Pierrot (commedia dell'arte)

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Pierrot d'Antoine Watteau, v. 1718-19.

Pierrot, ou Pedrolino, est un personnage de l’ancienne comédie italienne, l’un des zanni ou valets bouffons de la comédie italienne. Pierrot est candide, badin et a une certaine dose de bon sens. Son vêtement est blanc. Il ne porte pas de masque et a le visage enfariné. Souvent dans la commedia dell'arte, il est le rival d’Arlequin auprès de Francisquine ou de Zerbinette, et il est amoureux de Colombine la blanchisseuse dans certaines représentations.

Description[modifier | modifier le code]

Les Pierrots se sont produits sous les noms de Bertoldo, de Bertolino et de Pagliaccio, le Paillasse français. Pedrolino se montre, dès 1547, parmi les zanni italiens dans une comédie de Cristoforo Castelletti ; on le retrouve dans J. Bernardi de Giovanni Cecchi (1563) et dans l’Altiera de Luigi Groto (1587).

Une variété du Pierrot italien fut le Brighella, tout habillé de blanc, comme le Pierrot français. Ferrarais d’origine, il joignait à l’esprit de ruse une grossière insolence. En France, le Pierrot a fait son apparition, en 1577, dans la troupe des Gelosi. Ce personnage comique fut renouvelé par Giuseppe Giraton en 1673 et, à cette époque, il s’y naturalisa, pour ainsi dire, sous le nom de Pierrot, que Molière avait donné au paysan de son Don Juan. De la Comédie italienne, il passa au théâtre de la foire et à l’Opéra-Comique.

Il était à peu près oublié, malgré Le Tableau parlant de Grétry (1769), ou le Cendrillon de Jean-Louis Laruette et Louis Anseaume, lorsque, sous la Restauration, après 1830, il reprit une nouvelle vogue sur les théâtres de pantomimes, grâce aux talents de Jean-Gaspard et Charles Deburau, et de Paul Legrand. De tous les masques et bouffons de la comédie italienne, Pierrot est celui qui s’est le plus longtemps maintenu au théâtre (les élèves survivants de Louis Rouffe, Thalès, Séverin et Bernardi, ne prirent leur retraite qu'en 1927 et 1928[1]).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Echinard, Louis Rouffe et l'école marseillaise de pantomime dans la deuxième moitié du XIXe siècle, in : Théâtre et spectacles hier et aujourd'hui, Époque moderne et contemporaine, Actes du 115e congrès national des sociétés savantes (Avignon 1990), CTHS Paris 1991, p. 559, ISBN 2-7355-0220-1

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 1598

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert F. Storey, Pierrot: a critical history of a mask, Princeton, N.J, Princeton University Press,‎ 1978 (ISBN 0-691-06374-5)
  • (en) Robert Storey, Pierrots on the stage of desire: nineteenth-century French literary artists and the comic pantomime, Princeton, N.J, Princeton University Press,‎ 1985 (ISBN 0-691-06628-0)

Voir aussi[modifier | modifier le code]