Pierre de Tarentaise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint Pierre.
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Innocent V.
Saint Pierre de Tarentaise
Biographie
Naissance 1102
Décès 14 septembre 1174
Évêque de l’Église catholique
Dernier titre ou fonction Archevêque de Tarentaise

Saint Pierre de Tarentaise, appelé aussi Pierre le Vénérable ou Pierre II de Tarentaise ou Pierre du Dauphiné, né en 1102 à Saint-Maurice-l'Exil (Dauphiné) et mort en 14 septembre 1174 en l'Abbaye Notre-Dame de Bellevaux, était un moine cistercien du XIIe siècle, nommé archevêque de Tarentaise en 1142.

Canonisé en 1191[1], ce saint catholique est commémoré le 14 septembre ou localement le 8 mai[2].

Vocation monastique[modifier | modifier le code]

En 1121, il entre au monastère de Bonnevaux[1]. Á la demande de Pierre Ier de Tarentaise il fonde avec un groupe de moines l'abbaye Notre-Dame de Tamié, sur une terre offerte par la famille de Chevron. Il est ainsi, en 1132, le fondateur (et premier abbé) de Tamié (ordre de Cîteaux) en Savoie.

Archevêque de Tarentaise[modifier | modifier le code]

Il dut quitter son cloître, malgré un premier refus de sa part, en 1141 pour devenir archevêque de Tarentaise, il succède à l'archevêque Israël[1], ancien chapelain du comte d'Amédée III, qui incarne dans la Vita sancti Petri, le mauvais évêque, préoccupé par les affaires temporelles et insouciant de ses devoirs pastoraux. Celui-ci a un rôle de faire-valoir, puisqu'il met en valeur la tâche de réformateur de Saint Pierre.

Dès sa nomination, il prit une décision historique qui fit beaucoup pour sa réputation. Il ordonna que pendant 28 jours au mois de mai, il soit désormais servi une soupe aux plus démunis. Le mois de mai était un mois charnière, le plus difficile pour les plus pauvres, car les réserves de l'hiver étant épuisées, il fallait qu'ils survivent jusqu'aux premières récoltes. Cette soupe, une pauvre pitance, était faite avec ce qu'il restait en victuailles (essentiellement de vieux légumes, du gras et du pain), mais elle permettait aux indigents de survivre.

Service épiscopal[modifier | modifier le code]

Fidèle à sa vocation monastique, il ne porte pas son costume ecclésiastique, mais garde celle de moine[1]. Il redresse l'administration et les finances de l'archevêché.

Durant le schisme provoqué par Frédéric Barberousse, il œuvra pour le pape légitime Alexandre III. Il exerça en outre sur les grands de ce monde, une influence pacificatrice. Il intervient ainsi auprès des comtes de Savoie, entre le roi de France, Louis VII de France, et le roi d'Angleterre, Henri II de Plantagenêt[1].

Au retour d'une de ses missions, il s'arrête, épuisé, à l'abbaye de Bellevaux pour y mourir en 1174[1], au milieu de ses frères cisterciens. À 2 km de Abbaye Notre-Dame de Bellevaux (Haute-Saône), en direction de Chambornay, sous la croix dite "Croix de St-Pierre", on trouve la "source de St-Pierre" où il s'arrêta pour étancher sa soif et commencer son agonie. La dévotion populaire attribue parfois à cette eau une vertu surnaturelle.

Vénération[modifier | modifier le code]

Suite aux pèlerinages sur son tombeau et à la constatation de mircales, le pape Célestin III canonise Pierre par la bulle du 10 mai 1191, et fixe sa fête au 8 mai.

Notons qu'elle fut fixée au 11 septembre, puis avancée au 8 mai ou encore au 10 mai[3].

Le corps de Saint Pierre ne tarda pas à être partagé et dispersé pour satisfaire les communautés qui revendiquaient ses reliques. Bellevaux ne conserva alors dans le sarcophage que la partie inférieure du corps depuis le bassin et dans ce buste doré, à l'autel de gauche de l'église de Cirey. L'évêché de Tarentaise reçu la partie supérieure du corps, le bras droit fut donné à l'abbaye de Cîteaux et le bras gauche à celle de Tamié[4].

Epitaphe[modifier | modifier le code]

Stripe viennensis, fuit abbas stamediensis
Maximus alpensis præsul Tarentasiensis
Anno Milleno centeno septuageno.
Quarto transivit, ad coelos Petrus ivit

Confusions[modifier | modifier le code]

Il est parfois confondu avec le premier 'Pierre de Tarentaise' (Bienheureux Pierre l'Ancien, également appelé saint Pierre I de Tarentaise), disciple de Bernard de Clairvaux et ancien abbé de la Ferté, évêque de Tarentaise entre 1124 et 1140.

Une autre confusion existe avec Pierre de Tarentaise, qui devient pape sous le nom de Innocent V le bienheureux, en 1265.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Jean Prieur, Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 1999 (ISBN 978-2-8420-6465-5), p. 67 et suivantes, reprise des informations de Jean-François Durand (sous la dir.) - Volume par Jacques Lovie, Histoire des diocèses de France. Chambéry, Tarentaise, Maurienne (Volume 11), Editions Beauchesne,‎ 1985 (ISSN 0336-0539), p. 128.
  2. Nominis : Saint Pierre de Tarentaise
  3. René Locatelli (sous la dir.), Sur les chemins de la perfection: moines et chanoines dans le diocèse de Besançon vers 1060-1220, Volumes 1060-1220 - Volume 2 de Travaux et recherches, Centre Européen de Recherches sur les Congrégations et Ordres Religieux Saint-Etienne, Université de Saint-Etienne,‎ 1992 (ISBN 2862720240 et 9782862720241), p. 307.
  4. Jean François Nicolas Richard, Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude, Volume 1, Librairie ecclésiastique de Cornu,‎ 1847, p. 405.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Geoffroy d'Auxerre (ou de Clairvaux ou d'Hautecombe) rédige, à la demande du pape, Vie de saint Pierre (1102-1174). Fondateur et premier abbé de Tamié, Archevêque de Tarentaise, 1184-85. Il en existe trois manuscrits, un à Troyes, un à Munster et un à Saint-Omer.

La Vie est également transcrite en latin dans Godefridus Henschenius, Daniel Papebrocius, Acta sanctorum, 8 mai, tome 8 II, col 322C, p. 317, Paris, Victor Palmé, 1866. Il en existe deux traductions : l'une datant de 1876, faite par un moine de Lérins, et la seconde établit par Germain Roche en 1974.

  • Dom Le Nain, La Vie de Saint Pierre, 1685
  • Le chanoine de Chambéry et de Tarentaise Jacques-Marie Chevray (1795-1860), dans La Vie de Saint Pierre II, Baume, 1841.
  • Anselme Dimier, Saint Pierre de Tarentaise : essai historique, Abbaye Saint-Martin de Ligugé, 1935.
  • Henri Riguet, Printemps en chrétienté, L'aventure spirituelle de Saint Pierre de Tarentaise, éd. Abbaye de Tamié, Annecy, 1967.
  • Pierre Duparc, Les arbitrages de Saint Pierre de Tarentaise, paru dans le bulletin d'histoire et d'archéologie no 9, édité par les amis de Viuz, à Faverges, en 1974.
  • Anselme Dimier, Bibliographie générale de l'ordre cistercien, Recueil de textes pour servir à l'histoire de Saint Pierre II de Tarentaise, La documentation cistercienne, vol 21, fascicule 4 bis, Rochefort, 1978.
  • Odile Bebin-Langrognet, De Savoie en Comté : Saint Pierre de Tarentaise, Éditions L'Harmattan, Collection « Religions et Spiritualité »,‎ 2012 (ISBN 978-2-2964-7898-5), 192 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]