Pierre Coton

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Le père Pierre Coton, confesseur du roi

Pierre Coton, né le 7 mars 1564 à Néronde, dans la Loire (France) et décédé le 19 mars 1626 à Paris, était un prêtre jésuite français, prédicateur de renom, écrivain spirituel et confesseur du roi Henri IV et Louis XIII.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né dans la famille des seigneurs de Chenevoux, Coton étudie le droit à Paris, Bourges et Turin (Italie) avant d’entrer à 19 ans dans la Compagnie de Jésus (1583), malgré la forte opposition de son père. Il est envoyé au Collège Romain de Rome, pour y faire ses études de théologie. Gabriel Vázquez et Robert Bellarmin sont ses professeurs. Parmi ses condisciples se trouve Louis de Gonzague.

Prédicateur[modifier | modifier le code]

Ordonné prêtre à Lyon (France) en mars 1591, Coton fait rapidement preuve de ses qualités de prédicateur. De 1598 à 1601, il visite les régions du sud de la France - des bastions du calvinisme - et y donne de nombreux sermons sur des sujets théologiquement controversés. Sa grande éloquence unie à une parfaite courtoisie lui attire de nombreuses sympathies, et il obtient même des conversions.

Prédicateur et confesseur du Roi[modifier | modifier le code]

De 1603 à 1617, Coton est « Prédicateur du roi ». Il est appelé à la cour de Henri IV par le maréchal de Lesdiguières, dont il avait ramené la fille, Madame de Créqui, à la foi catholique. En 1608 Henri IV le prend également comme confesseur et conseiller, et lui confie l’éducation du dauphin. Le roi souhaite qu’il devienne archevêque d'Arles, et voudrait en faire un cardinal. Fidèle à l'esprit de la Compagnie de Jésus, Coton résiste aux honneurs ecclésiastiques et obtient gain de cause.

Influent auprès de Henri IV, Coton obtient de lui que soit révoquée l’expulsion des jésuites de France décrétée par le parlement de Paris en 1594. C'est l'édit de Rouen (1603). Ayant dès lors la faveur du roi les jésuites rentrent en force en France, malgré l’hostilité toujours tenace du parlement de Paris et de la Sorbonne. Ils ont rapidement 19 institutions d’enseignement. Peu après cet édit, en janvier 1604, Coton échappe à un attentat. Il tente, mais en vain, de favoriser une entente entre la France et l'Espagne.

Assassinat de Henri IV[modifier | modifier le code]

Le 14 mai 1610 Henri IV est assassiné par Ravaillac, un catholique fanatique. L'assassin étant ancien élève d'un de leurs collèges, les jésuites sont indirectement mis en cause. Coton publie une Lettre déclaratoire de la doctrine des Pères jésuites, pour innocenter la Compagnie de Jésus (1610) Un pamphlet, L'anti-Coton, lui répond la même année. Une riposte viendra de Rome (en 1611) : la « réfutation » écrite par Andreas Eudaemon-Joannes.

Coton continue à la cour comme confesseur du jeune Louis XIII jusqu’en l’année 1617. Cependant son influence décline. Ses relations avec Marie de Medicis sont au mieux 'correctes'. Le meurtre du favori de la reine, l’italien Concini, amène sa disgrâce. Coton est écarté de la cour en 1617.

Recteur et provincial[modifier | modifier le code]

Recteur de collège de Bordeaux en 1620, Coton est supérieur provincial de la province jésuite d’Aquitaine de 1622 à 1625, et ensuite provincial de France de 1625 à sa mort en 1626[1].

Coton meurt le 19 mars 1626 à Paris. Il est inhumé (près de son frère) dans la crypte de la chapelle Saint-Michel du collège jésuite de Roanne (aujourd’hui « Lycée Jean Puy »), que, avec son frère Jacques (seigneur de Chenevoux), il avait fait construire sur ses deniers personnels (1617).

Anecdote lexicographique[modifier | modifier le code]

Quand il était confesseur du roi Henri IV, Pierre Coton suggéra au roi de ne plus blasphémer en employant le nom de Dieu dans ses jurons. Le pire étant, à son avis, Jarnidieu (qui signifie « j'renie Dieu »), il lui proposa de remplacer le nom de Dieu par son nom propre, d’où le juron affaibli Jarnicoton (« j'renie Coton »), qui connut une certaine vogue, du XVIIe siècle jusqu’à La ronde des jurons de Georges Brassens.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P.J. Orleans: La vie du père Coton de la Compagnie de Jésus..., Paris, 1688.
  • J. Prat: Recherches historiques et critiques sur la Compagnie de Jésus en France du temps de P.Coton (1564-1626), 5 vol., Lyon, 1876-1878.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Coton est le grand-oncle du Père La Chaise, un temps confesseur de Louis XIV