Pierre-Louis Ginguené

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Pierre-Louis Ginguené.
(D’après un portrait de Henri-Pierre Danloux).
Tombe de Pierre-Louis Ginguené au cimetière du Père-Lachaise.

Pierre-Louis Ginguené, né à Rennes le 25 avril 1748 et mort à Paris le 16 novembre 1816, est un journaliste, écrivain, professeur et poète français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fit ses études au collège Saint-Thomas de sa ville natale où il eut pour condisciple Évariste Parny. Il commença par publier quelques poésies légères dans l'Almanach des Muses. En 1778, il publia la Satire des Satires, et, l’année suivante, un conte, La Confession de Zulmé, écrit plusieurs années auparavant et que plusieurs auteurs, qui en avaient pris copie, s’étaient attribués. Cette œuvre fut remarquée et donna quelque renommée à son auteur. Elle lui valut notamment un emploi dans les bureaux de Jacques Necker.

En 1789, partisan modéré des idées de la Révolution, il collabora à la Feuille villageoise, au Moniteur universel puis à la Décade philosophique. En août 1791, il rédigea une pétition dans le but de transférer les cendres de Jean-Jacques Rousseau au Panthéon[1]. Emprisonné sous la Terreur du 3 mai au 10 août 1794, il fut sauvé par la Chute de Robespierre le 9 thermidor (27 juillet 1794. Il participa activement à l'organisation de la cérémonie d'entrée au Panthéon de Jean-Jacques Rousseau le 11 octobre 1794.

Sous le Directoire, il fut nommé directeur de l’Instruction publique au ministère de l’Intérieur (novembre 1795 - mars 1798). Il fut membre de l’Institut dans la classe des Sciences morales et politiques (section d’Analyse des sensations et des idées) et dans la classe d’Histoire et de Littérature ancienne (Académie des inscriptions et belles-lettres). Il fut enfin ambassadeur de la République française à Turin, où il ne resta que peu de temps. Revenu en France, il fut membre du Tribunat, mais ses articles dans La Décade philosophique, opposée au régime, l'en firent éliminer en 1802.

Après cet intermède administratif et politique, il retourna à la littérature : « Il a fini ses jours, indique Chateaubriand dans les Mémoires d'Outre-tombe, en littérateur distingué comme critique, et, ce qu’il y a de mieux, écrivain indépendant dans La Décade philosophique. La nature l’avait mis à la place d’où la société l’avait mal à propos tiré. » Il devint professeur de littérature italienne, collabora à la Revue philosophique, littéraire et politique et signa des articles de critique musicale.

Homme foncièrement honnête et bon, on le surnommait « le bon Ginguené ». Il fut membre actif de la loge maçonnique les Neuf Sœurs.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Pomponin, ou le tuteur mystifié, opéra bouffon en 2 actes, représenté au château de Fontainebleau en 1777
  • La Satire des satires, 1778
  • Épître au poète Le Brun pour l’engager à publier le recueil de ses poésies, avril 1785
  • Éloge de Louis XII, Père du peuple, discours qui a concouru pour le prix de l’Académie française en 1788
  • Ode sur les États généraux, 1789
  • De l’Autorité de Rabelais dans la révolution présente et dans la constitution civile du clergé, ou institutions royales, politiques et ecclésiastiques, tirées de "Gargantua" et de "Pantagruel", 1791
  • Lettres sur les Confessions de J.-J. Rousseau, 1791
  • Tableaux de la Révolution française, ou Collection de quarante-huit gravures, représentant les événements principaux qui ont eu lieu en France depuis la transformation des États généraux en Assemblée nationale, le 20 juin 1789, en collaboration avec l’abbé Claude Fauchet, Chamfort et Pagès, 1791-1804
  • De M. Necker, et de son livre intitulé : "De la révolution française", 1796
  • Notice sur la vie et les ouvrages de Nicolas Piccinni, 1800
  • Coup d’œil rapide sur le ″Génie du christianisme″, ou Quelques pages sur les cinq volumes in-8° publiés sous ce titre par François-Auguste Chateaubriand, 1802
  • Lettres de P.-L. Ginguené, ... à un académicien de l’Académie impériale de Turin [l’abbé Valperga de Caluso] sur un passage de la vie de Vittorio Alfieri, 1809
  • Fables nouvelles, 1810
  • Histoire littéraire d’Italie, 1811
  • Notice sur la vie et les ouvrages de M.-J. de Chénier, 1811
  • Les Noces de Thétis et de Pélée, poème de Catulle, traduit en vers français, 1812

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Trousson, Jean-Jacques Rousseau, Tallandier, 2003, p. 753

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paolo Grossi, Pierre-Louis Ginguené, historien de la littérature italienne, Bern, Lang, 2006 (ISBN 9783039111503)
  • Édouard Guitton, Ginguené : idéologue et médiateur, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1995 (ISBN 2868471579)
  • Paul Hazard, Journal de Ginguené, 1807-1808, avec une étude, Paris, Hachette, 1910
  • (it) Cristina Trinchero, Pierre-Louis Ginguené (1748-1816) e l’identità nazionale italiana nel contesto culturale europeo, Roma, Bulzoni, 2004 (ISBN 9788883199950)
  • Sergio Zoppi, P.-L. Ginguené journaliste et critique littéraire, Torino, G. Giappichelli, 1968

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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