Pierre de Montesquiou d'Artagnan

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Pierre de Montesquiou d'Artagnan
Pierre de Montesquiou d'Artagnanpar Sophie Bresson-Rochard
Pierre de Montesquiou d'Artagnan
par Sophie Bresson-Rochard

Naissance 1640
Décès 12 août 1725 (à 85 ans)
Plessis-Picquet
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Maréchal de France
Années de service 16601725
Conflits Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Guerre de Succession d'Espagne
Faits d'armes 1690
Bataille de Fleurus
1692
Bataille de Steinkerque
1709
Prise du fort de Warneton
1709
Bataille de Malplaquet
25 octobre 1705
Prise de la ville de Diest
1706
Bataille de Ramillies
1708
Bataille d'Oudenarde
1712
Bataille de Denain
Distinctions Maréchal général des camps et armées du roi
Chevalier des Ordres du Roi
Autres fonctions Gouverneur de Bretagne - Gouverneur de Provence
Famille Maison de Montesquiou

Liste des gouverneurs de Bretagne
Liste des gouverneurs de Provence

Pierre de Montesquiou, dit le comte d'Artagnan puis le Maréchal d'Artagnan, né en 1640 et décédé le 12 août 1725, est un militaire français des XVIIe et XVIIIe siècles. Mousquetaire du roi, il est élevé au rang de Maréchal de France en 1709.

Biographie[modifier | modifier le code]

Quatrième fils de Henri Ier de Montesquiou, seigneur d'Artagnan, et de Tarasteix, (+1668) et de son épouse Jeanne de Gassion[1], il voit le jour en 1640. Il est également le cousin germain de Charles de Batz de Castelmore, dit le comte d'Artagnan, le célèbre d'Artagnan des romans d'Alexandre Dumas.

Confié en 1655 aux Pères de l'Oratoire qui dirigeaient l'Académie Royale de Juilly, il en sortit en 1660 pour devenir page de son Éminence le Cardinal Mazarin et assister le 16 août 1660, à l'entrée du Roi et de la Reine dans Paris.

En 1664, il est page du Roi. Il entre comme mousquetaire dans la Première Compagnie. Il sert pendant 23 ans comme mousquetaire aux Gardes-Françaises, avant d'être promu brigadier en 1688, maréchal de camp en 1691 et lieutenant général le 3 janvier 1696. Il est promu par Louis XIV Gouverneur de la ville et citadelle d'Arras et de la lieutenance générale de la Province d'Artois, avec un régiment d'Infanterie qui fut reformé à la Paix de Ryswick, après lui avoir annoncé la victoire de la bataille de Nerwinde en 1693.

En 1698, il quitte le Régiment des Gardes-Françaises, le roi lui réservant, pensions, entrées et logements au château de Versailles. Il achète le château du Plessis-Picquet en 1699, aux créanciers de Sébastien François de La Planche, Trésorier général des bâtiments, complètement ruiné. Il était en très bon termes avec Madame de Maintenon, ainsi qu'avec le duc du Maine, et son épouse Louise Bénédicte de Bourbon, qui avaient pris la succession de Colbert au château de Sceaux. À la fin de 1699, il part en Flandres avec mission de rentrer dans Mons.

Veuf, sans enfant, de Jeanne Pasdeloup, l'année d'avant, il convole en secondes noces le 27 mars 1700, avec Élisabeth l'Hermite d'Hieville,(ca-1675-1766)[2], dame de Mesnil-Riant, et du Robillard en Auge, fille unique de François Philippe l'Hermite d'Hiéville,(+ juin 1714), Sgr d'Hiéville[3], de Sainte-Barbe-en-Auge, Montchampet de Mélie et de Marie-Catherine d'Angennes, son épouse[4], par devant L. Bodin curé du Plessis[5]. Trente cinq ans les sépare. Elle a 25 ans, lui 60 ans. Parmi les invités: le Dauphin Louis ; la marquise de Maintenon; le duc de Bourgogne; Marie-Adélaïde de Savoie; le duc d'Anjou; le duc de Berry ; le frère du roi, Philippe de France; le duc d'Orléans; Élisabeth Charlotte d'Orléans; le duc de Chartres et bien d'autres. Son contrat de mariage, resté dans le château, fut retranscrit par Georges Teyssier, gendre du propriétaire de l'époque Louis Hachette dans un ouvrage qu'il écrivit sur les seigneurs du Plessis en 1885[6].

C'est à cette époque qu'il commande au peintre Nicolas de Largillière, son portait et celui de son épouse[7].

Le 6 janvier 1701, lui naît un fils : Louis de Montesquiou et un peu plus tard une fille Catherine de Montesquiou qui décédera à l'âge de deux ans.

Il alla commander en Brabant en 1702, fit la campagne près de la personne du duc de Bourgogne ou il eut sur la fin l'ordre de se jeter dans la ville de Namur, menacée par le siège des alliés. Il est de la bataille de Ramillies en 1706 et en 1708 de la Bataille d'Oudenarde et reçoit l'ordre d'attaquer le Fort Rouge sous Gand, qu'il emporta et se rend maître de Pont-à-Marcq en 1709. Puis prend le fort de Warneton, l'épée à la main, faisant 800 prisonniers. Puis il rejoint l'armée et commanda l'infanterie de l'aile droite à la bataille de Blangies dit : bataille de Malplaquet ou il devient Maréchal de France, par lettres du 20 septembre 1709 sur décision personnelle du roi Louis XIV, à l'issue de l'héroïque bataille où il sauve une grande partie de l'armée française par un repli en bon ordre malgré les attaques incessantes de l'ennemi. Il est lui-même blessé au cours des combats et trois des chevaux qu'il monte sont tués.

Suite à sa nomination, il souhaite se faire nommer "Maréchal de Montesquiou" mais fait face à la vive opposition du prince de Condé, qui ne souhaite pas qu'on mette à l'honneur le nom de l'assassin de son bisaïeul à la bataille de Jarnac. Quoique devenu le comte de Montesquiou à la mort de son père, il demeure donc connu à la cour sur le nom de "Maréchal d'Artagnan".

Très engagé par des dettes contractées dans les travaux d'aménagements de son Château du Plessis-Robinson, il est sorti à Marly, de ses embarras financiers le 8 février 1709, par le Roi qui rembourse ses dettes, sur l'intervention de Madame de Maintenon.

Il eut ordre de rester sur la frontière des Pays-Bas pour y commander pendant l'hiver 1710

Sa seconde épouse fut une famillière de la cour de la Duchesse du Maine, chevalière de l'Ordre de la Mouche à Miel, invitée de ses salons littéraires et des fêtes des Grandes Nuits de Sceaux, à qui elle fait envoyer par Nicolas de Malézieu des couplets admiratifs[8] :

J'ai beau voir le Plessis de mon parterre,
Je suis encore trop loin d'un si charamant objet;
Trois ou quatre bosquets, quelques arpens de terre
Paraissent à mon cœur un immense trajet.

L'encahanteur Mauriceau me rend anachorète,
Mais j'ai recours à l'art pour flatter mes ennuis ;
J'observe le Plessis avec une lunette
Et m'approche de vous autant que je le puis.

Voisine, ayez pour moi même délicatesse.
Prenez cette lunette, usez de mes secrets ;
Et si votre amitié répond à ma tendresse,
Vous ferez encor mieux pour nous voir de plus près.

C'est lui qui fit construire la terrasse aujourd'hui dans le Parc Henri-Sellier dit aussi Parc Hachette de laquelle on voit le château de Sceaux. Cette terrasse était ornée d'une échauguette ronde sur la demi-lune et comportait un cadran solaire. Il fit également creuser un étang, dont l'eau était si rare que les habitants lui donnèrent le nom de « L'Ecoute s'il pleut »[9]. Il fera également réaliser une glacière, dans la propriété.

Il est gouverneur de Bretagne de 1716 à 1720. C'est le 5 juillet 1717 qu'il perd son fils unique, âgé de 16 ans, et déjà Colonel d'Infanterie. Il entre au Conseil de Régence, le 16 juin 1721. En octobre 1721, devient commandant en Languedoc, Provence et Cévennes

Il teste le 20 septembre 1723 et le 23 mars 1724 et il décède en son château du Plessis-Piquet. Le 12 août 1725, il est inhumé le 14 dans l'église paroissiale de Sainte-Marie-Magdeleine, jouxtant le château. Son épitaphe gravée dans le marbre noir était :

« Cy gist très haut et très puissant Seigneur, Monseigneur Pierre de Montesquiou, comte d'Artagnan, Maréchal de France, Général des Armées du Roy, conseiller du Conseil de Régence, Gouverneur des Villes et Cité et Citadelle d'Arras, Chevalier Commandeur des Ordres de sa Majesté, décédé en son château du Plessis-Piquet le 12 août 1725, à l'âge de 85 ans et 6 mois. Reg in pace[10] »

Son tombeau semble avoir disparu à la Révolution française. Ce n'est qu'en 1933 qu'une plaque sera posée dans l'église pour en rappeler le souvenir.

N'ayant plus de postérité, c'est son neveu Paul d'Artagnan, qui hérite et conserve le Plessis jusqu'en 1751 puis le fils de celui-ci de 1751 à 1755, qui vend à Pierre Goblet, conseiller du roi, avocat au grenier à sel. Madame la Belle d'Artagnan finit ses jours à Paris, âgée de 91 ans[11].

Grades, postes[modifier | modifier le code]

Campagnes[modifier | modifier le code]

Faits d'armes[modifier | modifier le code]

  • 25 octobre 1705 - Emporte l'épée à la main la ville de Diest, où il y avait 4 bataillons et 4 escadrons, fit la garnison prisonnière de guerre
  • 1708 - Se rend maître de Pont-à-Marcq, après avoir pris le Fort Rouge sous Gand.
  • 1709 - Il fait camper un corps de troupes vers la Bassée et fut détaché pour attaquer le fort de Warneton sur la Lys, qu'il emporta l'épée à la main et y fit 800 prisonniers.
  • 11 septembre 1709 - Il est des derniers à se replier en bon ordre et par son sang froid sauve une grande partie de l'armée. Il aura au cours de cette bataille trois chevaux tués sous lui.
  • décembre 1711 - Alla rompre les digues et écluses de l'Escaut à la vue des garnisons des places conquises par l'ennemi, rendant la navigation impraticable pour tout l'hiver.

Armoiries[modifier | modifier le code]

  • D'or à deux tourteaux de gueules, l'un sur l'autre en pal

Devise[modifier | modifier le code]

"Deo duce et fero comite" (Dieu pour maître et l'épée pour compagne)

Iconographie[modifier | modifier le code]

Propriétés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décédée le 26 septembre 1685
  2. Baptisée le 11 octobre 1685 à Notre-Damme d'Alençon ; Parrain : Charles d'Angennes, Sgr de Fontaine-Riant ; marraine : Son Altesse Royale le duchesse de Guise, d'Alençon et d'Angoulême, Comtesse de Ponthieu (Gdt avec Robert l'Hermite).
  3. Près de Saint-Pierre-sur-Dives
  4. Geneanet. Catherine Élisabeth l'Hermitte
  5. Archives Municipales, série E ; 1 E 1, registre paroissial des Baptêmes, mariages et sépultures - 1662-1734
  6. L'Original a été perdu
  7. Conservés au Musée des beaux-arts d'Arras. Inv 795.13.2
  8. Alain Valtat, Histoire du Plessis-Robinson. Impr Marianne, 1972, p. 1 vers de Malézieu.
  9. Aujourd'hui comblé, il était à l'emplacement de l'actuel Groupe scolaire Henri-Wallon
  10. Abbé Lebœuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris
  11. Ses héritiers en ligne paternelle sont : Charles Rozée, Sgr d'Infreville, héritier pour moitié ; Guillaume René d'Anneville, chevalier, Sgr et patron de Tamerville, Flottemanville etc. et noble dame Catherine Geneviève de Héricy, héritière pour l'autre moitié.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • Archives municipales, série E (1E1) registre de Baptêmes, Mariages et Sépultures, 1662-1734.
  • Simon Lamoral Le Pipre de Neuville, Institution des deux compagnies des mousquetaires du roi, Paris.
  • Père Anselme, (1625-1694), Augustin déchaussé ; continué par Honoré Caille du Fourny ; Ange de Sainte-Rosalie ((1655-1726), Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France - Tome VII: Maréchaux, Amiraux et Généraux des Galères de France, Paris chez les Libraires associés, 1733, 3e éd., p. 261 et suivantes. p. 684 -685.
  • M. de Reboulet, Histoire du règne de Louis XIV, roy de France, Giraral, 1744.
  • Abbé Jean Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris
  • E. Chouteau, Le Maréchal de Montesquiou et sa femme Elisabeth l'Hermite d'Hiéville, Le Puy-en-Velay, 1935
  • Georges Poisson, Evocation du Grand Paris
  • René Pottier, Histoire d'un village, le Plessis-Robinson. Nouvelles éditions Latines, 1941 ; rééd. 1996. p. 85 à 101.
  • P. Anselme, Histoire généalogique de la Maison de France.
  • Georges Teyssier, (gendre de Louis Hachette), Le Plessis-Picquet, ancien Plessis-Raoul, le Plessis-Robinson, Ville du Plessis-Robinson, 1885 ; réédition 1968. p. 23-29.
  • Alain Valtat, Histoire du Plessis-Robinson, Impr. Marianne, 1972.
  • Joseph Varro, Où est la tombe du Comte d'Artagnan ?, in le Petit-Robinson, n°81, octobre 1996.
  • Jacques Ledeux, Le Plessis-Robinson, neuf siècles au fil de l'Histoire, Boulogne éd. TerraMare, 2009, p. 31-36.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]