Pierre Gravel

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L'abbé Pierre Gravel (24 septembre 1899 à Château-Richer, Québec - 29 août 1977 à Québec à l'âge de 77 ans, un mois avant son 78e anniversaire). nationaliste québécois[réf. nécessaire], il a participé à la vie sociale du Québec de maintes façons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Edwidge Soucy et de Pierre Gravel.

Le prêtre[modifier | modifier le code]

Pierre Gravel est ordonné prêtre dans sa paroisse natale le 24 avril 1924. Il est d'abord enseignant au Petit Séminaire de Québec, puis nommé vicaire à St-Alphonse-de-Thetford-Mines, du 17 mai 1924 au 23 décembre 1935. Il y est directeur de l'Œuvre de la Jeunesse, fondateur et directeur du Cercle d'études sociales Pie XI, du Cercle ouvrier de Thetford, des syndicats de l'amiante de Thetford Mines, de Lac-Noir, de Broughton-Est et d'Asbestos. « J'ai fondé le syndicat de l'amiante, non pas dans un esprit de revendication haineuse, de violence, mais dans un esprit de collaboration. »

Un vigoureux discours patriotique au marché St-Jacques, à Montréal, lui vaut son renvoi de Thetford-Mines et sa nomination à Saint-Roch de Québec. Son départ de Thetford donna lieu à une grève générale et spontanée d'une journée en signe de deuil.

L'ami des artistes[modifier | modifier le code]

À Saint-Roch de Québec, du 23 décembre 1935 au 11 octobre 1946, l'abbé Gravel a fait de la messe une cérémonie à laquelle hommes et jeunes gens accourrent de partout. Des artistes y chantèrent : Raoul Jobin, sa femme Thérèse Drouin, Marthe Lapointe, Lucien Ruelland, Roger Thorn et beaucoup d'autres. Grand ami des artistes, l'abbé Gravel apporte une aide efficace à un grand nombre d'entre eux.

La chapelle Gravel[modifier | modifier le code]

Ce fut aussi pendant son vicariat à Saint-Roch qu'il organise le troisième centenaire de l'arrivée de son ancêtre Joseph Macé Gravel, en l941, à Château-Richer, où il réunit au-delà de 2 000 personnes. Il y fait construire une petite chapelle de procession très visitée chaque année, que l'on nomme la chapelle Gravel, Château-Richer.

Curé de Boischatel[modifier | modifier le code]

Intronisé curé de Boischatel, le 11 octobre 1946, il y fonde une bibliothèque paroissiale, un journal mensuel, Le Boischatel, qu'il rédige lui-même. Il fonde également les Mardis artistiques, les Chanteurs de Boischatel, les Voyageurs laurentiens, restaure l'église, fonde et dirige le Cercle d'études Pie XII, etc. De grandes voix québécoises, dont Richard Verreau, Pierre Boutet, Patricia Poitras, Marguerite Paquet, Fernand Martel se font entendre à l'église de Boischatel durant les grands-messes. Il quitte sa cure à regrets et dans les larmes, le 30 avril 1975.

Le patriote[modifier | modifier le code]

L'abbé Gravel portait sur sa soutane, depuis son ordination, une épingle ornée d'une fleur de lys. Il fut un propagandiste acharné de la reconnaissance officielle, à Québec, du drapeau fleurdelysé, et conserva de cette proclamation du 21 janvier 1948, une immense gratitude envers Maurice Duplessis. L'abbé Gravel disait en parlant de patriotisme : « Les vrais patriotes qui veulent conduire leur pays doivent se sacrifier eux-mêmes ».

L'écrivain[modifier | modifier le code]

Écrivain, il a publié plusieurs ouvrages, dont : Le sens commun, Pour assurer l'avenir, Après cinq ans, Une œuvre qui s'impose, La Pensée des militants, Espoir sans peur, Mélanges sociaux et Courage et labeur. Il a composé plusieurs chants religieux et patriotiques et un ouvrage de poèmes. Il a édité un livre de poèmes et un livre de sermons de l'abbé Apollinaire Gingras.

L'orateur[modifier | modifier le code]

Orateur né, l'abbé Gravel a prononcé durant sa vie plus de 5 000 discours et conférences et écrit au-delà de 3 000 sermons.

L'homme[modifier | modifier le code]

Grand intellectuel et grand liseur, homme doté d'une force physique et morale exceptionnelle, l'abbé Pierre fut un être audacieux que rien n'épouvantait et un optimiste que rien n'abattait. Il disait, tout comme Robert Brasillach, qu'il était un passionné de l'amitié. Et jamais, en effet, sa fidélité à ceux qu'il aimait ne s'est démenti. L'abbé Pierre avait adopté une devise que l'on pouvait lire sur son papier à lettres : « Courage et labeur ».

Sous le même drapeau[modifier | modifier le code]

En juillet 1971, l'abbé Gravel se rend à la résidence privée de Maurice Duplessis. La résidence avait été convertie en musée pour les personnes qu'il estimait. Avant de partir, l'hôtesse lui remet un paquet qui renferme le drapeau fleurdelysé qui a recouvert le cercueil de Duplessis lors du transport de la dépouille de Schefferville à Trois-Rivières. C'est ce même drapeau qui a recouvert le cercueil de Gravel, le fleurdelysé pour lequel ils avaient tous deux chaudement bataillé. C'est le ténor Pierre Boutet qui chanta à ses funérailles. Comme on a écrit de Pierre l'Ermite: « ...il fut un clairon et un étendard d'enthousiasme religieux, national et social ». L'abbé Pierre Gravel fut inhumé au cimetière de Boischatel, le 1er septembre 1977. Dans son testament, on peut lire cette dernière volonté: "J'implore humblement le pardon de tous ceux que j'ai pu offenser, blesser ou scandaliser par mes paroles ou mes actes".

Références[modifier | modifier le code]

1) Michelle de Saint-Antoine, Sa parole est ardente (Pierre Gravel, prêtre), 1969, Ottawa.

2) Archives nationales du Québec, Fonds Pierre Gravel.

3) Alexandre Dumas, L'abbé Pierre Gravel : comment concilier le syndicalisme avec le nationalisme d'extrême droite, 1924-1949, M. A., Université du Québec à Trois-Rivières, 2012, 180 p.

Archives[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fonds Pierre Gravel (P404) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).