Pierre l'Ibère

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Représentation géorgienne iconographique de Pierre l'Ibère

Pierre l'Ibère (en géorgien : პეტრე იბერი) (vers 412-491) est un moine d'origine ibère (c'est-à-dire géorgienne).

Origine[modifier | modifier le code]

La vie de « Pierre l’Ibère »[1] dont le nom géorgien était Nabarnougios ou Barnoukios, écrite par l'évêque monophysite Jean Rufus, qui lui succéda sur le siège de Maiouma, donne de nombreux détails sur sa famille:

Le père du bienheureux Pierre était Bosmarios (Buz-Mihr), roi des Ibères et le père de son père s’appelait également Bosmarios (Buz-Mihr) . Sa mère était Bakourdoukht et son grand-père maternel était le grand Bacurius (Bakour). Sa grand-mère paternelle était Osdoukht dont le frère Pharasmanès jouissait d’une grande faveur auprès d’Arcadius, empereur des Romains et occupait le rang de général dans l’armée et une position d’une distinction suprême, par la suite néanmoins les intrigues d’Eudoxia, femme d’Arcadius l’obligèrent à chercher refuge dans la fuite. Retournant dans sa patrie il devient roi des Ibères....Le frère du grand Bacurius[2] était le bienheureux Archilios (Arc’il) [3] qui régna en même temps que Bacurius et Bosmarius selon la coutume de la maison royale d’Ibérie. Il vécut dans un grand âge et finit sa vie dans la chasteté et la piété. Le bienheureux Pierre n’avait pas de frère de sang. Il avait une demi-sœur du côté paternel née d’une concubine et nommée Bosmisparia [4].

Cyrille Toumanoff estime que ce « Grand Bacurius Ier » (vers 394 - ap. 430) ex comes domesticorum n’était pas un « roi d’Ibérie » mais un vitaxe (vice-roi) de Gogarène[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de prince né en 412, otage à Constantinople en 424, enfui en Palestine, à Jérusalem d'abord où il fonda le premier monastère ibère (situé près de la Tour de David mais non identifié par l'archéologie). Vers 440 il se joignit à des moines ermites entre Gaza et Maiouma. En 451, suite au concile de Chalcédoine qu'il refusa d'accepter, comme la plupart des moines de Palestine sous Juvénal, il fut nommé évêque de Gaza et, poursuivi par la police impériale, partit pour l'Égypte. Après quelques années, il revint sur la côte palestinienne et se fixa finalement à Jamnia sur une propriété d'Eudocie. Il mourut le 1er décembre[6] 491. Un moine de son monastère de Maiouma, Théodore d'Ascalon, ramena aussitôt son corps au monastère et l'ensevelit dans l'église.

Vie géorgienne[modifier | modifier le code]

Selon la tradition géorgienne[7], issue de Léonti Mroveli ou de ses sources, Mourvanos, le futur « Pierre l’Ibère » serait le fils du roi Varaz-Bakour II d'Ibérie[8].

Identification avec Denys l'Aréopagite[modifier | modifier le code]

Cette thèse d'Ernest Honigmann (1952) a été reprise par M. van Esbroeck:

  • “Peter the Iberian and Dionysius the Areopagite: Honigmann’s thesis revisited”, Orientalia Christiana Periodica, 59 (1993), pp. 217-227
  • “Pierre l’Ibère et Denys l’Aréopagite”, dans Elguja KHINTIBIDZE (ed.), Proceedings of the Second International Symposium in Kartvelian Studies (Tbilisi: Tbilisi University Press, 1994), pp. 167-177 (en géo.)
  • “L’opposition entre Pierre l’Ibère et Pierre le Foulon (482-491)”, Caucasica. The Journal of Caucasian Studies [Tbilissi] 1 (1998), pp. 60-67

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. R. RAABE,Petrus der Iberer. Ein charakterbild zur Kirchen- und Sittengeschichte des fünften Jahrhunderts. Syrische Übersetzung einer um das Jahr 500 verfassten griechischen Biographie, Leipzig, 1895
  2. il est sans doute identique à l’Ibère Bacurius cité par Ammien Marcellin pour sa participation à la Bataille d'Andrinople en 378 qui fut ensuite magister militum en 394 puis duc de Palestine Christian Settipani estime qu’il serait devenu roi romanophile d’Ibérie en 413
  3. roi d’Ibérie vers 422
  4. Texte cité par Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les princes caucasiens et l'Empire du VIe au IXe siècle, Paris, de Boccard,‎ 2006, 634 p. (ISBN 978-2-7018-0226-8), p. 410
  5. (en) Cyrille Toumanoff, Studies in Christian Caucasian History, Georgetown, Georgetown University Press,‎ 1963, partie II, « States and Dynasties of Caucasia in the Formative Centuries », p. 260-261
  6. DEVOS, dans Anal. Boll., 1986, p. 265, n. 3
  7. Voir la vie publiée par I. ABOULADZE, Anciens monuments géorgiens de la littérature hagiographique (2 vol.), vol. 2 (XIe-XVe ss), Tiflis, 1967 (en géo.), p.213-263 avec le commentaire de A.B. SSCHNIDT, Habent sua fata libelli. Georgische Fiktion contra armenische Fälschung: Die Vita Petrus des Iberers im Spannungsfeld zwischen armenischer und georgischer Überlieferung, dans Georgien im Spiegel seiner Kultur und Geschichte. Zweites Deutsch-Georgisches Symposium (9. bis 11. mai 1997), s.l., 1997, 91-95
  8. Cf. Marie-Félicité Brosset, Histoire de la Géorgie depuis l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle, v. 1-7, Saint-Pétersbourg, 1848-58, p.136-142, qui relève toutefois « la difficulté chronologique ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cornelia B. Horn, Asceticism and Christological Controversy in Fifth-Century Palestine: The Career of Peter the Iberian, Oxford Early Christian Studies, Oxford, 2006 (ISBN 978-0-19-927753-7) (compte-rendu par BINNS, J. Theol. Studies, 58 (2007; ), p. 319-321)
  • Chabot, Pierre l’Ibérien, évêque monophysite de Mayouma (Gaza), à la fin du Ve siècle, d’après une récente publication, dans Rev. Or. latin 3 (1895), p. 367-397