Pierre Louis Jean Casimir de Blacas d'Aulps

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Le duc de Blacas.
tombeaux des Bourbons à Kostanjevica - sarcophage du Duc de Blacas

Pierre Louis Jean Casimir de Blacas d’Aulps, 1er prince et duc et de Blacas, né le 10 janvier 1771 à Avignon, baptisé le 11, mort à Vienne (Autriche) le 17 novembre 1839, inhumé au monastère français de la Castagnavizza à Goritz (aujourd’hui Nova Gorica, Slovénie), marié à Londres le 22 avril 1814 à Henriette Marie Félicité du Bouchet de Sourches de Montsoreau, née à Paris le 20 février 1780, morte à Paris le 10 octobre 1856, fille d’Yves Marie du Bouchet de Sourches, comte de Montsoreau, maréchal de camp, lieutenant général, et de Marie Charlotte Lallemand de Nantouillet.(...)"

Sous-lieutenant au Noailles-Dragons, il émigra en 1790, s'attacha dans l'exil à la représentation du comte de Provence (futur Louis XVIII), qui le chargea de diverses missions dont une à Saint-Pétersbourg. Devenu roi, ce dernier le nomma maréchal de camp (8 août 1814), ministre de la Maison du Roi (2 juin 1814), grand-maître de la garde-robe, intendant général des bâtiments de la Couronne. Il l'accompagna à Gand, fut nommé pair de France à son retour, puis ambassadeur à Naples où il négocia le mariage du duc de Berry avec Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, fille du Roi des Deux-Siciles, et puis à Rome, où il fit signer le concordat du 11 juin 1817 En 1830, il suivit les Bourbons dans l'exil. Pendant son administration, il avait favorisé Champollion et crée le Musée égyptien du Musée du Louvre. M. de Blacas avait formé un riche cabinet d'antiquités que M. Reinaud a décrit en partie sous le titre de Description des monuments musulmans du cabinet du duc de Blacas, 1828. Il était membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, membre libre de l’Académie des beaux-arts et chevalier du Saint-Esprit.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Baptisé à Avignon le 11 janvier 1771, il appartenait à une ancienne famille noble et s'opposa à la Révolution. En 1790, alors qu'il était sous-lieutenant au régiment de dragons de Noailles, il passa le Var et s'enfuit à Nice, qui faisait alors partie du royaume de Sardaigne. De là, il se rendit à Coblence où il se joignit à l'armée contre-révolutionnaire composée d'émigrés, sous les ordres du cousin de Louis XVI, le prince de Condé. Il passa ensuite en Italie avant d'entrer au service de la Russie et de combattre en Suisse contre la République française sous les ordres de Souvorov.

Au service du roi[modifier | modifier le code]

Alors qu'il était au service de l'Autriche, il se rendit à Varsovie et rejoignit la cour en exil du comte de Provence, frère cadet de Louis XVI et prétendant au trône de France, qui le chargea de différentes missions, dont l'une à Saint-Pétersbourg. Malgré l'aide de Joseph de Maistre, envoyé diplomatique du roi de Sardaigne à la cour du tsar Alexandre Ier, il ne put obtenir que de maigres avantages pour le futur roi. Pourtant, son désir de faire ce qu'il pouvait pour le prince en exil lui gagna vite la confiance de son maître. En 1809, il fut fait grand-maître de la Garde-robe du Roi. Après la mort du comte d'Avaray en 1811, il devint le plus proche conseiller du comte de Provence et son favori.

Le 22 avril 1814, il se maria à Londres avec une autre exilée, Henriette Marie Félicité du Bouchet de Sourches de Montsoreau. Elle était née à Paris le 20 février 1780, fille d'Yves Marie du Bouchet de Sourches, comte de Montsoreau, maréchal de camp et lieutenant général pendant l'Ancien Régime, et de sa femme Marie Charlotte Lallemand de Nantouillet. Le comte de Montsoreau était le neveu de la marquise de Tourzel, qui fut gouvernante des enfants de Louis XVI au début de la Révolution.

Auprès de Louis XVIII[modifier | modifier le code]

Quand le comte de Provence devint effectivement roi de France après la chute de Napoléon en 1814, Blacas fut nommé ministre de la Maison du Roi avec le grade de maréchal de camp. Il joua un rôle important dans le Conseil du nouveau roi, étant le « ministre favori »[1] de ce dernier, nommé à la tête de sa Maison.

Quand Napoléon revint de l'Île d'Elbe, Blacas accompagna le roi pendant sa fuite à Gand, mais son impopularité lui valut d'être remercié quand Louis XVIII revint à Paris après Waterloo. Il fut bien nommé pair de France avec le titre de Comte de Blacas d'Aulps le 17 aout 1815, mais bien vite sa place comme conseiller royal fut prise par Élie Decazes, plus modéré que lui.

La disgrace et l'Italie[modifier | modifier le code]

Bouc émissaire pour les excès des royalistes de 1814, Blacas fut de fait exilé comme ambassadeur de France à la cour du Royaume des Deux-Siciles, à Naples. C'est là qu'il négocia en 1816 le mariage du neveu de Louis XVIII, le duc de Berry, avec Caroline la fille de François Ier des Deux-Siciles. En 1816, également, il entra à la fois à l'Académie des inscriptions et belles-lettres et à l'Académie des beaux-arts. Par la suite il fut nommé ambassadeur de France auprès du Saint-Siège à Rome. Il signa un concordat entre la France des Bourbons et le pape Pie VII le 11 juin 1817. En 1820, il reçut l'Ordre du Saint-Esprit. Alors qu'il était encore ambassadeur à Rome, il fut un des trois représentants de la France au Congrès de Laybach en 1821.

C'est en 1817, pendant son séjour à Rome qui dura de nombreuses années, qu'il fit obtenir à l'artiste français Ingres sa première commande officielle depuis 1814 ; il patronna également le classiciste allemand Theodor Panofka, qui revint avec lui à Paris en 1828. En plus, il travailla en étroite collaboration avec l'archéologue italien Carlo Fea à des fouilles sur le Forum Romain. Ensemble, ils identifièrent correctement le Temple de Castor et Pollux en 1816.

Charles X[modifier | modifier le code]

Louis XVIII l'éleva au rang de duc de Blacas d'Aulps le 30 avril 1821 et le nouveau roi, Charles X, le choisit pour être un de ses premiers gentilshommes de la chambre. Il fut aussi nommé intendant général des Bâtiments de la Couronne. Pendant son administration, il apporta son aide à l'orientaliste Champollion et créa le « Musée égyptien » au Louvre. Au cours de sa vie, il amassa une riche collection d'antiquités dont Joseph Toussaint Reinaud a donné en 1828 une description partielle sous le titre Description des monuments musulmans du cabinet du duc de Blacas. En 1866, ses descendants en vendirent la plus grande partie au British Museum, où elle se trouve encore aujourd'hui.

En 1830, Blacas suivit les Bourbons dans leur exil. Avec d'autres légitimistes déterminés, comme Ferdinand de Bertier, il définit un programme politique dans l'optique d'une restauration de la branche aînée, l'édit de réforme du royaume. La réforme prévoyait l’élection par les contribuables de conseils municipaux, qui éliraient des conseils cantonaux. Chaque canton enverrait dans les conseils généraux chargés d’administrer les départements. Ces derniers seraient rassemblés en 18 provinces, dont les assemblées (états provinciaux) siègeraient 30 jours par an. A l’échelon national, l’édit prévoyait deux chambres : une chambre des pairs héréditaires et une Chambre des députés nommés par les provinces[2],[3]. Il contribua à écarter la duchesse de Gontaut comme gouvernante des petits-enfants du roi, tout comme le maréchal d'Hautpoul, chargé de l'éducation du duc de Bordeaux, car il craignait leurs opinions politiques relativement libérales. Il fut créé « Fürst » (Prince) de Blacas d'Aulps par l'empereur d'Autriche le 16 mai 1837. Il mourut le 17 novembre 1839 et fut enterré à côté de la crypte de Charles X dans l'église Sainte-Marie de l'Annonciation sur la colline de Kostanjevica près de Gorizia, église alors en Autriche et maintenant en Slovénie près de la frontière italienne à Nova Gorica. Sa femme mourut à Paris le 10 octobre 1856.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une médaille posthume à son effigie fut commandée par ses amis au graveur Maurice Borrel en 1841. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 183).

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext Duc et pair de France (Restauration) OSE.svg
Blacas.svg
Armes du duc de Blacas, pair de France

D'argent, à une étoile (16 rays) de gueules.[6]

On trouve aussi : D'argent à la comète de gueules.[réf. à confirmer][4]
Cimier 
Sept casques couronnés.
Cri 
SOUVENANCE.
Tenants 
Deux sauvages de carnation, ceints et couronnés de lierre, armés de massues.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Pierre Louis Jean Casimir de Blacas » (voir la liste des auteurs)
  • Extrait de l'article de Pierre Nicolas, généalogiste, avec son aimable autorisation. Pour consulter l'article entier, voir le site du comte de Chambord, à la rubrique "son entourage".
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Familles subsistantes de la noblesse française

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel de Waresquiel, Talleyrand, le prince immobile, p. 319
  2. Ferdinand de Bertier de Sauvigny, Souvenirs d’un ultra-royaliste, p. 461.
  3. Hugues de Changy, Le soulèvement de la duchesse de Berry, 1830-1832. Les royalistes dans la tourmente, Paris, DUC-Albatros, 1986, p. 107.
  4. a et b François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 septembre 2005 (consulté le 18 juin 2011)
  5. a et b « Notice no LH/247/5 », base Léonore, ministère français de la Culture
  6. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887