Pierre Olivaint

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Pierre Olivaint (22 février 1816, Paris - 26 mai 1871, exécuté pendant la Commune de Paris) est un prêtre jésuite français, éducateur, travailleur social, guide spirituel et fondateur d’une « Société de jeunes gens » qui devint après son exécution la « Conférence Olivaint ».

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de militaires incroyants, il reçut une éducation faite d’intégrité et de droiture. Son père mourut jeune. La famille connut l’indigence, malgré les efforts d’une mère toute dévouée à ses six enfants. À vingt ans, Olivaint passe l’examen de Normale Supérieure.

Tournant socio-religieux[modifier | modifier le code]

Les problèmes sociaux le tracassent Il est d’abord attiré par le « Socialisme évangélique » de Philippe Buchez. Il suit les conférences de Lacordaire à Notre-Dame de Paris et va écouter les sermons du père Xavier de Ravignan avec lequel il entre en relation suivie (1837). Il est déjà l’âme d’un groupe d’étudiants sociaux, travaillant dans le sillage de Frédéric Ozanam. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il enseigne durant deux ans et travaille comme précepteur chez les La Rochefoucauld tout en faisant l’agrégation d’histoire qu’il passe brillamment en 1847.

Éducateur à Paris[modifier | modifier le code]

C’est exactement le jour où Thiers demande l’expulsion des jésuites de France (2 mai 1845) qu'Olivaint entre au noviciat de Laval. Il y suit le parcours ordinaire de formation spirituelle et intellectuelle et est ordonné prêtre en 1850.

Il passe ensuite treize ans (1852-1865) au collège Vaugirard de Paris où il est tour à tour professeur, préfet et recteur[1]. Comme éducateur, son influence sur les collégiens est profonde. Il ouvre les élèves au contact avec les pauvres. Il collabore également à l’apostolat ouvrier de l’abbé Henri Planchat.

Transféré à la résidence jésuite de la rue de Sèvres en 1865, il s’implique encore davantage dans le travail social, cette fois auprès des jeunes filles abandonnées. Il rassemble les étudiants qui l’accompagnent dans son travail dans une Société des jeunes gens (en fait une restauration des « Congrégations mariales ») qui y reçoivent une formation spirituelle et sociale.

Par ses prédications, ses écrits et la direction spirituelle, il en enrôle d’autres également dans ce travail socio-éducatif, y compris des fondatrices de congrégations religieuses. Olivaint est grand défenseur de la liberté d’enseignement.

Commune de Paris[modifier | modifier le code]

Le climat politique en France, cependant, est de plus en plus anti-religieux. La haine descend dans les rues. Après les troubles qui eurent lieu au collège Sainte Geneviève de Versailles, Olivaint envoie par prudence les jésuites de sa résidence en divers lieux. Lui-même comme supérieur décide de rester. Il est arrêté le 4 avril 1871 et emprisonné à la Conciergerie. Considéré comme otage, avec une cinquantaine d’autres prisonniers (dont neuf autres prêtres), Olivaint est passé par les armes le 26 mai 1871, durant ce que l’on a appelé la « Semaine sanglante » de la Commune de Paris.

Conférences Olivaint[modifier | modifier le code]

En 1875, la « Société des jeunes gens » fondée par Olivaint adopta le nom de Conférence Olivaint pour les étudiants réfléchissant aux problèmes socio-politiques, et Cercle Laennec pour les étudiants en médecine.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • (publiés par Ch.Clair) P. Olivaint. Journal de ses retraites spirituelles, Paris, 1873.
  • Aux jeunes gens: conseils du père Olivaint, Paris, 1880.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le foyer Pierre Olivaint". Résumé d'un article d'Elisabeth Lemaire in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – n° 23".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Clair : Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de Jesus, Paris, 1878.
  • A. de Ponlevoy : Actes de la captivité et de la mort des RR.PP. Olivaint, Ducoudray...., Paris, 1871.
  • Yves de Labrière : P. Olivaint, Paris, 1921.