Pierre William Johnson

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Pierre William Johnson

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Activités Écrivain Sociologue Économiste
Naissance 20 mai 1965
Ithaca, New-York (USA)
Langue d'écriture Français, Anglais, Espagnol, Portugais
Genres Essai

Pierre Johnson est écrivain franco-américain, sociologue et économiste. Son travail porte notamment sur les aspects socio-économiques du développement durable.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Né aux États-Unis d'un père américain (Ira D. Johnson) et d'une mère française (Christiane Ducros), la famille de Pierre Johnson quitte les États-Unis alors qu'il a 2 ans pour s'installer à Paris, où il fera ses études. Il est l'aîné de 3 frères. Ses parents organisent régulièrement des voyages aux États-Unis, à l'occasion d'échanges avec des universités de la côte Est ou de congés d'été. En 1974, la mère et ses 3 fils prennent le France au Havre pour rejoindre New-York, tandis qu'Ira les rejoint en avion. Après le décès d'Ira D. Johnson en avril 1976, Christiane élève seule ses 3 enfants. Quelques années plus tard (1978-79) elle organise de nouveau un échange d'une année à Stores, Connecticut. Durant le dernier été, les Johnson traversent les États-Unis d'Est en Ouest avec une famille amie, les Buneaux, comprenant les parents et deux jeunes fils.

De retour en France, Pierre Johnson intègre le Lycée Louis-le-Grand à Paris. Concerné par les questions sociales et philosophiques, il se dirige après son baccalauréat (1983) vers les études en sciences sociales, menant parallèlement un cursus préparatoire au Lycée Lakanal (Sceaux) et des études de philosophie (maîtrise sur l'idée de nation dans la philosophie de Jean-Jacques Rousseau avec Étienne Balibar), puis de sociologie et d'aménagement appliqué aux pays en voie de développement (1994). Il enseigne parallèlement l'anglais en entreprise pour subvenir à ses besoins. Désirant appliquer ses connaissances à la problématique du développement il fait un stage de 5 mois au département Asie de Cités Unies Développement (coopération décentralisée).

Premières missions de terrain[modifier | modifier le code]

Fin 1994, P. Johnson part comme volontaire en Thaïlande pour une grande ONG nationale, Population and Community Development Association. Basé à Maha Sarakham, dans la région d'Isan, il aide l'équipe locale pour la rédaction de rapports aux bailleurs de fond sur des projets de développement rural (recueil de l'eau de pluie, reforestation…).

De retour en France pour la Noël 1995, il accepte un contrat de courte durée avec Asie de Cités Unies Développement, puis décide de partir en Amérique latine. Volontaire pour le CEDAL [1], un centre d'étude et de documentation sur l'Amérique latine, il souhaite connaître ce continent. Il suit d'abord une formation à la gestion de projet à Bruxelles, afin de bénéficier d'un dispositif du CNCD pour l'appui aux coopérants travaillant pour la société civile dans les pays en développement. Il part ensuite en mai 1996 au Mexique et en Amérique centrale pour assurer le suivi de contacts du CEDAL et identifier des organisations qui auraient besoin de ses services. Après avoir rencontré différentes initiatives au Mexique, au Guatemala et au Honduras, un contrat est établi avec la coordination des organisations de producteurs de café de l'état d'Oaxaca (Mexique), pour un programme d'appui au développement local et d'évaluation des organisations membres de la coordination sur 2 ans. Durant cette période, P. Johnson organise des ateliers d'évaluation participative avec les organisations de producteurs, et initie son expérience de la dynamique des organisations de producteurs. Il reste à Oaxaca un an de plus. En 1999, il identifie pour la Fondation Charles Léopold Mayer des initiatives innovantes susceptibles de contribuer à l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, un réseau informel soutenu par cette fondation. Durant son séjour au Mexique, il est également correspondant de la revue de la coopération belge Demain le monde, et éditorialiste et correspondant pour la revue Caravane de l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire.

Animateur de réseaux d'innovations sociales et premiers ouvrages[modifier | modifier le code]

De retour en France fin 1999, il travaille deux ans pour la Fondation Charles Léopold Mayer au poste d'éditeur du site trilingue de l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire [2], en trois langues (français, anglais, espagnol). À cette occasion, il rencontre de nombreux responsables d'innovations sociales, en économie sociale et solidaire (Marcos Arruda, Chilo Villareal…), écologie industrielle (Suren Erkman), finance éthique (Paul Dembinski), etc.[3]. Sur la suggestion de Laurent Fraisse, il organise la première réunion de ce réseau sur le commerce équitable, dès son retour du Mexique, puis en assume également la coordination au sein de son Pôle de Socio-Économie Solidaire, pendant 6 années (2000-2006)[4]. Le coordinateur de ce pôle est alors Philippe Amouroux (décédé en mars 2006). P. Johnson rédige le Cahier de Propositions "Propositions pour des échanges solidaires au service du développement durable" avec les contributions du groupe commerce équitable. Ces responsabilités l'amène à participer de 2001 à 2005 aux éditions successives du Forum Social Mondial, avec la délégation de la Fondation Charles Léopold Mayer coordonnées par Gustavo Marin ou Philippe Amouroux, ainsi qu'à d'autres rencontres organisées par la Fondation Charles Léopold Mayer, sur la gouvernance ou la gestion des sols, par exemple.

En 2002, alors que la Fondation Charles Léopold Mayer entre en année sabbatique, P. Johnson est rapporteur du groupe de travail Commerce éthique et Commerce équitable du Comité français pour le sommet mondial du développement durable[5] : . Il prépare en parallèle avec l'association Yamana un projet de type II pour l'étude du label mexicain du commerce équitable, premier label de ce type dans un pays producteur. En 2003, il part plusieurs mois au Mexique pour réaliser l'étude du label mexicain du commerce équitable pour Yamana, avec un financement de la Délégation Interministérielle à l'Innovation et à l'Économie Sociale. Cette étude est publiée en français et en espagnol sur son site (ci-dessous) et sur Academia.edu.

En 2004, la Fondation Charles Léopold Mayer lui demande d'actualiser le Cahier de Propositions Commerce Equitable, qui est ensuite traduit en anglais, espagnol, portugais, italien et chinois[6]. Il coordonne ensuite un nouveau groupe de travail de 15 experts pour le Pôle de Socio-Économie Solidaire de l'Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire sur "un Agenda socio-économique pour le 21e siècle". Ce travail est interrompu par le décès du coordinateur de ce pôle, Philippe Amouroux, en mars 2006.

Missions d'expertise et de médiation[modifier | modifier le code]

Début 2005, il effectue un audit socio-environnemental de l'Usine Catende (Pe, Brésil) en partenariat avec l'organisme de certification brésilien Imaflora, partenaire de Rainforest Alliance, avec un financement de la Fondation France Libertés. Catende est alors la plus grande expérience d'économie sociale et solidaire. Il s'agit d'une entreprise de production de sucre de canne, possédant 11 000 hectares, et dont les producteurs ont déserté après avoir détourné frauduleusement des subventions d'état sous programme Proalcool. L'analyse socio-anthropologique révèle que trois secteurs sociaux en tension caractérisent cette entreprise : les ouvrier agricoles, les ouvriers de l'usine, la direction et les conseillers. L'audit conclut à la difficulté pour l'entreprise (en voie de transformation en coopérative) à répondre aux enjeux du développement durable, tant que l'entreprise n'a pas accès au crédit et les coopérateurs à une aide technique plus étendue. Une fois ce travail terminé, il forme les dirigeants de la coopérative Pindorama (Al, Brésil), une coopérative fruitière ancienne et prospère du Nordeste, au commerce équitable.

Il est alors appelé par le Programme des Nations unies pour le développement, afin d'effectuer une étude nationale du commerce équitable au Guatemala, dont la partie "terrain" est réalisée en mai, avec l'appui d'une équipe de recherche qu'il recrute sur place. Cette étude sera publiée à la fin de l'année suivante au Guatemala.

En 2006, il est chargé de mission de médiation internationale sur le commerce et l'agriculture, sur l'eau, pour Bridge Initiative International, jusqu'à la pause des activités de cette organisation en juin 2007. En mars, il participe au Forum International du Tourisme Solidaire et du Commerce Equitable à Tuxtla Gutierrez, Chiapas, Mexique. Il organise en octobre pour Bridge Initiative International la conférence "Reinventing Globalisation", en parallèle du Forum pour une Mondialisation Responsable, à Lyon.

Il effectue deux missions au Maroc pour le Réseau Marocain d'Économie Sociale et Solidaire, afin d'aider ce réseau de 24 associations d'appui à des coopératives de producteurs, dans la rédaction de leur plan d'action et de leur charte.

En 2008, il lance en ligne pour l'association 4D l'Encyclopédie du Développement Durable[7].

Fin janvier 2009, il participe à un voyage d'étude en Guyane et en Amazonie organisé par la Fondation France Libertés, qu'il prolonge en mission d'étude dans l'état de São Paulo sur la responsabilité sociale du secteur éthanol dans cet état. En juin, il lance Solecopedia, encyclopédie internationale de l'économie sociale et solidaire, bientôt étendue à l'économie écologique, et décide alors de s'inscrire en Master Ingénierie du Développement Durable, mention Médiations des Connaissances Environnementales de l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, pour lequel il obtient un congé de formation. Avant d'entamer cette formation, il obtient un contrat pour la finalisation du programme Ecost (pêche durable) avec le laboratoire REEDS de l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, qui s'achève par une mission de formation d'experts en septembre à Can Tho (Vietnam).

Travail sur la biodiversité, la biopiraterie et leur relation au commerce international[modifier | modifier le code]

De 2010 à 2012, Pierre Johnson approfondit son expertise sur les questions de développement durable et de médiation des connaissances environnementales, particulièrement sur les questions liées à la biodiversité et au biocommerce éthique. Après avoir obtenu le diplôme de Master en Médiations des Connaissances Environnementales en octobre 2010, il part en mission en Guyane française en appui à la dynamisation du commerce solidaire des produits artisanaux des communautés traditionnelles par une association proche du Museum National d'Histoire Naturelle. Il rencontre à cet occasion le WWF Guyane est effectue des entretiens pour l'étude des impacts de l'orpaillage illégal.

Au cours des deux années suivantes, il travaille pour le programme EJOLT (justice environnementale, commerce, évaluation) avec le laboratoire REEDS de l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, en procédant à l'évaluation de l'impact des gaz de schiste et de projets miniers et pétroliers en Amérique du Sud (Sierra del Condor, Yasuni ITT).

Prolongeant son travail de recherche sur les questions liées à la biodiversité et aux savoirs traditionnels, il prépare un ouvrage sur le sujet, et donne une conférence au Congrès Centifolia 2011 de Grasse sur la biopiraterie et ses alternatives [8].

En janvier 2012 est publié son ouvrage "Biopiraterie - Quelles alternatives au pillage des ressources naturelles et des savoirs ancestraux ?"[9], premier ouvrage original en français sur ce thème. En juin 2012, accrédité pour la conférence Rio + 20, il contribue à la conférence de la société internationale d'économe écologique et au Sommet des Peuples. Il continue, au cours de l'année, à donner des conférences et des formations professionnelles sur la biodiversité et les alternatives à la biopiraterie en France et au Maroc (mai 2012). Au cours de l'été et de l'autonome 2012, il participe activement à la commission biodiversité des Ateliers de la Terre.

Références et liens externes[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Biopiraterie : Quelles alternatives au pillage des ressources naturelles, Paris, Éditions Charles Léopold Mayer,‎ 2012, 238 p. (ISBN 978-2-84377-163-7, lire en ligne)
  • Situación actual de los mercados justos en Guatemala, United Nations Development Programme, Guatamala City, 2005
  • Commerce équitable : Propositions pour des échanges solidaires au service du développement durable, Éditions Charles Léopold Mayer,‎ 2003 (ISBN 2-84377-073-4, lire en ligne)

Études[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Autres références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]