au cours d'un voyage à Constantinople en 1533-1534 qu'il grave la série des sept planches en bois intitulées Mœurs et fachons de faire des Turcz (léguée par sa veuve en 1553), cartons de tapisseries.

En 1539, il entreprend d'éditer une traduction en langue néerlandaise de l'Architettura de Sebastiano Serlio. Charles Quint le nomme peintre de la cour peu avant sa mort.

Le tableau l'Adoration des Mages de Pieter Coecke van Aelst, fait partie de la collection du musée Jeanne d'Aboville de La Fère.

Pieter Coecke se rattache à l'école romaniste d'Anvers, qui associe au réalisme et à la précision des artistes des Flandres, le sens de la mise en scène d'un Léonard de Vinci, par exemple dans La Cène de 1531. Sa conception méthodique de l'art italien de la Renaissance en facilite la diffusion dans les Pays-Bas méridionaux. Quoiqu'il dirigeât un atelier très actif et rentable, il ne reste que très peu d'œuvres de sa main, car une partie d'entre elles disparaît sous les coups des iconoclastes calvinistes.

Article détaillé : Famille de Cock.

Œuvre[modifier | modifier le code]

La Cène, ou Le Dernier Repas du Christ et des apôtres[modifier | modifier le code]

La Cène, ou Le Dernier Repas du Christ et des apôtres, est l'un des tableaux les plus célèbres de Pieter Coeck d'Alost. Il fut même l’« une des compositions les plus populaires de la peinture flamande au XVIe siècle »[1].

Maintes fois copiée, il existerait de par le monde 22 exemplaires de cette fameuse Cène [2], série [3] attribuée à l'atelier du Maître Anversois Pieter Coeck ou à ses ateliers, sans qu’il fût cependant jamais possible de déterminer laquelle de ces œuvres était de la main même du Maître.

Parmi les deux plus célèbres exemplaires de la série, celui de 1530 du Musée d’Art Moderne de Liège, et celui de 1531 du Musée des Beaux-Arts de Bruxelles, aucun n’a pu malgré la qualité de sa facture prétendre au titre d’exemplaire original[4].

Le prototype fut dès lors considéré par tous comme perdu.

Or il y a peu, apparaît sur le marché de l’Art un tableau, à tort attribué en 1861 au Verrochio ou à Lorenzo di Credi. Depuis 250 ans, faisant ainsi partie sous une fausse attribution de la collection particulière des barons de Samatan, il n’a pu être analysé ni même répertorié par aucun spécialiste.

Sous la direction de M. Jacques Lauprêtre, découvreur de cet exemplaire d’une facture admirable et d’une richesse picturale inouïe, une équipe de chercheurs vient de faire la preuve qu’il s’agissait bien du premier tableau de la série des Saintes Cènes.

Infrarouge à l’appui [5], leur étude révèle au grand jour l’époustouflant mystère de ce tableau.

Car c’est par l’existence d'un code secret, voulu par le peintre à l’époque où sévissait l’Inquisition, que cette huile sur panneau de bois, peut aujourd'hui revendiquer l’appellation de chef-d’œuvre.

Tableau à code donc, il peut enfin avouer 500 ans après ce que Pieter Coeck d’Alost y avait caché : la présence plus qu'inattendue de Martin Luther, père de la Réforme Protestante !

Admirateur clandestin de Martin Luther comme bon nombre d’artistes et d’intellectuels de la Renaissance flamande, le Maître d’Anvers y fait montre tant de son génie artistique que de son attachement à la cause luthérienne. Les menaces d’hérésie et le risque du bûcher, furent les conditions de cette création.

Un livre, Le Testament des Ombres [6], vient de porter à la connaissance du public l’enquête quasi policière retraçant l’époustouflante stratégie de l’énigme du peintre flamand. Le Testament des Ombres - couv


On y découvrira comment, du fait du terrible contexte politico-religieux de ce début du XVIe siècle aux Pays-Bas espagnols, enflammés comme le reste de l’Europe par les idées novatrices de la Réforme protestante, Pieter Coeck d’Alost fut contraint à dissimuler dans une œuvre picturale, sa pensée.

Une exposition internationale réunissant l’ensemble de la série des Saintes Cènes dont le tableau portant le nom de son illustre propriétaire Baron de Samatan sera le chef de file, va également être très prochainement organisée. A quiconque cette exposition donnera l’opportunité de découvrir le stupéfiant parcours d’une composition dont on sait maintenant qu’elle dut sa mystérieuse notoriété à la personne même de Martin Luther, auquel ses disciples, persécutés par l’Église de Rome, purent ainsi rendre un culte secret...

Musées[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrages écrits, traduits ou publiés par Pieter Coecke [1]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M.J. Friedländer, Die Altneiderlandishe Malerei et Jahrbuch de Prusse, 1917.
  • Georges Marlier, La Renaissance Flamande, Pierre Coeck d’Alost, éditions R. Fink, Bruxelles 1966, p. 95.
  • (fr)Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous, vol. 3, éd. Gründ,‎ 1999 (4e éd.), 13440 p., p. 740
  • Danièle Séraphin et Jacques Lauprêtre, Le Testament des Ombres, Mise en Cène de Martin Luther par Pieter Coeck d'Alost, Éditions d'Art Hermann, Paris, 2013.Voir

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Georges Marlier, La Renaissance Flamande, Pieter Coeck d’Alost, éditions R. Fink, Bruxelles 1966, p.95
  2. Lucie Ninane, Conservateur en chef du Musée des Arts Royaux de Bruxelles en 1953 dénombra 22 exemplaires
  3. Les dates des tableaux constituant cette série s'échelonnent à 1527 à 1550
  4. M. J. Friedländer, Die Altniederlandische Malerei et M.J. Friedländer Jahrbuch de Prusse, 1917
  5. Système Osiris, Osiris Infrared Camera, invention du Dr Lauprence ROBINSON
  6. Le Testament des Ombres, Mise en cène de Martin Luther par Pieter Coeck d'Alost, - Danièle Séraphin et Jacques Lauprêtre, Éditions Hermann, Paris