Pierre Foldes

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Pierre Foldes, né le 6 mai 1951 à Paris est un médecin français. Il est célèbre pour avoir été l'inventeur, en collaboration avec l'urologue Jean-Antoine Robein, d'une méthode chirurgicale permettant de réparer les dommages causés par l'excision[1].

Formation[modifier | modifier le code]

Pierre Foldes est né en 1951 à Paris d'un père hongrois et d’une mère picarde. Après une enfance relativement solitaire (son unique sœur a 10 ans de plus que lui), il décide par goût de l’action et de l’engagement, de faire médecine et de devenir chirurgien. Pour sa thèse de docteur en médecine, il reçoit en 1982 le prix Édouard Laborie de l'Académie de chirurgie, et en 1983 celui de l'Académie nationale de médecine. Il y décrit une technique chirurgicale d’ablation de la vessie « la cystectomie totale radicale pour cancer de la vessie ». Une originalité : les planches de sa thèse ont toutes été dessinées et peintes par lui. Spécialiste en urologie, il a également un CES en anatomie organogénèse, en radio anatomie, en chirurgie générale et en sexologie. Interne des hôpitaux de Paris, il est également chirurgien des hôpitaux après avoir été en 1985 chef de clinique assistant des Hôpitaux de Paris CHU Necker-Enfants malades.

Engagement humanitaire[modifier | modifier le code]

Il découvre l'humanitaire durant son cursus médical, en 1976 au Liban, où il pratique la chirurgie de guerre. Jeune médecin, il s’engage à Médecins du monde (MDM) et intervient jusqu'en 2005 dans de nombreux pays, en Asie et Afrique[2]. Dans les années 1980, il découvre au Burkina Faso les sévices causés par l’excision[3]. Il travaille également avec Mère Thérésa, à Calcutta, en Inde, dans les années 1990[4].

Son engagement d’enseignement à l’étranger n’a jamais cessé en parallèle de cet engagement humanitaire. Il s'est employé en particulier à former des chirurgiens urologues (Argentine, Chili, Viêt Nam, Inde, Japon, Philippines, Maroc, Tunisie, Birmanie) et à déployer des formations spécialisées en lithotricie (destruction des calculs rénaux par ultra sons) extra corporelles (USA, Angleterre, Inde, Israël, Japon, Viêt Nam, Tunisie, Maroc). Des chirurgiens africains viennent régulièrement se former auprès de lui pour apprendre à réparer chirurgicalement les mutilations sexuelles.

Missions institutionnelles[modifier | modifier le code]

  • Enquête pour l’Organisation mondiale de la santé dans le centre et le nord du Viêt Nam en de 1992 à 1998.
  • Rapporteur de la commission PARINAC du Haut commissariat aux réfugiés ( HCR) à Katmandu en 1997.
  • Mission avec le HCR en 1999 au siège de Sarajevo.
  • Correspondant du Programme des Nations Unies pour le développement sur Bangkok.
  • Rapporteur du processus DIPECHO, pour la préventions des catastrophes en 1999 à Bangkok.
  • Membre du comité scientifique d'Équilibre et population depuis 2006.
  • Mission au Mali en 2007 pour le groupe de travail « Équilibre et population » avec rencontre des dirigeants du pays et mise en place d’une politique de prévention des mutilations sexuelles.

Lutte contre l'excision[modifier | modifier le code]

Fort de ses constatations cliniques en Afrique et de ses travaux de recherche, il met au point une technique de réparation chirurgicale des mutilations féminines dues à excision (on compte dans le monde environ 130 millions de femmes ainsi mutilées[5]). Il réfléchit aux moyens de rendre sa technique chirurgicale la moins coûteuse possible afin de la rendre accessible à toutes. En 2004, ses efforts sont couronnés de succès par la prise en compte par l’assurance maladie de la réparation de ces mutilations. Ses conférences, ses écrits, son soutien, aux associations de lutte contre l’excision, ses nombreuses missions de terrain ont progressivement mis en exergue ce fléau jusqu’alors tabou. Les femmes osent maintenant parler de ce qu’elles ont subi, malgré les risques de représailles. Elles sont de plus en plus nombreuses à réclamer une réparation chirurgicale et à militer activement contre l’excision. Au cours de ses missions, le Docteur Foldes a également tenté de sensibiliser les exciseuses rencontrées, les médecins mais aussi les dirigeants des pays concernés[6].

Création de l'institut de santé génésique[modifier | modifier le code]

Pierre Foldes a progressivement élargi son champ d'intervention. « Ma spécialité s’est agrandie vers la violence faite aux femmes. Je me suis aperçu que les femmes excisées étaient très souvent victimes d’autres violences, comme le mariage forcé, le viol conjugal. Cela permet de mesurer à quel point ces violences sont peu ou mal prises en charge dans le monde médical. Moins de 1 % des violences faites aux femmes arrivent à une plainte et moins de 10 % sont traitées médicalement ». En décembre 2012, il a créé l’institut de santé génésique à Saint-Germain-en-Laye. C'est centre pilote qui regroupe des psychiatres, des psychologues, des sexologues et des médecins généralistes, pour accueillir les femmes, les réorienter vers des médecins spécialisés mais aussi former d’autres professionnels de santé[7].

Études sur le plaisir sexuel féminin[modifier | modifier le code]

Son travail chirurgical l’a conduit à s’intéresser à un organe assez méconnu de la médecine : le clitoris. C’est ainsi qu’il a effectué des travaux de recherches anatomiques avec le professeur Vincent Delmas à la Faculté de médecine de Paris, rue des Saints-Pères. La mise au point de la technique chirurgicale sur les réparations du clitoris s’est poursuivie avec le professeur Bernard-Jean Paniel, chef du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital intercommunal de Créteil. Plus récemment, il s’est intéressé à l’échographie du clitoris et à son implication fonctionnelle dans le très controversé point G (point Grafenberg), et y a consacré plusieurs publications. Il a publié sur ce thème un ouvrage, remarqué, avec Odile Buisson, suite à des études menées en commun s'appuyant sur des échographies complètes et en 3D d’un coït, ce qui permet de repérer une zone du corps du clitoris qui se moule sur la partie postérieure du vagin et du pénis lors de la pénétration[8].

Distinction[modifier | modifier le code]

Le 3 juillet 2006, le Professeur Marc Gentilini a remis au Dr Pierre Foldes les insignes de chevalier de la Légion d'honneur.

Publications[modifier | modifier le code]

Thèse : La Cystectomie totale radicale pour cancer de la vessie : étude critique d'une série homogène de deux cents cas, I.C.B.,‎ 1982, 600 p..

Publications scientifiques autres : le Dr Pierre Foldes publie des articles spécialisés indexés au NCBI dans MEDLINE et accessibles par PubMed[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hubert Prolongeau (préf. Bernard Kouchner), Victoire sur l'excision : Pierre Foldes, le chirurgien qui redonne espoir aux femmes mutilées, Éditions Albin Michel,‎ 2006, 233 p..
  • Marie-Noël Arras, Pierre Foldes (préf. du Dr), Entière ou La réparation de l’excision, Éditions du Chèvre feuille étoilée, 2008.

Articles[modifier | modifier le code]

  • Claire Legros, « Foldès, chirurgien du plaisir », La Vie,‎ 10 juin 2004 (lire en ligne).
  • Gaëlle Rolin, « Cachez ce clitoris … », Le Figaro,‎ 22 février 2011 (lire en ligne).
  • Martine Laronche, « A la source du plaisir féminin », Le Monde,‎ 19 juin 2011.
  • Claire Legros, « Pierre Foldès, le chirurgien qui répare les clitoris », La Vie,‎ 12 juin 2012 (lire en ligne).
  • Sandrine Cabut, « Réparer les femmes excisées », Le Monde,‎ 16 juin 2012.
  • Anne Teyssédou-Mairé, « L’excision, un révélateur d’autres violences faites aux femmes », Le Quotidien du médecin,‎ 6 août 2012 (lire en ligne).
  • Claire Alet, « Exciser la souffrance », Libération,‎ 4 novembre 2012 (lire en ligne).

Sources Web[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Les enfants sont des dieux, avec Serge Lama, 1994.
  • Terres de mission, court métrage, 1995.
  • Médicaments faux à en mourir, grand reportage sur les trafics de médicaments et matériel médical (Antenne 2)
  • Noires douleurs, participation au film de France 3, 2006.