Pierre du Calvet

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Pierre du Calvet

Naissance 1735
Caussade, France
Décès
Disparu dans l'océan Atlantique
Profession Marchand, juge de paix

Pierre du Calvet, né en France à Caussade en 1735, disparu en mer le 28 mars 1786, est un commerçant, juge de paix, prisonnier politique et épistolier québécois d'origine française[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Pierre du Calvet naît à l'été de 1735 à Caussade dans l'ancienne province française de Guyenne (aujourd'hui dans le département de Tarn-et-Garonne). Il est l'aîné d'une famille de cinq enfants. Son père, Pierre Calvet, de confession calviniste, fait baptiser ses enfants à l'Église catholique. Il leur transmettra cependant la foi protestante. Sa mère est Anne Boudet. Sa famille est dite de souche noble et possédait un domaine à Montalzat, au nord de Toulouse.

Un ancêtre, François Calvet, était monté sur l'échafaud le 23 juin 1563 pour avoir introduit la Réforme à Montauban[2].

Éducation[modifier | modifier le code]

Pierre du Calvet reçoit une éducation catholique sans jamais renoncer au calvinisme[2]. D'après ses écrits, il est clair qu'il a étudié les humanités, le droit français, le droit des gens et la philosophie de son siècle, celle des Lumières. Son Appel à la justice de l'État cite de long extraits de Pufendorf, Gratien, Grotius, Locke et Machiavel.

Émigration en Nouvelle-France[modifier | modifier le code]

Un cousin par alliance, un certain Guireaud, lui fournit le capital nécessaire à l'achat de marchandises qu'il compte échanger en Nouvelle-France. Du Calvet s'embarque pour Québec à bord du navire marchand Le Lion qui quitte Bordeaux en avril 1758. Son bateau fait naufrage à 100 milles de sa destination[3] ; la cargaison est perdue et il est forcé de se trouver un emploi à son arrivée dans la capitale vers la mi-juin.

Il sera, pour le compte du gouvernement de la Nouvelle-France, garde-magasin à Miramichi et à Restigouche en Acadie. Il est chargé de pourvoir au besoin de trois à quatre mille Acadiens déportés par le gouvernement britannique en 1755[3]. Il y sera jusqu'à l'automne 1759.

À l'été de 1759, on le charge de transférer des prisonniers de guerre britanniques à Halifax aux côtés de l'officier Jean-François Bourdon de Dombourg. Le lieutenant William Cæsar McCormick lui écrira une lettre d'appréciation datée du 28 août, pour le bon traitement des quelque trente prisonniers. Il lui remet également un certificat le 10 septembre.

Du Calvet se rend par la suite à Montréal après avoir appris, en passant par Québec, que le gouvernement Vaudreuil s'y trouve suite à la capitulation et la reddition de la capitale. Il reste à Montréal jusqu'en janvier 1760.

Il est à nouveau chargé d'une mission en Acadie, cette fois pour recenser la population déportée et lui venir en aide. Ainsi, il quitte Montréal le 18 janvier, à la tête d'un groupe d'environ 60 Acadiens et de quelques guides amérindiens. Avec lui se trouve le commandant en chef de l'Acadie française, M. Boishébert. À son retour, il est presque aussitôt envoyé à Sainte-Foy pour la dernière bataille importante entre les armées française et britannique avant la capitulation et la reddition de Montréal le 8 septembre. Il part pour Québec le 20 avril, accompagnant l'expédition que commande de Lévis. Dans une lettre à son père datée du 28 juin, du Calvet fait le récit de cette bataille historique et du siège qui s'ensuit[4]. Le siège est levé le 16 mai, et du Calvet rentre à Montréal comme tout le monde.

Suite à la capitulation du gouvernement de la Nouvelle-France à Montréal le 8 septembre 1760, il reste à Montréal. C'est au cours de l'hiver qu'il retrouve le lieutenant britannique William Cæsar McCormick qui le recommande au général Jeffrey Amherst. Du Calvet, est déterminé à retourner en Europe et doit par conséquent se rendre à Québec pour obtenir un passeport du gouverneur James Murray, mais pas sans avoir d'abord obtenu un passeport du gouverneur Thomas Gage l'autorisant à quitter le district de Montréal. Le gouverneur Murray demande cependant à du Calvet de retarder son départ pour dénombrer les Acadiens encore en Acadie afin de les faire transporter à Québec. Cette dernière mission humanitaire, qu'il accepte, l'occupe de juillet à octobre 1761. Il semble qu'il ait abandonné son projet de rentrer en France, puisqu'en janvier 1762, il est à Montréal[5].

Commerçant et juge de paix[modifier | modifier le code]

En janvier 1762, il s'installe à Montréal où il met enfin sur pied son commerce d'import-export. Il exporte du blé et des pelleteries qu'il charge à bord des navires marchands de la compagnie Watson & Rashleigh (Brook Watson et Robert Rashleigh) à destination de l'Angleterre et de l'Espagne. Il importe en échange diverses marchandises d'Europe telles des spiritueux et des produits d'usage domestique. Son commerce sera prospère. Entre 1772 et 1776, il exporte environ 35 000 minots de blé, 800 minots de pois et des pelleteries et importe de grandes quantités de marchandises qu'il écoule dans le district de Montréal. Le 3 mars 1774, il achète la seigneurie de la Rivière-David près de Sorel.

En 1763, il apprend la mort d'un de ses oncles établi en Caroline du Sud et deux mois plus tard celle de son père en France.

À l'été 1764, il quitte la province de Québec pour Londres, où doit se régler la succession de son oncle. Il passe ensuite en France pour y vendre le domaine familial de Montalzat et n'est de retour chez lui à Montréal qu'en juin 1766. Durant son absence, Jean Dumas-Saint-Martin et Pierre Jusseaume dit Saint-Pierre conduisent ses affaires privées en Amérique[5].

Durant ce long voyage en Europe, il se fait plusieurs contacts dans le monde anglo-saxon. Même si son anglais est déficient, il est bien accueilli un peu partout, aidé de précieuses lettres de recommandations du gouverneur Murray. Il rencontre entre autres le frère de celui-ci, Lord Elibank, qui réside à Greenock en Écosse. À Londres, il s'entretient avec George Montagu-Dunk, 2e Comte d'Halifax, secrétaire d'État britannique responsable des colonies américaines.

À Paris, il débarque muni de lettres de recommandations pour le comte Hertford, ambassadeur britannique en France et son secrétaire, David Hume, le philosophe déjà célèbre, qui intercèdent tous deux auprès du comte de Saint Florentin. Cet appui lui est nécessaire pour assurer la liquidation de sa succession car il est protestant et les lois françaises lui sont défavorables. En janvier 1766, après un an, l'affaire est réglée et il retourne à Londres. Au printemps, il s'embarque pour Québec à bord d'un vaisseau nommé General Conway.

Le 23 juin 1766, le gouverneur Murray le nomme juge de paix à la nouvelle Cour des plaids communs dans le district de Montréal. À peine de retour, il quitte à nouveau le ci-devant Canada, en novembre, pour des affaires commerciales en Angleterre et ne revient finalement qu'en avril 1767, appelé par son devoir de juge de paix.

Du Calvet semble mettre un grand zèle dans l'exercice de ses responsabilités publiques et s'attire bientôt l'éloge du juge en chef de la province William Hey. Il traite un très grand volume de causes et n'exige pas d'honoraires.

Mariage[modifier | modifier le code]

Le 3 octobre 1771, à l'âge de 36 ans, il épouse Marie-Louise Jusseaume. Âgée de 20 ans, elle est la fille de son ami Pierre Jusseaume et Marie-Louise Brulé-Jusseaume. Le nouveau couple s'installe dans une maison de ville au coin des rues Saint-Paul et Bonsecours. Un premier enfant, un garçon, naît le 7 juillet 1772. Le petit Jean-Pierre meurt le 31 août suivant. Le 8 novembre 1773, Marie-Louise accouche d'un deuxième garçon, qu'ils nomment Jean Dumas, en l'honneur du parrain Jean Dumas Saint-Pierre. Le couple a un troisième garçon qui naît le 16 octobre 1774. Il est nommé Guy, en l'honneur du gouverneur Guy Carleton. Tristement, ce dernier enfant meurt le 11 mai, ayant eu un hiver trop difficile. La mère rejoint son premier et son dernier dans la tombe en décembre de la même année.

Du Calvet déniche une nourrice, dame La Prise, pour s'occuper de Jean Dumas, son deuxième fils.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

En 1769, il soumet au nouveau gouverneur Guy Carleton un projet de réforme visant l'uniformisation de l’administration de la justice dans la Province de Québec. Les nouvelles mesures d'administration promulguées le 1er février ne le satisfont pas et prône davantage de réformes. Il rédige un certain nombre de lettres ouvertes, publiées dans la Gazette de Québec, un journal bilingue.

Le 28 octobre 1770, il soumet au secrétaire d'État des Colonies américaines, Wills Hill, comte de Hillsborough, un document intitulé Mémoire sur la forme judiciaire actuelle de la Province de Québec.

Sa dénonciation publique des abus de justice de la part de certains juges parmi ses collègues lui attire à la fois des amis et des ennemis. Ses actions en vue d'une amélioration du système d'administration de la justice sont louées par le gouverneur Carleton, le procureur général Francis Maseres et le juge en chef William Hey. Il se met cependant à dos quelques-uns de ses confrères de magistrature, dont son voisin d'en face John Fraser, ainsi que Edward Southouse et René-Ovide Hertel de Rouville.

John Fraser, capitaine du 60e régiment royal britannique, devient juge de paix en 1765, peu de temps après avoir été acquitté, faute de preuve, dans une cause de violence l'impliquant lui et le marchand Thomas Walker, ami de du Calvet, qui le 6 septembre 1764 perdit une oreille lors d'une attaque menée contre sa personne. Selon du Calvet, John Fraser entretient de l'animosité envers lui à compter de cette période.

Le 29 juin 1771, Fraser et du Calvet se battent à coups de poing devant la maison de ce dernier, donc en face de celle de Fraser.

Guerre d'indépendance américaine[modifier | modifier le code]

La relation entre l'Angleterre et ses colonies américaines se détériore durant la période qui suit tout juste la Conquête britannique du Canada. Endettée suite à la guerre, la métropole anglaise adopte une série de lois commerciales visant à renflouer ses coffres. Les décisions de Londres ne plaisent guère aux colonies américaines qui jusqu'alors avaient joui de la liberté de se taxer elles-mêmes via leur propres parlements. Aux Sugar Act (1764), Stamp Act (1765), Townshend Act (1767), Tea Act (1773) vinrent s'ajouter, en 1774, suite à l'incident du Boston Tea Party, des lois qui furent nommées les Intolerable Acts. Au nombre de ces lois, le Quebec Act, qui, justement, concerne les nouveaux sujets britanniques, anciennement sujets canadiens du roi de France.

En réponse au Quebec Act, le premier Congrès continental rédige, le 26 octobre, une lettre qu'il adresse aux habitants de la province de Québec. Traduite en français, celle-ci est distribuée dans les villes dont Montréal et est lue par Pierre du Calvet et plusieurs autres. La question constitutionnelle du Québec sera dès lors l'objet d'un débat fondamental parmi les gens lettrés habitant la province.

Le premier mai 1775, un monument public, un buste de George III, situé à Montréal, est vandalisé et finit au fond d'un puits. La situation est suffisamment alarmante pour que le gouverneur Guy Carleton exige de l'évêque de Québec, Jean-Olivier Briand, qu'il émette un mandement contre l'appui aux congressistes ; ce qu'il fait le 22 mai. Du côté britannique, on commence à recruter des miliciens parmi les hommes de la population québécoise.

Dans un climat de haute suspicion de tous les éléments opposées à l'administration de la province, du Calvet se fait accuser, avec d'autres, de sympathiser avec les colonies « rebelles ». C'est Joseph Simon Léonard, alors sergent de milice à Pointe-aux-Trembles, qui met du Calvet en accusation. Le 6 octobre, un tribunal entend la cause et le 9 octobre, un jury rejette l'accusation.

Le Congrès envoie deux armées d'invasion au Québec, l'une vers Montréal l'autre vers Québec. Richard Montgomery atteint Montréal avec son armée au moins de novembre. Elle ne rencontre aucune opposition ; au contraire, un comité de citoyens dont font partie Pierre du Calvet et plusieurs autres notables de Montréal les accueille et facilite son installation. La ville capitule sans combat le 12 novembre et Montréal devient dès lors brièvement ville « américaine ». Pierre du Calvet fait partie des quelque cent signataires de la lettre d'appui au Congrès continental rédigée par Valentin Jautard le 14 novembre.

La seconde armée du Congrès, dirigée par Benedict Arnold, n'atteint Québec que le 11 novembre, au terme d'une expédition plus difficile que prévu. Ville fortifiée et bien défendue par sa géographie, siège du gouvernement britannique en Amérique, Québec se défend contre l'envahisseur. Réalisant que ses troupes sont insuffisantes pour la victoire, il demande les renforts de Montgomery. Le 31 décembre, les deux armées du Congrès continental subissent la défaite. Montgomery meurt au combat. Après cet échec, les armées retournent à Montréal et à New York.

À partir du 20 janvier 1776, un corps de miliciens, le Congress' Own est levé à Montréal et dirigé par Moses Hazen.

Le 6 mai 1776, les renforts britanniques commandés par John Burgoyne arrivent à Québec. Suite à la défaite de ses troupes à Trois-Rivières le 8 juin, Benedict Arnold abandonne Montréal le 15 du même mois.

Au printemps 1777, Guy Carleton démissionne de son poste de Gouverneur de la province de Québec. Lord George Germain, secrétaire d’État aux Colonies américaines, nomme Frederick Haldimand, vétéran de la guerre de la Conquête et ancien gouverneur militaire des Trois-Rivières, pour le remplacer. Il ne débarque à Québec que le 26 juin 1778.

Au mois de mai 1778, Fleury Mesplet, imprimeur des lettres envoyées aux habitants du Québec, arrive dans la province et fonde La Gazette du commerce et littéraire, pour la ville et district de Montréal, premier journal de la ville et premier journal exclusivement de langue française dans la province. Pierre du Calvet se sert de ce véhicule public pour dénoncer les abus de justice dont il est témoin.

Le 26 mai, du Calvet produit un réquisitoire prenant à partie les deux juges de la Cour des plaids communs, Edward Southouse et René-Ovide Hertel de Rouville.

James Monk, procureur général, poursuit du Calvet pour libelle. Du Calvet est défendu par l'avocat William Dummer Powell et acquitté.

Prisonnier politique[modifier | modifier le code]

Le 27 septembre 1780, le général de brigade Allan Maclean fait arrêter du Calvet. Il sera incarcéré pendant 3 ans, du 27 septembre 1780 au 2 mai 1783. Dès le premier jour de son arrestation, il n'a de cesse de clamer son innocence et demande qu'on lui fasse un procès légal.

Le 6 décembre, Haldimand accepte la demande de libération de Du Calvet que lui soumet le conseiller législatif François Lévesque. Il revient sur sa décision le lendemain.

Le 2 mai 1783, il sort de prison.

Appel à la justice de l'État et mort tragique[modifier | modifier le code]

Sorti de prison, du Calvet quitte le continent à destination de Londres où il entend faire le procès du gouverneur Haldimand, tout comme l'avaient fait, en 1766, les marchands britanniques de Québec avec le gouverneur Murray.

Il fait publier, en mars 1784, un factum juridique intitulé The Case of Peter du Calvet et destiné à faire connaître sa cause à Londres. Il reçoit l'aide de Francis Maseres, ancien procureur général, et Peter Livius, ancien juge en chef, de la Province de Québec, pour la rédaction du factum. Le document contient le récit détaillé de ses mésaventures avec le juge Fraser, son arrestation, sa séquestration, ses nombreuses lettres demandant qu'on lui fasse un procès devant jurés etc.

En juillet, il publie son Appel à la justice de l'État, recueil de lettres destiné cette fois à ses compatriotes du Canada.

La même année, le père Félix de Berey, pris à partie dans le recueil de lettres de du Calvet, publie Réplique par le P. de Berey aux calomnies de Pierre du Calvet.

Pour financer son procès contre Haldimand, il a besoin d'argent. Il décide alors de traverser l'Atlantique afin de se rendre à Philadelphie et recouvrer l'argent que lui doit le gouvernement de la confédération américaine. Il se présente en personne devant le Congrès continental afin de réclamer la somme qu'il croit lui être due. Il en recouvre seulement une partie. Le 3 mars, le navire espagnol qui doit le transporter à Paris quitte le port de New York ; il sombre en mer le 15.

Pensée politique[modifier | modifier le code]

Héritage politique[modifier | modifier le code]

Bien que le procès de Haldimand n'ait jamais eu lieu, les actions entreprises par du Calvet influencèrent grandement le cours de l'histoire du Québec. Il contribua indubitablement à la mobilisation des citoyens, protestants et catholiques, francophones et anglophones, en vue d'obtenir un régime parlementaire pour la Province of Quebec. En effet, quelques mois après l'arrivée probable des premières copies de son pamphlet politique dans la province, des citoyens de la ville de Québec signent, le 24 novembre 1784, L'humble pétition des sujets anciens et nouveaux de Votre Majesté demandant une chambre d'Assemblée.

Louis-Joseph Papineau évoqua brièvement sa mémoire lors de sa conférence de 1867. Comme bon nombre de personnes de son époque, il connaissait bien l'histoire du procès qu'intenta du Calvet contre le gouverneur Haldimand et il est fort probable qu'il ait lu son Appel à la justice de l'État comme Papineau père l'avait fait.

En 1877, Louis Fréchette lui dédie un poème intitulé Du Calvet dans son recueil La Légende d'un peuple. Relatant en vers le récit de son histoire, il en fait un héros national, le « premier champion de nos luttes civiques ».

Ève Circé-Côté dédie le chapitre V de son livre Papineau - Son influence sur la pensée canadienne à « celui qui inaugura la période la plus glorieuse de nos annales ».

Redécouverte contemporaine[modifier | modifier le code]

Précurseur du long combat mené par des citoyens de la Province de Québec pour la reconnaissance de leurs droits politiques à l'intérieur de l'Empire britannique, du Calvet n'en reste pas moins un grand oublié de l'histoire québécoise. Ses actions et jusqu'à son nom seront et sont encore largement ignorées par la postérité.

Pas moins de 202 ans séparent la première publication, à Londres, de Appel à la justice de l’État de sa première réédition, partielle, en 1986 dans l'ouvrage Pierre du Calvet, Appel à la Justice de l'État de Jean-Paul de Lagrave et Jacques G. Ruelland. Ce n'est que 16 ans plus tard, en 2002, que l'ouvrage est réimprimé intégralement par les Éditions du Septentrion dans Appel à la justice de l'État de Pierre du Calvet, Champion des droits démocratiques au Québec de l'historien Jean-Pierre Boyer.

En 2007, l'auteure Renée Blanchet lui consacre une biographie romancée.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1735 - Naissance de Pierre du Calvet à Caussade dans la province de Guyenne.
  • 1758 - En avril, il s'embarque pour Québec à partir de Bordeaux.
  • 1758 - En juin, il arrive à Québec.
  • 1758 - En juillet, il se rend au port de Miramichi.
  • 1759 - Le 28 août, il reçoit une lettre du lieutenant britannique William Caesar McCormick le remerciant d'avoir protégé les prisonniers britanniques.
  • 1760 - Le 18 janvier, par ordre du Gouverneur de Vaudreuil, il accompagne le commandant Boishébert dans une mission visant à connaître l'état de l'Acadie, recenser la population acadienne et lui fournir des vivres.
  • 1760 - Le 20 avril, il quitte Montréal avec l'armée du commandant de Lévis qui se rend à Québec pour essayer de reprendre la ville tombée au mains des Britanniques.
  • 1760 - Le 16 mai, l'armée du commandant est forcée de lever le siège de Québec.
  • 1761 - Le 8 septembre, par ordre du général Murray, du Calvet est envoyé en mission pour convaincre les Acadiens de s'installer au Canada.
  • 1761 - En octobre, il est de retour à Québec ; sa mission est accomplie avec succès.
  • 1762 - En janvier, il débute un commerce d'import-export à Montréal.
  • 1763 - Décès de son oncle en Caroline du Sud et de son père en France.
  • 1764 - À l'été, il quitte Québec en direction de la Grande-Bretagne (Greenock, puis Londres).
  • 1764 - Le xx XXXX, il quitte Londres pour la France.
  • 1766 - En janvier, il quitte la France et retourne à Londres.
  • 1766 - Au printemps, il s'embarque pour Québec à bord du General Conway.
  • 1766 - En juin, il est de retour à Montréal.
  • 1766 - Le 23 juin, le Gouverneur Murray nomme du Calvet juge de paix de la Cour des plaidoyers communs du district de Montréal.
  • 1768 - Le 28 juin, le gouverneur quitte le Canada pour l'Angleterre afin d'y être jugé.
  • 1766 - En novembre, il quitte Québec en direction de Londres pour des affaires commerciales.
  • 1767 - En avril, il est de retour à Montréal.
  • 1767 - Le 13 avril, le Gouverneur Murray est reconnu non-coupable de toutes les charges portées pesant sur lui.
  • 1768 - Le 12 avril, Guy Carleton succède officiellement à James Murray au poste de Capitaine général et Gouverneur en chef de l'Amérique du Nord britannique.
  • 1769 - Le xx xxxx, il soumet un projet d'uniformisation des systèmes judiciaires français et britannique au gouverneur Carleton.
  • 1770 - Le 1er février, le gouverneur Carleton promulgue de nouvelles mesures judiciaires qui ne satisferont pas du Calvet.
  • 1770 - Le 4 février, il fait parvenir au gouvernement colonial un document intitulé Mémoire sur l'administration de la justice.
  • 1770 - Le 28 octobre, il soumet un document intitulé Mémoire sur la forme judiciaire actuelle de la Province de Québec à Lord Hillsborough, secrétaire d’État des Colonies américaines.
  • 1771 - Le 3 octobre, il épouse Marie-Louise, fille de son ami Pierre Jusseaume à la Christ Church de Montréal.
  • 1772 - Le 7 juillet, naissance de son premier fils, Jean-Pierre.
  • 1772 - Le 31 août, son fils décède.
  • 1773 - Le 8 novembre, naissance de son deuxième fils, Jean Dumas.
  • 1774 - Le 16 octobre, naissance de son troisième fils, Guy.
  • 1774 - En ?décembre?, sa femme, Marie-Louise du Calvet, décède à l'âge de 24 ans.
  • 1775 - Le ?11 mai?, son troisième fils, Guy, décède.
  • 1775 - Les 7 et 9 octobre, il comparaît devant un jury de neuf commissaires sous l'accusation de sympathiser avec les rebelles. La preuve étant insuffisante, il est relâché.
  • 1776 - En avril, il reçoit un des représentants de la délégation envoyée par le Congrès américain.
  • 1778 - Le 26 juin, Frederick Haldimand arrive à Québec pour remplacer Guy Carleton au poste de Capitaine général et Gouverneur en chef pour la province.
  • 1779 - Le 26 mai, du Calvet produit un réquisitoire prenant à partie les deux juges de la Cour des plaids communs, Edward Southouse et René-Ovide Hertel de Rouville.
  • 1779 - James Monk, procureur général, poursuit Du Calvet pour libelle.
  • 1780 - Du Calvet, défendu par l'avocat William Dummer Powell, est acquitté.
  • 1780 - Le 27 septembre, Du Calvet est arrêté puis incarcéré sans procès sur ordre de Allan Maclean général de brigade.
  • 1780 - Le 6 décembre, Haldimand accepte la demande de libération de Du Calvet que lui soumet le conseiller législatif François Lévesque.
  • 1783 - Le 2 mai, il sort de prison.
  • 1783 - En octobre, à Paris, il rencontre Benjamin Franklin ambassadeur des États-Unis en France.
  • 1784 - En mars, The case of Peter Du Calvet [...] est publié à Londres.
  • 1784 - En juin, Appel à la justice de l’État [...] est publié à Londres.
  • 1785 - En juin, il rencontre Benjamin Franklin une deuxième fois.
  • 1785 - Par trois fois durant le mois de septembre, il se présente en personne devant le Congrès continental afin de réclamer la somme qu'il croit lui être dû.
  • 1786 - Le 3 mars, le navire espagnol qui doit le transporter à Paris quitte le port de New York.
  • 1786 - Le 15 mars, le navire espagnol sombre en mer.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Mémoire sur la forme judiciaire actuelle de la Province de Québec, Québec, 1770
  • Province de Québec, district de Montréal, Cour des plaidoyers communs, Brook Watson & Robert Rashleigh, négociants de Londres, stipulant pour eux, Pierre Panet, écuyer, fondé de leur procuration, demandeurs contre Pierre du calvet, de Montréal, écuyer, défendeur : défenses, 1778
  • Mémoire en réponse à l'écrit public, de Me Panet, fondé de procuration de Watson & Rasleigh de Londres, demandeurs, contre Pierre du Calvet de Montréal, écuyer, défendeur [...], Québec, 1779
  • The Case of Peter Du Calvet, Esq., of Montreal in the Province of Quebeck, containing, amongst other things worth notice, an account of the long and severe imprisonment he suffered in the said province [...], Londres, mars 1784 (écrit en collaboration avec Francis Masères et Peter Livius)
  • Appel à la justice de l’État ; ou recueil de lettres au roi, au prince de Galles, et aux ministres ; avec une lettre à messieurs les Canadiens, ..., Londres, juillet 1784

Citations[modifier | modifier le code]

De du Calvet[modifier | modifier le code]

  • « Bataille, première bataille de Québec, nous frapperez-vous toujours? Vos coups sont-ils donc faits pour être éternels, toujours reproduits et renaissants de nos blessures? », Appel à la justice de l'État, p. 167

Sur du Calvet[modifier | modifier le code]

Alors on vit, devant le spectre au front hideux,
Un homme se lever et crier :
― À nous deux !
C’était toi, Du Calvet, qui, méprisant la rage
Du despote, osait seul tenir tête à l’orage,
Et brandir, au-dessus de tous ces fronts étroits,
À ton bras indigné la charte de nos droits.

(Louis Fréchette, La Légende d’un peuple, 1877 (Troisième époque : Du Calvet)

« Un qu'il faut restituer à l'histoire, c'est du Calvet, un huguenot, qui inaugura la période la plus glorieuse de nos annales. [...] Mais il partage avec Papineau l'honneur de ce silence éloquent dont on enveloppe comme d'un suaire ceux que l'on veut rouler dans le néant. »

— Ève Circé-Côté, Papineau. Son influence sur la pensée canadienne, p. 59-60

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Tousignant et Madeleine Dionne-Tousignant. « du Calvet, Pierre », dans le Dictionnaire biographique du Canada en ligne, Université de Toronto et Université Laval, 2000, consulté le 10 juillet 2008
  2. a et b Jean-Pierre Boyer., p. 15
  3. a et b ibid., p. 18
  4. La lettre est retranscrite intégralement dans l'ouvrage de Jean-Pierre Boyer, p. 97-101
  5. a et b Jean-Pierre Boyer., p. 24

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]