Pierre François Joseph Boyer

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Pierre François Joseph Boyer
Le baron Boyer, gravure de Frémy d'après Robert Lefèvre
Le baron Boyer, gravure de Frémy d'après Robert Lefèvre

Naissance 7 septembre 1772
Belfort
Décès 11 juillet 1851 (à 79 ans)
Lardy (Seine-et-Oise)
Origine Drapeau de la France France
Grade lieutenant-général
Distinctions baron de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de l'ordre de la Couronne de Fer
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile (7e colonne)

Pierre François Xavier Boyer, né le 7 septembre 1772 à Belfort et mort le 11 juillet 1851 à Lardy (Seine-et-Oise), est un militaire français, simple soldat de la Révolution devenu général sous le Consulat, particulièrement connu pour son rôle en Espagne sous Napoléon et en Algérie durant la Monarchie de Juillet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les guerres de la Révolution[modifier | modifier le code]

Parti comme volontaire dans un des bataillons de la Côte-d'Or en 1792, il est peu après capitaine et commande une compagnie du 1er bataillon du Mont-Terrible, devenant ensuite l'aide de camp du général Kellermann.

En 1796, il fait la campagne d'Italie en qualité d'adjudant-général. Il suit Napoléon Bonaparte dans sa campagne d'Égypte et de Syrie. Il se distingue notamment à la bataille d'Alexandrie, où il est grièvement blessé. Durant cette campagne, il découvre au milieu du désert du Fayoum, des ruines précieuses pour l'histoire de l'antiquité.

Saint-Domingue[modifier | modifier le code]

Le 24 mars 1801 (3 germinal an IX), il est nommé général de brigade, et se dispose à prendre part à l'expédition de Saint-Domingue comme chef d'état-major de l'armée des généraux Leclerc et Rochambeau. Il y remporte plusieurs succès contre Toussaint Louverture. Le général Leclerc, au moment de sa mort, charge Boyer de transmettre ses dernières volontés au premier Consul. Fait prisonnier durant la traversée par une frégate anglaise, le général Boyer est conduit à Londres, et échangé peu après.

Les guerres de l'Empire[modifier | modifier le code]

Il participe aux campagnes de Prusse (1806), de Pologne (1807), d'Allemagne (1809), d'Espagne, de Russie (1812) et de Saxe (1813). Il se comporte brillamment à Iéna (1806), Pułtusk (1806) et Friedland (1807) ainsi qu'à Wagram (1809) et donne des nouvelles preuves de son courage et de ses talents à l'assaut de Naugarten et la prise de Marbourg.

En Espagne, il devint la terreur des guérilleros par les cruelles représailles qu'il exerce contre eux. Sa division de dragons inspire l'effroi aux bandes espagnoles qui font aux troupes françaises une guerre continuelle de harcèlement et d'escarmouches, servis par leur connaissance du terrain et des possibilités de repli. Il est connu sous le sobriquet de « Pierre le Cruel », dont il ne s'offense pas.

Ce qui pouvait justifier jusqu'à un certain point la cruauté qu'exerçait cet homme de guerre envers ses ennemis, c'est que, prisonnier d'un détachement de guérilleros, il fut attaché pendant une marche à la queue d'un mulet, la face tournée en arrière, puis enterré jusqu'au cou, la figure enduite de miel, offert en pâture aux mouches et aux vers. Délivré par les siens d'une si cruelle torture, il se montra dorénavant implacable envers les complices des brigands qui l'avaient traité d'une façon si barbare.

Il est créé baron de l'Empire le 1er mai 1812[1], et reçoit le grade de général de division le 16 février 1814 ; il participe à la campagne de France et notamment à la Bataille de Paris, puis placé à la tête du département du Mont-Blanc jusqu'au retour de Louis XVIII.

Après l'abdication de Napoléon (avril 1814), Boyer envoie depuis le quartier-général de Plessis-le-Haur[réf. nécessaire], où il vient de battre l'ennemi, son adhésion aux actes du Sénat conservateur. Il combat les armées étrangères pendant tout le temps de l'invasion.

La Restauration[modifier | modifier le code]

Pendant les Cent-Jours, il est chargé de l'organisation d'un corps franc dans le département de la Côte-d'Or. Porté sur la liste des proscrits[réf. nécessaire] après la bataille de Waterloo, poursuivi par la police, il cherche refuge en Allemagne.

Revenu en France après la chute ministère du général Clarke, son persécuteur, il est replacé dans son grade sur l'état de disponibilité, et vit retiré à la campagne avec sa femme et ses enfants.

Réformé sans traitement en 1816, il est admis à la retraite à la fin de 1824, et autorisé vers la même époque à passer au service de Méhémet Ali, pacha d'Égypte. Il s'occupe des moyens de discipliner les troupes de ce prince, lorsque, deux ou trois ans après, un conflit entre lui et Mohammed-Laz, ministre de la Guerre, le force à quitter l'Égypte.

La Monarchie de Juillet : l'Algérie[modifier | modifier le code]

Rétabli sur l'armée active après la révolution de Juillet 1830, il est affecté en Algérie, dans l'armée d'Afrique. Il commande une division lors de l'expédition du général Clauzel, commandant en chef, à Médéa dans la province du Tittery (novembre 1830).

Après la démission du général Clauzel et son remplacement par le général Berthezène, le gouvernement se décide à occuper Oran ; le bey tunisien placé à Oran par Clauzel est rapatrié le 31 août 1831 ; le commandement de la place d'Oran est confié à Boyer. Les troupes françaises ne sont présentes qu'à Oran et Mers-el-Kébir, le reste de la province est presque entièrement sous le contrôle du sultan du Maroc, Moulay Abderrahmane, qui tient Tlemcen et Mascara et qui bénéficie du soutien des tribus arabes, notamment les Douaïrs et les Smelas[2]. La situation générale en Algérie est difficile : en août 1831, a lieu l'évacuation totale de Médéa ; la retraite des troupes françaises de Médéa à Alger est considérée comme une défaite française jusqu'à Tanger et à Tunis.

Le général Boyer arrive à Oran précédé de sa réputation de grande sévérité, qui lui avait acquis le surnom de Cruel[3] et qui est confirmée par la dureté avec laquelle il sévit bientôt contre les Maures soupçonnés d'avoir des relations avec le Maroc, les confiscations, les arrestations et même plusieurs exécutions assez arbitraires frappant des habitants d'Oran. Le comportement de Boyer est signalé par Berthezène au ministre de la Guerre[4], le maréchal Soult, mais il ne réagit pas directement. La tension devient telle que les Arabes décident d'établir un blocus commercial d'Oran, dont le ravitaillement ne peut se faire que par mer, depuis l'étranger et la France.

Fin 1831, le général Berthezène est remplacé par le général Savary, duc de Rovigo. Ce n'est cependant qu'au début de 1833 que Soult décide de relever Boyer de ses fonctions, à cause de sa mésintelligence avec le commandant en chef. Il est remplacé par le général Desmichels, dont la politique va être à l'opposé, puisqu'il va signer un traité avec Abd el-Kader, devenu émir des tribus d'Oranie fin 1832.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Inspecteur général de la gendarmerie en 1834 et 1836, Boyer est admis en 1839 dans le cadre de réserve.

Il meurt en 1851, à Lardy, près d'Étampes, à l'âge de 79 ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Son frère, le général Jean-Baptiste Boyer a été tué à la bataille de Leipzig (1813).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Campardon, Liste des membres de la noblesse impériale : dressée d'après les registres de lettres patentes conservés aux Archives nationales, vol. In-8°, Société d'histoire de la Révolution française,‎ 1893, 2e éd., 189 p. (lire en ligne)
  2. Charles-André Julien, Histoire de l'Algérie contemporaine, Paris, PUF, 1964, p. 82
  3. Pellissier de Reynaud, Annales algériennes, nouvelle édition de 1854, tome 1, p. 213
  4. Julien, 1964, p. 83.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notices biographiques[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Charles-André Julien, Histoire de l'Algérie contemporaine, Paris, PUF, 1964, pp. 83 à 104.

Articles connexes[modifier | modifier le code]