Pierre Michon

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Pierre Michon

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Pierre Michon en 2008.

Naissance au hameau des Cards
commune de Châtelus-le-Marcheix
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français

Œuvres principales

Pierre Michon est un écrivain français né le à Châtelus-le-Marcheix (au hameau Les Cards) dans la Creuse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Michon naît à Châtelus-le-Marcheix dans la maison de ses grands-parents. Il est élevé par sa mère institutrice après que son père eut quitté le foyer. Il passe son enfance à Mourioux puis au lycée de Guéret, où il est pensionnaire. Il étudie ensuite les Lettres à Clermont-Ferrand et veut consacrer à Antonin Artaud un mémoire de maîtrise, projet qu'il abandonnera[réf. souhaitée]. Il voyage par la suite dans toute la France, ayant rejoint une petite troupe de théâtre. Michon n'exerce pas de profession stable.

À trente-neuf ans, il entre dans la vie littéraire avec la publication des Vies minuscules qui obtient le prix France Culture 1984. Il déclarera plus tard que ce livre l'a « sauvé » : soit il devenait écrivain, soit il devenait clochard (sa situation financière devenait de plus en plus inquiétante).

À ce livre succèdent Rimbaud le fils, ensemble de textes courts sur la destinée d'Arthur Rimbaud, analysant le poète qui a déjà fait couler beaucoup d'encre sous un angle nouveau, celui des personnes qui l'ont côtoyé dans son enfance et ceux qui l'ont guidé sur le chemin de la poésie. Puis, dans une veine romanesque, La Grande Beune et Abbés. Dans Vie de Joseph Roulin, il relate l'histoire du facteur six fois pris en modèle par Van Gogh et mesure ainsi l'écart entre la misère, l'agonie du peintre d'Auvers-sur-Oise, et l'avenir inimaginable de ses tableaux après sa mort.

En 2009, Pierre Michon publie Les Onze, un livre dans lequel il évoque l'histoire du peintre Corentin et celle de la Révolution française à partir de la description d'un grand tableau représentant les onze membres du Comité de salut public (Robespierre, Saint-Just, Barrère, etc.) pendant la Terreur, qui serait exposé au Louvre (en réalité le peintre et le tableau sont fictifs).
Pour ce roman, Michon reçoit le le Grand prix du roman de l'Académie française[1].

Il est le père d'une fille, Louise, née le 11 octobre 1998[réf. nécessaire].

Vies minuscules (1984)[modifier | modifier le code]

Ce livre se présente comme une suite de nouvelles ou « vies » de personnages côtoyés par le narrateur durant son enfance, rencontrés ou retrouvés plus tard dans sa vie d'errance. Le récit, pris dans son ensemble, s'apparente au genre autobiographique, non pas comme une confession, mais comme une exploration du destin d'écrivain du narrateur, dont tout l'enjeu du livre est qu'il soit mené à bien.

Pierre Michon a consacré quatre-vingt quinze carnets de notes pour rédiger ce recueil de vies, qui contrairement au roman permettent une plus grande vérité et authenticité. Les Vies Minuscules regroupent 8 vies d'inconnus. Il ne s'agit pas de leur biographie exhaustive, mais de biographèmes qui sont à rapprocher de la vie du narrateur et à travers lui de Michon. Il y a la « vie d'André Dufourneau », enfant de l'assistance publique confié aux grands-parents du narrateur pour les aider et qui part en Afrique dans les colonies. Celle d'Antoine Peluchet dont le père, qu'il a quitté, rêve a vie de son fils en l'imaginant aventurier en Amérique. Celle d'Eugène et de Clara les grands-parents paternels du narrateur, qui essayent de combler l'absence de son père. La vie des frères Bakroot, deux adolescents qu'il rencontre au collège et dont les liens fraternels le fascinent. Celle du père Foucault, condamné par un cancer à la gorge qui préfère se taire à jamais plutôt que d'avouer son illettrisme. Celle de George Bandy, abbé déchu et alcoolique dont les messes sont destinées aux pensionnaires d'un asile psychiatrique dans lequel le narrateur fait un court séjour. La vie de Claudette, amante passagère du narrateur. Et enfin la vie de la petite morte, la soeur du narrateur, morte alors qu'elle n'a qu'un ou deux ans et dont l'absence provoque chez le narrateur une intense réflexion.

Un des thèmes majeurs du recueil est l'absence du mâle et son insuffisance opposée à l'omniprésence de la figure maternelle. Dans les Vies minuscules, l'homme est faible et défaillant à l'instar de celui du narrateur qui abandonne sa famille comme l'a fait le père de Pierre Michon. La mère à l'inverse est très présente et c'est par elle que se fait la transmission. Le narrateur dit d'ailleurs qu'il n'a jamais pu admirer que des figures féminines comme sa mère ou ses grands-mères. En racontant ces vies Michon permet la résurrection de ces êtres inconnus et sans histoire. Il dit d'ailleurs : « Quand j'écris je pense toujours au mythe de la résurrection des corps dans le christianisme ». C'est là la fonction de l'écriture pour Pierre Michon.

Style littéraire et influences[modifier | modifier le code]

Pierre Michon, c'est avant tout un travail acharné sur la langue, et c'est dans ce sens que l'on peut se permettre de rapprocher les écrits de Michon de la poésie en prose : chaque mot est choisi précisément et a une signification propre dans la phrase ; de plus, l'écriture de Michon est profondément orale, dans le sens où chaque phrase a une musicalité qui la rapproche d'un discours ou d'un texte poétique chanté. Le premier point a amené certains auteurs à trouver dans les écrits de Pierre Michon une influence des grands orateurs du XVIIe siècle. Le dernier point pourrait se voir comme une influence de la poésie chantée des troubadours du Moyen Âge, et comme une tentative de retour au langage parlé, dont on a semble-t-il perdu le lien. Dans son ouvrage, Le Roi vient quand il veut, Michon expose sa vision de la littérature et ses buts littéraires. Il explique notamment son rapport à la peinture, dont nous aurons un exposé dans Les Onze ; ou encore son rapport à Rimbaud, à qui il avait consacré Rimbaud le Fils, ou encore son admiration pour le célèbre roman de Flaubert Madame Bovary, dans lequel on trouve, selon lui, une richesse inégalée dans la littérature, à part peut-être dans la Bible. Comme l'auteur l'a déclaré lui-même dans ce même ouvrage, on peut le rapprocher d'autres auteurs modernes, notamment Pierre Bergounioux[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Études en ligne[modifier | modifier le code]

Adaptations au théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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