Pierre François Joseph Boyer

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Pierre François Joseph Boyer
Le baron Boyer, gravure de Frémy d'après Robert Lefèvre
Le baron Boyer, gravure de Frémy d'après Robert Lefèvre

Naissance
Belfort
Décès (à 79 ans)
Lardy (Seine-et-Oise)
Origine Drapeau de la France France
Grade lieutenant-général
Distinctions baron de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de l'ordre de la Couronne de Fer
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile (7e colonne)

Pierre François Xavier Boyer, né le à Belfort et mort le à Lardy (Seine-et-Oise), est un militaire français, lieutenant-général.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il partit comme volontaire à l'âge de vingt ans, dans un des bataillons de la Côte-d'Or. Peu de temps après il commandait, comme capitaine, une compagnie du 1er bataillon du Mont-Terrible, et devenait l'aide de camp du général Kellermann.

En 1796, il faisait la campagne d'Italie, en qualité d'adjudant-général.

Plus tard, il suivait Napoléon Bonaparte dans sa campagne d'Égypte et de Syrie. Il se distingua constamment par la valeur la plus brillante notamment à la bataille d'Alexandrie, où il fut grièvement blessé. Dans cette dernière campagne, il découvrit au milieu du désert de Faïoum, des ruines précieuses pour l'histoire de l'antiquité : ce qui prouve que l'amour des sciences et des arts peut s'allier à l'amour de la gloire militaire dans le cœur des soldats français.

Le 3 germinal an IX, il était général de brigade, et se disposait à prendre part à l'expédition de Saint-Domingue, comme chef d'état-major de l'armée des généraux Leclerc et Rochambeau. Il y remporta plusieurs avantages sur Toussaint Louverture. Le général Leclerc, au moment de sa mort, chargea Boyer de transmettre au premier Consul ses dernières volontés. Fait prisonnier dans la traversée, par une frégate anglaise, le général Boyer fut conduit à Londres, et bientôt après échangé.

Dans les campagnes de Prusse (1806), de Pologne (1807), d'Allemagne (1809), d'Espagne, de Russie (1812) et de Saxe (1813).

Il se comporta brillamment aux batailles d'Iéna, de Pułtusk, de Friedland et Wagram et donna des preuves nouvelles de son courage et de ses talents à l'assaut de Naugarten et la prise de Marbourg, lui firent le plus grand honneur.

Il devint en Espagne la terreur des guérilleros par les cruelles représailles qu'il exerça envers eux. Sa division de dragons inspirait l'effroi à ces bandes espagnoles qui faisaient aux troupes françaises une guerre continuelle de harcèlement et d'escarmouches, servis par leur connaissance du terrain et des possibilités de repli. Il fut connu sous le sobriquet de « Boyer ou Pierre le Cruel » dont il ne s'offensait pas.

Ce qui pouvait justifier jusqu'à un certain point la cruauté qu'exerçait cet homme de guerre envers ses ennemis, c'est que, prisonnier d'un détachement de guérilleros, il fut attaché pendant une marche à la queue d'un mulet, la face tournée en arrière, puis enterré jusqu'au cou, la figure enduite de miel, offert en pâture aux mouches et aux vers. Délivré par les siens d'une si cruelle torture, il se montra dorénavant implacable envers les complices des brigands qui l'avaient traité d'une façon si barbare.

Créé baron de l'Empire le 1er mai 1812[1], le grade de général de division lui fut conféré le 16 février 1814 et il participa à la campagne de France et notamment à la Bataille de Paris. Puis il fut placé à la tête du département du Mont-Blanc d'où il fut chassé par la première Restauration.

Quand l'empereur eut abdiqué (avril 1814), le général Boyer envoya du quartier-général de Plessis-le-Haur, où il venait de battre l'ennemi, son adhésion aux actes du Sénat conservateur. Il combattit l'étranger pendant tout le temps de l'invasion.

Pendant les Cent-Jours, il fut chargé de l'organisation d'un corps franc dans le département de la Côte-d'Or. Porté sur la liste des proscrits après la bataille de Waterloo, poursuivi par la police, après la seconde restauration, il chercha un refuge de l'autre côté du Rhin.

Revenu en France après la chute ministère du général Clarke, son persécuteur, il fut replacé dans son grade sur l'état de disponibilité, et vécut retiré à la campagne avec sa femme et ses enfants. Il vécut misérablement pendant plusieurs années et se livrait aux arts et à la peinture.

Réformé sans traitement en 1816, il fut admis à la retraite à la fin de 1824, et autorisé vers la même époque à passer au service de Méhémet Ali, pacha (wâli)d'Égypte. Il s'occupait des moyens de discipliner les troupes de ce prince, lorsque, deux ou trois ans après, une mésintelligence survenue entre lui et Mohammed-Laz, ministre de la Guerre, le força à quitter l'Égypte.

Rétabli sur le cadre d'activité après la révolution de Juillet 1830, il partit pour l'armée d'Afrique, où il commanda une division lors de l'expédition du général Clauzel dans la province de Tittery. Le gouvernement s'étant décidé à occuper Oran, le commandement de cette place lui fut confié. Il y arriva précédé d'une grande réputation de sévérité, qui lui avait acquis le surnom de Cruel[2]. On eut quelque peine à croire que cet homme si doux, si affable dans son intérieur, instruit, capable, spirituel, ami des arts, eût jamais mérité une telle épithète. Mais la dureté impitoyable avec laquelle il sévit bientôt contre les Maures soupçonnés d'avoir des intelligences avec le Maroc, les confiscations, les arrestations sans nombre, les exécutions qui vinrent frapper les habitants d'Oran, ne tardèrent point à prouver qu'on n'avait nullement calomnié le général Boyer. Le général Desmichels, remplaça le général Boyer, rappelé en France par suite de sa mésintelligence avec le duc de Rovigo.

Inspecteur général de gendarmerie pour 1834 et 1836, Boyer fut admis en 1839 sur le cadre de réserve.

Le général Boyer est mort en 1851, à Lardy, près d'Étampes, à l'âge de 79 ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Son frère Jean-Baptiste Boyer, général, fut tué à la bataille de Leipzig (1813).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Campardon, Liste des membres de la noblesse impériale : dressée d'après les registres de lettres patentes conservés aux Archives nationales, vol. In-8°, Société d'histoire de la Révolution française,‎ 1893, 2e éd., 189 p. (lire en ligne)
  2. Pellissier de Reynaud, Annales algériennes, nouvelle édition de 1854, tome 1, p.213

Source[modifier | modifier le code]

  • « Pierre François Joseph Boyer », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition] ;
  • Antoine-Vincent Arnault, Antoine Jay, Étienne de Jouy et Jacques Marquet de Norvins, baron de Montbreton, Biographie nouvelle des contemporains : ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers; précédée d'un tableau par ordre chronologique des époques célèbres et des événemens remarquables, tant en France qu'à l'étranger, depuis 1787 jusqu'à ce jour, et d'une table alphabétique des assemblées législatives, à partir de l'assemblée constituante jusqu'aux dernières chambres des pairs et des députés, vol. 3, Librairie historique,‎ 1821 (lire en ligne) ;
  • A. Corret, Histoire pittoresque et anecdotique de Belfort et de ses environs : contenant un abrégé de l'historique de cette ville, la relation des sièges qu'elle a soutenus et celle de sa conspiration, sa statistique, la description de ses monuments publics et principaux établissements, etc, J.- B. Clerc,‎ 1855 (lire en ligne) ;
  • William Duckett (Fils), Dictionnaire de la conversation et de la lecture: : inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous, vol. 3, 9 rue Mazarine et M. Levy,‎ 1856, 2e éd. (lire en ligne) ;