Pierre Révoil

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Pierre Révoil

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Portrait de Pierre Révoil
par Jean-Michel Grobon.

Nom de naissance Pierre Henri Révoil
Naissance 12 juin 1776
Lyon
Décès 19 mars 1842 (à 65 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Artiste peintre
Formation École centrale de Lyon
École des beaux-arts de Paris
Maîtres Donat Nonnotte
Alexis Grognard
Jacques-Louis David
Élèves Hippolyte Flandrin, Claude Bonnefond, Michel-Philibert Genod, Jean-Marie Jacomin, Victor Orsel, Jean-Claude Reverchon, Augustin Alexandre Thierriat, Anthelme Trimolet
Mouvement artistique Style troubadour

Œuvres réputées

Bonaparte relevant la ville de Lyon de ses ruines

Pierre Henri Révoil[1], né à Lyon le 12 juin 1776 et mort à Paris le 19 mars 1842, est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Né dans la paroisse Saint-Nizier, Pierre Révoil est le fils d’Antoine Révoil, pelletier, et de Marguerite Poncet, son épouse. Peu aisée, sa famille lui permet de suivre une éducation convenable.

Il commence ses études de dessin à l’école centrale de Lyon, dirigée par Donat Nonnotte et Alexis Grognard.

En 1793, la misère où tombe sa famille oblige son père à le placer chez un fabricant de papiers peints de Lyon, qui l’emploie à faire des emblèmes patriotiques, en faveur à l'époque, et notamment de nombreuses images de la Liberté. Puis il parvient à entrer à l’atelier de Jacques-Louis David à l'École des beaux-arts de Paris et il y poursuit son éducation à partir de 1795.

Le peintre[modifier | modifier le code]

D'abord fasciné par la peinture des vases grecs, il obtient une certaine notoriété avec ses scènes patriotiques et révolutionnaires. Son tableau de Bonaparte relevant la ville de Lyon de ses ruines (1805) lui attire l’attention du gouvernement impérial.

Il peint de grandes peintures religieuses (Honneur au Sacré Cœur de Jésus, 1807) mais rapidement, le Moyen Âge devient le sujet de la plupart de ses tableaux. S'éloignant de la peinture d'histoire, il s'oriente vers des sujets historiques populaires au caractère anecdotique et à la technique minutieuse avec des œuvres comme L'Anneau de l'empereur Charles Quint (1810), Le Tournoi (1812), Henri IV et ses enfants (1813).

Avec celles de son ami et collègue lyonnais Fleury François Richard, ses œuvres relèvent du style troubadour, en vogue au début de l'Empire.

Le professeur et le collectionneur[modifier | modifier le code]

La Classe de peinture à l’école de dessin de Lyon par Jean-Marie Jacomin.

Pierre Revoil est nommé professeur à l'École des beaux-arts au palais Saint-Pierre à Lyon en 1807.

Fervent collectionneur, il constitue, dès avant 1811, une collection d’objets précieux de cette époque : cuirasses, armures, bahuts, vases, tentures, tableaux, manuscrits. Chaque pièce de ce musée personnel est l’objet d’un enseignement pour ses élèves auxquels il en explique l’origine, l’emploi, la valeur artistique et leur en fait reproduire quelques-uns par le pinceau.

La collection de Révoil est déjà célèbre en 1811. Millin qui, de passage à Lyon, va la visiter, en a laissé une description fort complète dans le Magasin encyclopédique. Précurseur de toute une classe de grands amateurs modernes, Révoil est le premier à avoir formé un cabinet exclusivement composé d’objets mobiliers du Moyen Âge et de la Renaissance, que Louis Courajod a décrit en détail dans La Collection Révoil du Musée du Louvre[2]. En 1814, le comte d’Artois, qui a visité sa collection lors de son passage à Lyon, s’en souvient sans doute lorsqu’il en ordonne l’acquisition en 1828.

Nommé peintre de Madame la Dauphine, Pierre Révoil est accueilli avec empressement par la bonne société lyonnaise et se fait remarquer par la distinction de ses manières. II a, en outre, des talents de société. Il chante dans les soirées de petites romances de sa façon, que ses compatriotes trouvent admirables. Sa ballade intitulée La mort du sire de Damas a beaucoup de succès à Lyon.

Départ pour la Provence[modifier | modifier le code]

À la chute de l’Empire, Révoil se rallie au régime de la Restauration. En 1816, il se marie à Aix-en-Provence avec la fille aînée de son cousin âgée de 18 ans, et quitte Lyon en 1818 pour la Provence. Revenu dans sa ville natale en 1823, il reprend la direction de l’École jusqu’en 1830. Il vient à peine de céder sa collection à l’État quand la Révolution de Juillet éclate. Cet événement brise la carrière de Révoil qui, reparti avec toute sa famille pour la Provence, ne devait revoir ni ses élèves, ni son école.

Quelques années plus tard, sans fortune ni ressources, abandonné de tous, Révoil s'installe dans un grenier de la rue de Seine à Paris, où il meurt.

La femme de lettres Louise Colet, née Révoil, épouse d'Hippolyte-Raymond Colet, est sa belle-sœur. Son fils Henri Antoine Révoil est un célèbre architecte qui travaille à la restauration de nombreux monuments prestigieux dans le sud de la France.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Dessins, aquarelles[modifier | modifier le code]

Mademoiselle de La Vallière aux Carmélites,
par Pierre Révoil, 1er tiers du XIXe siècle, musée des beaux-arts de Lyon.
  • Musée du Louvre, Paris :
    • 1807, Portrait présumé du père de l'artiste, pierre noire.
    • vers 1807, Portrait de la mère de l'artiste, pierre noir, rehauts de blanc.
    • Scène de pêche du temps de François Ier ; crayon noir, plume encre brune, aquarelle, recto d'après des tapisseries flamandes du XVIe siècle représentant les Saisons.
    • Vendangeurs en costumes du XVIe siècle, aquarelle, mine de plomb.
    • Portrait de Marceline Desbordes-Valmore, dessin.
    • Personnage en costumes du XVIe siècle, aquarelle, mine de plomb.
    • Patineurs en costumes XVIe siècle, mine de plomb, aquarelle, plusieurs dessins.
    • Bonaparte relevant la ville de Lyon, dessin mis au carreau, pierre noire, estompe, craie blanche sanguine, mine de plomb, étude pour le tableau du même titre.
  • Lecture en famille , entre 1830 et 1838, musée des beaux-arts d'Angers.
  • Mademoiselle de La Vallière aux Carmélites, plume, encre et lavis d’encre brune, sur papier. H. 19 ; L. 13 cm. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Peintures[modifier | modifier le code]

Estampes[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

Salon des artistes français[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Prix, récompenses[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Fonctions[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claude Chaudonneret, La Peinture Troubadour, deux artistes lyonnais, Pierre Révoil (1776-1842), Fleury-Richard (1777-1852), Arthéna, Paris, 1980.
  • Louis Charles Jean Courajod, La Collection Révoil du Musée du Louvre, Caen, Le Blanc Hardel, 1886, p. 3-63.
  • Michel-Philibert Genod, Mémoires de l’académie impériale des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, Paris, Lyon, Durand, Brun, 1863, p. 19-37.
  • Charles Gabet (1793-1860), Dictionnaire des artistes de l'École française du XIXe siècle, de peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin, litographie et composition musicale , Paris, 1831, 710.p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né Pierre Henri Révoil.
  2. Louis Courajod, La Collection Révoil du Musée du Louvre, Caen, Le Blanc Hardel, 1886, p. 4-13.
  3. Marie-Claude Chaudonneret, deux artistes lyonnais, Fleury-Richard et Pierre Révoil, la Peinture Troubadour, éd. Athena, Paris, 1980, p.54.
  4. Bénézit