Pierre VI Cazacul

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Pierre VI Cazacul (le Cosaque) (exécuté à Constantinople le 15 novembre 1592) fut prince de Moldavie en 1592. La monarchie était élective dans les principautés roumaines de Moldavie et de Valachie, comme en Transylvanie et en Pologne voisines : le prince (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources) était élu par (et souvent parmi) les boyards : pour être nommé, régner et se maintenir, il s'appuyait sur les partis de boyards et fréquemment sur les puissances voisines, habsbourgeoise, polonaise, russe et surtout ottomane, car jusqu'en 1859 les deux principautés étaient vassales de la « Sublime Porte » ottomane dont elles étaient tributaires[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

L'origine de ce prince est incertain il se présente comme un fils illégitime d'Alexandru IV Lăpusneanu, Selon la documentations et ses correspondances il entretient des relations avec le roi Philippe II d'Espagne, les Habsbourg d'Autriche, la cour d'Istanbul et l'Hetman polonais Jan Zamojski il se lie également d'amitié avec les cosaques Zaporogues d'où il tire son surnom de Cazacul.

Il occupe brièvement le trône de Moldavie à partir du mois d'août 1592 après avoir chassé Alexandru III cel Rău avec le soutien de la Pologne. Ce qui suscite la méfiance de la Sublime Porte qui considérait que la nomination du prince de Moldavie lui revenait. Il tente d'intégrer la ligue anti-ottomane et envoie en ce sens des messages des messages au Prince de Transylvanie Sigismond Báthory et à la Pologne.

À l'automne 1592, la Moldavie est attaquée de deux cotés: à l'est par 2.000 hommes dirigés par le capitaine Sibrik et au sud par les d'autres Turcs avec Aaron Tiranul et le Beylerbey de Grèce Vali Pacha. Pierre se dirige vers le sud afin de faire face aux Turcs. Mais Sibrik pénètre en Moldavie le 11 Octobre. Pierre Cazacul se retranche à Iasi cherchant à résister dans les forets voisines mais il est capturé et livré au Turcs. Il est détrôné en faveur d'Aaron Tiranul et exécuté par strangulation le 15 novembre 1592.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Grigore Ureche Chronique de Moldavie. Depuis le milieu du XIVe siècle jusqu'à l'an 1594 Traduite et annoté par Emile Picot Ernest Leroux éditeur Paris 1878. Réédition Kessinger Legacy Reprints (ISBN 9781167728846) p. 581-583.
  • (ro) Constantin C. Giurescu & Dinu C. Giurescu, Istoria Românilor Volume II (1352-1606), Editura Ştiinţifică şi Enciclopedică, Bucureşti, 1976.
  • Jean Nouzille La Moldavie, Histoire tragique d'une région européenne, Ed. Bieler, (ISBN 2-9520012-1-9)

Note[modifier | modifier le code]

  1. Le candidat au trône devait ensuite "amortir" ses "investissements" par sa part sur les taxes et impôts, verser en outre le tribut aux Ottomans, et s'enrichir néanmoins. Pour cela, un règne d'au moins un an était nécessaire, mais la "concurrence" était rude, certains souverains ne parvenaient pas à se maintenir assez longtemps sur le trône, et devaient ré-essayer. Cela explique la brièveté de beaucoup de règnes, les règnes interrompus et repris, et parfois les règnes à plusieurs (co-princes). En fait, le gouvernement était assuré par le Mare Vornic (premier ministre), ses ministres (spatar-armée, vistiernic-finances, paharnic-économie, logofat-intérieur... approximativement) et par le Sfat domnesc (conseil des boyards).
    Concernant le tribut aux Turcs, la vassalité des principautés roumaines envers l'Empire ottoman ne signifie pas, comme le montrent par erreur beaucoup de cartes historiques, qu'elles soient devenues des provinces turques et des pays musulmans. Seuls certains territoires moldaves et valaques sont devenus ottomans : en 1422 la Dobrogée au sud des bouches du Danube, en 1484 la Bessarabie alors dénommée Boudjak, au nord des bouches du Danube (ce nom ne désignait alors que les rives du Danube et de la mer Noire), en 1538 les rayas de Brăila alors dénommée Ibrahil et de Tighina alors dénommée Bender, et en 1713 la raya de Hotin. Le reste des principautés de Valachie et Moldavie (y compris la Moldavie entre Dniestr et Prut qui sera appelée Bessarabie en 1812, lors de l'annexion russe) ont conservé leurs propres lois, leur religion orthodoxe, leurs boyards, princes, ministres, armées et autonomie politique (au point de se dresser plus d'une fois contre le Sultan ottoman). Les erreurs cartographiques et historiques sont dues à l'ignorance ou à des simplifications réductrices. Voir Gilles Veinstein et Mihnea Berindei : L'Empire ottoman et les pays roumains, EHESS, Paris, 1987.