Pierre Plantard

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Pierre Athanase Marie Plantard, né à Paris le et mort à Colombes (Hauts-de-Seine) le , dessinateur de métier, est surtout connu pour avoir longtemps tenté de prouver sa descendance de la lignée Mérovingienne.

Fils unique, issu d'une famille modeste[1], Plantard quitte l'école à 17 ans. Devenu sacristain à l'église Saint-Louis-d'Antin, dans le 9e arrondissement de Paris, il milite dans diverses associations d'extrême droite ce qui le mène à la fondation de divers groupes antijuifs tels que Rénovation nationale française ou Alpha Galates. Mais il est surtout connu pour être le co-auteur, avec Philippe de Chérisey, dans les années 1960 des documents d'archives sans preuves connus sous le nom de dossiers secrets d'Henri Lobineau. Pierre Plantard s'est trouvé a priori une ascendance noble à travers une généalogie mérovingienne, sans doute réelle. Il usa de toute une série de noms d'emprunt au fil de sa vie : « Varran de Verestra » ; « Pierre De France » ; « Chyren » (en référence à la prophétie de Nostradamus sur la venue d'un grand monarque) ; et dès 1975 (date importante dans l'Affaire dite de Rennes-Le-Château) il se fera nommer « Pierre Plantard de Saint-Clair » (voir Famille Sinclair référence aux Templiers de la Chapelle de Rosslyn en Écosse).

L’action politique[modifier | modifier le code]

Pierre Plantard s'essaiera une vingtaine d'années en politique, à l'extrême droite de l'échiquier français.

Après un bref passage à l'Action française de Charles Maurras[2], Pierre Plantard fonde le , à 17 ans, Alpha Galates, mouvement d'extrême droite qui soutiendra totalement le régime répressif de Vichy dirigé par Pétain. Son bulletin mensuel de quatre pages, Vaincre — Pour une jeune chevalerie, n'est publié et distribué gratuitement qu'à six reprises entre septembre 1942 et février 1943. Il y signe des articles sous le nom de « Pierre De France » ou « Pierre De France-Plantard ».

En décembre 1940, Pierre Plantard se dit dirigeant de Rénovation nationale française. Le 21 avril 1941, il écrit à la Préfecture pour l’informer que son mouvement a décidé, avec « l’appui des hautes autorités allemandes, de prendre possession du local inoccupé situé au 22 place Malesherbes et loué à un juif anglais, M. Shapiro ». La permission sera refusée par les autorités allemandes le 3 septembre 1941.

À la Libération, il essaie de faire passer ces organisations pour des groupes de résistance. Son dernier coup d’éclat se situe lors de la crise de mai 1958 lorsqu’il prétend être l’un des organisateurs des comités de salut public en métropole[3].

L’action ésotérique[modifier | modifier le code]

Les pièces essentielles de cette construction ésotérique sont issues du contact que Plantard aurait eu, avant et pendant la guerre, avec le milieu synarchiste de Saint-Yves d'Alveydre, notamment par l'entremise d'Israël Monti (Marcus Vella), alias Georges Monti (1885-1936)[4]. Ce sont sans doute ces premiers éléments qui l'ont poussé, en 1947, à rassembler les papiers légaux nécessaires à la création de l’Académie latine, organisation dont le but était la recherche historique. Mais il faudra réellement attendre le milieu des années cinquante pour le voir répandre, dans les cercles catholiques, une version de son histoire personnelle qui accrédite son ascendance royale, Plantard se disant descendant de Dagobert II, Mérovingien et prétendant au trône de France.

Le 8 juillet 1951, il est initié au Grand Orient de France par la loge L’Avenir du Chablais à Ambilly[5].

En décembre 1953 , Plantard déclare être le dirigeant d’une organisation secrète, le Prieuré de Sion. Le 7 mai 1956, il en dépose les statuts à la sous-préfecture de Saint-Julien-en-Genevois. L’objectif de cette confrérie serait de rénover moralement l’Europe en réalisant l’unification du continent par la CEE et d'autres moyens plus complexes. Pour donner une preuve de ses propos, Plantard n'hésite pas, avec l'aide de son ami Phillipe de Chérisey, à fabriquer et introduire anonymement, entre 1964 et 1967, à la Bibliothèque nationale de Paris, une série de documents sans preuves tapuscrits sous le nom des Dossiers secrets d'Henri Lobineau : parmi ceux-ci un document relatif au Prieuré de Sion. Sa tentative de persuasion, conviction, commence ainsi à se renforcer.

Le Prieuré de Sion sortira de son quasi-anonymat en 1967, lorsque Plantard contacte Gérard de Sède, déjà auteur d'un livre sur l'histoire de Gisors (Les Templiers sont parmi nous, 1962). Cette rencontre aboutira au deuxième livre de De Sède, L'or de Rennes (1967), qui lui-même servira de base au best seller de Dan Brown, le Da Vinci Code[6]. Toute la fantasmagorie sur Rennes-le-Chateau et le trésor caché de l'abbé Saunière démarre alors, notamment entretenue par des « parchemins » fabriqués par Philippe de Chérisey pour ce livre, alors que l'abbé Saunière ne faisait que du trafic de messes, ainsi qu'en attestent ses comptes et archives consultables au diocèse de Carcassonne.

En 1993, Pierre Plantard sera interrogé par la justice dans le cadre de l'enquête sur la mort de Roger-Patrice Pelat, ancien ami de François Mitterrand. Plusieurs documents retrouvés chez lui le présentent comme étant le « vrai Roi de France »[7]. C'est alors que Plantard avouera son illégitimité de roi de France et recevra le conseil de ne plus jouer avec la justice française.

Il resta isolé de 1993 jusqu'à sa mort. Mort le 3 février 2000, l'annonce ne fut faite que le 17 juin de la même année, mais en indiquant une date de décès au 13 juin[8]. Ses restes furent incinérés.

Influences[modifier | modifier le code]

  • En 1982, trois auteurs anglais : Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh ont écrit L'Énigme Sacrée puis Le Message où ils ont plusieurs entrevues avec Pierre Plantard.
  • Dans le jeu video d'aventure Les Chevaliers de Baphomet sorti en 1996, un homme nommé Plantard se fait assassiner dans l'introduction. Un personnage secondaire porte également le nom de Lobineau.
  • En 2003, Dan Brown s'est explicitement référé au Prieuré de Sion dans son ouvrage Da Vinci Code. Il en fait une de ses sources historiques et mentionne Pierre Plantard.
  • Vers 2005, Jean-Jaques Bedu écrit Les sources secrètes du Da Vinci Code où il parle d'une conversation téléphonique qu'il a eu avec M. Plantard.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Adler, Sociétés secrètes : de Léonard de Vinci à Rennes-le-Château, Paris, Bernard Grasset,‎ , 318 p. (ISBN 9782246724018).
  • Raoul de Warren et Aymon de Lestrange, Les prétendants au trône de France, L'Herne, Paris, plusieurs rééditions.
  • Christian Doumergue, Le secret Dévoilé, Éditions de l'Opportun, 2013
  • Christian Doumergue et Thierry E. Garnier, Le Prieuré de Sion, Éditions Arqa, 2012
  • Jean-Pierre Garcia, Rennes-le-Château : Le Secret dans l'Art ou l'Art du Secret, 2008 (ISBN 978-2-9530184-0-0)
  • Tony Baillargeat, Arsène Lupin : À propos de l'E(s)toile, Éditions La Compagnie Littéraire, 2013[9]
  • Arnaud de l'Estoile, Pierre Plantard, coll. Qui suis-je ?, Éditions Pardès, 2014 (ISBN 978-2867144745)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adler, p. 26
  2. Adler, p. 27-28
  3. Adler, p. 28-29
  4. Adler, p. 92-102
  5. Sa fiche au Grand Orient de France a été publiée par deux auteurs, Éric Giacometti et Jacques Ravenne, dans Apocalypse la 5e enquête du commissaire Marcas (Fleuve Noir 2009) à la fin du livre : "de Plantard, Pierre Athanase Marie, conseil juridique assureur, né le 18 mars 1920 à Paris VIIe, (résidant à) Vaison-Régnier, initié le 8 juillet 1951 par la loge "L’Avenir du Chablais" à Ambilly, exclu le 13 janvier 1954 (décret du Conseil de l’Ordre)". Source blog Hiram.
  6. Adler, p. 41-44
  7. Voir le journal Minute du 13 octobre 1993
  8. [1] La mort de Pierre Plantard
  9. http://www.compagnie-litteraire.com/images/presse/tony_arsene_lupin.gif