Pierre Prévost (physicien)

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Pierre Prévost

Naissance
Genève (Suisse)
Décès
Genève (Suisse)
Nationalité Suisse
Champs Philosophie, Physique
Institutions Académie de Berlin
Renommé pour Chaleur, Magnétisme

Pierre Prévost (3 mars 1751 - 8 avril 1839) était un philosophe et physicien suisse, né et mort à Genève. En 1791, il démontra que tous les corps émettent de la chaleur par radiation, qu'ils soient froids ou chauds.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Abraham Prevost, pasteur et régent au Collège, et de Jeanne-Marie Bellamy. Docteur en théologie et en droit de l'Académie de Genève, avocat en 1773, il se rend aux Pays-Bas comme précepteur, puis à Paris, où il est précepteur dans la famille Delessert (1774-1780). Il traduit Euripide, rencontre Jean-Jacques Rousseau et rêve d'une carrière littéraire.

En 1780, Frédéric II de Prusse lui offre un poste de professeur de philosophie à l'académie des gentilshommes de Berlin. Il publie des travaux d'économie politique et de mécanique corpusculaire inspirés par Georges-Louis Lesage et fait la connaissance de Joseph-Louis Lagrange, ce qui le conduit à étudier les sciences physiques.

En 1784, il devient professeur de Belles-Lettres à l'Académie de Genève, et en 1793 professeur de philosophie rationnelle. Cette chaire deviendra en 1809 celle de physique théorique et Prevost la conservera jusqu'en 1823.

Toujours inspiré par le système de Lesage, Prevost développe des réflexions sur le magnétisme (De l'Origine des forces magnétiques, 1788), sur la lumière et sur la chaleur, mais aussi sur la science des idées (idéologie) et sur les probabilités. Concevant la chaleur comme un fluide corpusculaire discret, il esquisse dès 1792 une théorie de l'équilibre mobile de la température (Recherches physico-mécaniques sur la chaleur) qu'il développe ensuite dans un ouvrage intitulé Du calorique rayonnant (1809). Joseph Fourier s'en inspirera pour donner aux échanges thermiques la forme d'une loi mathématique.

Spécialiste de la philosophie pragmatique anglo-écossaise du "common sense", Prevost traduit pour la Bibliothèque Britannique des frères Pictet les Essais philosophiques d'Adam Smith (1797), les Eléments de la philosophie de l'esprit humain de Dougald Stewart (1808) et l’Essai sur le principe de population de Malthus (1809). Il est aussi l'auteur d'Essais de Philosophie (1804).

La découverte dans les années 1808-1815 des phénomènes de polarisation de la lumière amène Prevost à développer sa théorie corpusculaire de la lumière et à préciser les fondements de son système dans Deux traités de physique mécanique (1818). D'une manière analogue, le développement de la théorie ondulatoire de la chaleur l'amène à réagir et à publier une Exposition élémentaire des principes qui servent de base à la théorie de la chaleur rayonnante (1832). Bien que dépourvues de développements mathématiques, ses conceptions parviendront encore à inspirer les concepteurs de la théorie cinétique des gaz, en particulier Kelvin et Maxwell.

Politiquement conservateur, Pierre Prevost entra au Conseil des Deux-Cents de Genève en 1786, dans une période de réaction politique, et siégea à l'Assemblée nationale genevoise en 1793. Il fut cependant incarcéré comme suspect en 1794. Quatre années plus tard, il fut appelé à cosigner, en tant que recteur de l'Académie de Genève, le traité de réunion à la France.

Pierre Prevost avait épousé en 1788 Louise-Marguerite Marcet, puis en 1795 sa soeur Jeanne-Louise Marcet, ce qui en faisait un beau-frère du chimiste Alexandre Marcet (1770-1822) et de sa femme Jane Marcet-Haldimand (1769-1858). Il était lui-même correspondant de l'Académie de Berlin (1784), après en avoir été membre ordinaire (1780-84), de la Royal Society d'Edimbourg (1796), de la Royal Society de Londres (1806) et de l'Institut de Bologne (1830).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Burghard Weiss, Zwischen Physikotheologie une Positivismus. Pierre Prevost (1751-1839) und die korpuskularkinetische Physik der Genfer Schule, Frankfurt, 1988.